Le pouvoir de la prêtrise

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    Le pouvoir de la prêtrise


    En fait, la prêtrise n’est pas tant un don que la mission de servir, le droit d’encourager, et la possibilité de faire du bien à autrui. 


    Mes frères de la prêtrise, assemblés ici et dans le monde entier, je suis impressionné par la responsabilité de vous adresser quelques propos. Je prie pour que l’Esprit du Seigneur m’y aide. 


    Certains d’entre vous sont diacres, d’autres sont instructeurs ou prêtres, tous des offices de la Prêtrise d’Aaron. Beaucoup d’entre vous sont anciens, soixante-dix ou grands-prêtres. On attend beaucoup de chacun de nous. 


    Dans une proclamation de la Première Présidence et du conseil des douze apôtres publiée le 6 avril 1980, figuraient ce témoignage et cette vérité: 


    «Nous affirmons solennellement que l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours est effectivement le rétablissement de l’Eglise établie par le Fils de Dieu, quand, dans la condition mortelle, il a organisé son oeuvre sur la terre; qu’elle porte son nom sacré, Jésus-Christ; qu’elle est édifiée sur un fondement d’apôtres et de prophètes, et qu’il en est la pierre d’angle principale; que sa prêtrise, dans les ordres d’Aaron et de Melchisédek, a été rétablie par ceux qui la détenaient autrefois: Jean-Baptiste, pour la Prêtrise d’Aaron, Pierre, Jacques et Jean pour la Prêtrise de Melchisédek1.» 


    Le 6 octobre 1889; George Q. Cannon, de la Première Présidence, a lancé cet appel:


    «Je veux que le pouvoir de la prêtrise soit renforcé.… Je veux voir cette force et ce pouvoir se répandre à travers tout le groupe de la prêtrise, depuis les plus hauts dirigeants jusqu’au plus humble diacre de l’Eglise. Chaque homme devrait rechercher et recevoir les révélations de Dieu, la lumière des cieux pour éclairer son âme et lui donner de la connaissance quant à ses devoirs concernant la portion de l’oeuvre de Dieu qui lui échoit dans la prêtrise2.» 


    Le Seigneur lui-même a résumé notre responsabilité quand, dans une révélation sur la prêtrise, il a lancé cette exhortation: «C’est pourquoi, que chaque homme s’instruise de son devoir et apprenne à remplir l’office auquel il est désigné, et ce, en toute diligence3.»


    Mes frères de la Prêtrise d’Aaron, que vous soyez diacres, instructeurs ou prêtres, apprenez votre devoir. Mes frères de la Prêtrise de Melchisédek, apprenez votre devoir. 


    Il y a des années, alors que notre fils cadet, Clark, approchait de son douzième anniversaire, je quittais avec lui le bâtiment administratif de l’Eglise quand Harold B. Lee, alors président de l’Eglise, nous a salués. J’ai dit au président Lee que Clark allait bientôt avoir douze ans. Sur quoi le président Lee lui a demandé: «Clark, qu’est-ce qui va t’arriver quand tu auras douze ans?» Dans une telle occasion un père prie pour que son fils soit inspiré et donne la bonne réponse. Sans hésitation, Clark a répondu au président Lee: «Je serai ordonné diacre.» 


    C’était la réponse qu’attendait le président Lee. Il a alors donné ce conseil à notre fils: «Rappelle-toi que c’est une grande bénédiction que de détenir la prêtrise.» 


    J’espère de toute mon âme que chaque jeune homme qui reçoit la prêtrise l’honorera et sera fidèle à la confiance qui lui est témoignée lors de l’ordination.


    Il y a quarante-quatre ans, j’ai entendu William J. Critchlow, fils, alors président du pieu d’Ogden sud, s’adresser aux frères à la session générale de la prêtrise de la conférence et leur raconter une histoire sur la confiance, l’honneur et le devoir. Je vais vous la raconter. La leçon simple qu’elle contient s’applique à nous aujourd’hui, comme elle s’appliquait aux frères de l’époque.


    «Rupert, au bord de la route, regardait une foule de gens qui se hâtaient. Au bout d’un moment, il a reconnu un ami. ‹Où allez-vous donc tous, aussi vite?› a-t-il demandé. 


    «L’ami s’est arrêté, puis a demandé: ‹Tu ne sais donc pas?›


    «‹Sais pas quoi?› a répondu Rupert.


    «‹Voilà, a repris l’ami, le roi a perdu son émeraude royale. Hier il assistait à un mariage de nobles. Il portait l’émeraude sur une fine chaîne d’or autour du cou. L’émeraude a dû se détacher de la chaîne. Tout le monde la cherche, car le roi a offert une récompense à quiconque la trouvera. Viens. Il faut nous dépêcher.› 


    «‹Mais je ne peux pas y aller sans demander à grand-mère›, bredouilla Rupert.


    «‹Je ne peux pas attendre. Je veux trouver l’émeraude›, répliqua son ami. 


    Ruppert se précipita vers la cabane, à l’orée des bois pour demander la permission de sa grand-mère. ‹Si je pouvais la retrouver, nous pourrions quitter cette cabane humide et nous acheter un terrain sur le flanc de la colline›, dit-il, pour convaincre sa grand-mère.


    «Mais la grand-mère fit non de la tête et demanda: ‹Que deviendraient les moutons? Ils s’énervent dans la bergerie. Ils attendent qu’on les conduise à la pâture. S’il te plaît, n’oublie pas de les conduire au point d’eau quand le soleil sera haut dans le ciel.› 


    «Dépité, Rupert conduisit les moutons à la pâture, et à midi il les conduisit au ruisseau dans les bois. Là, il s’assit sur une grosse pierre près de l’eau, et se dit: ‹Si seulement j’avais la chance de chercher l’émeraude du roi.› Comme il tournait la tête vers le fond sablonneux du ruisseau, son regard fut soudain attiré par quelque chose. Qu’était-ce? Cela ne se pouvait pas! Il sauta dans l’eau, et, de ses doigts avides, il en sortit quelque chose de vert, avec un fin morceau de chaîne en or. ‹L’émeraude du roi! s’exclama-t-il. Elle a dû se détacher de la chaîne quand le roi, à cheval, a franchi au galop le pont sur le ruisseau, et le courant l’a emporté ici.› 


    «Les yeux brillants, Rupert courut à la cabane de sa grand-mère pour lui annoncer sa trouvaille. ‹Je suis content pour toi, mon garçon, lui dit-elle, mais tu ne l’aurais jamais trouvée si tu n’avais pas fait ton devoir et n’avais pas gardé les moutons.› Ruppert reconnut que c’était la vérité4.» 


    La leçon de cette histoire est énoncée dans ces deux vers bien connus: «Fais ton devoir; fais pour le mieux. Laisse le reste à Dieu.» 


    S’il y en a parmi vous qui croient être trop faibles pour changer le cours favorable ou défavorable de leur vie, ou qui n’arrivent pas à prendre la résolution de faire mieux à cause de la plus grande des peurs, la peur d’échouer, ils ne sauraient trouver d’assurance plus réconfortante que celle qu’apportent ces paroles du Seigneur: «Ma grâce suffit à tous les hommes qui s’humilient devant moi; car s’ils s’humilient devant moi, et ont foi en moi, alors je rendrai fortes pour eux les choses qui sont faibles5.» 


    Les miracles se manifestent partout, quand les détenteurs de la prêtrise magnifient leur appel. Quand la foi remplace le doute, quand le service désintéressé remplace les entreprises égoïstes, la puissance de Dieu réalise ses desseins. 


    En fait, la prêtrise n’est pas tant un don que la mission de servir, le droit d’encourager, et la possibilité de faire du bien à autrui. 


    Mes frères, nous avons vis-à-vis des jeunes gens de la Prêtrise d’Aaron la responsabilité non seulement de leur donner des occasions d’apprendre mais également de leur donner des exemples dignes d’être suivis.


    Ceux d’entre nous qui détiennent la Prêtrise de Melchisédek ont le privilège constant de magnifier leur appel. Nous sommes des bergers qui veillent sur Israël. Les brebis affamées, lèvent les yeux vers nous, prêtes à recevoir le pain de vie. Sommes-nous préparés à paître le troupeau de Dieu? Il est impératif que nous soyons conscients de la valeur d’une âme humaine, que nous n’abandonnions jamais l’un de ses fils précieux. 


    Je vais vous lire une lettre d’un jeune homme empreinte d’amour et qui a contribué à affermir un témoignage de l’Evangile: 


    «Cher Président Monson,


    «Merci de nous avoir adressé un discours lors du jamboree national qui a eu lieu à Fort A. P. Hill, en Virginie. Pendant notre voyage, nous avons vu beaucoup de lieux célèbres comme les chutes du Niagara, la statue de la Liberté, la cloche de la Liberté, etc. Celui que j’ai préféré est le Bosquet sacré. Nos parents nous avaient écrit à tous des lettres à lire personnellement quand nous y serions. Après avoir lu la lettre de mes parents, je me suis agenouillé et j’ai fait une prière. J’ai demandé si l’Eglise était bien vraie et si Joseph Smith avait bien eu une vision et était vraiment un prophète de Dieu, et aussi si le président Hinckley est vraiment un prophète de Dieu. Dès que j’ai eu fini de prier, j’ai senti l’Esprit qui m’a assuré que tout est vrai. J’avais déjà prié pour la même chose auparavant, mais je n’avais jamais reçu de réponse aussi forte. Il ne m’était pas possible de nier que l’Eglise est vrai ni que le président Hinckley est un prophète de Dieu. 


    «Je suis béni d’être membre de l’Eglise. Merci encore d’avoir assisté au jamboree.


    «Salutations respectueuses,


    «Chad D. Olson


    «P.S.: Nous avons donné un exemplaire du Livre de Mormon avec notre témoignage à notre guide et au conducteur de bus. Ils sont supers! Je veux être missionnaire.» 


    Comme Joseph Smith, le jeune homme s’était retiré dans un bosquet sacré et avait prié pour obtenir la réponse à des questions que se posait son esprit curieux. Une fois de plus, une prière a été exaucée et la confirmation de la vérité a été obtenue.


    Il y a beaucoup de membres non pratiquants qui errent dans le désert du doute ou qui n’arrivent pas à sortir du marécage du péché. L’un d’eux a écrit: 


    «J’ai peur d’être seul. L’Evangile n’a jamais quitté mon coeur, bien qu’il ait quitté ma vie. Je vous demande de prier pour moi. Je serais heureux de manger les miettes qui tombent de la table du plus humble des membres de l’Eglise, parce qu’il a plus que moi à présent. Je pensais que les postes et les responsabilités étaient importants dans l’Eglise, mais à présent je sais que je me trompais sur toute la ligne. Ce qui compte, c’est d’être membre, le pouvoir de la prêtrise, la paternité et le service. Je sais ce que je dois faire pour retourner à l’Eglise, mais parfois je pense que j’ai besoin de quelqu’un pour me montrer la voie, pour m’encourager, pour m’ôter ma peur et me rendre témoignage. Je croyais que l’Eglise s’était égarée, alors que c’était moi. 


    L’appel du devoir peut se manifester discrètement lorsque nous, les détenteurs de la prêtrise, nous nous acquittons des tâches que nous recevons. George Albert Smith, ce dirigeant modeste mais efficace, a déclaré: «Votre devoir est premièrement d’apprendre tout ce que le Seigneur veut que vous sachiez, puis, par le pouvoir et la puissance de [votre] sainte prêtrise, de magnifier votre appel en présence de vos semblables de telle manière que les gens soient heureux de vous suivre6.» 


    Que signifie magnifier un appel? Cela signifie lui conférer plus de dignité et d’importance, le rendre honorable et recommandable aux yeux de tous les hommes, le faire grandir et le renforcer pour que la lumière des cieux s’y manifeste à la vue des autres hommes. Et comment magnifie-t-on un appel? Tout simplement en accomplissant le service qui s’y attache. Un ancien magnifie l’appel d’ancien en apprenant quels sont ses devoirs d’ancien et en s’en acquittant. Il en est de même du diacre, de l’instructeur, du prêtre, de l’évêque et de tout détenteur d’un office de la prêtrise. 


    Comme vous vous en souvenez, Paul, aussi connu sous le nom de Saul, se rendait à Damas pour y persécuter les chrétiens. Comme il s’approchait de cette ville, une lumière éclatante l’entoura et il tomba à terre, stupéfait, et il entendit une voix dire: «Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu?» Saul demanda alors: «Qui es-tu, Seigneur?» La voix reprit: «Je suis Jésus.» 


    Saul, repentant, demanda: «Seigneur, que veux-tu que je fasse?» Après avoir reçu la réponse du Seigneur, Saul le persécuteur devint Paul le convertisseur, et entreprit sa grande oeuvre missionnaire7. 


    Mes frères, c’est en agissant, pas seulement en rêvant, qu’on fait du bien aux autres, qu’on les guide, qu’on sauve des âmes. Jacques a dit aussi: «Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter, en vous trompant vous-mêmes8.» 


    Puissions-nous tous, nous qui sommes assemblés ce soir dans cette réunion de la prêtrise, faire un effort renouvelé pour mériter d’être guidés par le Seigneur. Il y a beaucoup de gens qui prient pour recevoir de l’aide. Il y en a qui sont découragés, qui souffrent d’ennuis de santé et des difficultés de la vie qui les désespèrent.


    J’ai toujours cru en ces paroles: «Les plus grandes bénédictions de Dieu sont toujours transmises par des mains qui le servent ici-bas9.» Que nos mains soient prêtes, que nos mains soient pures, que nos mains soient serviables, afin que nous puissions contribuer à fournir aux autres ce que notre Père céleste veut qu’ils reçoivent. 


    Pour conclure, je vais vous raconter une expérience personnelle. Un ami très cher semblait avoir plus de difficultés et de découragements qu’il ne pouvait en supporter. Pour finir, il s’est retrouvé à l’hôpital, atteint d’une maladie en phase terminale. Je ne savais pas qu’il s’y trouvait. 


    Soeur Monson et moi sommes allés à ce même hôpital pour rendre visite à une autre personne qui était très malade. Comme nous en ressortions et que nous nous dirigions vers notre voiture, j’ai eu l’impression claire que je devais retourner et demander si Hyrum Adams y était hospitalisé. Des années auparavant j’avais appris à ne jamais tarder à suivre une inspiration du Seigneur. A la réception, on m’a confirmé qu’Hyrum était effectivement hospitalisé. 


    Nous nous sommes rendus à sa chambre, avons frappé à la porte et l’avons ouverte. Nous ne nous attendions pas à ce que nous avons trouvé. Il y avait des grappes de ballons de baudruche partout. Au mur, bien en vue, s’étalait une grande affiche annonçant: Joyeux Anniversaire. Hyrum était assis dans son lit d’hôpital, entouré de sa famille. Quand il nous a vus, il a dit: «Frère Monson, comment avez-vous donc su que c’était mon anniversaire?» J’ai éludé la question d’un sourire. 


    Les détenteurs de la Prêtrise de Melchisédek qui se trouvaient dans la chambre ont entouré Hyrum, leur père, et mon ami, et lui ont donné une bénédiction de la prêtrise.


    Nous avons versé des larmes, échangé des sourires de gratitude et des embrassades, puis je me suis penché vers Hyrum et je lui ai dit à voix basse: «Hyrum, souvenez-vous de ces paroles du Seigneur. Elles vous soutiendront. Il a promis: «Je ne vous laisserai pas orphelins. Je viendrai à vous10.» 


    Puisse chacun de nous être toujours au service du Seigneur et ainsi avoir droit à son aide. Au nom de Jésus-Christ. Amen. 9