2000-2009
    De bonnes nouvelles de Cumorah
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    De bonnes nouvelles de Cumorah

    Vous et moi pouvons non seulement survivre, mais être vainqueurs, comme Moroni, dans nos efforts pour défendre la vérité dans des temps périlleux.

    Lorsque je suis allée dans l’humble petite maison de rondins restaurée de Joseph Smith, j’ai ressenti que j’étais dans un lieu saint. C’est là que l’ange Moroni est apparu pour la première fois à Joseph Smith pour commencer l’œuvre grande et merveilleuse du rétablissement de l’Évangile de Jésus-Christ. En réfléchissant à l’interaction des vies de ces deux grands prophètes, Moroni, le dernier prophète de son époque, et Joseph, le premier prophète de notre dispensation, j’ai vu de nombreuses « similitudes ». Je vais vous parler de leçons tirées de certaines « similitudes » en vous témoignant de cette œuvre grande et merveilleuse.

    Joseph Smith avait 17 ans quand il a rencontré Moroni pour la première fois, l’âge de beaucoup d’entre vous, jeunes filles. Nous connaissons précisément la date et le lieu. C’était le 21 septembre 1823 au soir, dans une chambre à l’étage alors que cinq de ses frères dormaient. Joseph priait pour connaître son état et sa situation vis-à-vis de Dieu (voir Joseph Smith, Histoire 1:29). Il se sentait faible et indigne devant Dieu. Il dit qu’il n’était pas « coupable d’avoir péché gravement », mais qu’il était tombé dans des « erreurs insensées » et qu’il avait manifesté « les faiblesses de la jeunesse » (Joseph Smith, Histoire 1:28) ; c’est pourquoi il priait pour être rassuré. J’ai ressenti ce qu’a ressenti le jeune Joseph, et je sais que beaucoup d’entre vous aussi. Combien de fois sommes-nous chacune tombée à genoux avec ces sentiments de faiblesse et le besoin d’être rassurée par Dieu ?

    En réponse à la prière humble et pleine de foi de Joseph, Moroni, un messager céleste, lui est apparu. Joseph raconte : « Il m’appela par mon nom et me dit… que Dieu avait une œuvre à me faire accomplir » (Joseph Smith, Histoire 1:33). Joseph était « très étonné de ce que [lui]… avait dit cet extraordinaire messager » (Joseph Smith, Histoire 1:44).

    Nous pouvons, nous aussi, recevoir une assurance spirituelle en réponse à nos prières. Nous pouvons recevoir le témoignage que notre Père céleste nous connaît par notre nom et qu’il a une mission terrestre à nous faire accomplir.

    L’ange Moroni est apparu deux fois à Joseph durant la nuit, puis à nouveau le lendemain dans le champ et sur le versant de la colline, et puis chaque année pendant les quatre années suivantes sur ce que nous appelons aujourd’hui la colline de Cumorah. Ce premier jour, Moroni a répété à plusieurs reprises le même message. Voyez-vous quelque chose de semblable dans votre vie ? Mes enfants me taquinent parfois en di-sant que je leur répète toujours les mêmes choses. Ne soyez pas trop dures avec vos parents et vos dirigeants quand ils se répètent. Le Seigneur a demandé à Moroni d’instruire un jeune prophète en répétant les choses. La répétition grave les principes de l’Évangile dans notre esprit et dans notre cœur.

    Ces visites régulières de l’ange ont créé un lien glorieux entre ce prophète d’autrefois qui avait scellé les plaques et le prophète moderne qui avait été choisi pour les ramener à la lumière. Je crois que nous devons, nous aussi, aimer les prophètes, les anciens et les modernes. Il est tout à fait approprié qu’une statue de l’ange Moroni se dresse au sommet de nos temples modernes. Elle nous rappelle que Moroni est cet « ange saint de Dieu, depuis longtemps muet [qui] est descendu des cieux » (Cantique n° 8) et dont notre chœur va chanter les louanges ce soir.

    Joseph Smith a beaucoup appris de Moroni. Puis, dans la sécurité et la sainteté de cette maison de rondins où Moroni était apparu, Joseph a raconté beaucoup de ce qu’il avait appris à sa famille réceptive. Sa mère a dit :

    « Joseph continua de recevoir régulièrement des instructions, et chaque soir nous rassemblions nos enfants pour l’écouter parler de ces choses… Je pense qu’aucune famille ayant jamais vécu sur la terre n’a eu un aspect aussi singulier que la nôtre : nous étions tous assis en cercle… profondément attentifs aux enseignements religieux d’un jeune garçon de dix-huit ans » (The Revised and Enhanced History of Joseph Smith by His Mother, édité par Scot Facer Proctor et Maurine Jensen Proctor, 1996, p. 111).

    Parlant de ces soirées familiales quotidiennes, Lucy Mack Smith a dit que c’était dans leur foyer un moment de douce unité, de bonheur et de tranquillité. Quel model pour nous que ce jeune Joseph fortifiant le foyer et la famille ! Il n’a pas gardé son témoignage et ses expériences spirituelles pour lui, mais il en parlait souvent à ses parents et à ses frères et sœurs. Nous pouvons faire pareil dans notre foyer.

    Les membres de la famille Smith devaient se serrer les coudes parce qu’à l’extérieur les persécutions contre Joseph et contre la famille étaient constantes. Les enseignements et l’exemple de Moroni ont peut-être aidé le prophète Joseph à apprendre comment être un témoin dans un monde méchant. Moroni vivait dans le genre de monde qu’il a prédit pour l’époque moderne : « Un jour où il y aura… des meurtres, et du brigandage, et du mensonge, et des tromperies, et des fornications, et toutes sortes d’abominations » (Moroni 8:31).

    Moroni a connu aussi personnellement la solitude et le découragement. Après une grande et affreuse bataille entre les Néphites et les Lamanites où tout son peuple a été tué, il s’est lamenté : « Je suis seul. Mon père a été tué à la bataille, et toute ma parenté, et je n’ai pas d’amis ni où aller ; et je ne sais pas combien de temps le Seigneur souffrira que je vive » (Mormon 8:5). Ressentez-vous la solitude et le découragement de Moroni ?

    Je sais que beaucoup d’entre vous ont parfois le sentiment de ne pas avoir d’amis et d’être seules dans un monde méchant. Certaines d’entre nous ont le sentiment de ne pas savoir « où aller » durant les épreuves. Mais nous pouvons non seulement survivre, mais être vainqueurs, comme Moroni, dans nos efforts pour défendre la vérité dans des temps périlleux. Qu’a-t-il fait, seul dans un monde hostile ? Obéissant fidèlement aux directives de son père, il a terminé les annales sur les plaques d’or. Il a pris connaissance des écrits des prophètes. Et surtout, il s’est efforcé de sortir du découragement en s’accrochant aux promesses du Seigneur pour l’avenir. Il s’est accroché aux alliances que Dieu a faites avec la maison d’Israël pour la bénir éternellement.

    Moroni a fait preuve de foi aux bénédictions promises aux générations futures. Jeffrey R. Holland a expliqué que des prophètes anciens, et Moroni, ont attendu avec joie notre époque parce qu’elle leur avait été montrée en vision. Ils ont vu que des jeunes, forts et fidèles à leurs alliances comme vous l’êtes, accompliraient l’œuvre du Seigneur dans notre dispensation finale. Frère Holland a dit : « Les dirigeants de ces époques passées ont pu continuer d’aller de l’avant… non parce qu’ils savaient qu’ils réussiraient, mais parce qu’ils savaient que vous réussiriez… une assemblée magnifique de jeunes [filles] comme vous… avec la détermination de voir l’Évangile vaincre et triompher » (« Terreur, triomphe et repas de noce », Veillée du DEE, 12 septembre 2004 ; voir www.ldsces.org). Nous avons l’énorme responsabilité d’accomplir « l’attente joyeuse » de Moroni.

    Étant membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, nous sommes liés par alliance au Seigneur. Il a dit : « Moi je ne t’oublierai point. Voici, je t’ai gravée sur mes mains » (Ésaïe 49:15-16 ; voir aussi 1 Néphi 21:15-16).

    Le pouvoir des alliances qui nous lie et nous fortifie est récemment devenu pour moi très réel, lors d’un décès tragique dans la famille d’amis très chers. Catherine et Kimball Herrod et leurs quatre jeunes enfants, âgés de neuf mois à sept ans, rentraient chez eux en voiture après avoir dîné chez les parents de Catherine, quand la double roue d’un énorme camion semi-remorque qui passait dans l’autre sens sur l’autoroute s’est soudainement détachée, a franchi le terre-plein central et a heurté leur voiture du côté du conducteur. Kimball, le conducteur, mari et père a été gravement blessé et était inconscient. Catherine a réussi à diriger la voiture vers le bas-côté et a appelé du secours. Alors qu’elle regardait les secours s’occuper de son mari et de leurs deux plus grands enfants, assise dans une voiture de police, les deux plus jeunes sur les genoux, elle a fait cette prière à haute voix : « Père céleste, nous savons que tu as le pouvoir de guérir Kimball si c’est ta volonté, mais sinon, nous avons la foi que tu nous soutiendras dans cette épreuve. » Kimball a été transporté par hélicoptère à l’hôpital, mais il est mort pendant le trajet.

    Une fois soignés de leurs coupures, contusions et autres petites blessures, les enfants ont quitté l’hôpital. Lorsqu’ils ont été en sécurité au lit chez eux, Catherine est retournée à l’hôpital pour dire un dernier au revoir terrestre à son mari. Aussi difficile que cela était, elle a dit à ses parents, qui étaient avec elle : « Je sais que Kimball et moi sommes scellés par nos alliances du temple, et nous serons de nouveau ensemble un jour. » Dans la plus terrible des épreuves d’une jeune mère, ses alliances l’ont soutenue.

    Lors des obsèques, on nous a rappelé le pouvoir des alliances pour nous soutenir « au temps des pleurs et du chagrin ». Pendant le cantique de clôture, nous avons tous entendu, plus fort que l’assemblée, la voix de Taylor, le fils de cinq ans, chanter « Ensemble à tout jamais » (Cantiques, n° 192). L’assemblée était heureuse de savoir qu’un enfant avait appris que les alliances de scellement le lieraient à son père et à sa mère.

    Le père de Catherine a aussi parlé du pouvoir des alliances dans son discours. Il a cité une Écriture des précieuses annales que Moroni a scellées et que le prophète Joseph a fait paraître. Elle nous rappelle que l’Évangile nous promet un roc contre les tempêtes et les tourbillons, pas un parapluie.

    « Souvenez-vous, souvenez-vous que c’est sur le roc de notre Rédempteur, qui est le Christ, le Fils de Dieu, que vous devez bâtir votre fondation ; afin que lorsque le diable enverra ses vents puissants…cela n’ait aucun pouvoir sur vous, pour vous entraîner en bas jusqu’au gouffre de misère… à cause du roc sur lequel vous êtes bâtis, qui est une fondation sûre » (Hélaman 5:12).

    La grande force qu’ont montrée les membres de cette famille vient de leur connaissance qu’ils forment une famille éternelle, qu’ils sont liés à notre Père céleste et que rien ne peut les séparer de lui.

    Comme Moroni, Joseph Smith, Catherine et Kimball, nous pouvons, nous aussi, sortir victorieux des épreuves, de la méchanceté et des persécutions. Les alliances de la prêtrise nous lient éternellement à nos familles terrestre et céleste, et nous arment de justice et de puissance.

    Comme je suis reconnaissante de vivre en ce jour grand et merveilleux où l’Évangile a été rétabli ! Je témoigne avec reconnaissance des deux grands prophètes, Moroni et Joseph Smith, qui se sont rencontrés dans cette chambre à l’étage puis qui ont collaboré ensemble à la parution du Livre de Mormon. Je vais conclure en me faisant l’écho de la joyeuse exclamation du prophète Joseph au sujet de l’Évangile rétabli :

    « Or, qu’entendons-nous dans l’Évangile que nous avons reçu ? Une voix d’allégresse…

    « De bonnes nouvelles de Cumorah ! Moroni, un ange du ciel, annonçant l’accomplissement des prophéties : le livre qui devait être révélé…

    « Frères, ne persévèrerons-nous pas dans une si grande cause ? … Que votre cœur se réjouisse et soit dans l’allégresse…

    « C’est pourquoi, amenons, nous, l’Église, le peuple… une offrande avec justice au Seigneur » (D&A 128:19, 20, 22, 24).

    Je sais que nous sommes dans l’Église de Jésus-Christ. Puissions-nous chacun laisser l’Évangile péné-trer profondément dans notre âme afin d’aimer et de servir Dieu avec toute l’intention de notre cœur. Au nom de Jésus-Christ. Amen.