Conférence générale
    Honorer la prêtrise
    Notes de bas de page
    Theme

    Honorer la prêtrise

    Ezra Taft Benson nous a demandé spécifiquement de suivre le protocole établi de la prêtrise.

    Mes frères, relativement peu de choses ont été écrites sur le sujet de mon discours1 Nous sommes tous censés le connaître. Il s’agit d’honorer la prêtrise.

    Nous faisons partie de l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Celui qui dirige son Eglise rétablie a ordonné sa prêtrise «afin que chacun parle au nom de Dieu, le Seigneur, oui, le Sauveur du monde» (D&A 1:20). C’est remarquable! Il a choisi de nous honorer sa prêtrise. Et nous l’honorons en honorant sa prêtrise — à la fois son autorité et ceux qui la détiennent. En le faisant, des hommes, des femmes et des enfants dans le monde entier seront bénis. Le fait d’honorer la prêtrise engendre le respect, le respect favorise le recueillement, et le recueillement ouvre la porte à la révélation2

    Ezra Taft Benson nous a demandé spécifiquement de suivre le protocole établi de la prêtrise. Il a fait remarquer que beaucoup d’entre nous ont appris par observation en écoutant leurs aînés dans le Collège. Il a dit: «Le protocole est une pratique établie depuis longtemps prescrivant complète déférence à … un ordre de procédure correcte.»3 Je citerai le président Benson et d’autres dirigeants parce que, comme vous le remarquerez, une grande partie de mon discours se rapporte à ce protocole.

    Types d’organisation

    Il existe des différences dans la pratique et dans l’organisation entre l’Eglise du Seigneur et les institutions fondées par les hommes. Les hommes et les femmes peuvent former des associations entre eux et se laisse gouverner par des règles décidées d’un commun accord.

    L’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, elle, n’est ni une démocratie ni une république. Il s’agit d’un royaume, du royaume de Dieu sur la terre. Il s’agit d’une Eglise hiérarchisée, dont l’autorité suprême est à la tête. Le Seigneur dirige ses serviteurs oints. Ils témoignent au monde entier que Dieu parle de nouveau. Les cieux ont été rouverts. Un lien vivant a été établi entre le ciel et la terre à notre époque.

    Cette autorité suprême est soutenue par une fondation ferme selon un modèle d’organisation établi anciennement. Jésus-Christ est la pierre angulaire de l’édifice qui comporte des apôtres, des prophètes et tous les dons, pouvoirs et bénédictions qui caractérisaient l’Eglise des premiers temps (voir 1 Corinthiens 12:28).

    Dirigeants et titres

    Les institutions profanes et spirituelles ont des modes de direction différents. Les organisations fondées par les hommes sont gouvernées par des officiers ayant des titres qui désignent leur rang ou leurs accomplissements.

    On s’adresse à un officier de l’armée, un juge, un sénateur, un médecin ou un professeur par son titre. Nous honorons ainsi à juste titre les gens qui sont parvenus à ces postes.

    Le royaume de Dieu, lui, est gouverné par l’autorité de la prêtrise. Cette autorité n’est pas conférée pour honorer, mais pour permettre d’accomplir un ministère de service. Les titres de la prêtrise ne sont pas créés par l’homme, pas plus qu’ils ne sont honorifiques ni qu’ils indiquent un niveau de connaissances. Ils dénotent une nomination au service du Seigneur. Nous sommes appelés, soutenus et ordonnés, non par nous-mêmes, mais «par prophétie et par l’imposition des mains, par ceux qui détiennent l’autorité, pour prêcher l’Evangile et en administrer les ordonnances» (5è article de foi; voir aussi Hébreux 5:4).

    Les titres relatifs à la sainte prêtrise méritent notre plus grand respect. On s’adresse à chaque membre de la Première Présidence et on parle de lui en mentionnant le titre «Président» (voir D&A 107:22, 24, 29). On mentionne également ce titre quand on fait référence à la présidence d’un pieu, d’une mission, d’un collège ou d’une branche. Le titre d’apôtre est sacré. Il a été donné par Dieu et n’appartient qu’à ceux qui ont été appelés et ordonnés comme «témoins spéciaux du nom du Christ dans le monde entier» (D&A 107:23). Un apôtre parle au nom de celui dont il est le témoin spécial. Ce titre sacré n’est pas utilisé pour s’adresser à un membre du Collège des Douze. On préfère généralement dire «Frère».

    Le titre d’évêque exprime également un rôle de président; l’évêque est le président de la Prêtrise d’Aaron de sa paroisse et le grand prêtre président de l’organisation de la paroisse. Nous nous adressons à lui avec respect en disant «Frère».

    Ancien est un titre sacré que portent tous les détenteurs de la Prêtrise de Melchisédek.

    Conseil général

    Je vais vous donner un conseil d’ordre général, en commençant par des commentaires sur les Autorités générales. Nous les honorons comme étant des instruments dans les mains du Seigneur, tout en étant conscients qu’ils sont des êtres humains ordinaires. Ils ont besoin de se faire couper les cheveux, de faire laver leur linge, et occasionnellement de rappels à l’ordre, comme tout un chacun. Le président Benson nous a raconté une histoire qui illustre ce point:

    Orson F. Whitney … avait une grande capacité de concentration. Un jour, au cours d’un voyage en train, il était si préoccupé qu’il ne remarqua pas que le train passait la gare où il devait descendre. Il dut donc être reconduit en voiture là où il aurait dû aller. Entretemps, le président de pieu attendait. L’attente se prolongea … Finalement, quand il estima qu’il était plus que probable que quelque chose était arrivé à frère Whitney et qu’il n’arriverait pas à l’heure, ils commencèrent la réunion. Quand frère Whitney arriva, il fut aceueilli par le cantique d’ouverture, qui était: «Pauvres humains, pourquoi errer?»4

    Nous honorons ces hommes du fait de leur appel extraordinaire. Leurs actions officielles sont valables sur la terre et aux cieux. Je me souviens bien de ce que j’ai ressenti la première fois que j’ai rencontré l’une des Autorités générales. Ce fut un sentiment indescriptible. Je n’étais alors qu’un jeune garçon, mais immédiatement, presque instinctivement, je me suis levé. Aujourd’hui encore, j’ai la même sensation quand l’un des Frères entre. Une Autorité générale est un oracle de Dieu.

    Nous parlons souvent de clefs de l’autorité de la prêtrise. Quinze hommes vivants — la Première Présidence et les Douze — ont été ordonnés apôtres et ont reçu toutes les clefs de l’autorité de la prêtrise. Gordon B. Hinckley a expliqué récemment que «seul le président de l’Eglise a le droit d’exercer [ces clefs] dans leur plénitude. Il peut déléguer plusieurs d’entre elles à un ou plusieurs de ses Frères …

    Cette latitude a été donnée par le président Benson à ses conseillers et aux Douze en fonction de diverses responsabilités qui leur ont été déléguées5.»

    A la demande de la Première Présidence et des Douze, les Autorités générales confèrent les clefs appropriées aux présidents de pieu et de mission, qui, à leur tour, confèrent les clefs nécessaires aux évêques et aux présidents de collège et de branche.

    Tout détenteur de la prêtrise a un dirigeant aimant qui lui est affecté, car le Seigneur Dieu a dit: «Voici, ma maison est une maison d’ordre …, et pas une maison de confusion» (D&A 132:8).

    Cet ordre définit également les limites de la révélation. Joseph smith, le prophète, a enseigné qu’il est contraire au plan de Dieu qu’un membre de l’Eglise ou n’importe qui d’autre reçoive des instructions pour ceux qui ont un poste d’autorité supérieur au sien»6. Ce principe interdit que l’on reçoive une révélation pour quelqu’un d’extérieur à son cercle défini de responsabilité.

    Honorer la prêtrise signifie également honorer votre appel personnel à servir. Voici quelques conseils qui pourront vous être utiles:

    • Apprenez à accepter les conseils. Soyez ouvert aux remarques de vos dirigeants et acceptez-les de bon gré.

    • Ne dites pas de mal des dirigeants de l’Eglise.

    • Ne convoitez pas un appel ou un poste.

    • N’essayez pas de supputer qui devrait ou ne devrait pas être appelé.

    • Ne refusez pas d’occasion de servir.

    • Ne demandez pas à être relevé d’un appel. Cependant, avertissez vos dirigeants des changements dans votre situation, sachant qu’ils tiendront compte de tous les facteurs quand ils réfléchiront dans la prière au moment où il conviendra de vous relever.

    Celui qui appelle et celui qui reçoit l’appel ont tous deux l’obligation de rendre des comptes. Je cite James E. Talmage:

    «Ceux par qui l’appel lui est parvenu … doivent rendre compte de leurs actes tout comme il doit rendre compte des siens; et de chacun il sera exigé un rapport strict et personnel de son intendance, de son service ou de sa négligence, du bon ou du mauvais usage qu’il a fait du dépôt qui lui a été confié»7.

    Certains aspects de la prêtrise ne sont pas liés à un poste ou à un titre. Par exemple, l’autorité de donner une bénédiction de la prêtrise ne dépend que de l’ordination et de la dignité. Le Seigneur ne refuserait ses bénédictions à aucun de ses enfants parce qu’il ne se trouverait personne ayant un appel particulier. Chaque ancien de l’Eglise détient la même prêtrise que le président de l’Eglise.

    Mes frères, rappelez-vous que le plus haut degré de gloire ne vous est accessible que par l’ordre de la prêtrise lié à la nouvelle alliance éternelle du mariage (voir D&A 131:1-4). Pour honorer la prêtrise, vous devez donc commencer par honorer votre compagne éternelle.

    Conseils spécifiques

    Quelques conseils spécifiques à présent. Pour les maris et les pères: Avec votre femme, façonnez les comportements au foyer. Prenez l’habitude de prière. Priez régulièrement et à haute voix pour vos dirigeants de la prêtrise et des auxiliaires, locaux et généraux. Votre attitude courtoise à la maison et votre recueillement à l’église seront copiés par les membres de votre famille. Aidez les vôtres à suivre le canal approprié quand ils ont besoin de conseils. Enseignez-leur qu’ils doivent demander conseil à leurs parents et aux dirigeants locaux en qui ils ont confiance, non aux Autorités générales. Au cours des vingt dernières années, la Première Présidence a envoyé essentiellement la même lettre six fois pour réaffirmer cette règle.

    Pères, vous comprenez le principe d’autonomie matérielle et essayez de constituer un an de réserves chez vous. Pensez également au besoin de nourriture et d’autonomie spirituelle, non pour un an seulement, mais pour toute la vie, également entreposée chez vous. Le père digne doit être le premier à pouvoir donner une bénédiction aux membres de sa famille. Le temps passant, ses fils pourront puiser à ce réservoir spirituel, étant dignes de bénir à leur tour leur femme, leurs enfants et leurs parents.

    A présent un conseil aux jeunes gens qui détiennent la Prêtrise d’Aaron ou prêtrise préparatoire: si vous l’honorez et vous préparez à l’appel d’aller en mission, en en étant dignes, je vous promets que vous parlerez alors au nom du Seigneur Dieu et apporterez sa lumière à des âmes qui sont à sa recherche. Vous serez des anges à leur service, dont ils se souviendront à jamais avec amour (voir D&A 13).

    Je m’adresserai à présent aux présidents et aux évêques, cependant ces principes s’appliquent à tous. Quand quelqu'un qui a autorité sur vous entre dans une réunion que vous êtes en train de présider, demandez-lui immédiatement ses instructions. Voyez ce qu’il souhaite. Veillez à lui laisser le temps de remettre un message. Une illustration vive a été rapportée par James E. Faust; il a donné un jour une illustration navrante de ce qui peut arriver:

    «J’ai appris, il y a quelque temps, le désarroi de certains membres d’un pieu de la vallée quand leur présidence de pieu a été réorganisée. L’officier président était l’un des apôtres les plus vénérés et les plus remarquables de toute l’histoire de l’Eglise. LeGrand Richards avait plus de quatre-vingt dix ans, mais il était en pleine possession de ses moyens. Au cours de la conférence, les membres locaux appelés à parler prirent presque tout le temps imparti. Il ne resta donc que dix ou quinze minutes à frère Richards. Que fit-il? Prolongea-t-il la réunion? Non. Il rendit un bref témoignage et termina la réunion à l’heure.

    «Les membres du pieu ne voulaient pas nécessairement que la réunion se prolonge. Ils étaient cependant amers parce qu’ils auraient d’autres occasions d’entendre leurs dirigeants locaux, mais n’auraient plus, et en fait n’eurent plus jamais, l’occasion d’entendre ce vénérable apôtre. En bref, les orateurs ne respectèrent pas l’officier président8.»

    Une fois qu’une Autorité générale qui préside une réunion a parlé, personne ne parle après elle. Présidents et évêques, après la réunion, restez aux côtés de votre dirigeant jusqu’à ce qu’il vous permette de partir. Il peut se sentir poussé à vous donner des enseignements ou des directives supplémentaires. Vous pouvez également éviter des problèmes. Par exemple, si un membre pose à votre dirigeant une question qui n’aurait pas dû lui être adressée, vous êtes là pour répondre.

    A présent, quelques remarques concernant le grand conseil du pieu. Il n’a pas de président. Il n’a pas autorité pour agir de lui-même et ne se réunit, même divisé en comités, qu’à la demande de la présidence de pieu. Bien que les membres du grand conseil puissent être assis suivant l’ordre chronologique de leur appel au conseil, il n’y a pas de préséance du fait de l’ancienneté.

    En revanche, l’ancienneté est honorée parmi les apôtres ordonnés, même pour entrer dans une salle ou pour en sortir. Le président Benson nous a raconté l’anecdote suivante:

    «Il y a quelques années, frère Haight a fait preuve d’une courtoisie exceptionnelle à l’égard du président Romney tandis qu’ils étaient dans la salle haute du temple. Le président Romney s’attardait. Frère Haight ne voulait pas sortir de la salle avant lui. Quand le président Romney lui a fait signe de passer le premier, frère Haight a répondu: ‹Non, président, après vous.›

    «Frère Romney a répondu avec son humour habituel: ‹Qu’est-ce qui ne va pas, David? Vous avez peur que je vole quelque chose?›

    Un exemple de ce respect d’un apôtre pour l’un de ses anciens est rapporté dans le Nouveau Testament. Quand Simon Pierre et Jean le bien-aimé se précipitèrent pour vérifier la nouvelle que le corps de leur Seigneur crucifié avait été ôté du sépulcre, Jean, étant plus jeune et plus rapide, arriva le premier; cependant, il n’entra pas. Il fit preuve de déférence à l’égard de l’apôtre plus âgé, qui pénétra le premier dans le sépulcre (voir Jean 20:2-6). L’ancienneté dans l’apostolat est depuis longtemps le moyen par lequel le Seigneur choisit son grand prêtre président.

    Réprimande et repentir

    Mes frères, ces questions sont importantes. Il y a plus de cent cinquante ans, le Seigneur a adressé une sévère réprimande à son peuple. En voici les termes:

    «En vérité, la condamnation est sur vous, qui êtes nommés pour diriger mon Eglise; il faut qu’il y ait une repentance et une réforme parmi vous, en toutes choses, dans votre exemple devant l’Eglise et devant le monde, dans toute votre conduite, vos habitudes et vos rapports les uns avec les autres; manifestant à chacun le respect dû à l’office, à l’appel et à la prêtrise auxquelles moi, le Seigneur, je vous ai nommés et ordonnés10.»

    Si certains parmi nous sont coupables de traiter à la légère ces choses sacrées, ils peuvent se repentir et prendre la résolution d’honorer la prêtrise et ceux à qui le Seigneur en a remis les clés.

    Mes frères nous proclamons à toute l’humanité ces vérités éternelles: «La Prêtrise de Melchisédek détient le droit de présidence et a pouvoir et autorité sur tous les offices de l’Eglise à toutes les époques du monde» (D&A 107:8). Ce pouvoir détient «les clefs de toutes les bénédictions spirituelles de l’Eglise» (D&A 107:18). Puissions-nous honorer pleinement la prêtrise. C’est ma prière, au nom de Jésus-Christ. Amen 9