2000-2009
    Le grand commandement
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    Le grand commandement

    Quand nous tendons la main pour aider les plus petits des enfants de notre Père céleste, c’est à lui que nous le faisons.

    Mes frères et sœurs, je voudrais poser une question très importante. Quelle qualité nous définit le mieux, nous, membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours ?

    Aujourd’hui je voudrais parler de la réponse à cette question.

    Au premier siècle après Jésus-Christ, les membres de l’Église qui grandissait à Corinthe étaient enthousiastes à propos de l’Évangile. Presque tous étaient des convertis récents. Beaucoup y étaient attirés par la prédication de l’apôtre Paul et d’autres.

    Mais les saints de Corinthe étaient également querelleurs. Ils se disputaient entre eux. Certains se sentaient supérieurs aux autres. Ils se traînaient mutuellement devant les tribunaux.

    Quand Paul l’a appris, il leur a écrit, contrarié, une lettre où il les suppliait de devenir plus unis. Il y répond aux questions qui avaient fait l’objet de différends. Puis, vers la fin, il leur dit qu’il veut leur montrer « une voie par excellence1. »

    Vous rappelez-vous ce qu’il écrit ensuite ?

    « Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, leur dit-il, si je n’ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit2. »

    Le message de Paul à ce nouveau groupe de saints est simple et direct : rien de ce que vous faites ne servira à grand-chose si vous n’avez pas la charité. Vous pouvez parler en langues, avoir le don de prophétie, comprendre tous les mystères et posséder toute la connaissance, auriez-vous même la foi pour déplacer les montagnes, sans la charité, cela ne vous profitera en rien3.

    « La charité est l’amour pur du Christ4. » Le Sauveur a donné l’exemple de cet amour et l’a enseigné même pendant qu’il était tourmenté par ceux qui le méprisaient et le haïssaient.

    Un jour, les pharisiens ont essayé de le piéger en lui posant une question apparemment impossible : « Maître, ont-ils demandé, quel est le plus grand commandement de la loi?5 »

    Les pharisiens avaient débattu en long et en large de cette question et avaient défini plus de six cents commandements6. Ils pensaient certainement que si la détermination de leur niveau de priorité était une tâche si difficile pour les savants, la question serait impossible pour ce fils de charpentier de Galilée.

    Mais quand ils ont entendu sa réponse, ils ont dû être décontenancés, car elle mettait le doigt sur leur grande faiblesse. Il a répondu :

    « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et de toute ta pensée.

    « C’est le premier et le plus grand commandement.

    « Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

    « De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes7. »

    Depuis ce jour, cette déclaration inspirée a été répétée au cours de nombreuses générations. Maintenant, pour nous, la mesure de notre amour est la mesure de la grandeur de notre âme.

    Les Écritures nous disent que : « si quelqu’un aime Dieu, celui-là est connu de lui8. » Quelle promesse merveilleuse ! C’est exaltant de penser que le Créateur du ciel et de la terre puisse nous connaître et nous aimer d’un amour pur et éternel !

    En 1840, Joseph, le prophète, a envoyé une épître aux Douze où il enseignait : « L’amour est une des principales caractéristiques de la Divinité, et ceux qui aspirent à être les fils de Dieu devraient le manifester. Un homme rempli de l’amour de Dieu ne se contente pas de faire du bien à sa famille seulement, mais parcourt le monde entier, vivement désireux de faire du bien à tout le genre humain9. »

    Quand nous montrons notre amour aux gens qui nous entourent, nous accomplissons l’autre moitié du grand commandement : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même10. »

    Les deux commandements sont nécessaires car, lorsque nous portons les fardeaux les uns des autres, nous accomplissons la loi du Christ11.

    L’amour est le commencement, le milieu et l’aboutissement du chemin que doit suivre le disciple. Il réconforte, conseille, guérit et console. Il nous fait traverser les vallées de ténèbres et le voile de la mort. En fin de compte, l’amour nous mène à la gloire et à la splendeur de la vie éternelle.

    Pour moi, Joseph Smith, le prophète, a toujours donné l’exemple de l’amour pur du Christ. Beaucoup de gens ont demandé pourquoi il s’était fait autant de disciples et les avait conservés. Il a répondu : « C’est parce que je possède le principe de l’amour12. »

    Il y a l’histoire d’un garçon de quatorze ans qui était venu à Nauvoo à la recherche de son frère qui vivait près de là. Le jeune garçon était arrivé en hiver sans argent ni ami. Quand il s’est enquis de son frère, le garçon a été conduit dans une grande maison qui ressemblait à un hôtel. Là, il a rencontré un homme qui lui a dit : « Entre, mon garçon, nous allons prendre soin de toi. »

    Le garçon a accepté et a été emmené dans la maison où il a été nourri et chauffé et où on lui a donné un lit.

    Le lendemain, il gelait à pierre fendre mais, malgré cela, le garçon s’est préparé à faire à pied les treize kilomètres jusqu’à l’endroit où son frère logeait.

    Quand il a vu cela, le maître de maison a dit au jeune garçon de rester un peu. Il a dit qu’un chariot allait bientôt arriver et qu’il pourrait retourner avec lui.

    Quand le garçon a protesté en disant qu’il n’avait pas d’argent, l’homme lui a dit de ne pas s’en faire pour cela, que l’on prendrait soin de lui.

    Plus tard, le garçon a appris que le maître de maison n’était autre que Joseph Smith, le prophète mormon. Le garçon s’est rappelé ce geste charitable toute sa vie13.

    Dans un message récent de l’émission « Music and the Spoken Word » du Chœur du Tabernacle mormon, il est question d’un vieux couple marié pendant des dizaines d’années. Comme elle perdait peu à peu la vue, la femme ne pouvait plus se soigner comme elle l’avait fait pendant tant d’années. Sans qu’elle le lui demande, le mari a commencé à lui teindre les ongles pour elle.

    « Il savait qu’elle pouvait voir ses ongles quand elle les tenait près de ses yeux, juste au bon angle et ils la faisaient sourire. Comme il aimait la voir heureuse, il a continué à lui faire les ongles pendant plus de cinq ans jusqu’à son décès14. »

    C’est un exemple de l’amour pur du Christ. Ce n’est pas toujours dans les tableaux spectaculaires que les poètes et les écrivains immortalisent que l’on trouve le plus grand amour. Les plus grandes manifestations d’amour sont souvent les actes simples de bonté et de sollicitude que nous faisons pour les personnes que nous rencontrons le long du chemin de la vie.

    L’amour vrai dure à jamais. Il est éternellement patient et indulgent. Il croit, il espère et supporte tout. C’est l’amour que notre Père céleste nous porte.

    Nous aspirons tous à éprouver un amour comme celui-là. Même lorsque nous commettons des fautes, nous espérons que les autres nous aimeront malgré nos imperfections, même si nous ne le méritons pas.

    Ah, il est merveilleux de savoir que notre Père céleste nous aime, même avec tous nos défauts ! Son amour est tel que, même si nous baissons les bras, lui ne renonce jamais.

    Nous nous voyons en termes d’hier et d’aujourd’hui. Notre Père céleste nous voit en termes d’éternité. Alors que nous pourrions nous contenter de moins, notre Père céleste ne le fera jamais, car il voit en nous les êtres glorieux que nous sommes capables de devenir.

    L’Évangile de Jésus-Christ est un Évangile de transformation. Il nous prend, hommes et femmes de la terre, et nous raffine pour faire de nous des hommes et des femmes pour l’éternité.

    L’instrument de ce raffinement est notre amour chrétien. Il n’est pas de douleur qu’il ne puisse apaiser, d’amertume qu’il ne puisse enlever, de haine qu’il ne puisse changer. Sophocle, le dramaturge grec, a écrit: « Un mot nous libère de tout le poids et de toute la douleur de la vie. Ce mot c’est l’amour15. »

    Les moments les plus précieux et les plus sacrés de notre vie sont ceux qui sont remplis de l’esprit d’amour. Plus la mesure de notre amour est grande, plus notre joie est grande. En fin de compte, l’acquisition de ce genre d’amour est la vraie mesure du succès dans la vie.

    Aimez-vous le Seigneur ?

    Passez du temps avec lui. Méditez sur ses paroles. Prenez son joug sur vous. Cherchez à comprendre et à obéir parce que « l’amour de Dieu consiste à garder ses commandements16. » Quand nous aimons le Seigneur, l’obéissance cesse d’être un fardeau. L’obéissance devient un plaisir. Quand nous aimons le Seigneur, nous cherchons moins les choses qui nous profitent et nous tournons notre cœur vers les choses qui vont faire du bien aux autres et vont les édifier.

    Quand notre amour pour le Seigneur s’approfondit, notre esprit et notre cœur se purifient. Nous éprouvons « un grand changement… dans notre cœur, de sorte que nous n’avons plus de disposition à faire le mal, mais à faire continuellement le bien17. »

    Mes frères et sœurs, en réfléchissant dans la prière à ce que vous pouvez faire pour augmenter l’entente et la spiritualité et édifier le royaume de Dieu, pensez à votre devoir sacré d’enseigner aux autres à aimer le Seigneur et leurs semblables. C’est le but essentiel de notre existence. Sans la charité, qui est l’amour pur du Christ, tout ce que nous pouvons accomplir a peu d’importance. Avec lui, tout le reste palpite et prend vie.

    Quand nous inspirons les autres et leur enseignons à remplir leur cœur d’amour, l’obéissance découle de l’intérieur dans des actes délibérés de dévouement et de service. Oui, ceux qui font l’enseignement au foyer par devoir, par exemple, peuvent faire leur devoir. Mais ceux qui font l’enseignement au foyer par amour véritable pour le Seigneur et pour leurs semblables abordent vraisemblablement cette tâche avec une attitude très différente.

    Je reviens à ma question de départ : « Quelle qualité nous définit le mieux, nous, membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours ? » Je répondrais : Nous sommes des gens qui aiment le Seigneur de tout leur cœur, de toute leur âme et de tout leur esprit et nous aimons notre prochain comme nous-mêmes.

    C’est notre signature en tant que peuple. C’est comme une balise pour le monde signalant de qui nous sommes disciples18.

    Au jour final, le Sauveur ne posera pas de questions sur la nature de nos appels. Il ne nous interrogera pas sur nos biens matériels ou sur notre célébrité. Il demandera si nous avons soigné les malades, donné à manger à ceux qui avaient faim et soif, visité ceux qui étaient en prison ou secouru les faibles19. Quand nous tendons la main pour aider les plus petits des enfants de notre Père céleste, c’est à lui que nous le faisons20. Telle est l’essence de l’Évangile de Jésus-Christ.

    Si nous souhaitons vraiment apprendre comment aimer, tout ce que nous avons à faire c’est réfléchir à la vie de notre Sauveur. Quand nous prenons les emblèmes de la Sainte-Cène, cela nous rappelle le plus grand exemple d’amour de l’histoire du monde. « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique21. »

    L’amour du Sauveur pour nous était si grand qu’il « [l’a] fait trembler de douleur, [lui], Dieu, le plus grand de tous, et elles [l’] ont fait saigner à chaque pore22. »

    Parce que le Sauveur a donné sa vie pour nous23, nous avons l’espérance lumineuse, l’assurance et la certitude que, quand nous quitterons cette existence terrestre, nous vivrons de nouveau avec lui. Par l’expiation de Jésus-Christ, nous pouvons être purifiés du péché et avoir part au don de notre Père tout-puissant. Alors nous connaîtrons la gloire que Dieu « a préparé[e] pour ceux qui l’aiment24 ».

    C’est là le pouvoir de transformation de la charité.

    Quand il a donné à ses disciples le commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres… comme je vous ai aimés25 », Jésus leur a donné la grande clef du bonheur dans cette vie et de la gloire dans l’autre.

    L’amour est le plus grand de tous les commandements : tous les autres en dépendent. C’est notre objectif de disciples du Christ vivant. C’est le trait de caractère par excellence qui, si nous l’acquérons, améliorera le plus notre vie.

    Je rends témoignage que Dieu vit. Son amour est infini et éternel. Il est accordé à tous ses enfants. Parce qu’il nous aime, il a donné des prophètes et des apôtres pour nous guider à notre époque. Il nous a donné le Saint-Esprit, qui enseigne, console et inspire.

    Il nous a donné ses Écritures. Et je suis reconnaissant au-delà de toute description de ce qu’il a donné à chacun de nous un cœur capable de ressentir l’amour pur du Christ.

    Je prie pour que notre cœur soit rempli de cet amour et que nous nous ouvrions à notre Père céleste et aux autres avec une vision nouvelle et une foi nouvelle. Je témoigne que, ce faisant, nous découvrirons une plus grande richesse dans la vie. Au nom sacré de Jésus-Christ. Amen.