Ne soyez pas troublés
    Notes de bas de page

    Ne soyez pas troublés

    Prenez courage, frères et sœurs. Oui, nous vivons en des temps difficiles mais, en restant sur le chemin des alliances, nous n’avons rien à craindre.

    J’ajoute mon témoignage aux messages qu’ont donnés il y a quelques instants le président Nelson et frère Cook concernant l’harmonie et l’unanimité au sein du conseil de la Première Présidence et du collège des douze apôtres. Je sais que ces annonces inspirées sont les pensées et la volonté du Seigneur et seront une bénédiction et une force pour les personnes, les familles et l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours pendant des générations.

    Il y a plusieurs années, l’une de nos filles qui venait de se marier et son mari, ont posé à sœur Rasband et moi une question très importante et aux grandes implications : « Est-il toujours avisé et sage de donner la vie à des enfants dans le monde méchant et effrayant dans lequel nous vivons ? »

    C’est une question importante et dont les parents doivent discuter avec leurs enfants mariés. Nous pouvions entendre et sentir la crainte dans leur voix et leur cœur. Nous avons répondu catégoriquement « Oui, sans l’ombre d’un doute », tout en leur donnant les enseignements de base de l’Église, nos impressions profondes et notre vécu.

    La peur n’est pas un sentiment nouveau. Lorsqu’ils étaient sur la mer de Galilée, au cours d’une nuit noire, les disciples de Jésus-Christ ont eu peur du « vent et des vagues »1. Nous, les disciples d’aujourd’hui, avons aussi des peurs. Nos adultes seuls craignent de prendre des engagements comme le mariage. Les jeunes mariés, comme nos enfants, peuvent redouter de donner la vie à des enfants dans un monde de plus en plus méchant. Les missionnaires craignent beaucoup de choses, notamment d’aborder des inconnus. Les veuves craignent de continuer seules. Les adolescents ont peur de ne pas être acceptés, les enfants de l’école primaire appréhendent le jour de la rentrée, les étudiants redoutent les résultats d’un examen. Nous avons peur de l’échec, du rejet, de la déception et de l’inconnu. Nous avons peur des ouragans, des tremblements de terre et des incendies qui dévastent le pays et notre vie. Nous avons peur de ne pas être choisis ou, au contraire, d’être choisis. Nous avons peur de ne pas être à la hauteur ; nous avons peur que le Seigneur n’ait pas de bénédictions pour nous. Nous avons peur du changement, et nos craintes peuvent se transformer en terreur. Ai-je inclus tout le monde ?

    Depuis les temps anciens, la peur limite la perspective des enfants de Dieu. J’ai toujours aimé l’histoire d’Élisée dans le deuxième livre des Rois. Le roi de Syrie avait envoyé des soldats qui « arrivèrent de nuit et qui enveloppèrent la ville2 ». Ils avaient l’intention de capturer et de tuer le prophète Élisée. Il est dit :

    « Le serviteur de l’homme de Dieu se leva de bon matin et sortit ; et voici, une troupe entourait la ville, avec des chevaux et des chars. Et le serviteur dit à l’homme de Dieu : Ah ! mon seigneur, comment ferons-nous3 ? »

    C’était la peur qui parlait.

    « [Élisée] répondit : Ne crains point, car ceux qui sont avec nous sont en plus grand nombre que ceux qui sont avec eux4. »

    Mais il n’en est pas resté là.

    « Élisée pria, et dit : Éternel, ouvre ses yeux, pour qu’il voie. Et l’Éternel ouvrit les yeux du serviteur, qui vit la montagne pleine de chevaux et de chars de feu autour d’Élisée5. »

    Il n’y aura pas forcément des chars de feu envoyés pour dissiper nos craintes et vaincre nos démons, mais la leçon est claire. Le Seigneur est avec nous, se soucie de nous et nous bénit de manières dont lui seul est capable. La prière nous permet de recevoir la force et la révélation nécessaires pour centrer nos pensées sur Jésus-Christ et son sacrifice expiatoire. Le Seigneur savait qu’il nous arriverait d’avoir peur. Cela m’est arrivé et à vous aussi. C’est pourquoi ce conseil du Seigneur revient souvent dans les Écritures :

    « Prenez courage et ne craignez pas6. »

    « Tournez-vous vers moi dans chacune de vos pensées ; ne doutez pas, ne craignez pas7. »

    « Ne craignez […] pas, petit troupeau8. » J’aime la tendresse de l’expression « petit troupeau ». Dans cette Église, nous sommes peut-être peu nombreux selon la manière du monde de mesurer l’influence mais, lorsque nous ouvrons nos yeux spirituels, « ceux qui sont avec nous sont en plus grand nombre que ceux qui sont avec eux9 ». Notre berger bien-aimé, Jésus-Christ, poursuit : « Laissez la terre et l’enfer s’unir contre vous, car si vous êtes bâtis sur mon roc, ils ne peuvent vaincre10. »

    Comment dissipe-t-on la peur ? En ce qui concerne le jeune serviteur, il se tenait aux côtés d’Élisée, un prophète de Dieu. Vous avez cette même promesse. Lorsque nous écoutons le président Nelson, lorsque nous prêtons attention à ses conseils, nous nous tenons aux côtés d’un prophète de Dieu. Souvenez-vous des paroles de Joseph Smith : « Et maintenant, après les nombreux témoignages qui ont été rendus de lui, voici le témoignage, le dernier de tous, que nous rendons de lui : qu’il vit11 ! » Jésus-Christ vit. Notre amour pour lui et pour son Évangile dissipe la crainte.

    Notre désir d’avoir « toujours son Esprit12 » avec nous éliminera la peur et nous permettra d’obtenir une vision plus éternelle de notre vie sur terre. Le président Nelson a fait cette mise en garde : « Dans les jours à venir, il ne sera pas possible de survivre spirituellement sans l’influence directrice, réconfortante et constante du Saint-Esprit13. »

    Le Seigneur a dit concernant les fléaux qui s’abattront sur la terre et endurciront le cœur de beaucoup : « Mes disciples se tiendront en des lieux saints et ne seront pas ébranlés14. »

    Il a donné ensuite ce conseil : « Ne soyez pas troublés, car lorsque tout cela arrivera, vous saurez que les promesses qui vous ont été faites s’accompliront15. »

    Tenez-vous en des lieux saints, ne soyez pas troublés et les promesses s’accompliront. Examinons chacun de ces éléments en relation avec nos craintes.

    Premièrement, tenez-vous en des lieux saints. Lorsque nous nous tenons en des lieux saints (nos foyers où règne la justice, nos églises et les temples consacrés), nous sentons que l’Esprit du Seigneur est avec nous. Nous trouvons des réponses aux questions qui nous troublent ou la paix pour simplement les mettre de côté. C’est l’Esprit qui agit. Ces lieux sacrés dans le royaume de Dieu sur la terre font appel à notre révérence, à notre respect pour les autres, au meilleur de nous-mêmes pour vivre l’Évangile et à notre espoir pour mettre de côté nos craintes et rechercher le pouvoir guérisseur de Jésus-Christ par son expiation.

    Il n’y a pas de place pour la peur dans ces lieux saints de Dieu ou dans le cœur de ses enfants. Comment est-ce possible ? Du fait de l’amour. Dieu nous aime, toujours, et nous l’aimons. Notre amour pour Dieu éloigne toutes les craintes, et son amour abonde dans les lieux saints. Pensez-y. Lorsque nous sommes indécis dans notre engagement envers le Seigneur, lorsque nous nous éloignons de son chemin qui conduit à la vie éternelle, lorsque nous remettons en question ou mettons en doute notre importance dans son plan divin, lorsque nous permettons à la peur d’ouvrir la porte à tous les sentiments qui l’accompagnent (le découragement, la colère, la frustration, la déception), l’Esprit nous quitte et nous sommes sans le Seigneur. Si vous avez connu cela, vous savez qu’il n’est pas bon de se trouver là. En revanche, lorsque nous nous tenons en des lieux saints, nous pouvons ressentir l’amour de Dieu, et « l’amour parfait bannit toute crainte16 ».

    La promesse suivante est : « Ne soyez pas troublés17. » Quel que soit le niveau de méchanceté et de chaos qui remplit la terre, nous avons la promesse que, par notre fidélité quotidienne à Jésus-Christ, nous aurons « la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence18 ». Et lorsque le Christ viendra dans toute sa puissance et sa gloire, le mal, la rébellion et l’injustice prendront fin.

    Il y a longtemps, l’apôtre Paul prophétisant sur notre époque, a dit au jeune Timothée :

    « Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles.

    « Car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, […]

    « […] aimant le plaisir plus que Dieu19. »

    Souvenez-vous que « ceux qui sont avec nous » des deux côtés du voile, ceux qui aiment le Seigneur de tout leur cœur, de tout leur pouvoir, de tout leur esprit et de toutes leurs forces « sont en plus grand nombre que ceux qui sont avec eux20 ». Si nous faisons totalement confiance au Seigneur et à ses voies, si nous sommes engagés dans son œuvre, nous ne craindrons pas les pratiques du monde et ne serons pas troublés. Je vous supplie de mettre de côté les influences et les pressions du monde et de rechercher la spiritualité quotidiennement. Aimez ce que le Seigneur aime, c’est-à-dire ses commandements, sa sainte maison, les alliances sacrées que nous avons contractées avec lui, la Sainte-Cène chaque jour de sabbat, la communication avec lui par la prière, et vous ne serez pas troublés.

    Le dernier point est : faites confiance au Seigneur et à ses promesses. Je sais que toutes ses promesses s’accompliront. Je le sais aussi clairement que je sais que je me tiens devant vous dans cette réunion sacrée.

    Le Seigneur a révélé : « Car ceux qui sont sages, ont reçu la vérité, ont pris l’Esprit-Saint pour guide, et n’ont pas été trompés, en vérité, je vous le dis, ils ne seront pas abattus ni jetés au feu, mais supporteront le jour21. »

    C’est la raison pour laquelle nous ne devons pas être troublés par les bouleversements actuels, par les personnes qui se trouvent dans le grand et spacieux édifice, par celles qui se moquent des efforts honnêtes et du service consacré au Seigneur Jésus-Christ. L’optimisme, le courage et même la charité viennent d’un cœur qui n’est pas accablé par les difficultés et le tumulte. Le président Nelson, qui est « optimiste pour l’avenir », nous a rappelé : « Pour avoir le moindre espoir de faire le tri parmi les myriades de voix et les philosophies des hommes qui attaquent la vérité, nous devons apprendre à recevoir la révélation22. »

    Pour recevoir la révélation personnelle, nous devons en priorité vivre l’Évangile et encourager la fidélité et la spiritualité chez les autres et en nous-mêmes.

    Spencer W. Kimball était l’un des prophètes de ma jeunesse. Ces dernières années, après mon appel à l’apostolat, j’ai puisé de la paix dans la lecture de son premier message, qu’il a donné à la conférence générale d’octobre 1943. Il se sentait écrasé par son appel ; je sais ce que c’est. Il a dit : « J’ai beaucoup réfléchi et prié, jeûné et prié. Des pensées contradictoires ont déferlé dans mon esprit, qui semblaient dire : ‘Tu ne peux pas y arriver. Tu n’es pas digne. Tu n’en as pas la capacité’ et, toujours, finissait par arriver la pensée triomphante : ‘Tu dois faire le travail qui t’est demandé, tu dois t’en rendre capable, digne et te qualifier’. Et le combat continuait de faire rage23. »

    Je puise du courage dans ce témoignage pur de cet apôtre qui allait devenir le douzième président de cette grande Église. Il reconnaissait qu’il devait oublier ses craintes pour « faire le travail […] demandé » et qu’il devait se reposer sur le Seigneur pour avoir la force de se « rendre capable, digne et [se] qualifier ». Nous pouvons faire la même chose. Les combats continueront de faire rage, mais nous les affronterons avec l’Esprit du Seigneur. Nous ne serons pas troublés parce que, lorsque nous sommes aux côtés du Seigneur et défendons ses principes et son plan éternel, nous nous tenons en un lieu saint.

    Qu’est-il advenu de ma fille et de mon gendre qui, il y a des années, ont posé une question sincère, pénétrante et empreinte d’appréhension ? Ils ont réfléchi sérieusement à notre conversation de ce soir-là ; ils ont prié, jeûné et tiré leurs propres conclusions. Heureusement pour eux et pour nous, les grands-parents, ils ont la bénédiction d’avoir sept magnifiques enfants tout en continuant d’avancer avec foi et avec amour.

    Sept des petits-enfants de frère et sœur Rasband

    Prenez courage, frères et sœurs. Oui, nous vivons en des temps difficiles mais, en restant sur le chemin des alliances, nous n’avons rien à craindre. Je vous donne ma bénédiction : si vous faites cela, vous ne serez pas troublés par les temps dans lesquels nous vivons ou les difficultés qui se présentent sur votre chemin. Je vous bénis pour que vous choisissiez de vous tenir en des lieux saints et que vous ne soyez pas ébranlés. Je vous bénis pour que vous croyiez aux promesses de Jésus-Christ, qu’il vit, veille sur nous, prend soin de nous et nous soutient. Au nom de notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ. Amen.