2000-2009
    Un sacerdoce royal
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    Un sacerdoce royal

    Les temps et les situations peuvent changer mais les marques d’un véritable détenteur de la prêtrise de Dieu ne varient pas.

    Mes frères, en regardant d’un bout à l’autre de cet édifice majestueux, il n’y a qu’une chose que je peux dire c’est que c’est vraiment inspirant de vous voir. C’est extraordinaire de penser que, dans des milliers d’églises de par le monde, d’autres détenteurs de la prêtrise de Dieu comme vous suivent cette émission diffusée par satellite. Vous êtes de différentes nationalités et parlez de nombreuses langues, mais un point nous unit. Nous avons été chargés de détenir la prêtrise et d’agir au nom de Dieu. Nous avons reçu un dépôt sacré. Beaucoup est attendu de nous.

    Nous, qui détenons et honorons la prêtrise de Dieu, faisons partie des personnes qui ont été réservées pour cette époque spéciale de l’histoire. L’apôtre Pierre nous a décrits au verset neuf du chapitre 1 de Pierre 2 : « Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. »

    Comment pouvons-nous, vous et moi, nous qualifier pour être dignes de cette appellation de « sacerdoce royal » ? Quelles sont les caractéristiques d’un vrai fils du Dieu vivant ? Ce soir, j’aimerais que l’on examine juste quelques unes de ces caractéristiques.

    Les temps et les situations peuvent changer mais les marques d’un véritable détenteur de la prêtrise de Dieu ne varient pas.

    Je suggère que chacun de nous acquière en premier la marque de la vision. Un écrivain a dit que la porte de l’histoire tourne sur de petits gonds, et il en est de même de la vie des gens. Si nous appliquions cette maxime à nous, nous pourrions dire que nous sommes le résultat de nombreuses petites décisions. En fait, nous sommes le produit de nos choix. Nous devons acquérir la capacité de nous rappeler le passé, d’évaluer le présent et de voir dans l’avenir afin d’accomplir ce que le Seigneur veut que nous fassions.

    Vous, jeunes gens détenteurs de la Prêtrise d’Aaron, devez être capables d’imaginer le jour où vous aurez la Prêtrise de Melchisédek et de vous préparer comme diacres, instructeurs et prêtres à la recevoir de Dieu. Vous avez la responsabilité d’être prêts, lorsque vous recevrez la Prêtrise de Melchisédek, à répondre à l’appel du service missionnaire en l’acceptant et en le remplissant. Je prie sincèrement pour que chaque garçon et chaque homme acquière la marque de la vision.

    Le deuxième principe que je souhaite souligner comme caractéristique d’un vrai détenteur de la prêtrise de Dieu est la marque de l’effort. Il n’est pas suffisant de vouloir faire l’effort et de dire que nous le ferons. Nous devons effectivement faire l’effort. C’est en agissant, pas seulement en pensant, que nous atteignons nos objectifs. Si nous remettons sans cesse nos objectifs à plus tard, jamais nous ne les atteindrons. Quelqu’un a dit : Si vous ne vivez que pour demain, vous aurez aujourd’hui beaucoup d’hiers vides1.

    En juillet 1976, Garry Bjorklund était déterminé à se qualifier pour la course du 10 000 mètres dans l’équipe olympique des États-Unis pour les Jeux Olympiques de Montréal. À mi-parcours de cette course de qualification éprouvante, il a perdu sa chaussure gauche. Que ferions-nous si cela nous arrivait ? Je crois qu’il aurait pu abandonner et s’arrêter. Il aurait pu mettre ça sur le compte de la malchance et perdre l’occasion de participer à la plus grande course de sa vie ; mais ce champion ne l’a pas fait. Il a continué de courir sans cette chaussure. Il savait qu’il allait lui falloir courir plus vite que jamais. Il savait que ces concurrents avaient maintenant un avantage qu’ils n’avaient pas au départ de la course. Il a couru sur cette piste en cendrée avec une seule chaussure, il a fini troisième et s’est qualifié pour la course à la médaille d’or. Il a fait son meilleur temps. Il a fait les efforts nécessaires pour atteindre son objectif.

    Il peut arriver que nous, détenteurs de la prêtrise, nous chutions, nous soyons las, épuisés, déçus ou en proie au chagrin. J’espère que, quand cela se produit, nous persévérerons en redoublant d’efforts pour atteindre notre objectif.

    À un moment ou à un autre, chacun de nous sera appelé à occuper un poste dans l’Église, comme président du collège des diacres, secrétaire du collège des instructeurs, consultant de la prêtrise, instructeur d’une classe ou évêque. Je pourrais en citer davantage mais vous voyez ce que je veux dire. J’avais tout juste vingt-deux ans lorsque l’on m’a appelé évêque de la 67ème paroisse de Salt Lake City. Elle comptait mille quatre-vingt membres. Il fallait beaucoup d’efforts pour veiller à ce que toutes les affaires soient traitées et chaque membre se sente accepté et protégé. Malgré l’ampleur de la tâche, je ne me suis pas laisser déborder. Je me suis mis au travail, comme d’autres l’avaient fait, et j’ai fait tout ce que je pouvais pour servir. Chacun de nous peut faire de même, quel que soit l’appel ou la tâche.

    L’an dernier, j’ai décidé de voir combien d’habitations des années 1950 à 1955 de ce même secteur où j’avais été évêque existaient toujours. J’ai roulé doucement dans les rues qui faisaient autrefois partie de la paroisse. J’ai été surpris de remarquer au cours de ma recherche que seuls trois des maisons et immeubles où avaient habité mille quatre-vingt membres existaient toujours. Pour l’une de ces maisons, le jardin était couvert d’herbes folles, les arbres n’étaient pas taillés, et personne ne vivait. Les fenêtres de l’une des deux autres maisons étaient condamnées par des planches et elle était inhabitée ; l’autre maison était transformée en un bureau modeste.

    J’ai garé la voiture, coupé le contact, et suis resté assis un long moment. Je pouvais m’imaginer chaque maison, chaque immeuble et chaque membre qui y avait vécu. Les maisons et les immeubles n’existaient plus, mais mes souvenirs des familles qui y avaient vécu étaient encore très vifs. J’ai pensé aux paroles de l’auteur James Barrie, qui a écrit que Dieu nous a donné des souvenirs pour que nous ayons des roses d’été à l’hiver de notre vie2. J’étais rempli de reconnaissance pour l’honneur que j’avais eu de servir à ce poste. Nous pouvons avoir des bénédictions similaires si nous faisons de notre mieux dans les tâches qui nous incombent.

    La marque de l’effort est exigée de chaque détenteur de la prêtrise.

    Le troisième principe sur lequel j’aimerais insister est la marque de la foi. Nous devons avoir foi en nous et en la capacité de notre Père céleste de nous bénir et de nous guider dans nos entreprises. Il y a de nombreuses années, l’auteur d’un psaume a écrit une vérité merveilleuse : « Mieux vaut chercher un refuge en l’Éternel que de se confier à l’homme. Mieux vaut chercher un refuge en l’Éternel que se confier aux grands3. » En d’autres termes, plaçons notre confiance dans la capacité du Seigneur de nous guider. Les amitiés, nous le savons, peuvent changer, mais le Seigneur est constant.

    Shakespeare, dans sa pièce, Henry VIII, a enseigné cette vérité par l’intermédiaire du cardinal Wolsey, homme de grand prestige et rempli de fierté parce qu’il était l’ami du roi. Lorsque l’amitié a pris fin, le cardinal Wolsey a été dépossédé de son autorité ce qui fait qu’il a perdu de sa prééminence et de son prestige. Il avait tout obtenu puis tout perdu. Profondément affligé, il a dit une grande vérité à son serviteur, Cromwell :

    O Cromwell, Cromwell !

    Si j’avais mis au service de Dieu la moitié seulement du zèle

    Que j’ai mis au service du roi, il ne m’aurait pas à mon âge

    Livré nu à mes ennemis4.

    J’ai bon espoir que chacun de nous ce soir aura la marque de la foi au cœur.

    J’ajoute à ma liste la marque de la vertu. Le Seigneur a fait remarquer que la vertu devait sans cesse orner nos pensées5.

    Je me rappelle une réunion de la prêtrise dans le Tabernacle de Salt Lake City lorsque j’avais la Prêtrise d’Aaron. Le président de l’Église s’adressait à la prêtrise et il a fait une déclaration que je n’ai jamais oubliée. Il a dit, en substance, que les hommes qui commettent un péché sexuel ou d’autres péchés ne le font pas en un clin d’œil. Il a souligné que nos pensées précédent nos actions, et que, lorsque nous commettons un péché, c’est parce que nous avions d’abord pensé à le commettre. Il a ensuite déclaré que le moyen d’éviter le péché est de garder nos pensées pures. Un passage d’Écriture dit : « Car il est comme les pensées de son âme6 ». Nous devons avoir la marque de la vertu.

    Pour être missionnaires dans le royaume de notre Père céleste, nous devons avoir le droit à la compagnie de son Saint-Esprit, et il nous a été dit précisément que son Esprit ne demeurerait pas dans un tabernacle impur ou impie.

    Finalement, j’ajoute la marque de la prière. Le désir de communiquer avec son Père céleste est la marque d’un véritable détenteur de la prêtrise de Dieu.

    Lorsque nous prions en famille et individuellement, faisons-le avec foi et confiance en Dieu. Souvenons-nous de l’injonction de l’apôtre Paul aux Hébreux : « Car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent7 ». Si quelqu’un d’entre nous a été lent à écouter le conseil de prier toujours, il n’y a pas de meilleur moment pour commencer que maintenant. William Cowper a déclaré : « Satan tremble lorsqu’il voit le plus faible des saints à genoux8 ». Les personnes qui pensent que prier peut être le signe d’une faiblesse physique doivent se rappeler que l’homme n’est jamais plus grand que lorsqu’il est à genoux.

    Rappelons-nous toujours :

    L’humble prière est l’ardent désir,

    Muet ou exprimé,

    qui dans le cœur se fait sentir,

    L’élan d’un feu sacré.

    Ô toi, par qui nous allons à Dieu,

    Chemin de Vérité,

    Seigneur, toi qui le sais bien mieux,

    Apprends-nous à prier9.

    En cultivant la marque de la prière, nous recevrons les bénédictions que notre Père céleste à pour nous.

    Pour conclure, puissions-nous avoir la vision. Puissions-nous faire l’effort. Puissions-nous être un exemple de foi et de vertu et toujours intégrer la prière à notre vie. Alors nous serons vraiment un sacerdoce royal. C’est là ma prière ce soir, et je la fait de mon cœur, au nom de Jésus-Christ. Amen.