Le temple, la prêtrise
    Notes de bas de page

    Le temple, la prêtrise

    Bien que le temple de Salt Lake soit imposant, ce qui se passe à l’intérieur est identique à ce qui se passe dans tous les autres temples. Les ordonnances sont les mêmes, les alliances y ont autant de poids, le Saint-Esprit de promesse y est aussi présent.

    Juste avant la consécration du temple de Salt Lake, Wilford Woodruff, président de l’Eglise, et ses conseillers publièrent une lettre aux saints. Bien que cent ans aient passé depuis, elle aurait pu être publiée aujourd’hui.

    Ils écrivaient: «Au cours des dix-huit derniers mois, ont eu lieu des campagnes politiques et des élections … Nous avons à présent le sentiment qu’avant de pénétrer dans le temple pour nous présenter devant le Seigneur, nous allons devoir nous débarrasser de tout sentiment dur et malveillant … Ainsi, nos supplications, exemptes de toute discorde, s’éleveront, unies, jusqu’aux oreilles de Jéhovah et feront se déverser les plus belles bénédictions du Dieu des cieux!»1

    Quand le temple de Salt Lake City fut consacré, cela faisait cinquante-sept ans que le Seigneur était apparu dans le temple de Kirtland, les clés avaient été remises et Elie était apparu, en accomplissement de la prophétie de Malachie, deux mille deux cents ans auparavant.

    Il devait y avoir des temples à Independence, à Far West, et à Spring Hill à Adam Ondi Ahman, mais ils ne furent jamais construits.

    Cela faisait cinquante-deux ans que le Seigneur avait commandé aux saints de construire un temple à Nauvoo et les avait avertis que s’ils ne le terminaient pas dans le temps imparti, leurs baptêmes pour leurs morts ne seraient pas acceptables à ses yeux, et que s’ils ne faisaient pas cela, dans le délai indiqué ils seraient rejetés en tant qu’Eglise, avec leurs morts2

    Les saints bâtirent le temple, mais ils furent chassés et le temple fut détruit par des émeutiers3

    Le colonel Kane écrivit: «Ils réussirent à parer le dernier coup d’épée des émeutiers jusqu’à ce que, parachevant leur travail, ils eussent placé au sommet du fronton l’inscription:

    Maison du Seigneur

    Erigée par l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours

    Sainteté au Seigneur!»

    Il poursuivit: «Ce jour-là, j’assistai au départ des derniers anciens et du dernier groupe qui partit en un convoi. Les gens d’Iowa m’ont raconté que du matin au soir, ils les ont vu se diriger vers l’ouest en une interminable procession. Ils ont rapporté qu’ils n’avaient pas l’air très abattus, mais qu’au sommet de chaque colline, avant de disparaître, on les voyait se retourner vers leurs maisons abandonnées et la flèche de leur temple qui étincelait dans le lointain.»4

    Les saints disparurent à l’horizon, au-dela de Far West, où les pierres d’angle posées sept ans auparavant étaient encore en place. Guidés par des prophètes et des apôtres qui détenaient les clés de la prêtrise, qui emportaient dans leur esprit les ordonnances du temple et avaient l’autorité d’administrer la nouvelle alliance éternelle.

    Quand les saints arrivèrent les uns après les autres dans la vallée du lac Salé, tout ce qu’ils possédaient ou pouvaient espérer obtenir, était transporté dans un chariot, ou bien, ils devaient le fabriquer eux-mêmes.

    Ils délimitèrent l’emplacement du temple avant même que ne soit construite la cabane de rondins la plus grossière.

    Dans ce premier convoi se trouvait un architecte, William Weeks, qui avait dessiné le temple de Nauvoo. Mais la situation était trop désespérée pour lui. Quand le président Young se rendit dans l’est en 1848, frère Weeks partit en disant: «Ils ne construiront jamais le temple sans moi.»5

    Un charpentier, Truman O. Angell, fut nommé pour le remplacer. Il dit: «Si le président et mes frères sont disposés à soutenir un misérable vermisseau comme moi en tant qu’architecte de l’Eglise, puissé-je les servir et ne pas me déshonorer … Que le Seigneur m’aide en cela.»6

    L’isolement, qui les soulagea quelque peu de la pression des émeutiers, était un obstacle en soi. Où allaient-ils se procurer des masses et des coins pour détacher des blocs de granit pour la construction? Ils n’en avaient pas emporté beaucoup dans les charrettes à bras ni dans les caisses des chariots.

    En 1853, la pierre d’angle fut posée, et des attelages de boeufs commencèrent à tirer des blocs de granit depuis les montagnes situées à trente kilomètres de là.

    On entendit un homme dire au conducteur d’un attelage: «Bonjour, frère. On ne vous a pas vu aux réunions hier après-midi.» «C’est vrai», répondit l’autre. «Je n’y suis pas allé. Je n’avais pas de vêtements convenables.» «Eh bien», reprit le premier, «frère Brigham a demandé d’autres hommes et d’autres attelages pour aller chercher des blocs de granit pour le temple.»

    Le conducteur dit, en fouettant ses boeufs: «On va aller rechercher un bloc de granit à la carrière.»7

    Le président Woodruff avait vu des hommes découper des pans de granit de 8 mètres carrés et les faire éclater en blocs8 S’il n’y avait pas d’incident (ce qui aurait été une exception), le conducteur, «trop mal vêtu pour aller aux réunions de culte», pouvait être de retour dans une semaine9

    L’esprit mauvais, qui avait inspiré le gouverneur Boggs, du Missouri, à émettre l’ordre d’exterminer les saints, et qui continue et continuera toujours à menacer l’œuvre du Seigneur, les suivit dans l’ouest.

    Le président Young avait dit à son entrée dans la vallée: «S’ils nous laissent tranquilles dix ans, nous ne leur demanderons pas de faveur.»10 Dix ans plus tard, jour pour jour, un messager venait annoncer que l’armée de Johnson marchait vers l’ouest avec l’ordre de «régler la question mormone».

    Le président Young dit aux saints: «Nous avons été chassés de lieu en lieu; … nous avons été dispersés et pillés … nous n’avons enfreint aucune loi, … ni n’avons l’intention de le faire; mais si une nation veut venir détruire ce peuple, avec l’aide du Tout-Puissant, je l’en empêcherai.»11

    Les colonies furent évacuées, et les saints allèrent dans le sud. Chacune des pierres fut ôtée de Temple Square. Les fondations qui, après sept ans de travail, atteignaient presque le niveau du sol, furent recouvertes de terre et le terrain fut labouré.

    Plus tard, quand les fondations furent mises à jour, on y découvrit quelques fissures. Les fondations furent détruites et remplacées.

    Seize grands arcs de granit inversés furent intégrés aux nouvelles fondations. On n’a pas d’indication de la raison. Cette façon de construire était alors inconnue dans le pays. S’il arrivait un jour qu’une force gigantesque veuille soulever le temple par en dessous, nous saurions alors pourquoi ces arcs sont là.

    La construction progressa très lentement. Un jeune couple qui aurait visité le chantier aurait pu revenir avec ses petits-enfants adolescents et trouver le temple encore en chantier.

    Quand le temple fut presque fini, James F. Woods fut envoyé en Angleterre pour recueillir des généalogies,12 marquant ainsi le début d’une entreprise généalogique dépassant tout ce que l’homme avait imaginé.

    John Fairbanks et d’autres furent envoyés en France étudier la peinture et la sculpture «afin que le nom du Seigneur soit glorifié par … les arts.»13

    Il laissa sa femme seule avec leurs sept enfants. Comme il ne pouvait se résoudre à lui faire ses adieux en public, deux des enfants l’accompagnèrent jusqu’à la gare, où ils se quittèrent en larmes14

    Les femmes ne participèrent pas moins à la construction du temple. Il n’y a peut-être qu’une femme pour comprendre le sacrifice qu’une autre femme accomplit pour s’assurer que quelque chose qui doit être fait, et qu’elle ne peut faire elle-même, le soit. Et seul un homme sait, dans son for intérieur, combien il dépend de sa femme et combien elle seule donne un sens à ce qu’il a à accomplir.

    Parmi la foule qui se pressait le jour de la consécration se trouvait un petit garçon de sept ans, de Tooele, qui allait conserver le souvenir vif de cette journée et de Wilford W. Woodruff pendant quatre-vingt-dix ans. LeGrand Richards allait un jour faire partie du Collège des douze apôtres comme son père avant lui.

    A l’âge de douze ans, LeGrand entendit le président Woodruff prononcer son dernier discours en public. Après quatre-vingt dix ans, frère Richards nous témoignait encore clairement de ces événements sacrés.

    Il y a eu beaucoup d’apparitions dans le temple. Lorenzo Snow y a vu le Sauveur. La plupart de ces expériences sacrées ne sont pas publiées.

    Aussi imposant que soit le temple de Salt Lake ce qui se passe à l’intérieur est identique à ce qui se passe dans tous les autres temples. Les ordonnances sont les mêmes, les alliances y ont autant de poids, le Saint-Esprit de promesse y est aussi présent.

    Le jour du premier coup de pioche de la construction du temple de Salt Lake City, Brigham Young dit: «Très peu connaissent la signification du mot dotation. Pour savoir, ils doivent faire l’expérience, et pour faire l’expérience, il faut contruire un temple.»15

    Le Seigneur, commandant à ses saints de bâtir un temple à Nauvoo, dit: «Car il ne se trouve pas de lieu sur terre où il puisse venir rétablir … la plénitude de la prêtrise16 Je montrerai à mon serviteur Joseph tout ce qui a trait à cette maison, à sa prêtrise17 Car c’est là que sont conférées les clefs de la sainte prêtrise.»18

    Certains membres de l’Eglise enseignent aujourd’hui que la prêtrise est une sorte d’autorité sans contrôle qui peut être revêtue par quiconque a eu la dotation. Ils affirment que cela donne automatiquement l’autorité d’accomplir les ordonnances de la prêtrise. Ils sortent des versets d’Ecriture de leur contexte et interprètent de manière erronée des déclarations de dirigeants des débuts de l’Eglise, entre autres de Joseph Smith, le prophète, pour appuyer leurs dires.

    Il y a une chose qui me sidère: Avec toutes leurs recherches dans l’histoire de l’Eglise, et leur prétendue connaissance des Ecritures, ils passent à côté du principe évident et absolu qui gouverne la transmission de la prêtrise depuis le début, énoncé de cette manière simple:

    «Nous croyons qu’un homme doit être appelé de Dieu par prophétie et par l’imposition des mains, par ceux qui détiennent l’autorité, pour prêcher l’Evangile et en administrer les ordonnances.»19 La prêtrise est conférée par ordination, et non pas simplement en faisant une alliance ou en recevant une bénédiction. Il en est ainsi depuis le commencement. Quoi qu’ils puissent supposer ou déduire de qui a été écrit ou dit, aujourd’hui ou dans le passé, l’ordination spécifique à un office de la prêtrise est la manière, la seule manière dont elle a été et est conférée.

    Et les Ecritures indiquent clairement que la seule façon valable d’obtenir la prêtrise est de la recevoir de «quelqu’un qui a l’autorité et dont l’Eglise sait qu’il a l’autorité et a été régulièrement ordonné par les chefs de l’Eglise.»20

    Rappelez-vous que ce fut Jean-Baptiste, ressuscité, «sous la direction de Pierre, Jacques et Jean, lesquels détenaient les clefs de la Prêtrise de Melchisédek»21 qui vint en personne, rétablir la Prêtrise d’Aaron,22 et que ce furent Pierre, Jacques et Jean, ressuscités, qui vinrent en personne rétablir la Prêtrise de Melchisédek,23 des faits établis de l’histoire de l’Eglise sans lesquels nous ne pourrions valablement prétendre à l’autorité de la prêtrise.

    Joseph Smith, le prophète, expliqua que l’ange qui apparut à Corneille, l’envoya auprès de Pierre pour être instruit, «parce que Pierre pouvait baptiser et que les anges ne le pouvaient pas, aussi longtemps qu’il y avait des officiers légitimes dans la chair qui détenaient les clés du royaume, ou l’autorité de la prêtrise;» et que bien que le Seigneur eût appelé Paul «comme ministre et comme témoin» sur le chemin de Damas,24 il l’envoya auprès d’Ananias pour recevoir enseignements et autorité25

    La prêtrise est une alliance éternelle et le Seigneur a dit: «Tous ceux qui veulent avoir une bénédiction de moi respecteront la loi qui a été fixée pour l’obtention de cette bénédiction et ses conditions telles qu’elles furent instituées dès avant la fondation du monde26

    N’oubliez pas ce principe simple et absolu: La prêtrise est toujours conférée par ordination par quelqu’un qui détient l’autorité adéquate et dont l’Eglise sait qu’il la détient. Et même quand la prêtrise lui a été conférée, le détenteur n’a d’autorité que celle relevant de l’office précis auquel il a été ordonné. Ces limites s’appliquent également à un office auquel on a été mis à part. Les ordinations et les mises à part non autorisées ne confèrent rien, ni pouvoir ni autorité de la prêtrise.

    Le Seigneur a dit si les hommes essaient de faire le mal avec la prêtrise et avec les choses sacrées du temple, il leur aveuglerait l’esprit, afin qu’ils ne comprennent pas ses œuvres merveilleuses27

    Dans l’épître publiée à l’occasion de la consécration du temple de Salt Lake, la Première Présidence a également déclaré: «Ceux qui enfreignent une loi de Dieu, ou ceux qui sont négligents dans l’obéissance à ses commandements, sont-ils en droit d’attendre que le simple fait d’aller dans sa sainte maison et de prendre part à sa consécration les rendra dignes de recevoir sa bénédiction et la leur fera recevoir?

    «Pensent-ils pouvoir se passer aussi facilement repentir et de l’abandon du péché?

    «Osent-ils, ne serait-ce qu’en pensée, accuser ainsi notre Père d’injustice et de partialité, et le taxer de négligence dans l’accomplissement de sa parole?

    «Assurément nul de ceux qui se réclament de son peuple ne se rendrait coupable d’une telle chose?»28

    Le Seigneur a promis aux saints à Nauvoo: «Si vous travaillez de toutes vos forces, je consacrerai [l’emplacement du temple], afin qu’il soit sanctifié.

    «Et si mon peuple veut écouter ma voix et la voix des serviteurs que j’ai nommés pour diriger mon peuple, voici, en vérité, je vous le dis, ils ne seront pas enlevés de leur place. Mais s’ils ne veulent pas écouter ma voix ni la voix de ces hommes que j’ai nommés, ils ne seront pas bénis.»29

    En ce centième anniversaire de la consécration du temple, puissions-nous nous reconsacrer au service du Seigneur.

    Dites le mot temple. Dites-le avec paix et recueillement. Répétez-le maintes fois. Temple. Temple. Temple. Ajoutez le mot saint. Saint temple. Dites-le comme s’il avait majuscule, quelle que soit sa place dans la phrase.

    Temple. Un seul autre mot a une importance égale pour un saint des derniers jours. Foyer. Assemblez les mots saint temple et foyer, et vous avez décrit la maison du Seigneur!

    Que Dieu nous accorde d’être dignes d’entrer dans le temple et de recevoir la plénitude des bénédictions de sa prêtrise. C’est ma prière au nom de Jésus-Christ. Amen9