Le Seigneur de la vie
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    Le Seigneur de la vie

    Grâce à Jésus-Christ, nous pouvons naître de nouveau. Nous pouvons changer. Nous pouvons changer totalement et nous pouvons rester changés.

    Je voudrais tout d’abord remercier mes petits-enfants qui prient depuis quinze jours pour que leur grand-père ait aujourd’hui l’Esprit du Seigneur avec lui. Le printemps en Utah apporte le renouveau tant attendu. Pâques approche, et une fois de plus nous pensons à la résurrection et au plan de salut de notre Père. Les miracles de la nature et de l’Evangile s’unissent pour nous rappeler que le Seigneur de la vie est un Dieu de miracles.

    Pour beaucoup, le miracle le plus spectaculaire serait de voir quelqu’un ressusciter des morts. Les Ecritures décrivent la joie suprême qu’ont connue les veuves de Sarepta et de Naïn dont les fils morts ont été rendus à la vie (voir 1 Rois 17:17-24; Luc 7:11-15). L’épisode le plus spectaculaire raconte comment le Sauveur s’est rendu au sépulcre de son ami bien-aimé Lazare qui était mort depuis quatre jours. Après avoir demandé qu’on ôte la pierre, «il cria d’une voix forte: Lazare, sors!

    «Et le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandelettes» (Jean 11:43-44).

    Le prophète Joseph Smith a énoncé une pensée profonde que je vais reformuler sous forme de question: Est-il plus difficile à croire qu’on puisse ressusciter des morts que de renaître spirituellement? (Voir Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 154.)

    Jean l’apôtre a enseigné que la manifestation la plus sublime de l’amour de notre Père céleste a été d’envoyer «son Fils unique dans le monde afin que nous vivions par lui» (1 Jean 4:9).

    Peu de gens ont compris cela pendant son ministère. Nicodème, l’intellectuel, a été frappé par le miracle de Jésus, mais même avec sa connaissance approfondie des Ecritures, il ne pouvait saisir la doctrine de la nouvelle naissance spirituelle, la transformation de l’âme humaine, de ce que signifie naître de nouveau (voir Jean 3:1-10).

    La nature nous propose des parallèles frappants. Le cinéaste Cecil B. De Mille raconte:

    «Un jour que j’étais en canoé, un gros scarabée noir a grimpé dessus. N’ayant rien à faire, je l’ai observé.

    «Sous la chaleur du soleil, il a commencé à mourir. C’est alors qu’une chose étrange s’est produite. Sa carapace, qui était noire et brillante, s’est fendue tout le long du dos. Il en est sorti une masse informe, rapidement transformée en un être vivant aux couleurs magnifiques et brillantes … Graduellement se sont dégagées des ailes chatoyantes sur lesquelles le soleil se jouait en un millier de couleurs … Le corps, d’un bleu vert, prenait forme.

    «Sous mes yeux s’était produite une métamorphose, la transformation d’un scarabée hideux en une splendide libellule … J’avais été témoin d’un miracle. De la boue était sortie une merveilleuse vie nouvelle. Et il me vint à l’esprit que si le Créateur produit de tels miracles dans les plus humbles des créatures, qu’est-ce qu’il ne doit pas y avoir en réserve pour l’esprit humain!»

    Mon témoignage d’aujourd’hui c’est que, grâce à Jésus-Christ, nous pouvons naître de nouveau. Nous pouvons changer. Nous pouvons changer complètement. Et nous pouvons rester changés.

    Pour qu’il y ait un changement aussi total, il faut la puissance de Dieu. Il promet au peuple de son alliance:

    «Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau; … et je ferai … que vous suiviez mes prescriptions» (Ezéchiel 36:26-27).

    Le roi des Lamanites fut touché par la puissance de l’Esprit lorsque l’Evangile lui fut enseigné. Il demanda à Aaron: «Que dois-je faire pour obtenir cette vie éternelle dont tu as parlé? … Que ferais-je pour naître de Dieu, ayant déraciné ce mauvais esprit en mon sein, et recevoir son Esprit, … j’abandonnerai tout ce que je possède, … pour recevoir cette grande joie» (Alma 22:15).

    Notez la formule donnée par Aaron: «Si tu désires cela, si tu t’inclines devant Dieu, oui, si tu te repens de tous tes péchés … et invoques son nom avec foi, croyant que tu recevras, alors tu recevras l’espérance que tu désires» (v. 16).

    Se prosternant devant le Seigneur, le roi supplia: «Si tu es Dieu, fais-toi connaître à moi, et je délaisserai tous mes péchés pour te connaître» (v. 18).

    On peut trouver dans les pages de notre journal missionnaire un événement qui se répète souvent dans les missions de l’Eglise. John et Shirley Withers avaient une grosse entreprise de publicité. La vie leur souriait, et ils se laissaient aller aux plaisirs du monde. Contactés par les missionnaires, ils furent impressionnés par leur air de pureté et leur luminosité si différents des autres jeunes gens qu’ils avaient connus.

    L’Esprit leur toucha le cœur, et le miracle de la conversion commença. Leur comportement précédent devint incompatible avec les principes de l’Evangile. Un nouvel ensemble de priorités et de valeurs remplaça les intérêts profanes. L’alcool et le tabac cessèrent de devenir indispensables, mais cela demanda un gros effort. La simplicité commença à être de règle dans l’habillement. La prière, l’étude des Ecritures, le service à la Société de Secours et dans la prêtrise devinrent le centre de leur vie. Ils furent baptisés et reçurent le Saint-Esprit.

    Nous nous sommes retrouvés, sœur Clarke et moi, avec certains de nos missionnaires au temple de Salt Lake City pour voir John et Shirley Withers scellés avec leurs enfants pour devenir une famille éternelle. La beauté resplendissante de l’émancipation de leur âme se marquait sur leur visage. Nous étions témoins d’une nouvelle naissance spirituelle, comme si elle sortait du tombeau.

    J’ai pris récemment part à un service religieux dans une prison. Les détenus y rendaient leur témoignage, et j’ai été touché par le remords qu’ils manifestaient de leur comportement qui avait nécessité leur incarcération. Mais ce qui était le plus impressionnant, c’était de les entendre exprimer leur amour pour le Sauveur et l’espoir qu’ils auraient sa miséricorde et son pardon, priant pour que leur repentir lui soit acceptable.

    Je voudrais vous répéter ce qu’a dit un des hommes présents à cette réunion. En lisant le Livre de Mormon, il avait découvert le baume guérisseur et la compassion d’un Sauveur aimant. Je cite:

    «Au cours du mois dernier, le Seigneur m’a donné énormément de bénédictions. Il a changé mon cœur. Il en a enlevé la colère, la haine et la peur. Il les a remplacées par l’amour et l’espérance. Il m’a aussi enlevé mon langage grossier et mon désir de fumer. Il m’aide à surmonter mes faiblesses charnelles.

    «J’ai toujours cru que j’avais une relation avec le Seigneur. Je comprends maintenant à quel point cette relation était égoïste. Lorsque j’ai lu l’histoire de Korihor, cela m’a fait un sale coup. Je me justifiais, je raisonnais comme lui pour me créer un ‹dieu malléable› que je pouvais façonner en fonction de mes besoins corrompus.

    «Je veux vraiment être baptisé dans l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Je crois que c’est son Eglise et je sais que ce que j’ai recherché toute ma vie, je l’ai trouvé.»

    Avant qu’il y ait conversion spirituelle, il faut éprouver le désir intense de changer et reconnaître que l’on a besoin d’aide divine. Seuls ceux qui ouvrent humblement leur cœur ont le courage de reconnaître leurs erreurs et d’avoir la confiance que le Seigneur leur accordera le pardon et la rédemption.

    Je ne sais pas comment le Seigneur s’y prend pour accomplir le miracle sanctificateur de l’expiation, comment il prend sur lui notre souffrance physique et morale et endosse notre douleur et notre culpabilité; mais je sais qu’il le fait. Cela m’amène aux conclusions suivantes:

    1. L’intensité incompréhensible de sa souffrance devrait nous convaincre que nous sommes aimés et que nous sommes très importants pour notre Père céleste. Sinon, pourquoi aurait-il permis de telles souffrances?

    2. Il fallait que le sacrifice de notre Sauveur soit un acte volontaire de miséricorde, l’effusion du sang innocent, le juste pour les injustes, le parfait pour les imparfaits.

    3. L’expiation doit être infinie et éternelle, accessible à toute l’humanité.

    4. Je crois, pour utiliser un terme d’assurance, que nous devons payer la partie déductible. Nous devons connaître suffisamment de chagrin, suffisamment de souffrances, suffisamment de culpabilité pour être conscients du fardeau bien plus lourd supporté par le Sauveur et l’apprécier.

    5. Finalement, nous devons accepter le don et nous conformer aux conditions pour que cette rédemption soit complète. C’est l’amour qui est la motivation de notre obéissance à Dieu. Pour exprimer notre amour et notre reconnaissance pour l’expiation, nous faisons alliance avec notre Père céleste de prendre sur nous le nom de son Fils et de témoigner de lui en tout temps et en tout lieu, respectant ses commandements (voir Mosiah 18:8-10).

    Je témoigne solennellement que c’est en acceptant totalement l’expiation, avec les ordonnances salvatrices de l’Evangile, que nous changeons de vie. Grâce à Jésus-Christ, le Seigneur de la vie, nous pouvons être ressuscités d’une mort d’erreur et de péché à une nouvelle naissance spirituelle d’espoir et de joie éternelle. Il vit. Il nous aime. Il nous supplie de venir à lui pour trouver la paix. Je prie que nous le fassions, au nom de Jésus-Christ, amen 9