2000-2009
    Trois objectifs pour vous guider
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    Trois objectifs pour vous guider

    Votre influence va au-delà de vous et de votre foyer et touche d’autres gens tout autour du monde.

    Ce soir notre âme s’est élevée vers les cieux. Nous avons été bénis par de la magnifique musique et des messages inspirés. L’Esprit du Seigneur est présent.

    Sœurs Beck, Allred et Thompson, remerciez les cieux de vos chers parents, de vos instructeurs, de vos dirigeants des jeunes, et d’autres qui ont reconnu votre potentiel.

    Pour paraphraser une pensée :

    On ne connaît jamais la valeur d’une fillette,

    Il faut attendre pour voir ;

    Mais toutes les femmes hautement considérées,

    Ont un jour été des fillettes1.

    C’est pour moi un grand honneur d’être parmi vous. J’ai conscience qu’en plus des sœurs assemblées au centre de conférence, il y en a des milliers qui regardent et écoutent cette réunion diffusée par satellite.

    Tandis que je vous parle, je suis conscient qu’en tant qu’homme je suis en infériorité numérique et que je dois être prudent dans mes propos. Cela me rappelle l’homme qui est entré dans une librairie et a demandé de l’aide à la vendeuse : « Avez-vous le livre qui s’intitule L’homme, le maître de la femme ? » La vendeuse l’a regardé droit dans les yeux et lui a répondu d’un ton sarcastique : « Allez voir au rayon fiction ».

    Je vous affirme ce soir que je vous honore, vous, les femmes de l’Église, et je suis bien conscient, pour citer William R. Wallace, « que c’est la main qui pousse le berceau qui dirige le monde2. »

    En 1901, Lorenzo Snow a dit : « Les sœurs de la Société de Secours ont… servi les personnes dans l’affliction, elles ont entouré de leur amour les orphelins et les veuves et se sont préservées des souillures du monde. Je peux témoigner qu’on ne trouve pas femme plus pure et plus respectueuse de Dieu que dans les rangs de la Société de Secours3. »

    Comme à l’époque de frère Snow, il y a de nos jours des visites à rendre, des personnes à accueillir et des âmes affamées à nourrir. En regardant la Société de Secours aujourd’hui, je me sens tout petit devant l’honneur que j’ai de m’adresser à vous, et je demande à notre Père céleste de me guider.

    Dans cet esprit, je ressens le besoin de donner à chaque membre de la Société de Secours du monde entier trois objectifs à atteindre :

    1. 1. Étudier diligemment.

    2. 2. Prier avec ferveur.

    3. 3. Servir de bon cœur.

    Examinons ensemble ces trois objectifs. Premièrement, étudier diligemment. Le Sauveur du monde a dit : « Cherchez des paroles de sagesse dans les meilleurs livres ; cherchez la connaissance par l’étude et aussi par la foi4. » « Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi5. »

    L’étude des Écritures fortifiera notre témoignage et celui des membres de notre famille. Nos enfants aujourd’hui grandissent entourés de voix qui les pressent d’abandonner ce qui est juste et de rechercher à la place les plaisirs du monde. S’ils ne sont pas fermement ancrés dans l’Évangile de Jésus-Christ, qu’ils n’ont pas le témoignage de la vérité et la détermination de vivre dans la justice, ils seront fragiles face à ces influences. Il est de notre responsabilité de les fortifier et de les protéger.

    Nos enfants aujourd’hui sont éduqués dans des proportions alarmantes par les médias, notamment par l’Internet. On rapporte qu’aux États-Unis un enfant regarde la télévision quatre heures par jour en moyenne, une grande partie des programmes étant occupés par la violence, l’alcool, la drogue et le sexe. Regarder des films et jouer à des jeux vidéo vient en plus des quatre heures6. Et les chiffres sont très semblables dans d’autres pays développés. Les messages qui passent à la télévision, au cinéma et dans les autres médias sont bien souvent en opposition directe à ce à quoi nous voulons que nos enfants adhèrent et qu’ils chérissent. Nous avons la responsabilité non seulement de leur enseigner à être sains d’esprit et fidèles à la doctrine mais aussi de les aider à le rester, quelles que soient les forces extérieures qu’ils peuvent rencontrer. Aider les autres demande beaucoup de temps et d’efforts de notre part, et nous avons nous-mêmes besoin d’être courageux spirituellement et moralement pour résister au mal que nous voyons de toutes parts.

    Nous vivons à l’époque dont il est question dans 2 Néphi, chapitre 9 :

    « Oh ! la vanité, et la fragilité, et la folie des hommes ! Lorsqu’ils sont instruits, ils se croient sages, et ils n’écoutent pas les recommandations de Dieu, car ils les laissent de côté, pensant savoir par eux-mêmes, c’est pourquoi, leur sagesse est folie et elle ne leur profite pas. Et ils périront.

    « Mais être instruit est une bonne chose si l’on écoute les recommandations de Dieu 7. »

    Il faut être courageux pour respecter fermement ses principes malgré les moqueries du monde. J. Reuben Clark, fils, qui a été membre de la Première Présidence pendant des années, a dit : « On connaît bien des cas d’hommes censés être dotés de foi… détenant des postes de responsabilités, qui pensaient qu’en déclarant leur foi complète ils risquaient de s’attirer la moquerie de leurs collègues incroyants, et qu’ils devaient modifier leur foi, s’en excuser, l’édulcorer, ce qui est destructeur, ou même faire semblant de la renier. Ce sont des hypocrites8. »

    Il me vient à l’esprit les puissants versets 7 et 8 du chapitre 1 de 2 Timothée, dans le Nouveau Testament :

    « Car ce n’est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de sagesse.

    « N’aie donc point honte du témoignage à rendre à notre Seigneur. »

    Outre l’étude des choses spirituelles, la connaissance des matières profanes est également essentielle. L’avenir étant souvent incertain il nous appartient donc de nous préparer à ces aléas. Les statistiques révèlent qu’il peut arriver, en raison de la maladie ou de la mort de votre mari ou par nécessité économique, que vous deviez subvenir aux besoins financiers. Certaines d’entre vous ont déjà ce rôle. Je vous exhorte à faire des études, si vous n’êtes pas en train de le faire ou que vous ne l’avez pas encore fait, afin d’être prêtes à pourvoir aux besoins si la situation l’exige.

    Vos talents se développeront si vous étudiez et apprenez. Vous serez capables de mieux aider vos enfants à apprendre, et vous aurez l’esprit en paix car vous saurez que vous vous êtes préparées aux éventualités de la vie.

    Je le répète : Étudiez diligemment.

    Le second objectif que je tiens à mentionner est de prier avec ferveur. Le Seigneur a commandé : « Prie toujours, et je déverserai mon Esprit sur toi, et grande sera ta bénédiction9. »

    Il n’y a peut-être jamais eu de moment où nous ayons eu plus besoin de prier et d’enseigner aux membres de notre famille de le faire qu’aujourd’hui. La prière est une défense contre la tentation. C’est par la prière sincère et fervente que nous recevons les bénédictions et le soutien nécessaires pour poursuivre notre chemin dans le voyage parfois difficile que nous appelons la condition mortelle.

    Nous pouvons enseigner l’importance de la prière à nos enfants et à nos petits-enfants par la parole et par l’exemple. Voici une leçon d’enseignement de la prière par l’exemple qu’une mère m’a rapportée : « Cher frère Monson, parfois je me demande si je sers à quelque chose dans la vie de mes enfants. Surtout parce qu’étant seule et ayant deux emplois pour joindre les deux bouts, il m’arrive en rentrant à la maison de trouver un désordre indescriptible, mais je ne perds jamais espoir. »

    Elle ajoute que ses enfants et elle regardaient la conférence générale quand je parlais de la prière. Son fils lui a dit : « Maman, tu nous as déjà enseigné cela. » Elle lui a demandé : « Que veux-tu dire ? » Il a répondu : « Tu nous as appris à prier et tu as montré comme faire ; mais l’autre soir je suis allé dans ta chambre pour te demander quelque chose et je t’ai vue à genoux en train de prier notre Père céleste. Si c’est important pour toi, c’est important pour moi. » La lettre disait en conclusion : « Nous ne savons jamais quelle influence nous avons tant qu’un enfant ne nous a pas vus faire ce que nous essayons de lui apprendre à faire. »

    Il y a quelques années, juste avant de partir de Salt Lake City pour assister aux réunions annuelles des scouts d’Amérique, à Atlanta (Géorgie), j’ai décidé d’emporter suffisamment d’exemplaires du New Era afin de faire connaître cette excellente publication aux officiels scouts. Lorsque je suis arrivé à l’hôtel à Atlanta, en ouvrant le paquet de magazines, j’ai remarqué que ma secrétaire, sans raison apparente, avait ajouté deux exemplaires du numéro de juin, qui parlait du mariage au temple. Je les ai laissés dans la chambre de l’hôtel et, comme prévu, j’ai distribué les autres.

    Le dernier jour de réunions, je n’avais aucun désir d’assister au banquet prévu et je me suis senti poussé à retourner à ma chambre. Le téléphone sonnait quand je suis entré. La personne qui appelait, membre de l’Église, avait appris que j’étais à Atlanta. Elle s’est présentée et m’a demandé si je pouvais donner une bénédiction à sa fille de dix ans. J’ai accepté volontiers et elle m’a dit qu’elle, son mari, sa fille et son fils venaient donc tout de suite à l’hôtel. Tandis que j’attendais, j’ai prié pour recevoir de l’aide. Les applaudissements de la convention ont été remplacés par le sentiment de paix qui a accompagné la prière.

    Ensuite, on a frappé à la porte et j’ai eu la chance de rencontrer une famille formidable. La fillette âgée de dix ans marchait à l’aide de béquilles. Elle avait dû être amputée de la jambe gauche à cause d’un cancer ; cependant, son visage était radieux et sa confiance en Dieu inébranlable. Je lui ai donné une bénédiction. La mère et le fils se sont agenouillés au bord du lit, et le père et moi avons posé les mains sur la tête de la petite fille. Nous avons été guidés par l’Esprit de Dieu. Son pouvoir nous a profondément touchés.

    J’ai senti les larmes couler sur mes joues et tomber sur mes mains posées sur la tête de cette magnifique enfant de Dieu. J’ai parlé d’ordonnances éternelles et d’exaltation de la famille. Le Seigneur m’a inspiré d’exhorter cette famille à aller au saint temple de Dieu. À la fin de la bénédiction, j’ai appris qu’elle avait prévu d’aller au temple. La famille a posé des questions sur le temple. Je n’ai ni entendu de voix céleste ni eu de vision. Cependant, ces paroles me sont clairement venues à l’esprit : « Parle du New Era ! ». J’ai regardé la commode, et les deux exemplaires supplémentaires du New Era sur le temple y étaient. J’en ai donné un à la fillette et l’autre aux parents. Nous l’avons parcouru ensemble.

    La famille a dit au revoir, et la chambre s’est une nouvelle fois fait silencieuse. Je me suis hâté de prier pour dire merci en reprenant la résolution de toujours prendre le temps de prier.

    Mes chères sœurs, ne priez pas pour avoir des tâches à la hauteur de vos capacités mais priez pour avoir la capacité d’être à la hauteur de vos tâches. Ensuite, l’accomplissement de vos tâches ne sera pas un miracle mais vous serez le miracle.

    Prier avec ferveur.

    Pour finir, servir de bon cœur. Vous constituez une grande force bénéfique, une des plus puissantes du monde. Votre influence va au-delà de vous et de votre foyer et touche d’autres gens tout autour du monde. Vous avez tendu la main à vos frères et sœurs de l’autre côté de la rue, à l’autre bout de la ville, de l’autre côté de votre pays, par delà les continents et les océans. Vous incarnez la devise de la Société de Secours : « La charité ne périt jamais. »

    Vous êtes bien sûr, entourées d’occasions de rendre service. Il vous arrive certainement parfois de voir tant d’occasions que vous vous sentez quelque peu débordées. Par où commencer ? Comment arriver à tout faire ? Comment faire un choix entre tous les besoins que vous remarquez ? Où et comment servir ?

    Souvent il suffit de petits actes de service pour édifier autrui et lui faire du bien. Une question sur la famille, de brèves paroles d’encouragement, un compliment sincère, un petit mot de remerciement, un bref appel téléphonique. Si nous sommes observateurs et sensibles, et si nous suivons les murmures qui nous sont adressés, nous pouvons faire beaucoup de bien. Parfois, bien sûr, ce n’est pas suffisant.

    Récemment, j’ai été mis au courant du service compatissant rendu à une mère lorsque ses enfants étaient très jeunes. Elle se réveillait souvent en pleine nuit pour répondre aux besoins de ses petits, comme le font les mères. Souvent son amie et voisine d’en face venait le lendemain et disait : « J’ai vu la lumière allumée au milieu de la nuit ; je sais que tu étais debout avec les enfants. Je vais les prendre chez moi pendant quelques heures le temps que tu fasses une sieste. » La mère a dit : « J’étais si reconnaissante de son offre bienvenue, que ce n’est qu’au bout de nombreuses reprises que je me suis rendu compte que, si elle avait vu la lumière au milieu de la nuit c’est qu’elle aussi était debout avec l’un de ses enfants et qu’elle avait besoin d’une sieste tout autant que moi. Elle m’a enseigné une grande leçon, et depuis j’essaie d’être aussi à l’affût qu’elle des occasions d’aider les autres. »

    Les services rendus par la vaste armée des instructrices visiteuses de la Société de Secours sont innombrables. Il y a quelques années, j’ai appris que deux d’entre elles ont aidé une veuve en deuil, Angela, la petite-fille d’une de mes cousines. Le mari et un ami d’Angela étaient partis faire du motoski et sont morts étouffés dans une avalanche. Tous deux laissaient une femme enceinte. Pour Angela, il s’agissait du premier enfant, et pour l’autre en plus du bébé à naître, il y avait un tout petit. Aux funérailles du mari d’Angela, l’évêque a rapporté qu’au moment où il avait appris l’accident tragique, il était allé directement chez Angela. Tout juste après son arrivée, on avait sonné à la porte. Angela avait ouvert la porte ; c’étaient ses deux instructrices visiteuses. L’évêque a dit qu’il les a regardées exprimer sincèrement leur amour et leur compassion à Angela. Les trois femmes pleuraient ensemble ; il était évident que ces deux excellentes instructrices visiteuses se souciaient profondément d’Angela. Comme peut-être seules les femmes savent le faire, elles ont gentiment indiqué, sans qu’on le leur demande, ce qu’elles feraient exactement pour aider. Il était évident qu’elles seraient aux côtés d’Angela tant qu’elle aurait besoin d’elles. L’évêque a exprimé sa profonde gratitude de savoir qu’elles seraient une réelle source de réconfort pour Angela dans les jours à venir.

    De tels actes d’amour et de compassion sont répétés encore et encore par les merveilleuses instructrices visiteuses de l’Église, pas toujours dans des situations aussi dramatiques, mais néanmoins toujours de manière aussi sincère.

    Je suis profondément reconnaissant aux personnes qui, avec amour et compassion, donnent de la nourriture aux gens qui ont faim, des vêtements à ceux qui sont nus et un toit à ceux qui sont sans abri. Celui qui remarque la chute d’un passereau, ne sera pas sans remarquer un tel service. Le désir d’édifier, la volonté d’aider, et la générosité émanent d’un cœur rempli d’amour. Servir de bon cœur.

    Notre prophète bien aimé, le président Hinckley, a dit de vous : « Dieu a placé chez la femme quelque chose de divin qui s’exprime dans sa force tranquille, dans le raffinement, dans la paix, la bonté, la vertu, la vérité et l’amour10. »

    Mes chères sœurs, puisse notre Père céleste bénir chacune de vous, mariées ou célibataires, dans votre foyer, dans votre famille, dans votre vie, afin que vous méritiez la magnifique salutation du Sauveur du monde : « C’est bien, bon et fidèle serviteur11. » C’est là ma prière et la bénédiction que je vous laisse ainsi qu’à l’épouse de James E Faust, sa chère Ruth, qui est ici ce soir au premier rang avec sa famille, au nom de Jésus-Christ. Amen.