2010-2019
La joie du service désintéressé
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La joie du service désintéressé

Nous avons promis à notre Père céleste de le servir et de servir autrui avec amour, ainsi que de faire sa volonté en toutes choses.

Après la dernière conférence générale, de nombreuses personnes m’ont posé la même question : « Est-ce que ces fauteuils sont confortables ? » Chaque fois, ma réponse était la même : « Ils le sont si l’on n’a pas besoin de prendre la parole. » C’est vrai, non ? Mon fauteuil n’a pas été aussi confortable à cette conférence mais je suis sincèrement reconnaissante de la bénédiction et de l’honneur de m’adresser à vous ce soir.

Parfois, au fil de notre service, nous sommes assis sur des sièges différents. Certains sont assez confortables, d’autres non, mais nous avons promis à notre Père céleste de le servir et de servir autrui avec amour, ainsi que de faire sa volonté en toutes choses.

Il y a quelques années, les jeunes de l’Église ont appris que, quand on ‘s’embarque dans le service de Dieu’ [voir Doctrine et Alliances 4:2], on s’associe au plus grand voyage qui soit. On aide Dieu à hâter son œuvre, et c’est une grande, joyeuse et merveilleuse expérience1. Quel que soit notre âge, nous pouvons tous l’entreprendre. C’est un voyage qui nous conduit le long de ce que notre prophète bien-aimé a appelé « le chemin des alliances2 ».

Cependant, malheureusement, nous vivons dans un monde égoïste où les gens demandent constamment : « Qu’est-ce que j’y gagne ? » au lieu de demander : « Qui aiderai-je aujourd’hui ? » ou « Comment mieux servir le Seigneur dans le cadre de mon appel ? » ou « Est-ce que je donne tout ce que j’ai au Seigneur ? »

Un grand exemple de service désintéressé, pour moi, a été Victoria Antonietti. C’était l’une des instructrices de la Primaire de la branche où j’ai grandi en Argentine. Tous les mardis après-midi, lorsque nous nous réunissions pour la Primaire, elle nous apportait un gâteau au chocolat. Tout le monde aimait le gâteau, tout le monde sauf moi. Je détestais le gâteau au chocolat ! Elle essayait bien de m’en donner un morceau mais je déclinais toujours son offre.

Un jour, après avoir partagé le gâteau entre les autres enfants, je lui ai demandé : « Pourquoi n’en apportes-tu pas un d’un autre parfum, comme l’orange ou la vanille ? »

Après avoir un peu ri, elle m’a demandé : « Pourquoi est-ce que tu n’en goûtes pas un petit morceau ? J’y ai mis un ingrédient spécial et je te promets que, si tu goûtes, tu vas aimer ! »

J’ai regardé autour de moi et j’ai été surprise de voir que tout le monde semblait se régaler. J’ai accepté d’en goûter. Devinez-vous ce qui s’est passé ? J’ai aimé ! C’était la toute première fois que je trouvais bon un gâteau au chocolat.

Ce n’est que de nombreuses années plus tard que j’ai découvert quel était l’ingrédient secret du gâteau au chocolat de sœur Antonietti. Chaque semaine, mes enfants et moi rendions visite à ma mère. Lors d’une visite, maman et moi mangions du gâteau au chocolat et je lui ai raconté comment j’y avais pris goût la toute première fois. Elle m’a alors éclairée en me racontant le reste de l’histoire.

Elle m’a dit : « Tu vois Cris, Victoria et sa famille n’avaient pas beaucoup de moyens et, chaque semaine, elle devait choisir entre payer le bus pour aller à la Primaire avec ses quatre enfants ou acheter les ingrédients pour faire le gâteau au chocolat pour sa classe. Elle choisissait toujours le gâteau au lieu du bus, et ses enfants et elle faisaient plus de six kilomètres à pied, aller-retour, par tous les temps. »

Ce jour-là, j’ai davantage apprécié son gâteau au chocolat. Chose plus importante, j’ai appris que l’ingrédient secret était la combinaison de l’amour qu’elle éprouvait pour les personnes qu’elle servait et du sacrifice désintéressé qu’elle faisait pour nous.

Quand je repense au gâteau de Victoria, cela m’aide à me souvenir du sacrifice désintéressé évoqué dans la leçon intemporelle du Seigneur à ses disciples alors qu’il se rendait au trésor du temple. Vous connaissez l’histoire. James E. Talmage a enseigné qu’il y avait treize coffres. Il poursuit : « et c’est là que le peuple déposait ses contributions pour les divers objectifs indiqués par les inscriptions sur les boîtes ». Jésus observait les files de donateurs, composées de différents types de personnes. Certains faisaient leurs offrandes avec « une sincérité d’intention évidente » tandis que d’autres jetaient « de grandes sommes d’argent et d’or » espérant être vus, remarqués, félicités.

« Parmi la foule se trouvait une pauvre veuve, qui […] laissa tomber dans un des coffres du trésor deux petites pièces de bronze appelées oboles ; sa contribution se montait à moins d’un demi-cent en monnaie américaine. Le Seigneur appela ses disciples autour de lui, attira leur attention sur la pauvre veuve et son geste, et dit : ‘Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus qu’aucun de ceux qui ont mis dans le tronc ; car tous ont mis de leur superflu, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre’ [Marc 12:43-443]. »

La veuve ne semblait pas détenir un poste en vue dans la société de son époque. Elle détenait par contre quelque chose de plus important : ses intentions étaient pures et elle donnait tout ce qu’elle avait. Peut-être donnait-elle moins que les autres, plus discrètement que les autres, différemment des autres. Aux yeux de certains, son offrande était insignifiante mais, aux yeux du Sauveur, celui qui « discerne les pensées et les intentions du cœur4 », elle se donnait entièrement.

Sœurs, nous donnons-nous entièrement au Seigneur, sans réserve ? Sacrifions-nous notre temps et nos talents afin que la génération montante apprenne à aimer le Seigneur et à respecter ses commandements ? Servons-nous notre entourage et les personnes qui nous ont été attribuées avec soin et diligence, en sacrifiant du temps et de l’énergie qui pourraient être employés autrement ? Respectons-nous les deux grands commandements : aimer Dieu et aimer ses enfants5 ? Cet amour se manifeste souvent sous forme de service.

Dallin H. Oaks a enseigné : « Notre Sauveur a fait le don de soi en servant de manière désintéressée. Il a enseigné que nous devons tous le suivre en renonçant à tout intérêt égoïste pour servir autrui. »

Il a poursuivi :

« Un exemple bien connu de personnes qui se perdent au service d’autrui […] est le sacrifice que les parents font pour leurs enfants. Les mères souffrent et renoncent à leurs priorités et leur confort personnels pour porter et élever chaque enfant. Les pères modifient leur vie et leurs priorités pour subvenir aux besoins d’une famille. […]

« […] Nous nous réjouissons aussi de ceux qui s’occupent des membres handicapés de leur famille et de leurs parents âgés. Aucun de ceux qui rendent ces services ne demande : Qu’est-ce que cela va me rapporter ? Il faut pour tout cela mettre son confort personnel de côté pour rendre un service désintéressé. […]

« Tout cela illustre le principe éternel selon lequel nous sommes plus heureux et plus épanouis quand nous agissons et servons pour ce que nous donnons, non pour ce que nous en retirons.

« Notre Sauveur nous enseigne à le suivre en faisant les sacrifices nécessaires pour nous perdre au service désintéressé d’autrui6. »

Le président Monson a enseigné : « Quand nous serons face à notre Créateur, peut-être ne nous demandera-t-on pas : ‘Combien de postes as-tu détenus ?’ mais : ‘Combien de gens as-tu aidés ?’ En réalité, on ne peut jamais aimer le Seigneur sans le servir en servant son peuple7. »

En d’autres termes, sœurs, cela n’importera pas que nous ayons été assises sur les fauteuils confortables ou que nous ayons enduré la réunion sur une chaise pliante rouillée au dernier rang. Cela n’importera même pas que nous ayons dû sortir dans le couloir pour consoler un bébé en pleurs. Ce qui importera, ce sera le désir de servir avec lequel nous sommes venues, l’attention et l’accueil joyeux que nous avons réservés aux personnes que nous servons, la main de l’amitié que nous avons tendue à celles qui étaient dans notre rangée de chaises pliantes bien que nous n’ayons pas été appelées à les servir. Et ce qui importera surtout c’est que nous fassions tout avec l’ingrédient spécial du service associé à l’amour et au sacrifice.

J’ai appris qu’il n’est pas nécessaire de faire un gâteau au chocolat pour être une instructrice de la Primaire dévouée ou compétente parce que ce n’était pas le gâteau qui comptait. C’était l’amour qu’il exprimait.

Je témoigne que cet amour est sanctifié par le sacrifice, le sacrifice d’une instructrice mais, plus encore le sacrifice suprême et éternel du Fils de Dieu. Je témoigne qu’il vit ! Je l’aime et je désire renoncer à mes désirs égoïstes afin d’aimer et de servir comme il le fait. Au nom de Jésus-Christ. Amen.