Principes d’entraide temporelle et spirituelle
    Notes de bas de page

    Chapitre 21

    Principes d’entraide temporelle et spirituelle

    « Tout ce qui concerne le bien-être économique, social et spirituel de la famille humaine est et sera toujours la préoccupation de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. »

    Épisodes de la vie d’Ezra Taft Benson

    En 1936, alors que les gens du monde entier étaient en proie aux difficultés économiques de la Grande Dépression, la Première Présidence présenta un nouveau programme d’entraide. Ce programme, appelé plan de sécurité de l’Église, n’était pas seulement instauré pour aider les gens dans le besoin mais aussi pour « aider les gens à se prendre en charge1 ». Lorsqu’ils instaurèrent ce programme, la Première Présidence et d’autres dirigeants de l’Église enseignèrent les principes fondamentaux qui étaient le travail intensif, l’autonomie et le service. Ils invitèrent les membres de l’Église à payer la dîme et les offrandes de jeûne, à produire et à entreposer de la nourriture, à éviter les dettes inutiles et à économiser pour les besoins à venir.

    À l’époque, Ezra Taft Benson était conseiller dans une présidence de pieu à Boise (Idaho). Il était aussi économiste, spécialiste en marketing et en gestion d’exploitations agricoles pour l’État d’Idaho. Il accepta la tâche donnée par son président de pieu d’assister à une réunion au cours de laquelle le plan de sécurité de l’Église allait être présenté. Il raconta plus tard : « Mon âme a répondu avec enthousiasme à tout ce qui a été dit ce jour-là. Je suis rentré dans le pieu de Boise et j’ai dit à mes frères que ce programme qui avait été annoncé était sensé d’un point de vue économique, social et spirituel, et j’ai exprimé ma confiance que les membres de l’Église allaient y répondre avec enthousiasme comme étant non seulement quelque chose de sensé, mais aussi de nécessaire2. »

    Deux mois après la présentation du programme par le président Benson à son pieu, « de nombreux projets d’entraide étaient en cours : une paroisse avait aménagé un potager de plusieurs hectares, une autre avait planté six hectares de betteraves sucrières et dans une autre paroisse, les sœurs de la Société de Secours faisaient des conserves et fabriquaient des couvertures matelassées et des vêtements. [Une paroisse] avait même construit une petite conserverie3. »

    Ezra Taft Benson, à droite, avec Max Zimmer, président de la mission suisse, vérifiant les produits d’entraide à Genève (Suisse) en 1946.

    Dix ans plus tard, le président Benson vit l’étendue de l’influence du programme d’entraide. En qualité de membre du Collège des douze apôtres, il reçut la tâche de présider sur l’Église en Europe juste après la Deuxième Guerre mondiale. Dans ces pays déchirés par la guerre, il dirigea les efforts de l’Église pour fournir des marchandises qui allaient aider les gens à retrouver leur autonomie. Il a raconté ce qui s’est passé lorsque la première cargaison de fournitures d’entraide est arrivée à Berlin (Allemagne) :

    « J’ai pris avec moi le président de mission, Richard Ranglack. Nous nous sommes rendus à pied jusqu’à l’ancien entrepôt délabré, qui, sous surveillance armée, abritait les précieux produits d’entraide. Tout au bout de l’entrepôt, nous avons vu les boîtes empilées presque jusqu’au plafond.

    « Richard a demandé : ‘Ces boîtes contiennent-elles de la nourriture ?’ Vous voulez dire que ces boîtes sont remplies de nourriture ?

    « J’ai répondu : ‘Oui, mon frère, de la nourriture, des vêtements et des couvertures ; et j’espère quelques fournitures médicales.’

    « Richard et moi avons descendu l’une des boîtes. Nous l’avons ouverte. Elle était remplie du plus commun des aliments : des haricots secs. Lorsque ce brave homme a vu cela, il a plongé ses mains dedans et les a fait glisser entre ses doigts, puis il a craqué et s’est mis à pleurer de reconnaissance, comme un enfant .

    « Nous avons ouvert une autre boîte, remplie de blé concassé, rien de plus, rien de moins, juste comme le Seigneur l’avait fait et voulait que cela soit. Il en mit une pincée dans sa bouche. Au bout d’un instant, il m’a regardé à travers ses larmes (et j’étais aussi ému) et il a dit en secouant lentement la tête : ‘Frère Benson, j’ai du mal à croire que des gens qui ne nous ont jamais vus puissent en faire autant pour nous.’

    « C’est la façon de faire du Seigneur ! Faire des dons volontaires motivés par l’amour fraternel et le sacrifice volontaire et aider les autres à se prendre en charge. C’est le genre de choses qui assure la dignité et l’estime de soi4. »

    Enseignements d’Ezra Taft Benson

    1

    Le Seigneur désire bénir son peuple temporellement et spirituellement.

    Mes frères et sœurs, je me rends bien compte qu’en parlant des choses temporelles, le Seigneur a dit :

    « […] Pour moi toutes les choses sont spirituelles, et je ne vous ai jamais donné, en aucun temps, de loi qui fût temporelle […] » (D&A 29:34).

    Il est évident que l’objectif est spirituel. Pourtant, nous vivons dans un monde matériel, physique, temporel. […]

    […] L’homme a une double nature, temporelle et spirituelle, et dans les premières révélations à ce peuple, le Seigneur a saisi l’occasion à diverses reprises de donner des directives et des commandements concernant les affaires temporelles. Il a donné des directives aux saints et aux dirigeants de l’Église concernant l’achat de terres et d’autres biens, la construction de temples et même la création d’une imprimerie et d’un magasin, et la construction d’une pension pour héberger les « voyageurs fatigués » [voir D&A 124:22-23]. Dans la grande révélation connue sous le nom de Parole de Sagesse, il n’a pas seulement dit ce qui était bon et mauvais pour l’homme, mais il a exposé la façon de nourrir le bétail, ce qui, pendant plus de cent ans, a peu à peu été confirmé par la recherche scientifique [voir D&A 89]. Tout ce qui concerne le bien de l’homme est et sera toujours la préoccupation de l’Église. Notre peuple a toujours reçu des conseils dans les affaires temporelles. […]

    Il est important de garder les idées claires, mes frères et sœurs. Gardons toujours à l’esprit que toutes les choses matérielles ne sont qu’un moyen de parvenir à une fin et que celle-ci est spirituelle, bien que le Seigneur désire de tout son cœur bénir temporellement son peuple. Il l’a dit dans de nombreuses révélations. À maintes reprises, il a spécifié que nous devons prier pour nos récoltes, notre bétail, notre famille, notre foyer et invoquer le Seigneur pour qu’il nous bénisse dans nos affaires matérielles. Et il a promis qu’il sera là, prêt et disposé à nous bénir. […]

    Le Seigneur ne fera pas à notre place ce que nous pouvons et devons faire pour nous-mêmes. Mais son objectif est de prendre soin de ses saints. Tout ce qui concerne le bien-être économique, social et spirituel de la famille humaine est et sera toujours la préoccupation de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours5.

    Lorsque nous appliquons un aspect quelconque du programme d’entraide, nous gardons à l’esprit le but principal pour lequel il a été institué. Ce but est « d’établir, dans la mesure du possible, un système dans lequel la malédiction de l’oisiveté serait éliminée, les maux des allocations gouvernementales abolis et l’indépendance, l’industrie, l’économie et le respect de soi réinstaurés parmi notre peuple. L’Église a pour but d’aider les gens à se prendre en charge. Le travail doit être remis à l’honneur comme principe directeur dans la vie des membres de notre Église6. »

    La force du programme d’entraide de l’Église repose sur chaque famille qui suit les directives inspirées des dirigeants de l’Église qui nous invitent à être autonomes grâce à une préparation adéquate. Dieu veut que ses saints se préparent de façon à ce que, comme l’a dit le Seigneur, « l’Église reste indépendante par-dessus toutes les autres créations en dessous du monde céleste » (D&A 78:14)7.

    La parabole des vierges sages et des vierges folles [voir Matthieu 25:1-13] rappelle que l’on ne peut pas attendre trop longtemps avant de mettre en ordre son foyer spirituel et temporel. Sommes-nous préparés8 ?

    2

    Par un travail dynamique, déterminé et désintéressé, nous obtenons les biens de première nécessité et nous progressons dans l’acquisition d’attributs divins.

    Voici l’un des premiers principes révélés à notre père Adam lorsqu’il fut chassé du jardin d’Éden : « C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre » (Genèse 3:19). Toutes les choses matérielles que nous obtenons dans la vie sont le fruit du travail et de la providence divine. Seul le travail apporte les produits de première nécessité9.

    L’homme a reçu le commandement de Dieu de vivre à la sueur de son front, pas de celle de quelqu’un d’autre10.

    Notre Évangile prône le travail, résolu, désintéressé et accompli dans l’esprit de l’amour pur du Christ. C’est seulement ainsi que nous progresserons dans l’acquisition d’attributs divins. C’est seulement ainsi que nous deviendrons des instruments dignes dans les mains du Seigneur pour faire du bien aux autres grâce à ce pouvoir qui peut conduire à améliorer la vie des hommes et des femmes.

    Nous devons être humblement reconnaissants de cet objectif, de cet héritage et de cette occasion de servir et de ses abondantes récompenses. Comme elles sont heureuses les personnes qui suivent le plan du Seigneur pour développer ce pouvoir et l’utiliser pour faire du bien aux autres. C’est ce qu’a fait le Christ. C’est ce que nous avons la chance de faire11.

    Les personnes qui bénéficient de l’entraide doivent travailler au mieux de leurs capacités pour mériter l’aide en produits ou en offrandes de jeûne. Quand on ne fournit pas un emploi correct, lorsqu’on n’encourage pas les gens à travailler, cela crée un assistanat religieux dégradant et le but dans lequel le programme d’entraide a été institué est compromis. C’est une loi des cieux que nous n’avons pas encore complètement apprise ici-bas : on ne peut pas aider les gens de façon permanente en faisant pour eux ce qu’ils peuvent ou devraient faire pour eux-mêmes12.

    Nous devons demander les bénédictions du Seigneur dans tout ce que nous faisons et ne devons jamais faire quoi que ce soit qui ne nous permet pas de demander ses bénédictions. Nous ne devons pas nous attendre à ce que le Seigneur fasse pour nous ce que nous pouvons faire pour nous-mêmes. Je crois en la foi et les œuvres et je crois que le Seigneur bénit davantage celui qui travaille pour ce pour quoi il prie que celui qui ne fait que prier13.

    Le travail dynamique et résolu procure une santé vigoureuse, une réussite méritoire, une conscience tranquille et un sommeil réparateur. Le travail a toujours été une bénédiction pour l’homme. Puissiez-vous avoir un respect salutaire pour le travail, qu’il soit accompli par la tête, le cœur ou les mains. Puissiez-vous toujours connaître la satisfaction que procure le travail honnête. […] Vous n’arriverez jamais au ciel à coup de souhaits ou de rêves. Vous devez faire ce qu’il faut par le travail, les sacrifices et une vie juste14.

    3

    Quand nous produisons et entreposons de la nourriture, nous en récoltons un profit immédiat et nous nous préparons à répondre aux besoins futurs.

    Avez-vous jamais pris le temps de réfléchir à ce qui se produirait dans votre collectivité ou votre pays si les transports étaient paralysés ou s’il y avait une guerre ou une crise ? Comment vous et vos voisins vous procureriez-vous de la nourriture ? Combien de temps le supermarché ou l’épicerie du quartier couvriraient-ils les besoins de la collectivité ?

    Peu de temps après la Deuxième Guerre mondiale, la Première Présidence m’a appelé à me rendre en Europe pour relancer nos missions et mettre sur pied un programme de distribution de nourriture et de vêtements aux saints. Je me souviens de manière frappante des gens qui montaient dans les trains tous les matins portant tout un bric-à-brac pour se rendre à la campagne afin d’échanger leurs biens contre de la nourriture. Le soir, la gare était remplie de gens les bras chargés de légumes et de fruits et était devenue une ménagerie où retentissaient les cris des porcs et le caquètement des poulets. Un vacarme inimaginable. Ces gens étaient évidemment disposés à échanger pratiquement tout contre le bien de consommation qui rend la vie possible : la nourriture.

    Un moyen presque oublié d’obtenir l’autonomie économique est la production familiale de nourriture. Nous sommes trop habitués à aller dans les magasins et à acheter ce dont nous avons besoin. En produisant une partie de notre nourriture, nous réduisons dans une grande mesure l’effet de l’inflation sur nos finances. Chose plus importante, nous apprenons comment produire notre propre nourriture et faire participer tous les membres de la famille à un projet bénéfique. […]

    Tous les membres de la famille peuvent prendre part aux efforts de production de nourriture.

    […] Je vous suggère de faire ce que d’autres ont fait. Regroupez-vous avec d’autres personnes et demandez l’autorisation d’utiliser un terrain vague pour faire un potager ou louez un lopin de terre et faites un potager. Il y a des collèges d’anciens qui l’ont fait en collège et toutes les personnes qui ont participé ont profité des avantages d’une récolte de fruits et de légumes et des bénédictions de la collaboration et de la participation familiale. De nombreuses familles ont transformé une partie de leur pelouse en potager.

    Nous vous invitons à être davantage autonomes afin que, comme le Seigneur l’a déclaré, « malgré les tribulations qui s’abattront sur vous, l’Église reste indépendante par-dessus toutes les autres créations en dessous du monde céleste » (D&A 78:14). Le Seigneur veut que nous soyons indépendants et autonomes parce qu’il y aura des tribulations. Il nous a avertis et prévenus de cette éventualité. […]

    La production alimentaire n’est qu’une partie de l’insistance répétée pour que vous entreposiez une réserve de nourriture […] partout où c’est légalement autorisé de le faire. L’Église ne vous a pas dit quels aliments doivent être mis en réserve. Cette décision revient aux membres. […]

    […] « La révélation demandant de produire et de stocker de la nourriture peut être aussi essentielle à notre salut temporel aujourd’hui que le fait d’embarquer dans l’arche l’était pour les gens à l’époque de Noé. » […]

    […] Prévoyez d’accumuler des produits alimentaires comme vous le feriez pour un compte d’épargne. Économisez chaque mois un petit montant de votre salaire pour les réserves. Mettez en conserve les fruits et les légumes de votre jardin ou de votre verger. Apprenez comment conserver la nourriture par séchage ou par congélation si c’est possible. Consacrez une partie de votre budget aux réserves. Stockez des graines et faites en sorte d’avoir suffisamment d’outils pour travailler. Si vous économisez dans le but d’acheter une deuxième voiture ou un poste de télévision ou d’autres objets qui ne font qu’ajouter du confort et du plaisir, vous pourriez avoir besoin de changer vos priorités. Nous vous exhortons à faire cela en vous aidant de la prière et à le faire maintenant. […]

    Nous nous prélassons souvent dans notre bien-être confortable actuel et nous nous disons que les ravages de la guerre, les crises économiques, la famine et les tremblements de terre ne peuvent pas se produire chez nous. Les personnes qui croient cela ne connaissent pas les révélations du Seigneur ou ils n’y croient pas. Les gens qui pensent avec suffisance que ces calamités n’arriveront pas, qu’ils seront d’une façon ou d’une autre épargnés à cause de la justice des saints, se trompent et regretteront amèrement d’avoir nourri de telles illusions.

    Le Seigneur nous a prévenus et avertis qu’il y aurait des jours de grandes tribulations et nous a donné des conseils par l’intermédiaire de ses serviteurs sur la façon de se préparer pour ces moments difficiles. Avons-nous écouté ses conseils ? […]

    Mes frères et sœurs, soyez fidèles à ces conseils et vous serez bénis, oui, le peuple le plus béni de toute la terre. Vous êtes un peuple bon. Je le sais. Mais nous devons tous être meilleurs que ce que nous sommes. Mettons-nous en position d’être capables non seulement de nous nourrir nous-mêmes grâce à la production et aux réserves familiales, mais aussi de nourrir les autres.

    Que Dieu nous bénisse afin que nous soyons préparés pour les jours à venir qui risquent d’être les plus éprouvants que nous ayons connus15.

    4

    La paix et la satisfaction pénètrent dans notre âme lorsque nous économisons une partie de nos revenus et évitons les dettes inutiles.

    Je vous exhorte humblement à vivre selon les principes fondamentaux du travail, de l’épargne et de l’autonomie et de l’enseigner à vos enfants par l’exemple. […] Vivez selon vos moyens. Mettez régulièrement de côté une partie de vos revenus. Ne faites pas de dettes inutiles. Faites preuve de sagesse en n’essayant pas de vous disperser trop rapidement. Apprenez à bien gérer ce que vous avez avant de penser à vous développer davantage16.

    Malheureusement, certains ont nourri dans leur esprit l’attente que, lorsque nous avons des moments difficiles, lorsque nous avons été imprudents avec nos ressources ou dépensiers et avons vécu au-dessus de nos moyens, l’Église ou le gouvernement nous tirent d’affaire. Un principe fondamental du plan d’entraide de l’Église, oublié par certains de nos membres, stipule qu’« aucun saint des derniers jours, physiquement apte, ne laissera de son plein gré à quelqu’un d’autre la charge de subvenir à ses besoins » .[…]

    Nous devons, plus que jamais auparavant, apprendre et mettre en pratique les principes d’autonomie financière. Nous ne savons pas quand la maladie ou le chômage pourraient affecter notre situation personnelle. Nous savons que le Seigneur a décrété qu’il y aurait des désastres mondiaux dans le futur et nous a avertis et prévenus de nous préparer. Pour cette raison, les frères ont insisté à maintes reprises sur un programme reprenant les principes fondamentaux de l’entraide temporelle et spirituelle17.

    Le Seigneur veut que ses saints soient libres et indépendants pendant les jours critiques à venir. Mais quelqu’un qui se trouve dans la servitude financière n’est pas vraiment libre18.

    Dans le livre des Rois, nous lisons qu’une femme est allée trouver en pleurant le prophète Élisée. Son mari était mort et elle devait une dette qu’elle ne pouvait pas payer. Le créancier était sur le point de prendre ses deux fils et de les vendre comme esclaves.

    Par un miracle, Élisée lui a permis d’obtenir une quantité considérable d’huile. Ensuite, il lui a dit : « Va vendre l’huile, et paie ta dette; et tu vivras, toi et tes fils, de ce qui restera. » (Voir 2 Rois 4:1-7.)

    « Paie ta dette, et tu vivras. » Comme ces mots ont été fructueux ! Quel conseil sage pour nous aujourd’hui ! […]

    Beaucoup de gens ne croient pas qu’une grave récession puisse jamais se reproduire. Assurés qu’ils continueront à avoir un emploi et des rentrées régulières, ils hypothèquent leurs futurs revenus sans penser à ce qu’ils feraient s’ils perdaient leur travail ou si, pour une raison ou une autre, ils n’avaient plus de revenus. Mais les autorités les meilleures ont répété que nous ne sommes pas encore suffisamment doués pour maîtriser notre économie sans qu’il y ait des adaptations à la baisse. Tôt ou tard, ces adaptations devront avoir lieu.

    Une autre raison de l’augmentation des dettes est beaucoup plus profonde et cause une plus grande inquiétude. Il s’agit de la montée du matérialisme au détriment de la fidélité aux valeurs spirituelles. De nombreuses familles, pour avoir du « standing », investissent dans une maison plus grande et plus chère que nécessaire, dans un quartier onéreux. […] Avec la hausse du niveau de vie, cette tentation devient plus grande avec le lancement sur le marché de chaque nouveau gadget. Les techniques modernes de publicité, subtiles et soigneusement planifiées, visent les défauts de l’armure du consommateur. Il en résulte malheureusement un sentiment croissant que les choses matérielles doivent s’obtenir maintenant, sans attendre, sans économiser, sans se priver.

    Plus grave encore, une grande proportion des familles ayant des dettes personnelles n’ont pas de liquidités [économies] sur lesquelles elles puissent compter. Dans quelles difficultés se trouveraient-elles si leurs revenus s’arrêtaient soudainement ou s’ils étaient fortement réduits ! Nous connaissons tous des familles qui se sont engagées dans des dépenses supérieures à ce qu’elles peuvent payer. De telles situations cachent d’immenses chagrins19.

    Le fait de vivre au-dessus de ses moyens peut être à l’origine d’« un immense chagrin ».

    Je ne veux pas dire que toute dette est mauvaise. Bien sûr que non. Une dette professionnelle judicieuse est l’un des éléments de la croissance. Un emprunt immobilier raisonnable est une véritable aide pour une famille qui doit acheter une maison20.

    Sur le long terme, il est plus facile de vivre dans la limite de ses revenus et de ne pas emprunter sur les réserves à venir sauf en cas de nécessité, mais jamais pour du luxe. Il n’est pas équitable pour nous ou pour notre collectivité d’être si imprévoyants dans nos dépenses que le jour où nos revenus s’arrêtent, nous devions nous tourner vers des organismes d’aide ou vers l’Église pour avoir une aide financière.

    Je vous exhorte solennellement à ne pas vous enchaîner au paiement de taux financiers qui sont souvent exorbitants. Économisez maintenant et achetez plus tard, et vous irez beaucoup plus loin. Vous éviterez les taux d’intérêts élevés et d’autres frais, et l’argent que vous mettez de côté vous permettra de faire des achats plus tard à des prix considérablement réduits.

    […] Résistez à la tentation de vous lancer dans l’achat d’un bien immobilier beaucoup plus luxueux et spacieux que ce dont vous avez réellement besoin.

    Ce sera beaucoup mieux pour vous, particulièrement pour les jeunes familles qui commencent à s’installer, si vous achetez une petite maison que vous pouvez payer sur une période relativement courte. […]

    Ne laissez ni vous-mêmes ni votre famille sans protection contre les tempêtes financières. Pour le moment, renoncez au luxe pour accumuler des économies. C’est sagesse de prendre des dispositions pour les études futures de vos enfants et votre retraite. […]

    Frères et sœurs, la paix et la satisfaction pénètrent dans notre cœur lorsque nous vivons selon nos moyens. Puisse Dieu nous accorder la sagesse et la foi d’écouter les recommandations inspirées des frères de la prêtrise de sortir des dettes, de vivre selon nos moyens et de payer au fur et à mesure. En résumé : « Paie ta dette et tu vivras21. »

    Idées pour l’étude et l’enseignement

    Questions

    • Dans la première partie, le président Benson expose les principes fondamentaux du programme d’entraide de l’Église. Comment ces principes contribuent-ils à notre bien-être temporel ? Comment contribuent-ils à notre bien-être spirituel ?

    • Quels sont les avantages d’un « travail dynamique et résolu » ? (Voir la deuxième partie pour des exemples). Quelles sont les choses que vous aimez dans le travail ? Que pouvons-nous faire pour aider les enfants et les jeunes à apprendre à aimer le travail ?

    • Quelles bénédictions recevons-nous lorsque nous suivons les recommandations du président Benson citées dans la troisième partie ? Pensez à ce que vous allez faire, dans votre situation actuelle, pour suivre ces recommandations.

    • Pourquoi l’utilisation sage de l’argent conduit-elle à « la paix et la satisfaction » ? Au contraire, que ressentons-nous lorsque nous ne vivons pas selon nos moyens ? (Voir la quatrième partie.)

    Écritures apparentées

    Jacob 2:17-19 ; Alma 34:19-29 ; D&A 19:35 ; 42:42 ; 75:28-29 ; 104:78 ; Moïse 5:1

    Aide pédagogique

    «Pour aider les élèves à se préparer à répondre, vous pouvez les prévenir, avant une lecture ou un exposé, que vous leur poserez des questions. Par exemple, vous pouvez dire aux élèves de bien écouter pendant que vous lisez afin qu’ils puissent dire ce qui les intéresse le plus dans ce passage » (L’enseignement, pas de plus grand appel, 1999, p. 69).

    Notes

    1. Heber J. Grant, Conference Report, octobre 1936, p. 3.

    2. « Church Welfare—Economically Socially Spiritually Sound », Welfare Agricultural Meeting, 7 octobre 1972, p. 5.

    3. Sheri Dew, Ezra Taft Benson : A Biography, 1987, p. 119.

    4. « Ministering to Needs through the Lord’s Storehouse System », Ensign, mai 1977, p. 84.

    5. Conference Report, oct. 1945, p. 160, 163, 164.

    6. « Ministering to Needs through the Lord’s Storehouse System », p. 83 ; citant Heber J. Grant, Conference Report, octobre 1936, p. 3.

    7. « “Prepare Ye », Ensign, janvier 1974, p. 81.

    8. Conference Report, avril 1967, p. 61.

    9. « Prepare for the Days of Tribulation » Ensign, novembre 1980, p. 32.

    10. The Teachings of Ezra Taft Benson, p. 481.

    11. The Teachings of Ezra Taft Benson, p. 484.

    12. « Ministering to Needs through the Lord’s Storehouse System », p. 83.

    13. The Teachings of Ezra Taft Benson, p. 485.

    14. The Teachings of Ezra Taft Benson, p. 481.

    15. « Prepare for the Days of Tribulation », p. 32-33, 34.

    16. « The Ten Commandments : America at the Crossroads », New Era, juillet 1978, p. 39.

    17. « Prepare for the Days of Tribulation », p. 32 ; citant the Welfare Plan Handbook, 1952, p. 2, cité dans Marion G. Romney, « Church Welfare—Some Fundamentals », Ensign, janvier 1974, p. 91.

    18. « Prepare Ye », p. 69.

    19. « Pay Thy Debt, and Live », Ensign, juin 1987, p. 3-4.

    20. Conference Report, avril 1957, p. 54.

    21. « Pay Thy Debt, and Live », p. 4, 5.