Une voie par excellence
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    Une voie par excellence

    «Il nous est demandé de purifier nos sentiments intimes, de changer notre cœur, de conformer nos actes et notre aspect à nos convictions et à nos sentiments intimes.»

    Dans un important message adressé aux saints des derniers jours de Nauvoo, juste un an avant son martyre, Joseph Smith, le prophète, déclara:

    «Si nous voulons acquérir et conserver l‘amour d‘autrui, nous devons aimer les autres, nos ennemis comme nos amis …Les chrétiens doivent cesser de se quereller et de se battre et cultiver l‘unité et l‘amitié» (History of the Church, 5:498–499).

    C‘est là un conseil aussi éclairé aujourd‘hui qu‘il y a 150 ans. Le monde où nous vivons, près de chez nous comme au loin, a besoin de l‘Evangile de Jésus-Christ, qui donne le seul moyen par lequel le monde connaîtra jamais la paix. Nous devons être plus gentils les uns envers les autres, plus doux et plus miséricordieux. Nous devons être plus lents à la colère et plus prompts à aider. Nous devons offrir notre amitié aux gens et résister à l‘envie de nous venger. En bref, nous devons nous aimer les uns des autres de l‘amour pur du Christ, d‘une charité et d‘une compassion sincères et, si nécessaire, en partageant les souffrances les uns des autres, car c‘est de cette façon que Dieu nous aime.

    Dans nos services religieux, nous chantons souvent un très beau cantique dont les paroles ont été écrites par Susan Evans McCloud. J‘aimerais vous en citer quelques vers:

    Sauveur, apprends-moi à t‘aimer

    à suivre le chemin que tu nous as montré.

    à prendre le temps d‘aider mon prochain,

    en puisant à un pouvoir supérieur au mien …

    Qui suis-je pour juger,

    moi qui suis si imparfait?

    Dans le cœur se cache parfois

    un chagrin que nos yeux ne voient pas.

    Je veux être le gardien de mon frère;

    apprendre l‘art du maître-guérisseur.

    A ceux qui sont blessés et las

    je montrerai de la douceur.

    Je veux être le gardien de mon frère.

    Seigneur, je veux suivre tes pas.

    Nous devons suivre avec plus de détermination et de charité le chemin que Jésus nous a indiqué. Nous devons prendre le temps d‘aider et d‘édifier notre prochain, et certes, nous puiserons de la force à un pouvoir supérieur au nôtre. Si nous pouvions faire plus pour apprendre l‘art du maître-guérisseur, nous aurions bien des occasions de nous en servir, de toucher ceux qui sont blessés et las et de traiter chacun avec douceur. Oui, Seigneur, nous devons suivre tes pas.

    Il a déclaré: «Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres …A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l‘amour les uns pour les autres» (Jean 13:34–35). Cet amour que nous devons éprouver pour nos frères et sœurs de la famille humaine, et que le Christ a pour chacun d‘entre nous, s‘appelle la charité ou «l‘amour pur du Christ» (voir Moroni 7:47). C‘est cet amour qui a inspiré la souffrance et le sacrifice expiatoire du Christ. C‘est le niveau le plus élevé que l‘âme humaine puisse atteindre et l‘expression la plus profonde du cœur humain.

    Nous sommes reconnaissants que notre organisation féminine, la Société de Secours, qui commémore cette année son cent-cinquantenaire, ait toujours eu pour devise «L‘amour ne succombe jamais» («La charité ne périt jamais», selon l‘ancienne version Segond, n.d.t.). La charité englobe toutes les autres vertus. Elle préside au commencement et à la fin du plan de salut. Quand tout le reste périra, la charité — l‘amour du Christ — ne périra pas. C‘est le plus grand de tous les attributs de Dieu.

    Animé par son grand amour, Jésus s‘adressa aux pauvres, aux défavorisés, aux veuves et aux petits enfants; aux fermiers, aux pêcheurs et aux gardiens de chèvres et de moutons; aux étrangers, aux riches, à ceux qui avaient le pouvoir politique, comme aux Pharisiens et aux scribes inamicaux. Il servit les pauvres, les affamés, les affligés, les malades. Il bénit les boiteux, les aveugles, les sourds et les handicapés. Il chassa les démons et les esprits mauvais qui avaient provoqué des maladies mentales ou émotionnelles. Il purifia ceux qui étaient chargés de péchés. Il enseigna à aimer et donna à maintes reprises l‘exemple du service désintéressé. Tous bénéficièrent de son amour. Tous eurent le même avantage, et nul ne fut exclus (voir 2 Néphi 26:28). Ce sont là des manifestations et des exemples de sa charité sans bornes.

    Le monde où nous vivons se porterait beaucoup mieux si, partout, les hommes et les femmes exerçaient l‘amour pur du Christ, qui est bon, doux et humble. Il est exempt d‘envie et d‘orgueil. Il est désintéressé, car il n‘attend rien en retour. Il n‘approuve ni le mal ni l‘inimitié, ne se réjouit pas de l‘iniquité; il n‘y pas place en lui pour l‘intolérance, la haine ni la violence. Il refuse de cautionner la moquerie, la vulgarité, les mauvais traitements ou l‘ostracisme. Il encourage les gens différents à vivre ensemble dans l‘amour chrétien, sans distinction de conviction religieuse, de race, de nationalité, de situation financière, d‘instruction ou de culture.

    Le Sauveur nous a commandé de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés, de nous revêtir du lien de la charité (voir D&A 88:125), comme il s‘en est revêtu lui-même. Il nous est demandé de purifier nos sentiments intimes, de changer notre cœur, de conformer nos actes et notre aspect à nos convictions et à nos sentiments intimes. Nous devons être de vrais disciples du Christ.

    Vern Crowley dit que quand il était jeune, il apprit la leçon capitale que le prophète Joseph avait enseignée aux premiers saints à Nauvoo, quand il leur dit d‘aimer les autres, ennemis comme amis. C‘est une bonne leçon pour nous tous.

    Le père de Vern Crowley tomba malade. Le jeune homme, bien qu‘âgé de seulement quinze ans, se chargea de diriger la casse automobile familiale. Parfois, des clients volaient le jeune homme; des pièces disparaissaient du chantier pendant la nuit. Vern, furieux, promit d‘attraper quelqu‘un et de faire un exemple. Il allait se venger.

    Un soir, au début de la convalescence de son père, Vern faisait une ronde dans le chantier, au moment de la fermeture. Il faisait presque nuit. Dans un coin, à l‘écart, il distingua quelqu‘un qui emportait une grosse pièce mécanique vers la clôture. Il s‘élança avec la vitesse d‘un champion et attrapa un jeune voleur. Sa première réaction fut de donner libre cours à sa colère en frappant, puis de traîner le garçon jusqu‘au bureau et d‘appeler la police. Il était dominé par la colère et la soif de vengeance. Il avait attrapé son voleur, et il était bien décidé à se venger.

    Soudain, le père de Vern apparut, posa sa main faible et infirme sur l‘épaule de son fils et dit: «Je vois que tu es en colère, Vern. Laisse-moi donc régler ça.» Il s‘approcha alors du jeune voleur, posa sa main sur l‘épaule du garçon, le regarda un instant dans les yeux et lui dit: «Pourquoi fais-tu ça, mon garçon? Pourquoi as-tu essayé de voler cette transmission?» Il se dirigea ensuite vers le bureau, la main toujours posée sur l‘épaule du garçon, lui posant en chemin des questions sur les problèmes de sa voiture. Arrivés au bureau, le père dit: «Je crois que ça vient de l‘embrayage.»

    Vern rongeait son frein. Il se disait: «Qu‘est-ce qu‘on en a à faire de son embrayage? Appelons la police et qu‘on en finisse.» Mais son père continuait de parler. «Vern, donne-lui un embrayage. Donne-lui aussi un roulement à billes et des disques. Avec ça, ça devrait aller.» Le père remit toutes les pièces au jeune homme qui avait essayé de le voler et lui dit: «Tiens, prends. Prends aussi la transmission. Il n‘est pas nécessaire de voler, mon garçon. Tu n‘as qu‘à demander. Il y a toujours une solution. Les gens ne demandent qu‘à rendre service.»

    Vern Crowley dit qu‘il reçut ce jour-là une leçon sur la façon d‘aimer qu‘il n‘oubliera jamais. Le jeune homme revint souvent à la casse. Spontanément, mois après mois, il paya toutes les pièces que Vic Crowley lui avait données, y compris la transmission. Au cours de ces visites, il demanda à Vern pourquoi son père était comme ça, et pourquoi il agissait de la sorte. Vern lui parla un peu des croyances des saints des derniers jours et lui dit combien son père aimait le Seigneur et les gens. Le jeune voleur finit par se faire baptiser. Vern dit plus tard: «Ce n‘est pas facile aujourd‘hui de décrire ce que j‘ai ressenti au cours de cette expérience. J‘étais jeune, moi aussi. J‘avais attrapé mon voleur. Je voulais lui donner la punition maximum. Mais mon père m‘a montré une autre façon de faire.»

    Une autre façon? Une meilleure façon? Une façon supérieure? Une voie par excellence? Oh, quel bien cette splendide leçon ferait au monde. Comme Moroni l‘a déclaré:

    «C‘est pourquoi, quiconque croit en Dieu peut avec assurance espérer un monde meilleur …

    «Dans le don de son Fils, Dieu a préparé une voie plus excellente» (Ether 12:4, 11).

    David O. McKay a déclaré:

    «La paix du Christ ne s‘obtient pas en recherchant les choses superficielles de la vie; elle ne peut venir que du cœur. Jésus a dit à ses disciples:‹Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Moi, je ne vous donne pas comme le monde donne›» (Gospel Ideals, p. 39).

    Dans tous les aspects de la vie quotidienne, et dans notre monde où il y a tant de besoins, nous devons vivre de façon à entendre un jour le Roi des rois nous dire:

    «Car j‘ai eu faim et vous m‘avez donné à manger; j‘ai eu soif et vous m‘avez donné à boire; j‘étais étranger et vous m‘avez recueilli; nu et vous m‘avez vêtu, j‘étais malade et vous m‘avez visité, j‘étais en prison et vous êtes venus vers moi … » (Mt 25:35–36).

    Et s‘il nous arrivait de demander:

    «Seigneur, quand t‘avons-nous vu avoir faim, et t‘avons-nous donné à manger; ou avoir soif, et t‘avons-nous donné à boire? Quand t‘avons-nous vu étranger, et t‘avons-nous recueilli; ou nu, et t‘avons-nous vêtu? Quand t‘avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi?» (Mt 25:37–39), je suis certain que nous entendrions cette réponse:

    «Dans la mesure où vous avez fait cela à l‘un de ces plus petits de mes frères, c‘est à moi que vous l‘avez fait» (Matthieu 25:40).

    Nous avons besoin d‘un monde plus paisible, prolongement de familles, de quartiers et de villes plus paisibles. Pour obtenir cette paix et la préserver, nous devons aimer les autres, nos ennemis comme nos amis. Le monde a besoin de l‘Evangile de Jésus-Christ. Ceux qui sont remplis de l‘amour du Christ ne cherchent pas à forcer les autres à mieux faire; ils leur instillent le désir de faire mieux; en fait, ils leur instillent le désir de connaître Dieu. Nous devons offrir notre amitié. Nous devons être plus gentils, plus doux, plus miséricordieux et plus lents à la colère. Nous devons nous aimer les uns les autres de l‘amour pur du Christ. Que cela soit notre voie et notre souhait.

    J‘ajoute mon témoignage que Jésus est le Christ, le Sauveur du monde, et que l‘Eglise est la sienne. Au nom de Jésus-Christ. Amen.