Gagner la confiance du Seigneur et de votre famille
    Notes de bas de page

    Gagner la confiance du Seigneur et de votre famille

    « Les hommes au cœur intègre sont des hommes de confiance, parce que la confiance est fondée sur l’intégrité. »

    Mes frères, peut-être n’y a-t-il pas de plus grand compliment que nous puissions recevoir du Seigneur que de savoir qu’il a confiance que nous serons de dignes détenteurs de la prêtrise, de bons maris et de bons pères.

    Une chose est sûre, gagner la confiance du Seigneur est une bénédiction qui nécessite un grand effort de notre part. La confiance est une bénédiction basée sur l’obéissance aux lois de Dieu. Gagner la confiance du Seigneur est le résultat de la fidélité aux alliances que nous avons contractées dans les eaux du baptême et dans le saint temple. Lorsque nous tenons nos promesses faites au Seigneur, sa confiance en nous grandit.

    J’aime à la fois les Écritures anciennes et modernes qui utilisent l’expression « intégrité de cœur » pour décrire le caractère d’une personne juste1. L’intégrité ou le manque d’intégrité est un élément fondamental de la personnalité. Les hommes au cœur intègre sont des hommes de confiance, parce que la confiance est fondée sur l’intégrité.

    Être un homme intègre signifie simplement que nos intentions, ainsi que nos actions, sont pures et justes dans tous les aspects de notre vie, en public comme en privé. Par chaque décision que nous prenons, nous méritons un peu plus ou un peu moins la confiance de Dieu. Ce principe se manifeste peut-être le plus clairement dans nos responsabilités divines de mari et de père.

    Dans le document : « La famille : Déclaration au monde », nous avons reçu des prophètes, voyants et révélateurs modernes une responsabilité divine en tant que maris et pères. Cette déclaration nous enseigne que 1) par décret divin, les pères doivent présider leurs familles dans l’amour et la droiture, 2) les pères ont la responsabilité de pourvoir aux besoins vitaux et 3) les pères ont la responsabilité de protéger leurs familles2.

    Pour gagner la confiance de Dieu, nous devrons nous acquitter de ces trois responsabilités divines envers notre famille à la manière du Seigneur. Comme il est dit plus loin dans la déclaration sur la famille, la manière du Seigneur est que nous remplissions ces responsabilités ensemble avec notre femme en « partenaires égaux3 ». Pour moi cela signifie que nous ne prenons pas de décision importante concernant ces trois responsabilités sans être en totale unité avec notre femme.

    La première étape de notre quête pour gagner la confiance du Seigneur est de placer notre confiance en lui. Le prophète Néphi a été le parfait exemple de ce type d’engagement quand il a dit en prière : « Ô Seigneur, j’ai mis en toi ma confiance, et c’est en toi que je mettrai toujours ma confiance. Je ne placerai pas ma confiance dans le bras de la chair4. » Néphi était pleinement engagé à faire la volonté du Seigneur. En plus de dire qu’il ferait « les choses que le Seigneur a commandées » Néphi était intransigeant dans son engagement d’accomplir ce qui lui serait demandé, comme l’illustre cette déclaration : « Comme le Seigneur vit, et comme nous vivons, nous ne descendrons pas vers notre père dans le désert que nous n’ayons accompli ce que le Seigneur nous a commandé5. »

    Comme Néphi faisait tout d’abord confiance à Dieu, Dieu plaça une grande confiance en lui. Le Seigneur lui accorda de grands déversements de l’Esprit qui ont été une bénédiction pour lui, pour sa famille et pour son peuple. Comme Néphi présidait avec amour et droiture et pourvoyait aux besoins de sa famille et de son peuple et les protégeait, il a écrit : « Nous vécûmes selon la voie du bonheur6. »

    Afin de présenter une perspective féminine sur le sujet, j’ai demandé à mes deux filles mariées de m’aider. Je leur ai demandé si elles voulaient bien m’expliquer en une ou deux phrases leur vision de l’importance de la confiance et comment elle affecte leur mariage et leur vie de famille. Voici les idées de Lara Harris et Christina Hansen.

    Tout d’abord, Lara : « L’une des choses les plus importantes pour moi est de savoir que, pendant sa journée, mon mari fait des choix qui montrent son respect et son amour pour moi. Quand nous pouvons nous faire confiance de cette manière, cela apporte la paix dans notre foyer, où nous pouvons ainsi nous réjouir d’élever nos enfants ensemble.

    Maintenant les réflexions de Christina : « Avoir confiance est comparable à avoir foi en quelqu’un. Sans cette confiance et cette foi, il y a la peur et le doute. Pour moi, l’une des plus grandes bénédictions qui découlent de la capacité de pleinement faire confiance à mon mari est la paix, la paix de l’esprit, sachant qu’il fait vraiment ce qu’il dit qu’il fera. La confiance apporte la paix, l’amour, et un cadre dans lequel cet amour peut grandir. »

    Lara et Christina n’ont jamais vu ce que l’autre avait écrit. Pour moi il est très intéressant de voir que chacune a pensé individuellement à la bénédiction de la paix au foyer comme conséquence directe d’avoir un mari en qui elles peuvent avoir confiance. Comme l’illustre l’exemple de mes filles, la confiance joue un rôle extrêmement important dans l’édification d’un foyer centré sur le Christ.

    J’ai pu aussi bénéficier de cette même culture centrée sur le Christ en grandissant dans un foyer où mon père honorait sa prêtrise et méritait la confiance de toute la famille par « l’intégrité de son cœur7 ». Voici une expérience de ma jeunesse qui illustre l’influence positive durable qu’un père qui comprend et vit le principe de la confiance fondée sur l’intégrité peut avoir sur sa famille.

    Quand j’étais très jeune, mon père a créé une entreprise spécialisée dans l’automatisation des usines. Cette entreprise concevait, fabriquait et installait des chaînes de fabrication automatisées dans le monde entier.

    Vers l’âge de 10, 12 ans, mon père voulait que j’apprenne à travailler. Il voulait aussi que j’apprenne le métier depuis le bas de l’échelle. Mon premier emploi consistait à effectuer l’entretien de la zone de l’usine inaccessible au grand public.

    Vers l’âge de 16 ans, j’ai été promu pour travailler dans l’usine. J’ai commencé par apprendre à lire les plans et à opérer les lourdes machines en acier. Après avoir obtenu mon diplôme, je suis allé à l’université puis dans le champ de la mission. De retour de mission, je suis immédiatement retourné au travail. J’avais besoin de gagner de l’argent pour les dépenses de l’année universitaire suivante.

    Un jour, peu de temps après ma mission, je travaillais dans l’usine quand mon père m’a appelé dans son bureau et m’a demandé si j’aimerais l’accompagner à Los Angeles pour un voyage d’affaires. C’était la première fois qu’il m’invitait à l’accompagner pour un voyage d’affaires. En fait, il voulait que je l’accompagne pour l’aider à promouvoir l’entreprise auprès d’un nouveau client.

    Avant de partir, il m’a donné quelques détails sur ce nouveau client potentiel. Premièrement, le client était une entreprise multinationale. Deuxièmement, elle modernisait ses chaînes de production au niveau mondial avec la dernière technologie d’automatisation. Troisièmement, notre entreprise ne lui avait jamais fourni de services d’ingénierie ni de technologie. Et finalement, son responsable des achats avait organisé ce rendez-vous pour revoir l’offre que nous lui avions faite concernant un nouveau projet. Ce rendez-vous représentait un débouché nouveau et potentiellement important pour notre entreprise.

    À notre arrivée à Los Angeles, mon père et moi sommes allés à l’hôtel où nous devions rencontrer le responsable de l’entreprise. Le premier point de l’ordre du jour était de discuter et d’analyser les caractéristiques de conception du projet. Le point suivant concernait les détails de fonctionnement, dont la logistique et les dates de livraison. Le dernier point était principalement le prix et les termes du contrat. C’est là que les choses sont devenues intéressantes.

    Le responsable de l’entreprise nous a expliqué que notre proposition était la moins chère des offres qu’ils avaient reçues pour le projet. Puis, il nous a curieusement donné le montant du deuxième appel d’offre le moins cher. Après quoi, il nous a demandé si nous serions prêts à reprendre notre proposition et à la soumettre de nouveau. Il a dit que notre nouveau devis devrait être de peu inférieur à l’autre offre plus élevée. Puis il a expliqué que nous partagerions à part égale avec lui la différence. Il a justifié sa proposition en disant que tout le monde serait gagnant. Notre entreprise aurait beaucoup à gagner parce que nous obtiendrions beaucoup plus d’argent qu’avec notre première offre. Son entreprise serait gagnante parce qu’elle bénéficierait toujours de l’offre la moins chère. Et, bien sûr, il serait gagnant en prenant sa marge parce qu’il aurait permis la conclusion d’une excellente affaire.

    Puis il nous a donné un numéro de boîte postale où nous pourrions lui envoyer l’argent qu’il réclamait. Après tout cela, il a regardé mon père et a demandé : « Alors, marché conclu ? » À ma grande surprise, mon père s’est levé, lui a serré la main et lui a dit qu’on le recontacterait.

    Après avoir quitté la réunion, nous sommes montés dans la voiture que nous avions louée, et mon père s’est tourné vers moi et m’a demandé : « Bon, que penses-tu que nous devrions faire ? »

    J’ai répondu que je ne pensais pas que nous devions accepter cette offre.

    Mon père m’a ensuite demandé : « Ne penses-tu pas que nous avons une responsabilité envers nos employés de maintenir un carnet de commandes bien rempli ? »

    Pendant que je réfléchissais à sa question et avant que je puisse donner ma réponse, il a répondu lui-même à sa question. Il a dit : « Écoute, Rick, une fois que tu acceptes un pot-de-vin ou transige sur ton intégrité, il est très difficile de faire machine arrière. Ne le fais jamais, même pas une fois. »

    Le fait que je vous raconte cette expérience signifie que je n’ai jamais oublié ce que mon père m’a enseigné lors de ce premier voyage d’affaires avec lui. Je raconte cette expérience pour illustrer l’influence durable que nous avons en tant que pères. Vous pouvez imaginer la confiance que j’avais dans mon père du fait de l’intégrité de son cœur. Il a vécu ces mêmes principes en privé avec ma mère, ses enfants et toutes les personnes qu’il côtoyait.

    Mes frères, ce soir je prie pour que nous placions avant tout notre confiance dans le Seigneur, comme Néphi l’a montré, puis par l’intégrité de notre cœur, gagnions la confiance du Seigneur, ainsi que celle de notre femme et de nos enfants. Si nous comprenons et mettons en pratique ce principe sacré de confiance fondée sur l’intégrité, nous serons fidèles à nos alliances sacrées. Nous présiderons aussi dans notre famille avec amour et droiture, pourvoyant à ses besoins vitaux et à sa protection contre les maux du monde. Je témoigne humblement de ces vérités, au nom de Jésus-Christ. Amen.