2012
Aimer mes ennemis
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Nous parlons du Christ

Aimer mes ennemis

Je connaissais le commandement du Seigneur d’aimer les autres, même nos ennemis, mais en regardant ce soldat, je ne l’aimais pas.

J’ai grandi dans un pays occupé. Les occupants ne traitaient pas bien mon peuple. Beaucoup de gens de ma ville étaient arrêtés, battus, fusillés ou même tués par les soldats sans raison apparente. Un jour, quand j’avais seize ans, les soldats sont venus dans mon université et ont tiré une balle dans la tête d’un des étudiants. Pendant deux heures, ils ont refusé qu’on le conduise à l’hôpital. Ce jour-là, j’ai conçu de la haine pour ces soldats. Je ne pouvais pas leur pardonner la douleur qu’ils causaient à mon peuple et l’image de cet étudiant ne me quittait pas.

Quand je suis devenu membre de l’Église, à l’âge de vingt-cinq ans, il m’était difficile d’assister aux réunions à cause des points de contrôle, des couvre-feux et des autres restrictions de déplacement qui nous étaient imposées. Je devais risquer ma vie en sortant furtivement pour pouvoir prendre la Sainte-Cène et être avec d’autres saints des derniers jours. C’était difficile d’être le seul membre de l’Église dans ma famille et dans ma ville. Je voulais être avec les membres de l’Église, mais les soldats me renvoyaient presque chaque semaine.

Un jour de sabbat, alors que j’essayais de traverser le point de contrôle, le soldat m’a dit que je n’étais pas autorisé à sortir et m’a ordonné de retourner chez moi. Je l’ai regardé et je me suis souvenu des paroles du Sauveur : « Aimez vos ennemis » (voir Matthieu 5:43-44).

J’ai alors compris que je n’aimais pas ce soldat. La haine que je ressentais, adolescent, avait disparu après mon entrée dans l’Église, mais je n’aimais pas mes ennemis. Le Sauveur Jésus-Christ nous a donné ce commandement, pourtant mon cœur ne pouvait pas aimer ces soldats de l’occupation. Cela m’a perturbé pendant des jours, d’autant plus que je me préparais à aller au temple à ce moment-là.

Un jour, j’ai lu l’Écriture suivante : « Prie le Père de toute l’énergie de ton cœur, afin d’être rempli de cet amour qu’il a accordé à tous ceux qui sont de vrais disciples de son Fils, Jésus-Christ » (Moroni 7:48). J’ai senti que Mormon me parlait personnellement et me montrait la manière d’aimer.

J’ai décidé de demander l’aide de mon Père céleste. J’ai jeûné et prié pour qu’il m’aide à aimer mes ennemis. Pendant des jours je n’ai ressenti aucun changement, mais je n’avais pas compris que mon Père céleste changeait petit à petit mon cœur. Environ un an plus tard, alors que j’essayais de traverser l’un des points de contrôle, le soldat m’a dit que je n’y étais pas autorisé. Cette fois-là, je me suis senti différent. En regardant ce soldat dans les yeux, j’ai ressenti un amour incroyable pour lui. J’ai senti combien notre Père céleste l’aimait et je l’ai vu comme un enfant de Dieu.

Maintenant je sais, comme Néphi, que le Seigneur ne nous donne aucun commandement sans préparer la voie pour que nous puissions accomplir ce qu’il nous commande (voir 1 Néphi 3:7). Quand il nous a commandé d’aimer nos ennemis, le Christ savait que ce serait possible avec son aide. Il peut nous apprendre à aimer les autres si nous lui faisons confiance et suivons son grand exemple.

« Comme toujours, le Christ est notre exemple. Ses enseignements et sa vie nous ont montré la voie à suivre. Il a pardonné aux méchants, aux vulgaires et à ceux qui ont cherché à le blesser et à lui faire du mal » (Dieter F. Uchtdorf, « Les miséricordieux obtiennent miséricorde », Le Liahona, mai 2012, p. 76).

Laissez, arrêtez !, par Walter Rane ; reproduction interdite.