L’aboutissement des siècles

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    L’aboutissement des siècles


    Puisse Dieu nous accorder la bénédiction d’être conscients de notre place dans l’histoire et de notre devoir de marcher la tête haute et d’avancer avec résolution d’une manière digne des saints du Très-Haut.


    Qu’il est passionnant et merveilleux de franchir le seuil d’un nouveau siècle! Ce sera bientôt notre cas. C’est encore plus passionnant de passer de ce millénaire qui touche à sa fin à un autre. L’attente de cet événement historique, grand et solennel m’enthousiasme.


    Il n’y a que deux mille ans, le Sauveur était ici-bas. Le fait que le calendrier utilisé dans la majeure partie du monde situe sa naissance au midi des temps est une manière admirable de reconnaître sa place dans l’histoire. Tout ce qui l’a précédée est compté avant cette date. Tout ce qui est arrivé après est daté à partir d’elle.


    Chaque fois que quelqu’un utilise une date, il fait mention, consciemment ou inconsciemment, de la venue du Fils de Dieu ici-bas. Le monde a choisi sa naissance comme le point central des siècles, le midi des temps reconnu sur toute la terre. Lorsque nous citons une date, nous n’y faisons pas attention. Mais si nous réfléchissons un peu, nous devons prendre conscience du fait qu’il est le personnage suprême de toute l’histoire du monde, sur qui est basé notre système de mesure du temps.


    Pendant les siècles qui l’ont précédé, on a prophétisé sa venue ici-bas. Esaïe a déclaré: «Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule; on l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix» (Esaïe 9:6).


    Plus d’un siècle avant la naissance du Sauveur, le roi Benjamin a dit à son peuple:


    «Car voici, le temps vient, et n’est pas très éloigné, où le Seigneur omnipotent qui règne, qui était et est de toute éternité, descendra du ciel avec puissance parmi les enfants des hommes, et demeurera dans un tabernacle d’argile, et s’en ira parmi les hommes, accomplissant de grands miracles, tels que guérir les malades, ressusciter les morts, faire marcher les boiteux, rendre la vue aux aveugles et l’ouïe aux sourds, et guérir toutes sortes de maladies … 


    «Et il sera appelé Jésus-Christ, le Fils de Dieu, le Père du ciel et de la terre, le Créateur de tout depuis le commencement; et sa mère sera appelée Marie» (Mosiah 3:5, 8).


    Il n’est guère étonnant que les anges aient chanté à sa naissance et que des mages soient venus de loin pour lui rendre hommage.


    Il est le seul homme parfait qui ait vécu ici-bas. Il a accompli la loi de Moïse et a apporté une loi d’amour nouvelle ici-bas.


    Sa mère était mortelle et c’est elle qui lui a transmis les attributs de la condition mortelle. Son Père était immortel. Il était le grand Dieu de tout l’univers, et c’est de lui qu’il a reçu sa nature divine.


    Il a manifesté admirablement son amour en mourant et en donnant sa vie en sacrifice pour tout le genre humain. Cette expiation qui lui a coûté une souffrance ineffable, est devenue le plus grand événement de l’histoire, un acte de grâce pour lequel les hommes n’ont rien donné mais qui a apporté l’assurance de la résurrection à tous ceux qui étaient venus ou qui devaient venir ici-bas.


    Aucun autre acte de l’histoire humaine ne lui est comparable. Rien d’autre ne s’est produit de semblable. D’un altruisme parfait et empreint d’un amour infini pour tous les humains, c’est devenu un acte de miséricorde sans équivalent pour toute l’humanité.


    Ensuite, au matin de la première Pâque, la Résurrection a été la déclaration triomphale de l’immortalité. Paul a pu dire fort justement: «Comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ» (1 Corinthiens 15:22). Non seulement il a accordé à tous la bénédiction de la résurrection, mais il a ouvert la voie de la vie éternelle à tous ceux qui observent ses enseignements et ses commandements.


    Il a été et est la grande figure centrale de l’histoire humaine et domine les hommes de toutes les époques.


    Avant sa mort, il avait ordonné ses apôtres. Ils ont poursuivi son œuvre pendant quelque temps. Son Eglise a été établie.


    Les siècles s’écoulèrent. Un brouillard de ténèbres tomba sur la terre. Esaïe l’a décrit en ces termes: «Voici, les ténèbres couvrent la terre, et l’obscurité les peuples» (Esaïe 60:2).


    Ce fut une période de pillage et de souffrances marquée par de longs conflits sanglants. Charlemagne fut couronné empereur d’Occident en l’an 800.


    Ce fut une époque de désespoir, avec des maîtres et des serfs.


    Le premier millénaire prit fin, puis le deuxième commença. Ses premiers siècles furent dans la continuité du précédent: une époque remplie de peurs et de souffrances. La grande peste du 14e siècle se déclara en Asie, apportant la mort. Elle se répandit en Europe, puis en Angleterre. La mort subite frappait partout où elle sévissait. Boccace parla ainsi de ses victimes: «Les gens déjeunaient avec leurs amis et prenaient le dîner avec leurs ancêtres dans l’autre monde1.» Elle frappait les gens de terreur. En cinq ans, elle emporta 25 millions de personnes, soit le tiers de la population d’Europe.


    Elle refit périodiquement son apparition, sombre et macabre, frappant partout sans discrimination. Pourtant, cela fut aussi une période de lumière croissante. Au fils des années, l’aube d’un jour nouveau commença à poindre sur la terre. Ce fut la Renaissance, avec l’essor des arts, de l’architecture et de la littérature.


    Des réformateurs s’efforcèrent de changer l’Eglise, notamment des hommes comme Luther, Melanchton, Hus, Zwingli et Tyndale, hommes d’un grand courage, dont certains subirent une mort cruelle en raison de leur foi. Le protestantisme naquit de cette quête de réforme. Lorsque cette réforme ne s’accomplissait pas, les réformateurs fondaient leurs propres Eglises. Ils le faisaient sans l’autorité de la prêtrise. Leur seul désir était de trouver une manière d’adorer Dieu comme ils pensaient devoir le faire.


    Pendant que ce ferment opérait d’un bout à l’autre de la chrétienté, des forces politiques étaient également à l’œuvre. Ensuite survint la Guerre d’Indépendance américaine, qui donna naissance à une nation dont la constitution déclarait que le gouvernement ne devait pas s’occuper de religion. Un jour nouveau et glorieux se leva. Il n’y avait plus d’Eglise d’Etat dans ce pays. Aucune confession n’était favorisée.


    Après des siècles de ténèbres, de souffrances et de luttes, tout était prêt pour le rétablissement de l’Evangile. Les prophètes anciens avaient parlé de ce jour tant attendu.


    Toute l’histoire passée pointait vers cette époque. Avec toutes leurs souffrances et leur espoir, les siècles s’étaient écoulés. Le Juge tout-puissant des nations, le Dieu vivant, a décidé que le temps dont les prophètes avaient parlé était venu. Daniel avait prophétisé qu’une pierre détachée sans le secours d’aucune main deviendrait une grande montagne, et remplirait toute la terre.


    «Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et qui ne passera point sous la domination d’un autre peuple; [mais] il brisera et anéantira tous ces royaumes-là, et lui-même subsistera éternellement» (Daniel 2:44).


    Esaïe et Michée avaient parlé de notre époque longtemps avant qu’elle n’arrive, lorsqu’ils en avaient eu la vision prophétique:


    «Il arrivera, dans la suite des temps, que la montagne de la maison de l’Eternel sera fondée sur le sommet des montagnes, qu’elle s’élèvera par-dessus les collines, et que toutes les nations y afflueront dans les derniers jours,


    «Des nations s’y rendront en foule, et diront: Venez, et montons à la montagne de l’Eternel, à la maison du Dieu de Jacob, afin qu’il nous enseigne ses voies, et que nous marchions dans ses sentiers. Car de Sion sortira la loi, et de Jérusalem la parole de l’Eternel» (Esaïe 2:2-3; voir aussi Michée 4:2).


    Paul a parlé de l’ensemble des temps et des siècles lorsqu’il a déclaré: «Que personne ne vous séduise d’aucune manière; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant» (2 Thessaloniciens 2:3).


    Il a également dit de cette époque que Dieu avait formé son dessein pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis, pour réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre (voir Ephésiens 1:10).


    Pierre a eu la vision prophétique de la suite des siècles lorsqu’il a déclaré:


    «Repentez-vous et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur,


    «et qu’il envoie celui qui vous a été destiné, Jésus-Christ,


    «que le ciel doit recevoir jusqu’au temps du rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé anciennement par la bouche de ses saints prophètes» (Actes 3:19-21).


    Toutes ces visions et d’autres parlaient de cette époque glorieuse et admirable de toute l’histoire humaine, où viendrait la restitution de la vraie doctrine et de la pratique de la vraie religion.


    Ce jour glorieux s’est levé en 1820 lorsqu’un garçon, sincère et plein de foi, est allé dans un bosquet et a élevé la voix en prière, pour demander la sagesse dont il pensait avoir vraiment besoin.


    Une manifestation glorieuse a répondu à sa prière. Dieu, le Père éternel, et le Seigneur Jésus-Christ ressuscité lui sont apparus et ont parlé avec lui. Le voile qui avait été fermé pendant presque deux millénaires s’est écarté pour ouvrir la dispensation de la plénitude des temps. La sainte prêtrise a ensuite été rétablie, d’abord celle d’Aaron, puis celle de Melchisédek, des mains de ceux qui l’avaient détenue jadis. Un autre témoignage, parlant comme la voix de quelqu’un qui crie de la poussière, a paru pour témoigner de nouveau de la réalité et de la nature divine du Fils de Dieu, grand Rédempteur du monde.


    Les clés de l’autorité divine ont été rétablies, entre autres celles qui étaient nécessaires pour sceller les familles pour le temps et l’éternité en une alliance que la mort ne pouvait détruire.


    La pierre était petite au début. On pouvait à peine la remarquer. Mais elle a grandi régulièrement et elle continue de rouler pour remplir toute la terre. 


    Mes frères et sœurs, comprenez-vous ce que nous avons? Etes-vous conscients de notre place dans la grande épopée de l’histoire humaine? C’est maintenant l’aboutissement de tout ce qui est arrivé auparavant. Ce sont les jours du Rétablissement. C’est l’époque où des hommes de toute la terre viennent à la montagne de la maison de l’Eternel pour chercher et apprendre, marcher dans ses sentiers et apprendre ses voies. C’est l’aboutissement de tous les siècles du temps depuis la naissance du Christ jusqu’à cette époque actuelle merveilleuse.


    Le jour paraît, chassant la nuit.


    Vois! Sion lève l’étendard!


    D’un jour meilleur l’aurore luit,


    … et lance ses feux sans retard.


    (Cantiques, n˚ 1)


    Les siècles ont passé. L’œuvre du Tout-Puissant dans les derniers jours, celle dont les anciens ont parlé, celle que les prophètes et les apôtres ont annoncée, est arrivée. Elle est là. Pour des raisons inconnues de nous, mais dans la sagesse de Dieu, nous avons eu la bénédiction de venir ici-bas en cette période de choix. La science a connu un grand essor. Il y a eu une multiplication de la connaissance. C’est l’époque la plus importante de toutes les entreprises et de tous les accomplissements humains. Et surtout, c’est la période où Dieu a parlé, où son Fils bien-aimé est apparu, où la prêtrise divine a été rétablie et où nous avons entre les mains un autre témoignage du Fils de Dieu. Quelle époque glorieuse et admirable!


    Dieu soit loué de ce qu’il nous a accordé dans sa grande générosité! Nous le remercions de son Evangile merveilleux dont le pouvoir et l’autorité s’étendent jusqu’au-delà du voile de la mort.


    Etant donné ce que nous avons et ce que nous savons, nous devrions être un peuple meilleur. Nous devrions ressembler davantage au Christ, pardonner davantage, être plus serviables et respectueux de tous ceux qui nous entourent.


    Nous vivons l’époque la plus grandiose, impressionnés par la conscience vive et solennelle de son importance dans l’histoire. C’est la dernière dispensation vers laquelle tous nos prédécesseurs ont tendu. Je rends témoignage de la réalité et de la véracité de ces choses. Je prie pour que chacun d’entre nous soit conscient de ce qu’il y a d’impressionnant et de remarquable dans le fait de devoir être bientôt témoins de la fin d’un siècle et d’un millénaire.


    Adieu l’année passée. Bienvenue à l’année nouvelle. Adieu au siècle passé. Bienvenue au siècle nouveau. Adieu à l’ancien millénaire. Bienvenue à l’aube d’un autre millénaire.


    Et nous irons de l’avant sur une voie continue de progression et de développement en ayant partout une bonne influence sur les gens tant que la terre durera.


    Jésus-Christ viendra régner en splendeur ici-bas à un moment de tout ce mouvement en avant. Personne ne sait quand, pas même les anges du ciel ne sauront l’époque de son retour. Mais nous attendons ce jour avec impatience.


    O viens, toi, Roi des rois


    Attendu si longtemps!


    Objet de notre foi,


    Délivre tes enfants!


    Reviens, vers nous, Sauveur aimé,


    Rends Israël à ses foyers.


    (Cantiques, n˚ 29)


    Je prie humblement pour que Dieu nous accorde la bénédiction d’être conscients de notre place dans l’histoire et, en en ayant pris conscience, de comprendre notre devoir de marcher la tête haute et d’avancer avec résolution d’une manière digne des saints du Très-Haut. Au nom de Jésus-Christ. Amen. 9