2000-2009
    Sachant que nous savons
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    Sachant que nous savons

    Le témoignage d’autres personnes peut susciter et nourrir le désir d’avoir la foi et un témoignage, mais en fin de compte chacun doit trouver par lui-même.

    Il y a des années, un homme a été accusé d’un délit grave. L’accusation a présenté trois témoins, qui ont tous trois vu l’homme commettre le délit. La défense a ensuite présenté trois témoins, dont aucun ne l’avait vu le commettre. Le jury peu instruit était perplexe. Vu le nombre des témoins, les preuves lui semblaient équitablement partagées en faveur de l’accusé et contre lui. L’homme a été acquitté. Cela ne comptait pas, bien entendu, que des millions de gens n’aient jamais vu le délit. Tout ce qu’il fallait, c’était un seul témoin.

    Dans le génie du plan de l’Évangile, il ne faut, en fin de compte, qu’un seul témoin, mais ce témoin doit être vous. Le témoignage d’autres personnes peut susciter et nourrir le désir d’avoir la foi et un témoignage, mais en fin de compte chacun doit trouver par lui-même. Nul ne peut persévérer de manière permanente sur une lumière d’emprunt.

    L’Évangile rétabli n’est pas plus vrai aujourd’hui que lorsqu’un garçon est sorti, seul, du Bosquet sacré en 1820. La vérité n’a jamais dépendu du nombre de gens qui y adhèrent. Quand Joseph a quitté le Bosquet sacré, il n’y avait qu’un homme sur terre qui connaissait la vérité sur Dieu le Père et son Fils, Jésus-Christ. Cependant, il est nécessaire que chacun obtienne pour lui-même ce témoignage brûlant et l’emporte dans la prochaine vie.

    Quand Heber J. Grant, âgé de vingt-trois ans, a été soutenu comme président du pieu de Tooele, il a dit aux saints qu’il croyait que l’Évangile était vrai. Joseph F. Smith, conseiller dans la Première Présidence, lui a demandé : « Heber, vous avez dit que vous croyez l’Évangile de tout votre cœur, mais vous n’avez pas rendu témoignage que vous savez qu’il est vrai. N’avez-vous pas la certitude absolue qu’il est vrai? »

    Heber a répondu : « Non. » Joseph F. Smith a alors dit à John Taylor, président de l’Église : « Je suis d’avis que nous devons défaire cet après-midi ce que nous avons fait ce matin. Je ne pense pas qu’un homme doive présider un pieu s’il n’a pas une connaissance parfaite et indélébile de la divinité de cette œuvre. »

    Le président Taylor a répondu : « Joseph, Joseph, Joseph, [Heber] le sait aussi bien que vous. La seule chose qu’il ne sait pas, c’est qu’il le sait. »

    Quelques semaines plus tard, le jeune Heber J. Grant avait pris conscience de ce qu’il savait et versait des larmes de reconnaissance pour le témoignage parfait, solide et absolu qu’il avait obtenu1.

    C’est magnifique de savoir, et de savoir que l’on sait, et que la lumière n’a pas été empruntée à quelqu’un d’autre.

    Il y a des années, je présidais une mission basée dans le Midwest des États-Unis. Un jour, en compagnie de quelques missionnaires, je parlais avec le représentant estimé d’une autre confession chrétienne. Cet homme bon a parlé de l’histoire et de la doctrine de sa religion et a fini par répéter les paroles bien connues : « On est sauvé par la grâce. Chaque homme et chaque femme doivent exercer la foi au Christ pour être sauvés. »

    Parmi nous se trouvait un nouveau missionnaire. Il ne connaissait absolument pas les autres religions. Il n’a pas pu s’empêcher de poser la question : « Mais, monsieur, qu’est-ce qui arrive au petit bébé qui meurt avant d’avoir l’âge de comprendre et d’exercer la foi au Christ ? » L’homme instruit a baissé la tête, regardé le sol et a dit : « Il devrait y avoir une exception. Il devrait y avoir une échappatoire. Il devrait y avoir un moyen ; mais il n’y en a pas. »

    Le missionnaire m’a regardé et, les larmes aux yeux, a dit : « Eh bien, président, nous avons la vérité, c’est sûr ! »

    Le moment de la prise de conscience du témoignage, ce moment où l’on sait que l’on sait, est doux et sublime. Ce témoignage, si vous le nourrissez, reposera sur vous comme un manteau. Quand nous voyons la lumière, elle nous absorbe. Des lumières de compréhension s’allument à l’intérieur de nous.

    Un jour, j’ai eu une conversation avec un bon jeune homme qui n’appartenait pas à notre Église, bien qu’assistant à la plupart de nos réunions de culte depuis plus d’un an. Je lui ai demandé pourquoi il ne s’était pas joint à l’Église. Il m’a répondu : « Parce que je ne sais pas si elle est vraie. Je pense qu’il se peut bien qu’elle soit vraie, mais je ne peux pas me lever et témoigner, comme vous : ‘Je sais réellement qu’elle est vraie.’ »

    Je lui ai demandé : « Avez-vous lu le Livre de Mormon ? » Il m’a répondu qu’il en avait lu des passages.

    Je lui ai demandé s’il avait prié à propos du livre. Il m’a répondu : « Je l’ai mentionné dans mes prières. »

    J’ai dit à mon ami que, tant qu’il lirait et prierait en dilettante, il ne saurait jamais. Mais quand il consacrerait du temps au jeûne et à la prière, la vérité se graverait dans son cœur, et il saurait qu’il savait. Il n’a rien ajouté, mais le lendemain il a dit à sa femme qu’il allait jeûner. Le samedi suivant, il était baptisé.

    Si vous voulez savoir que vous savez, il y a un prix à payer. Et il n’y a que vous qui pouvez le payer. Il y a des représentants pour l’accomplissement des ordonnances, mais il n’y en a pas pour l’obtention d’un témoignage.

    Alma a parlé de sa conversion dans ces termes magnifiques : « Voici, j’ai jeûné et prié de nombreux jours afin de connaître ces choses par moi-même. Et maintenant, je sais par moi-même qu’elles sont vraies ; car le Seigneur Dieu me les a manifestées » (Alma 5:46).

    Quand une personne a pris conscience qu’elle a un témoignage, elle a le désir ardent de le rendre aux autres. Quand il a quitté les eaux du baptême, Brigham Young a dit : « L’Esprit du Seigneur était sur moi, et j’avais l’impression que mes os se consumeraient si je ne parlais pas aux gens… Le premier discours que j’ai fait a duré plus d’une heure. J’ai ouvert la bouche et le Seigneur l’a remplie2. » De même qu’un feu ne brûle que si la flamme est révélée, de même un témoignage ne peut demeurer que si on l’exprime.

    Brigham Young a dit plus tard d’Orson Pratt : « Si frère Orson [était] coupé en petits morceaux, chaque morceau s’écrierait : ‘Le mormonisme [est] vrai.’3 » Léhi a rendu l’hommage suivant à son noble fils, Néphi : « Mais voici, ce n’était pas lui, mais c’était l’Esprit du Seigneur qui était en lui qui lui ouvrait la bouche pour le faire parler, de sorte qu’il ne pouvait pas se taire » (2 Néphi 1:27).

    La possibilité et la responsabilité de rendre témoignage existent d’abord dans le cadre familial. Nos enfants devraient pouvoir se rappeler la lumière dans nos yeux, le son de notre témoignage dans leurs oreilles et ce qu’ils ressentent dans leur cœur quand nous rendons témoignage à notre auditoire le plus précieux que Jésus était véritablement le Fils de Dieu et que Joseph était son prophète. Notre postérité doit savoir que nous savons, parce que nous le lui disons souvent.

    Les dirigeants des débuts de l’Église ont payé un prix élevé pour établir cette dispensation. Peut-être les rencontrerons-nous et écouterons-nous leur témoignage dans la prochaine vie. Quand nous serons appelés à témoigner, que dirons-nous ? Il y aura des bébés spirituels et des êtres d’une grande stature spirituelle dans la prochaine vie. L’éternité est longue si l’on doit la passer sans lumière, surtout si notre conjoint et nos descendants vivent aussi dans les ténèbres parce qu’il n’y avait pas de lumière en nous et chez les autres, et que, par conséquent, nous n’avons pas pu allumer leurs lampes.

    Nous devrions nous agenouiller chaque matin et chaque soir et supplier le Seigneur afin de ne jamais perdre la foi, notre témoignage ou notre vertu. Il ne faut qu’un témoin, mais ce doit être vous.

    J’ai un témoignage. J’éprouve le besoin urgent de l’exprimer. Je témoigne que le pouvoir du Dieu vivant est dans cette Église. Je sais ce que je sais, et mon témoignage est véridique. Au nom de Jésus-Christ. Amen.