2000-2009
La pierre détachée de la montagne

La pierre détachée de la montagne

Le Seigneur est en train d’accomplir sa promesse que son Évangile serait comme la pierre détachée de la montagne sans le secours d’aucune main.

Mes frères et sœurs, nous vivons avec un phénomène intéressant. Un soliste chante continuellement la même chanson. Un orchestre reprend la même musique. Mais il est attendu d’un orateur qu’il trouve à dire quelque chose de nouveau chaque fois qu’il prend la parole. Je vais rompre avec la tradition ce matin et répéter dans une certaine mesure ce que j’ai dit à une autre occasion.

L’Église est devenue une grande famille répandue sur toute la terre. Nous sommes aujourd’hui plus de treize millions dans cent soixante-seize pays et territoires. Il est en train de se produire quelque chose de merveilleux. Le Seigneur est en train d’accomplir sa promesse que son Évangile serait comme la pierre détachée de la montagne sans le secours d’aucune main qui roulerait jusqu’à remplir toute la terre, comme Daniel en a eu la vision (voir Daniel 2:31-45 ; D&A 65:2). Un grand miracle est en train de se produire sous nos yeux.

Retournons cent quatre vingt quatre ans en arrière, en 1823. C’était au mois de septembre, dans la nuit du 21 au 22 septembre pour être précis.

Ce soir-là, le jeune Joseph Smith avait prié avant de s’endormir. Il avait demandé au Seigneur de lui pardonner sa légèreté. Il s’est produit quelque chose de miraculeux. Il dit :

« Tandis que j’étais ainsi occupé à invoquer Dieu, je m’aperçus qu’une lumière apparaissait dans ma chambre ; elle s’accrut jusqu’à ce que la chambre fût plus claire qu’à l’heure de midi, et, tout à coup, un personnage parut à mon chevet…

Il m’appela par mon nom et me dit qu’il était un messager envoyé de la présence de Dieu… et que son nom était Moroni ; que Dieu avait une œuvre à me faire accomplir, et que mon nom serait connu en bien et en mal parmi toutes les nations, familles, langues, ou qu’on en dirait du bien et du mal parmi tous les peuples » (Joseph Smith, Histoire 1:30, 33).

Le garçon a dû être stupéfait de ce qu’il entendait. Aux yeux des gens qui le connaissaient, il n’était qu’un petit paysan pauvre et sans instruction. Il n’était pas riche. Ses voisins étaient dans la même situation. Ses parents étaient des paysans qui avaient du mal à gagner leur vie. Ils vivaient dans une région rurale très peu connue. C’étaient des gens ordinaires qui s’efforçaient de survivre en travaillant dur.

Pourtant, un ange de Dieu dit que le nom de Joseph « serait connu en bien et en mal parmi toutes les nations, familles, langues ». Comment cela se pouvait-il ? Cette déclaration signifie le monde entier.

En considérant les cent soixante dix-sept ans qui se sont écoulés depuis l’organisation de l’Église, nous nous émerveillons de ce qui s’est déjà passé. Quand l’Église a été organisée en 1830, elle ne comptait que six membres, qu’une poignée de croyants, qui habitaient dans un village inconnu de presque tout le monde. Aujourd’hui nous sommes la quatrième ou cinquième plus grande Église d’Amérique du Nord, et nous avons des unités dans presque toutes les villes importantes. Aujourd’hui, des pieux de Sion s’épanouissent dans chaque État des États-Unis, dans chaque province du Canada, dans chaque État du Mexique, dans chaque pays d’Amérique Centrale et dans toute l’Amérique du Sud.

On trouve des unités dans toutes les Îles Britanniques et dans toute l’Europe, où des milliers de personnes se sont jointes à l’Église au cours des années. L’œuvre s’est étendue aux pays baltes et jusqu’à la Bulgarie, l’Albanie et d’autres régions de cette partie du monde. Elle s’étend à toute la Russie. Elle atteint la Mongolie et tous les pays d’Asie et les îles du Pacifique, l’Australie, la Nouvelle-Zélande ainsi que l’Inde et l’Indonésie. Elle est florissante dans de nombreux pays d’Afrique.

Nos conférences générales sont diffusées par satellite et par d’autres moyens dans quatre-vingt douze langues différentes.

Et ce n’est que le commencement. L’œuvre continuera de croître, de prospérer et de se répandre sur la terre. Elle doit le faire pour que la promesse que Moroni a faite à Joseph soit tenue.

Cette œuvre est unique et merveilleuse. Elle est fondamentalement différente de toute autre doctrine religieuse que je connaisse.

Lorsqu’il était sur la terre, Jésus a dit : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jean 17:3).

À quatorze ans, Joseph a eu, au cours de cette glorieuse première vision, une expérience différente de toute autre expérience humaine dont on ait trace. À notre connaissance, à aucun autre moment Dieu, notre Père éternel, et son Fils bien-aimé, le Seigneur ressuscité, ne sont apparus sur terre ensemble.

Au moment du baptême de Jésus par Jean dans le Jourdain, la voix de Dieu s’est fait entendre, mais on ne l’a pas vu. Sur la montagne de la transfiguration, la voix de Dieu s’est fait de nouveau entendre, mais il n’est pas indiqué qu’il soit apparu. Étienne a vu le Seigneur à la droite de Dieu mais ils ne lui ont pas parlé ni ne l’ont instruit.

Après sa résurrection, Jésus apparut aux Néphites, sur le continent américain. La voix du Tout-Puissant se fit entendre trois fois, présentant le Christ ressuscité, mais il n’y eut pas d’apparition du Père.

Cette vision de 1820 que Joseph eut quand il pria dans les bois et au cours de laquelle le Père et le Fils lui apparurent tous les deux est véritablement remarquable. L’un d’eux lui parla, l’appelant par mon nom, et dit, en lui montrant l’autre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoute-le ! » (Joseph Smith, Histoire 1:17).

Rien de tel ne s’était jamais produit auparavant. On est amené à se demander pourquoi il était si important que le Père et le Fils apparaissent. Je pense que c’est parce qu’ils ouvraient la dispensation de la plénitude des temps, la dernière dispensation de l’Évangile, au cours de laquelle les éléments de toutes les dispensations précédentes seraient rassemblées. Cela devait être le dernier chapitre de la longue chronique des rapports de Dieu avec les hommes et les femmes sur la terre.

Après la mort du Sauveur, l’Église qu’il avait fondée est tombée dans l’apostasie. C’était l’accomplissement des paroles d’Ésaïe, qui avait dit : « La terre a été profanée par ses habitants ; car ils enfreignaient les lois, altéraient les prescriptions, rompaient l’alliance éternelle » (Ésaïe 24:5).

Se rendant compte qu’il est important de connaître la véritable nature de Dieu, des hommes s’efforcèrent de trouver un moyen de le définir. Des clercs instruits se disputaient. Quand Constantin devint chrétien au quatrième siècle, il convoqua une grande assemblée d’érudits dans l’espoir qu’ils parviendraient à une conclusion concernant la véritable nature de la Divinité. Ils ne parvinrent qu’à un compromis entre divers points de vue. Le résultat fut le credo de Nicée de 325 de notre ère. Ce credo et les suivants sont devenus depuis, la déclaration doctrinale de la nature de la divinité pour la plus grande partie de la chrétienté.

Je les ai lus de nombreuses fois. Je ne les comprends pas. Je pense que d’autres n’arrivent pas à les comprendre non plus. Je suis sûr que le Seigneur savait aussi que beaucoup ne les comprendraient pas. Aussi, en 1820, dans cette vision incomparable, le Père et le Fils sont-ils apparus au jeune Joseph. Ils lui ont parlé en paroles audibles ; et il leur a parlé. Ils pouvaient voir. Ils pouvaient parler. Ils pouvaient entendre. C’étaient des personnes. Ils étaient tangibles. Ils n’étaient pas des êtres imaginaires. C’étaient des êtres dans un corps de chair. Et cette expérience a donné lieu à notre compréhension unique et vraie de la nature de la Divinité.

Il n’est pas étonnant que, quand il a écrit les Articles de foi en 1842, Joseph Smith ait rédigé comme premier d’entre eux : « Nous croyons en Dieu, le Père éternel, et en son Fils, Jésus-Christ, et au Saint-Esprit » (1er article de foi).

Comme vous le savez tous fort bien, il y a eu ensuite, au cours des années, une véritable « nuée de témoins », pour reprendre la description prophétique de Paul (voir Hébreux 12:1).

Il y eut d’abord Moroni avec les plaques d’où fut traduit le Livre de Mormon. Ce fut quelque chose d’extraordinaire, de remarquable. L’histoire des plaques d’or que racontait Joseph Smith était fantastique. Elle était difficile à croire et facile à attaquer. Se pouvait-il qu’il ait écrit le livre lui-même ? Il est là et tout le monde peut le voir, le toucher, le lire. Toutes les tentatives d’explication de son origine, autre que celle qu’il a donnée, ont échoué. Il était très peu allé à l’école ; pourtant, en très peu de temps, il a produit la traduction qui, publiée, couvre plus de cinq cents pages.

Paul déclare que « toute affaire se réglera sur la déclaration de deux ou de trois témoins » (2 Corinthiens 13:1).

La Bible était là depuis des siècles. C’est un livre précieux et merveilleux. À présent, il y avait un deuxième témoin qui déclarait la divinité du Christ. À ma connaissance, le Livre de Mormon est le seul livre jamais publié qui comporte la promesse que celui qui le lit dans la prière en posant des questions à son sujet obtiendra par révélation du pouvoir du Saint-Esprit, la connaissance qu’il est vrai (voir Moroni 10:4).

Depuis sa première publication dans l’imprimerie de Palmyra, village de l’État de New York, plus de cent trente-trois millions d’exemplaires ont été produits. Il a été traduit dans cent cinq langues. Il n’y a pas longtemps, il a été désigné comme l’un des vingt livres les plus influents publiés en Amérique du Nord.

Une première édition s’est vendue récemment à 105 000 $. Mais l’édition la plus économique, à couverture souple, a la même valeur pour le lecteur qui aime son langage et son message.

Tout au long des années, des détracteurs ont essayé d’en donner une explication. Ils l’ont critiqué. Ils se sont moqués de lui. Mais il leur a survécu à tous, et aujourd’hui son influence est plus grande que jamais.

Ensuite, il y a eu le rétablissement de la prêtrise, conférée par deux êtres ressuscités qui la détenaient quand le Sauveur était sur la terre. Cela s’est produit en 1829, alors que Joseph n’avait que vingt-trois ans.

Après la réception de la prêtrise, l’Église a été organisée le 6 avril 1830, quand Joseph était un jeune homme qui n’avait pas encore vingt-cinq ans. Je le répète, l’organisation est unique et différente de celle de la chrétienté traditionnelle. Elle opère largement au moyen d’un clergé laïc. Le bénévolat est ce qui fait son génie. Au fur et à mesure de sa croissance et de son expansion à l’étranger, des milliers et des milliers d’hommes fidèles et capables ont dirigé ses efforts.

Aujourd’hui, je suis émerveillé par les choses magnifiques que Dieu a révélées au prophète qu’il a nommé, tandis qu’il était encore jeune et presque totalement inconnu. Le langage même de ces révélations dépasse les capacités d’un homme même de grandes connaissances.

Des érudits qui ne sont pas de notre foi, qui n’acceptent pas les enseignements qui nous sont propres, sont perplexes devant l’expansion de cette œuvre, qui touche les cœurs sur toute la terre. Nous devons tout cela à Joseph, le prophète, le voyant et le révélateur, l’apôtre du Seigneur Jésus-Christ, qui a été pré-ordonné pour venir au monde en cette génération et être un instrument dans les mains du Tout-Puissant pour rétablir sur la terre ce que le Sauveur a enseigné de son vivant en Palestine.

Je vous exprime aujourd’hui mon témoignage de l’appel du prophète Joseph, de son œuvre, et qu’il a scellé son témoignage de son sang en martyr de la vérité éternelle. Chacun de vous peut témoigner de la même chose. Vous et moi sommes confrontés à la même question d’accepter la véracité de la Première Vision et ce qui l’a suivie. Sur la question de sa réalité repose la validité même de cette Église. Si c’est la vérité, et je témoigne que ce l’est, alors l’œuvre dans laquelle nous sommes engagés est la plus importante de la terre.

Je vous témoigne de la véracité de ces choses, et je demande au ciel de vous bénir. Puissent les écluses des cieux s’ouvrir et les bénédictions se déverser sur vous comme le Seigneur l’a promis. N’oubliez jamais que c’est sa promesse et qu’il a le pouvoir et la capacité de veiller à ce qu’elle soit tenue. Que le ciel vous bénisse, mes chers amis. C’est là ma prière. Je vous exprime mon amour et vous bénis, au nom sacré de notre Rédempteur, le Seigneur Jésus-Christ. Amen.