Apprendre, faire, être
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    Apprendre, faire, être

    «Cette œuvre n‘est pas uniquement la mienne ni la vôtre. C‘est l‘œuvre du Seigneur, et quand on est chargé de mission par le Seigneur, on a droit à son aide.»

    C‘est bien un sacerdoce royal qui s‘est assemblé ce soir. Le Tabernacle est comble, et des frères ont pris place dans l‘Assembly Hall et des églises dans de nombreux pays. C‘est très probablement la plus grande assemblée de détenteurs de la prêtrise de toute l‘histoire. Votre dévouement à votre appel sacré est édifiant. Votre désir d‘apprendre votre devoir est évident. La pureté de votre âme rapproche les bénédictions des cieux de vous et de votre famille.

    Nous vivons dans une période de difficultés économiques. Des réductions d‘activité dans l‘industrie, des licenciements sur une grande échelle et les bouleversements familiaux qu‘ils entraînent constituent de graves problèmes. Nous devons nous assurer que les gens à l‘égard de qui nous avons une responsabilité ne manquent pas de nourriture, de vêtements ni d‘abri. Lorsque la prêtrise de l‘Eglise travaille dans l‘unité pour faire face à ces situations de crise, on trouve des solutions quasi-miraculeuses.

    Nous exhortons tous les saints des derniers jours à faire preuve de prévoyance, à vivre de manière frugale et à éviter les dettes excessives ou superflues. C‘est de cette manière que sont gérées les affaires de l‘Eglise, car nous savons bien que votre dîme et vos autres offrandes sont le fruit de sacrifices et sont des fonds sacrés.

    Faisons de notre foyer un sanctuaire de justice, un lieu de prière, un havre d‘amour, afin de mériter les bénédictions que seul notre Père céleste peut nous dispenser. Nous avons besoin de ses conseils dans notre vie quotidienne.

    Cette vaste assemblée possède l‘autorité de la prêtrise et la capacité de tendre la main aux autres et de leur apporter l‘Evangile. Nous disposons des bras nécessaires pour tirer les gens de leur apathie et de leur inactivité. Nous disposons d‘un cœur pour servir fidèlement dans nos appels de la prêtrise et inciter ainsi d‘autres personnes à s‘élever et à éviter de s‘embourber dans le péché où tant risquent de disparaître. Oui, les âmes ont une grande valeur aux yeux de Dieu. Nous avons l‘honneur insigne, grâce à la connaissance qui est la nôtre, de pouvoir inciter les gens à changer. Les paroles, tirées d‘Ezéchiel, peuvent s‘appliquer à tous ceux d‘entre nous qui suivent le Sauveur dans cette œuvre sacrée:

    «Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau …

    «Je mettrai mon Esprit en vous et je ferai que vous suiviez mes prescriptions et pratiquiez mes commandements.

    «Vous habiterez le pays que j‘ai donné à vos pères; vous serez mon peuple, et je serai votre Dieu.»

    Que devons-nous faire pour mériter cette promesse? Qu‘est-ce qui nous qualifiera pour recevoir cette bénédiction? Y a-t-il un guide à suivre? Je vais vous indiquer trois impératifs. Ils s‘appliquent au diacre comme au grand prêtre. Ils sont à notre portée. Notre Père céleste, qui est bon, nous aidera dans nos efforts.

    Premièrement: Apprenons ce que nous devons apprendre!

    Deuxièmement: Faisons ce que nous devons faire!

    Troisièmement: Soyons ce que nous devons être!

    Discutons de ces trois objectifs plus en détail, afin d‘être des serviteurs utiles à notre Seigneur.

    1. Apprenons ce que nous devons apprendre. L‘apôtre Paul a insisté sur l‘urgence qu‘il y a à apprendre. Il a dit aux Philippiens: «Je fais une chose: oubliant ce qui est en arrière et tendant vers ce qui est en avant, je cours vers le but pour obtenir le prix de la vocation céleste de Dieu en Christ-Jésus» (Philippiens 3:13–14). Aux Hébreux, il a lancé une exhortation: «Rejetons …le péché, …et courons avec persévérance l‘épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est l‘auteur de la foi et qui la mène à la perfection» (Hébreux 12:1–2).

    2. Faisons ce que nous devons faire. Le fait d‘apprendre pousse à agir. Dans une révélation sur la prêtrise, donnée par l‘intermédiaire de Joseph Smith, le prophète, qui constitue la section 107 de Doctrine et Alliances, on lit: «C‘est pourquoi, que, dès à présent, chacun s‘informe diligemment de son devoir et apprenne à agir dans l‘office auquel il a été nommé» (verset 99).

    3. Soyons ce que nous devons être. Paul recommanda à son cher ami et compagnon Timothée: «Sois un modèle pour les fidèles, en parole, en conduite, en amour, en foi, en pureté» (1 Timothée 4:12).

    Apprenons ce que nous devons apprendre. Faisons ce que nous devons faire. Soyons ce que nous devons être. Ainsi, nous recevrons les bénédictions du ciel. Nous saurons que nous ne servons pas seuls. Celui qui remarque l‘oiseau qui tombe, reconnaît, à sa manière, notre service.

    Je vais vous raconter, mes frères, une histoire touchante qui illustre cette conviction.

    Edwin Q. Cannon, fils, était missionnaire en Allemagne en 1938. Il aimait les gens et servait fidèlement. A la fin de sa mission, il est retourné chez lui à Salt Lake City. Il s‘est marié et a créé une entreprise.

    Quarante ans plus tard, frère Cannon est venu me voir dans mon bureau et m‘a dit qu‘il avait trié les diapositives de sa mission. Parmi ces diapositives qu‘il gardait depuis sa mission, il s‘en trouvait plusieurs qu‘il n‘arrivait pas à identifier précisément. Chaque fois qu‘il avait voulu les jeter, il avait été poussé à les garder, sans savoir du tout pourquoi. Il s‘agissait de photos qu‘il avait prises au cours de sa mission, à Stettin, en Allemagne, des photos d‘une famille: le père, la mère, une petite fille et un petit garçon. Il savait que leur nom de famille était Berndt, mais il ne se souvenait de rien d‘autre. Il m‘a dit qu‘il avait entendu dire qu‘il y avait un Berndt qui était représentant régional en Allemagne, et il pensait que, bien que ce fût peu probable, ce Berndt avait peut-être un lien de parenté avec les Berndt des photos, qui habitaient Stettin. Avant de jeter les photos, il avait voulu vérifier auprès de moi.

    J‘ai dit à frère Cannon que j‘irais bientôt à Berlin, où je pensais voir Dieter Berndt, le représentant régional, et que je lui montrerais les diapositives et lui demanderais si ces gens étaient des parents et s‘il voulait les photos. Il se pouvait aussi que je voie la sœur de frère Berndt, qui était mariée à Dietmar Matern, président du pieu de Hambourg.

    Le Seigneur ne m‘a même pas laissé arriver à Berlin pour que ses desseins s‘accomplissent. Je me trouvais à Zurich et je montais dans l‘avion pour Berlin quand, à ma surprise, Dieter Berndt y est monté aussi. Il s‘est assis à côté de moi et je lui ai dit que j‘avais des diapositives de gens de Stettin, du nom de Berndt. Je les lui ai données et je lui ai demandé s‘il pouvait identifier les personnes. En les regardant, il s‘est mis à pleurer. Il m‘a dit: «Notre famille a habité Stettin pendant la guerre. Mon père a été tué par une bombe alliée qui est tombée sur l‘usine où il travaillait. Peu après, les Russes ont envahi la Pologne et la région de Stettin. Ma mère a fui les armées ennemies avec ma sœur et moi. Nous avons dû tout abandonner, y compris les photos que nous avions. Le petit garçon, sur les photos, c‘est moi, et la petite fille, c‘est ma sœur. L‘homme et la femme sont nos parents. Jusqu‘à aujourd‘hui, je n‘avais pas de photos de notre enfance à Stettin ni de mon père.»

    Séchant moi aussi mes larmes, j‘ai dit à frère Berndt qu‘il pouvait garder les diapositives. Il les a rangées soigneusement dans son porte-documents.

    Lors de la conférence générale suivante, quand Dieter Berndt est venu à Salt Lake City, il a rendu visite à Edwin Cannon et à sa femme, pour les remercier en personne de l‘inspiration qui avait poussé frère Cannon à conserver ces précieuses diapositives et d‘avoir suivi cette inspiration en les gardant pendant quarante ans.

    William Cowper a écrit:

    Dieu possède mille moyens

    d‘exécuter ses plans.

    Au-dessus des mers il se tient

    et dompte l‘ouragan.

    Ne jugez pas le Tout-Puissant!

    Le Père est juste et bon.

    Il donne après le châtiment,

    la bénédiction.

    Je vous témoigne que l‘œuvre dans laquelle nous sommes engagés est vraie. Le Seigneur est à la barre. Puissions-nous le suivre. C‘est ma prière. Au nom de Jésus-Christ. Amen.