Nourrissez le troupeau du Christ
    Notes de bas de page

    Nourrissez le troupeau du Christ

    «Les serviteurs fidèles nourrissent le troupeau en concentrant leurs efforts sur les personnes.»

    L‘une des tragédies continuelles de la société néphite était son incapacité d‘entretenir sa force spirituelle en la nourrissant constamment. Lorsque la force diminuait, les effets de la malnutrition spirituelle ne tardaient pas à se faire sentir. Dans le livre de Mosiah, on lit qu‘au cours d‘une période de relative force spirituelle, «la paix commença à être de nouveau grande dans le pays …

    «Et le Seigneur le visita et le rendit prospère» (Mosiah 27:6–7).

    Cependant, à peine quelques années plus tard, l‘Eglise était remplie de méchanceté. Au chapitre 4 d‘Alma, on lit:

    «C‘est ainsi que dans cette huitième année du règne des juges, de grandes contentions commencèrent à s‘élever parmi le peuple de l‘Eglise; oui, il y eut de l‘envie, des querelles, de la malice, des persécutions, et de l‘orgueil, même au point de dépasser l‘orgueil de ceux qui n‘appartenaient point à l‘Eglise de Dieu …et la méchanceté de l‘Eglise était une grande pierre d‘achoppement pour ceux qui n‘appartenaient point à l‘Eglise; et l‘Eglise commença à faiblir dans ses progrès» (versets 9, 10).

    La leçon est claire: si nous ne recevons pas constamment la nourriture spirituelle dont nous avons besoin chaque jour, nous serons bientôt, individuellement et en tant que sociétés, dans de grandes difficultés, privés de la protection de Dieu, retranchés de l‘influence bénéfique et curative de l‘Esprit. De même qu‘une personne qui est affaiblie par la malnutrition risque de ne pas tarder à être victime de maladies infectieuses, de même, si nous sommes affaiblis spirituellement, nous serons facilement victimes de l‘adversaire et de ses légions de trompeurs et de démons.

    Quelle est donc la source de la nourriture spirituelle dont nous avons besoin? Où la trouve-t-on? Jésus, comme toujours, a donné la réponse. Au puits de Jacob, il a déclaré à la Samaritaine: «Celui qui boira de l‘eau que je lui donnerai, n‘aura jamais soif, et l‘eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d‘eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle» (Jean 4:14).

    La femme, perplexe et incertaine de la signification des paroles de Jésus, et ne connaissant pas sa véritable identité, s‘exclama: «Je sais que le Messie vient — celui qu‘on appelle Christ. Quand il sera venu, il nous annoncera tout» (Jean 4:25).

    Jésus prononça alors des paroles d‘une telle assurance, d‘un tel calme et d‘une telle puissance, qu‘elles trouvent encore un écho dans notre cœur deux mille ans plus tard: «Je le suis, moi qui te parle» (Jean 4:26).

    Jésus est donc l‘eau vive dont nous avons besoin pour nourrir constamment notre esprit.

    Le fait que Jésus est la source de la nourriture spirituelle essentielle est également illustré dans le magnifique sermon qu‘il adressa à la foule de Capernaüm, rapporté au sixième chapitre de Jean. Il dit: «Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n‘aura jamais faim, et celui qui croit en moi n‘aura jamais soif» (Jean 6:35).

    Jésus est donc le pain de vie et l‘eau vive nécessaires pour nourrir notre esprit et entretenir notre force spirituelle.

    Aux fidèles qui œuvrent à son service, dans quelque appel que ce soit, Jésus donne la bénédiction d‘être des bergers auxiliaires qui, sous sa conduite, ont la charge de paître les brebis et les agneaux de son troupeau. Comment les bergers auxiliaires qui ont de la sagesse remplissent-ils honorablement et énergiquement cette responsabilité sacrée, en s‘efforçant constamment d‘être fidèles à la mission qui leur a été confiée? Les Ecritures contiennent des instructions que les serviteurs fidèles doivent suivre pour s‘acquitter de leur tâche sacrée.

    Les bergers auxiliaires fidèles nourrissent le troupeau de la bonne parole de Dieu, comme ce fut le cas lors de la phase de «société de Sion» de l‘histoire néphite. Moroni a écrit: «Après avoir reçu le baptême …ils étaient comptés parmi le peuple de l‘Eglise du Christ; et leurs noms étaient pris, pour qu‘on se souvînt d‘eux, et qu‘on les nourrît de la bonne parole de Dieu» (Moroni 6:4).

    Les fidèles serviteurs du Maître utilisent les Ecritures et enseignent les magnifiques principes du salut et de l‘exaltation. Paul écrivit à Timothée:

    «Toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour redresser, pour éduquer dans la justice,

    «afin que l‘homme de Dieu soit adapté et préparé à toute œuvre bonne» (2 Timothée 3:16–17).

    Le don des Ecritures, qui témoignent du Christ, est fait gratuitement à tous. «Quiconque s‘attachera à la parole de Dieu, qui est vive et puissante, qui anéantira toutes les ruses, les pièges et les artifices du diable, et mène l‘homme du Christ dans un chemin droit et étroit, à l‘autre côté de ce gouffre éternel de misère préparé pour engloutir les méchants

    «et fera atterrir son âme …à la droite de Dieu, dans le royaume du ciel» (Hélaman 3:29–30).

    Tout, dans les Ecritures, parle du Christ. Il a dit: «Vous sondez les Ecritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle: ce sont elles qui rendent témoignage de moi» (Jean 5:39).

    En vérité, TOUTE vérité, spirituelle comme temporelle, témoigne de lui. Quand nous saurons lire correctement les signes, les prodiges, les symboles et les figures (voir Mosiah 3:15), avec les yeux de la foi, nous nous rendrons compte que toute l‘histoire, toute la science, toute la nature, toute la connaissance révélée par Dieu, de quelque sorte qu‘elle soit, témoignent de lui. Il est l‘incarnation de la vérité et de la lumière, de la vie et de l‘amour, de la beauté et de la bonté. Tout ce qu‘il a fait, il l‘a fait par amour. Comme l‘a dit Néphi: «Il ne fait rien qui ne soit pour le profit du monde; car il aime le monde, au point de donner même sa vie pour attirer tous les hommes à lui» (2 Néphi 26:24).

    Les fidèles bergers auxiliaires nourrissent le troupeau par l‘engagement à des alliances sacrées qui lient les enfants de Dieu à leur Père et à son Fils glorieux. Dans une révélation remarquable donnée à Joseph Smith, le prophète, le 26 avril 1832, Jésus souligna la puissance surnaturelle des accords sacrés et solennels conclus entre l‘homme et Dieu. «Moi, le Seigneur, je suis lié quand vous faites ce que je dis; mais quand vous ne faites pas ce que je dis, vous n‘avez pas de promesse» (D&A 82:10).

    Les bergers auxiliaires qui ont de la sagesse ne prennent jamais à la légère leur engagement envers le Christ et sa cause. Ils font tout ce qui est en leur pouvoir pour encourager les autres à honorer les alliances sacrées contractées solennellement dans la maison du Seigneur.

    Les serviteurs fidèles nourrissent le troupeau en concentrant leurs efforts sur les personnes. Dieu nous aime individuellement. Avec quelle éloquence le Sauveur a enseigné cela dans la magistrale parabole de la brebis perdue, rapportée dans Luc 15. La parabole met en scène un berger qui était prêt à laisser le gros du troupeau de moutons, les quatre-vingt-dix-neuf, pour aller dans le désert à la recherche de la brebis errante qui s‘était perdue.

    «Lorsqu‘il l‘a trouvée, il la met avec joie sur ses épaules,

    «et, de retour à la maison, il appelle chez lui ses amis et ses voisins et leur dit: Réjouissez-vous avec moi, car j‘ai trouvé ma brebis qui était perdue» (Luc 15:5–6).

    Remarquez l‘attention portée à l‘individu. Cela a dû être pour le moins gênant, et très probablement dangereux de laisser les quatre-vingt-dix-neuf brebis et d‘aller à la recherche de celle qui était perdue dans le désert. D‘une part, les déserts sont généralement des endroits dangereux et retirés, où les voyageurs imprudents s‘exposent à de grandes difficultés. Et que dire des inquiétudes que le berger a dû éprouver en pensant au troupeau resté sans berger pour le protéger des prédateurs, des accidents, des intempéries, etc.? Quiconque connaît les moutons sait combien ils ont tendance à s‘attirer des ennuis, sans que personne ait besoin de les y aider. J‘ai appris, il y a bien des années, à la ferme, quand j‘étais tout jeune, que les moutons ont toujours des ennuis! En y réfléchissant, les gens ont, eux aussi, souvent des ennuis!

    Chaque fois que je pense aux efforts pleins de sollicitude et d‘amour du berger en faveur d‘une seule brebis, je me rappelle l‘amour profond et constant du Sauveur pour chacun de nous. Combien il se réjouit lorsqu‘une âme égarée est retrouvée par un fidèle berger auxiliaire et est ramenée avec tendresse et amour au foyer. «Les âmes ont une grande valeur aux yeux de Dieu» (D&A 18:10).

    Bien que même les meilleurs d‘entre nous ne puissent aimer leurs semblables aussi parfaitement que le Christ les aime, les sentiments exprimés par Alma se rapprochent de cet idéal. En quittant le pays de Zarahemla pour diriger une mission destinée à ramener les Zoramites apostats dans le droit chemin, Alma exprima son amour pour eux et son espoir qu‘ils rentrent dans le troupeau du Christ:

    «O Seigneur, accorde-nous de réussir à les ramener à toi, dans le Christ.

    «Voici, ô Seigneur, leurs âmes sont précieuses et beaucoup d‘entre eux sont nos frères; c‘est pourquoi, donne-nous, ô Seigneur, du pouvoir et de la sagesse pour que nous puissions te ramener ces hommes, qui sont nos frères» (Alma 31:34–35).

    Les véritables bergers auxiliaires aident les autres à manger le pain de vie et à boire l‘eau vive, en servant de manière désintéressée. Ils savent que le service résout le paradoxe apparent des Ecritures, à savoir, qu‘il faut perdre sa vie pour la trouver. Les bergers auxiliaires qui ont de la sagesse comprennent que le service est la clé qui ouvre les portes des salles célestes. Pour beaucoup, c‘est en servant le Christ qu‘on le trouve. Les bergers auxiliaires inspirés disent, comme le roi Benjamin: «En servant vos semblables, c‘est Dieu seulement que vous servez» (Mosiah 2:17). Comprenant cela, ils sont «prêts à pleurer avec ceux qui pleurent, à consoler ceux qui ont besoin de consolation, et à être témoins de Dieu, en tout temps, en toutes choses et en tous lieux» (Mosiah 18:9).

    Les bergers auxiliaires qui ont de la sagesse, en aidant les autres à manger le pain de vie et à boire l‘eau vive, ne recherchent ni les louanges ni la célébrité. Ils ne cherchent qu‘à pratiquer le droit, à aimer la loyauté et à marcher humblement avec leur Dieu (voir Michée 6:8). Ils deviennent comme de petits enfants, soumis, doux, humbles, patients, pleins d‘amour, se soumettent à toutes les choses que le Seigneur jugera bon de leur infliger, tout comme l‘enfant se soumet à son père (voir Mosiah 3:19).

    Puissions-nous nous aimer et nous servir les uns les autres afin que tous reçoivent le pain de vie et l‘eau vive, et soient rendus parfaits en Christ. C‘est ma prière. Au nom sacré de Jésus-Christ. Amen.