Le principe du travail
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    Le principe du travail

    Ce qui fait la différence entre la joie du travail bien fait et la résignation à la médiocrité, c’est le deuxième mille que constitue le dur travail.

    Il y a plus de 6 000 ans, notre père Adam reçut le commandement: «C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain» (Genèse 3:19).

    Il y a environ 2 700 ans, un poète grec a fait la réflexion que «en avant d’une brillante réussite les dieux immortels ont mis la sueur, et long et escarpé est le chemin qui y conduit» (Hésiode, Les Travaux et les Jours).

    Mes jeunes amis de la Prêtrise d’Aaron et vous qui formez cette grande armée du Christ, le principe du travail est enseigné depuis la fondation du monde. C’est le dernier mot dans tout pas en avant vers le succès. Il est alarmant de constater que le travail disparaît de notre code de morale. Nous ne cessons d’entendre nos jeunes dire des choses telles que: «C’est trop difficile», «donnez-moi quelque chose de plus facile», «je veux cela maintenant», «je ne peux pas attendre aussi longtemps». L’horrible maladie du «rien à faire» prend des proportions d’épidémie chez nous. Elle sape ce qui fait la force de notre pays. Le prophète Ezéchiel voit clairement dans «l’insouciante tranquillité» une forme de l’iniquité (Ezéchiel 16.49).

    Notre peuple est ce qu’il est parce que nos ancêtres n’avaient pas peur de travailler dur et honnêtement. Nos ancêtres en comprenaient la nécessité; c’était une question de survie pure et simple. Un élément commun à tous ceux qui ont réussi, c’est qu’ils comprennent ce qui constitue le prix à payer pour obtenir le succès. A la base de cette volonté de payer le prix, il y a la décision farouche de «faire ce qu’il faudra». Cela signifie: «Je travaillerai dur, avec intégrité, pour parvenir à mon but.»

    Travailler dur est une bénédiction de Dieu. Cela veut dire que l’on s’y met de tout son cœur, de tout son esprit et de toutes ses forces (voir D&A 4:2). C’est cela qui fait la différence entre le moyen et l’excellent.

    Les grands sportifs travaillent dur. Les passes, les effets de jambes, les coups au but, les reprises de volée et les paniers sont le résultat de longues heures d’entraînement et de dur travail. Le gros de l’entraînement, vous le ferez toujours tout seul, en l’absence de l’entraîneur. La victoire est le fruit de notre diligence et de notre volonté de travailler dur. Le spectacle du champion auréolé de gloire ne doit jamais faire perdre de vue le long processus par lequel on le devient. Il y a un temps de préparation et un temps pour la victoire. Ce qui fait la différence entre la joie du travail bien fait et la résignation à la médiocrité, c’est le deuxième mille que constitue le dur travail.

    Lorsque j’étais président de mission, les missionnaires me disaient bien des fois: «Mais, président, je veux des baptêmes maintenant.»

    Je répondais alors et je répondrai toujours: «Il faut travailler dur, être diligent, être humble et s’entraîner à la prière de la foi.»

    Jeunes gens, ne consacrez-vous pas trop de temps à souhaiter ce que vous voudriez voir être plutôt que de vous fixer une discipline et de travailler dur à ce que vous allez être? Un soir que nous étions dans une maison avec deux de nos missionnaires, nous avons invité un jeune investigateur à lire le Livre de Mormon. Le jeune homme, assis dans un fauteuil à siroter le contenu d’un récipient de 30 cl qu’il s’était procuré au magasin du coin, nous a fait une réponse qui nous a laissés pantois: «C’est trop difficile.»

    David Hume a dit: «O Dieu, tu nous donnes tout ce qui est bon pour le prix de notre labeur.»

    Ce jeune homme avait senti l’esprit; malheureusement la semence était tombée sur un sol rocailleux, et il n’était pas disposé à travailler dur et à faire ce qu’il fallait pour obtenir son témoignage. Ce soir-là, lorsqu’il a dit: «C’est trop difficile», nous avons eu bien peur qu’il n’ait pris une décision qui risquait de mettre en danger sa vie éternelle.

    Une des choses les plus tristes qui puissent arriver aux présidents de mission est de voir des frères et des sœurs entrer dans le champ de la mission sans avoir appris à travailler. Le président Ezra Taft Benson nous a donné une grande formule lors d’un de ses discours sur l’œuvre missionnaire: «Un des plus grands secrets de l’œuvre missionnaire, c’est le travail! Si le missionnaire travaille, il obtient l’Esprit. S’il obtient l’Esprit, il enseigne selon l’Esprit; et s’il enseigne selon l’Esprit, il touche le cœur des gens et est heureux. Il ne connaît pas le mal du pays, ne se fait pas de souci pour sa famille, parce qu’il concentre tout son temps, tous ses talents et tout son intérêt sur l’œuvre du ministère. Travailler, travailler, travailler, rien ne peut remplacer cela, surtout dans l’œuvre missionnaire» (The Teachings of Ezra Taft Benson, p. 200).

    Nous y voilà, pères et formateurs de futurs missionnaires. Nous y voilà, mes jeunes amis qui vous préparez à partir en mission et vous qui vous y trouvez actuellement. Si vous voulez réussir, commencez par la base: travaillez. Nous avons récemment observé un accroissement important des baptêmes dans une de nos missions. On a demandé au président de mission quelle en était la raison. Sa réponse: «Les baptêmes sont le résultat d’un travail intense. Nous devons travailler plus intelligemment et beaucoup plus dur.»

    Le prophète Alma l’a très bien dit pendant qu’il se glorifiait du succès d’Ammon et de ses frères: «Ils ont beaucoup travaillé» (Alma 29:15).

    C’est une définition pure du travail.

    Il y a juste un peu plus de huit mois, un ouragan monstrueux s’est abattu sur la Floride. Jack Demaree, du pieu de Montgomery Alabama, et beaucoup comme lui ont fait plus de trois mille kilomètres aller-retour, sur le temps de leurs vacances, pour aider les victimes. Il est revenu avec un article d’un journal de Floride: «Par un samedi torride et humide, quelque 12 000 volontaires, dont 9 000 membres de l’Eglise mormone venus de six Etats, qui avaient apporté des tronçonneuses, du contreplaqué et du papier goudronné ont déferlé sur le sud de la Floride … Il y avait tant de gens qui étaient au travail que deux cents seulement se sont présentés le samedi matin pour un service de prière en plein air … en dépit de la prédiction qu’il y aurait plus de 5 000 personnes présentes» (Journal du dimanche d’Ocala, Floride, du 6 septembre 1992).

    Au cours de la conversation que j’ai eue avec lui sur ce qu’il a vécu là-bas, frère Demaree a dit: «Tout ce que j’ai fait c’est découper les arbres qui avaient été déracinés par l’ouragan.»

    Mes frères, pour prendre cela comme analogie, il est plus important de découper des arbres que de penser à découper des arbres ou d’envisager de découper des arbres. Nous sommes en train de devenir des experts mondiaux dans l’art de nous réunir, de penser, de planifier et de nous organiser pour accomplir le travail, mais ce qu’il faut c’est que nous le fassions. Nous avons besoin de travailler.

    S’il y en a beaucoup qui restent sur leurs chaises et prononcent, voire crient de grandes paroles retentissantes qui n’ont aucune efficacité finale, on trouvera toujours des saints des derniers jours travailleurs en train d’agir avec diligence et de livrer des pommes de terre à leurs voisins. Contrairement à ce que beaucoup croient, «dire» et «rester sur sa chaise» ne remplaceront jamais «faire diligemment». Lorsque l’on accepte une tâche ou que l’on s’engage à travailler pour quelqu’un, il faut le faire. Votre fidélité à votre engagement vous suit toute votre vie. N’importe quel groupe de jeunes gens dans un collège sait qui sont les travailleurs, ce petit nombre sacré et discret d’individus qui savent tout simplement comment veiller à ce que les choses se fassent. Jeunes amis de la Prêtrise d’Aaron, parlez moins et faites plus. Veillez à ce que les choses se fassent.

    Je suis extrêmement reconnaissant envers mes parents qui m’ont enseigné à travailler. On n’avait pas le choix chez moi. C’était une exigence formelle.

    Pères de Sion, enseignez à nos jeunes la valeur d’un travail honnête et acharné. Il n’y a rien qui remplace cela, il n’y a pas d’autres possibilités. Veillez à ne pas former des champignons de couche. Malgré tous les avantages dont nous désirons chacun faire bénéficier nos enfants, il faut veiller à ce que tout soit sous-tendu par la nécessité absolue d’un travail honnête et acharné. Jeunes gens, apprenez cela et faites-le. Que cela s’intègre à votre personnalité.

    Dieu vit, je le sais. Cette œuvre est la sienne, et il attend de chacun de nous que nous l’accomplissions. Au nom de Jésus-Christ, amen 9