Notre environnement moral
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    Notre environnement moral

    «Toute âme enfermée dans un camp de concentration de péché et de culpabilité a la clef de la porte.»

    Je suis Autorité générale depuis plus de trente ans et membre du collège des douze apôtres depuis vingt-deux ans. Au cours de toutes ces années, j‘ai eu des entretiens avec certainement des milliers de membres de l‘Eglise, et je leur ai parlé en des termes personnels de leur dignité, de leurs peines et de leurs joies. Si je vous dis cela, c‘est dans l‘espoir que le crédit de mon expérience puisse vous convaincre de réfléchir très sérieusement à des questions qui nous préoccupent beaucoup.

    Environnement moral

    Aujourd‘hui, je m‘adresse aux membres de l‘Eglise en tant qu‘écologiste. Mon message ne concerne pas l‘environnement physique mais l‘environnement moral et spirituel dans lequel nous devons élever nos enfants. Quand nous examinons notre environnement moral, nous constatons que le niveau de la pollution est en forte augmentation.

    Le Livre de Mormon montre des gens qui luttaient dans un «brouillard de ténèbres» qui est défini comme les «tentations du diable» (1 Né 8:23; 12:17). Cette pollution morale était si dense que beaucoup suivirent des «routes étranges» et «tombèrent dans des sentiers défendus où ils se perdirent» (voir 1 Néphi 8:23–32).

    La pollution délibérée de la source de la vie assombrit maintenant notre environnement moral. Le don de la vie terrestre et la capacité de susciter d‘autres vies est une bénédiction divine d‘une valeur inestimable!

    Environnement spirituel

    L‘effritement rapide et généralisé des valeurs est caractérisé par une préoccupation, une obsession même pour la sexualité. L‘abstinence avant le mariage et la fidélité dans le mariage sont ouvertement ridiculisées. Le mariage, la paternité et la maternité sont tournés en dérision et considérés comme pesants et inutiles. La pudeur, vertu qui caractérise une personne ou une société raffinée, a pratiquement disparu.

    Le tentateur

    L‘adversaire est jaloux de tous ceux qui ont le pouvoir d‘engendrer la vie. Il ne peut pas donner la vie; il est impuissant. Lui et ceux qui l‘ont suivi ont été chassés et ont perdu le droit d‘avoir un corps mortel. Ses anges ont même supplié d‘être envoyés dans les corps de pourceaux (voir Matthieu 8:31). La révélation nous dit: «il cherche à rendre tous les hommes malheureux comme lui» (2 Néphi 2:27).

    L‘acte sexuel devient, avec de moins en moins d‘exceptions, le thème central de ce que nous entendons et de ce que nous lisons. La censure est considérée comme la violation de la liberté individuelle et est rejetée.

    Ce qui devrait être strictement intime est mis à nu et représenté explicitement à l‘écran, avec, en toile de fond, la dépendance aux drogues, la pornographie, la perversion, l‘infidélité, l‘avortement, et les plus répugnants de tous, l‘inceste et les sévices sexuels. Il faut aujourd‘hui ajouter un fléau comparable à ceux de la Bible. Tous ces maux sont en pleine croissance.

    La société renonce à prendre ses responsabilités et se limite à enseigner le processus physique de la reproduction chez l‘homme dans les écoles pour éviter aux enfants la grossesse et la maladie, ou à fournir aux adolescents les moyens qui sont censés les protéger de ces deux maux.

    Quand un effort quelconque est fait pour inclure dans ces cours de base des valeurs universelles, pas seulement celles de l‘Eglise, mais celles de la civilisation, de la société elle-même, des protestations s‘élèvent: «Vous nous imposez la religion et vous empiétez sur notre liberté.»

    Liberté de choix

    Tandis que nous votons des lois pour réduire la pollution de la terre, toute proposition visant à protéger l‘environnement moral et spirituel est rejetée et combattue à grands cris et à coups de manifestations comme limitant la liberté, le libre arbitre et le droit de choisir.

    Il est intéressant de voir comment une vertu, quand on lui donne une importance exagérée ou fanatique, peut être utilisée pour en écraser une autre en invoquant la liberté, une vertu, pour protéger le vice. Ceux qui sont déterminés à transgresser considèrent toute régulation de leur manière de vivre comme une entrave à leur libre arbitre et essaient de faire voter des lois pour légaliser leur péché.

    Des gens qui, par ailleurs, font preuve de bon sens disent: «Je n‘envisage pas de m‘y adonner, mais je reconnais le droit de choisir à ceux qui le font.»

    Argument fallacieux

    Malgré son apparence morale et noble, l‘argument de la liberté de choix est tout à fait fallacieux. En suivant la même logique, on pourrait prétendre que toute la signalisation routière et les barrières qui protègent les imprudents du danger devraient être enlevées en vertu du principe que chacun doit avoir le droit de choisir de s‘approcher du bord autant qu‘il le veut.

    Pas de libre arbitre

    Le seul «libre arbitre» dont on parle dans les Ecritures est le «libre arbitre moral», dont le Seigneur dit qu‘il l‘a donné à l‘homme, «afin que, le jour du jugement, chacun soit responsable de ses propres péchés» (Doctrine et Alliances 101:78).

    Ecoutez l‘avertissement

    Le Seigneur a averti son Eglise: «Ne permettez pas que ce que j‘ai désigné soit souillé par mes ennemis avec le consentement de ceux qui s‘appellent de mon nom. Car c‘est un péché très grave contre moi et contre mon peuple» (Doctrine et Alliances 101:97–98).

    Les lois des hommes ne s‘intéressent pas aux questions morales. On nous enseigne à «obéir aux lois, les honorer et les soutenir» (voir 12e article de foi) et que «celui qui observe les lois de Dieu n‘a pas besoin d‘enfreindre les lois du pays» (Doctrine et Alliances 58:21).

    Le droit de s‘exprimer

    Quand une question morale est soulevée, les dirigeants de l‘Eglise ont la responsabilité de donner leur avis. Les jeux de hasard, par exemple, sont une question morale. La vie est une question morale. Quand la morale est en jeu, nous avons à la fois le droit et l‘obligation d‘élever une voix d‘avertissement. L‘Eglise ne prend de position en matière politique que si la morale est en jeu. Au cours des trente années passées et de milliers d‘entretiens, je n‘ai pas demandé une seule fois à un membre de l‘Eglise à quel parti il appartenait.

    Lois physiques et morales

    Il existe des lois morales et des lois physiques qui sont «irrévocablement décrétée(s) dans les cieux avant la fondation de ce monde» (Doctrine et Alliances 130:20) que l‘homme ne peut contourner.

    Par exemple, pensez-vous qu‘un vote pour annuler la loi de la pesanteur aurait un effet quelconque?

    Inapplicable

    Imaginez qu‘une loi décrète que tous les enfants seront pris à leurs parents et élevés par l‘Etat. Une telle loi serait mauvaise, mais elle pourrait problablement être imposée. Cela a existé dans le passé.

    Mais imaginez qu‘un article de cette loi déclare: «Au bout de quinze jours la mère cessera d‘avoir tout sentiment pour son enfant.»

    Une telle disposition est absolument inapplicable. Peu importe la sévérité de la peine ou l‘importance des forces de l‘ordre, elle serait totalement inapplicable car elle est contraire tant à la loi naturelle qu‘à la loi morale.

    Que la loi autorise quinze semaines ou quinze mois ou quinze ans, elle ne pourrait pas être appliquée! Cela marcherait peut-être chez les animaux, mais les Ecritures enseignent que «toute chair n‘est pas la même chair; mais autre est celle des hommes, autre la chair des animaux, autre la chair des oiseaux, autre celle des poissons» (1 Corinthiens 15:39). Cela ne marcherait pas avec les mères humaines. Jamais!

    Il serait tout aussi impossible de défendre une loi faite par l‘homme à l‘encontre des lois naturelles que de faire appliquer une loi annulant l‘amour entre une mère et son enfant!

    Enfants de Dieu

    Aucun idéal plus grand n‘a été révélé que la vérité divine déclarant que nous sommes les enfants de Dieu et que nous sommes différents de toutes les autres créatures vivantes, en vertu de la manière dont nous avons été créés (voir Moïse 6:8–10, 22, 59).

    L‘idée perverse

    Aucune idée n‘a davantage détruit le bonheur, aucune philosophie n‘a causé plus de douleur, plus de souffrance et de tort, aucune idée n‘a fait davantage pour détruire la famille que l‘idée que nous ne sommes pas la postérité de Dieu mais seulement des animaux évolués, contraints à céder à toutes les impulsions charnelles.

    Les animaux ne sont pas soumis aux lois morales. Cependant, même s‘ils cèdent sans dicrimination à leur instinct d‘accouplement, leur rituel sexuel a un déroulement fixe et des limitations strictes. Par exemple, les animaux ne s‘accouplent pas avec des animaux du même sexe pour satisfaire leur instinct sexuel. Ces instincts ne s‘expriment pas davantage dans les sévices sexuels envers leur progéniture.

    La source de la vie est maintenant reléguée au niveau de plaisir sans mariage, pouvant même être acheté et vendu, voire souillé dans des rites sataniques. Les enfants de Dieu peuvent volontairement se laisser aller à leur nature charnelle et, sans remords, défier les lois de la morale et s‘abaisser en-dessous du niveau de la bête.

    Le plus abominable

    Si nous polluons notre source de vie, nous recevrons des châtiments «extrêmes» et «intolérables» (voir Doctrine et Alliances 19:15) qui ôteront toute joie au plaisir physique. Alma dit à son fils Corianton, «Ne sais-tu pas, mon fils, que ces choses sont une abomination aux yeux du Seigneur; oui, le plus abominable des péchés, après celui de verser le sang innocent, ou celui de nier le Saint-Esprit?» (Alma 39:5).

    La loi morale est énoncée très simplement dans les Ecritures: «L‘iniquité n‘a jamais été le bonheur» (Alma 41:10). Les Ecritures parlent en termes généraux, nous laissant la liberté d‘appliquer les principes de l‘Evangile à une variété infinie de situations. Mais quand elles disent: «Tu ne feras pas… », nous ferions bien d‘être attentifs.

    Le seul usage légitime du pouvoir de procréation, c‘est entre mari et femme légitimement mariés. Toute autre pratique est contraire au commandement de Dieu. Alma dit: «Peu importe que vous parliez contre cela, car il faut que la parole de Dieu s‘accomplisse» (Alma 5:58).

    La mesure du succÈs des parents

    Il est très difficile d‘élever des enfants dans le brouillard de plus en plus épais de notre environnement moral.

    Nous insistons sur le fait que «la plus grande œuvre que vous accomplirez jamais est celle que vous ferez dans les murs de votre foyer» (Harold B. Lee, Ensign, juillet 1973, page 98), et que «aucun succès ne peut compenser l‘échec au foyer» (David O. McKay, Improvement Era, juin 1964, p. 445).

    Cependant, la mesure de notre succès de parents ne réside pas uniquement dans la manière dont nos enfants évolueront spirituellement. Ce jugement ne serait juste que si nous pouvions élever nos enfants dans un environnement moral parfait, et ce n‘est pas possible pour l‘instant.

    Il n‘est pas rare que des parents qui ont le sens de leurs responsabilités perdent un de leurs enfants pendant une certaine période, à cause d‘influences sur lesquelles ils n‘ont aucun contrôle. Ils souffrent profondément à cause de leurs fils ou de leurs filles rebelles. Ils souffrent de voir qu‘ils n‘ont aucun moyen d‘agir, alors qu‘ils ont essayé par tous les moyens de faire ce qu‘ils devaient.

    J‘ai la conviction que ces mauvaises influences seront un jour surmontées.

    «Joseph Smith, le prophète, a enseigné — et il n‘a jamais enseigné de doctrine plus réconfortante — le scellement éternel de parents fidèles, et la promesse divine qui leur est faite qu‘en cas de service vaillant pour la cause de la vérité, ils ne seraient pas sauvés seuls mais avec leur postérité. Bien que certaines des brebis errent aujourd‘hui, le Berger garde un œil sur elles, et un jour ou l‘autre elles verront la main tendue de la divine Providence les ramener au troupeau. Elles reviendront, et si ce n‘est pas dans cette vie ce sera dans l‘autre. Elles auront à payer leur dette à la justice; elles souffriront pour leurs péchés; elles devront peut-être suivre un chemin semé de ronces, mais à la fin, elles seront ramenées, comme le fils prodigue repentant, au foyer d‘un père aimant et miséricordieux; alors la douloureuse expérience n‘aura pas été vaine. Priez pour vos enfants insouciants et désobéissants; accrochez-vous à eux avec foi. Continuez à espérer et à avoir confiance jusqu‘à ce que vous voyiez le salut de Dieu» (rapport de Orson F. Whitney, CR, Avril 1929, page 110).

    Nous n‘insisterons jamais assez sur la valeur du mariage au temple, les liens forts de l‘ordonnance de scellement et les conditions de dignité requises. Si les parents gardent les alliances qu‘ils ont faites à l‘autel du temple, leurs enfants leur seront attachés pour toujours. Le président Brigham Young a dit:

    «Que le père et la mère qui sont de cette Eglise et de ce royaume vivent dans la droiture et s‘efforcent autant qu‘ils le peuvent de ne jamais faire de mal, mais de faire du bien pendant toute leur vie; s‘ils ont un enfant ou cent enfants, s‘ils se conduisent vis-à-vis d‘eux comme ils le doivent, les attachant au Seigneur par leur foi et leurs prières, peu importe où vont ces enfants, ils sont liés à leurs parents par un lien éternel, et aucune puissance de la terre ou de l‘enfer ne pourra les séparer de leurs parents dans l‘éternité; ils retourneront à la source dont ils sont issus» (Doctrines du Salut, volume 2, page 92).

    Repentir

    Dans la bataille de la vie, l‘adversaire fait une énorme quantité de prisonniers. Beaucoup ne connaissent aucun moyen de s‘échapper et sont contraints de se mettre à son service. Toute âme enfermée dans un camp de concentration de péché et de culpabilité a la clé de la porte. L‘adversaire ne peut pas la retenir si elle sait comment l‘utiliser. La clef s‘appelle le repentir. Les deux principes indissociables du repentir et du pardon dépassent en force le pouvoir terrifiant de l‘adversaire.

    Je ne connais aucun péché dans le domaine de la dignité morale qui ne puisse pas être pardonné. Je n‘exclus pas l‘avortement. La formule est énoncée en quarante mots:

    «Voici, celui qui s‘est repenti de ses péchés est pardonné, et moi, le Seigneur, je ne m‘en souviens plus.

    «C‘est à cela que vous saurez si un homme se repent de ses péchés: Voici, il les confessera et les délaissera» (Doctrine et Alliance 58:42–43).

    Je ne me souviendrai plus de vos péchés

    Quelles que soient la durée et la souffrance du processus du repentir, le Seigneur a dit: «Voici l‘alliance que je traiterai avec eux …Je mettrai mes lois dans leur cœur et je les écrirai dans leur intelligence …

    «Et je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs iniquités» (Hébreux 10:16–17).

    Des civilisations telles que Sodome et Gomorrhe se sont détruites en désobéissant aux lois morales. «Car l‘Esprit du Seigneur ne luttera pas toujours avec l‘homme. Et quand l‘Esprit cesse de lutter avec l‘homme, alors vient une destruction rapide» (2 Néphi 26:11; voir aussi Genèse 6:3; Ether 2:15, Doctrine et Alliances 1:33; Moïse 8:17).

    Dieu veuille que nous revenions au bon sens et protégions notre environnement moral de ce brouillard de ténèbres qui s‘épaissit de jour en jour. L‘avenir de l‘humanité est en jeu.

    Puissions-nous avoir la protection de celui qui est notre Père et notre Dieu, et puissions-nous mériter l‘amour et les bénédictions de son Fils, notre Rédempteur, Jésus-Christ, au nom de qui je rends témoignage, amen.