A propos des semences et de la terre
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    A propos des semences et de la terre


    Nous voulons particulièrement que vous, les jeunes, ayez un témoignage puissant, avec des racines solides, parce que ce n’est qu’alors qu’il sera pour vous une boussole infaillible.


    Mes frères, c’est pour moi une très lourde responsabilité de m’adresser à cette immense armée de détenteurs de la prêtrise. Je prie pour que le Seigneur me bénisse et je vous demande de prier pour cela.


    Je suis reconnaissant qu’on m’ait appris à faire des semis lorsque j’étais jeune. Par le miracle de la vie, nous semions des graines, repiquions des plants et produisions des pois frais, du maïs, des carottes, des navets, des oignons et des pommes de terre frais et délicieux dans notre potager. Je me rappelle clairement une expérience très importante: mon grand-père nous avait montré comment semer la luzerne à la main. Il avait passé la charrue et la herse pour préparer la terre. Ensuite, il a pris une poignée de graines et, d’un large geste du bras, il les a dispersées à la volée en parcourant le champ suivant un itinéraire régulier. Les oiseaux ont bien mangé quelques graines de luzerne, mais les semis ont poussé et le champ a donné en abondance pendant de nombreuses années.


    Cette expérience m’a aidé plus tard, lorsque j’étais missionnaire, à comprendre la parabole du semeur, qui est en réalité une parabole sur les diverses sortes de sol. Il a enseigné: «une partie de la semence tomba le long du chemin: les oiseaux vinrent et la mangèrent.


    «Une autre partie tomba dans les endroits pierreux, où elle n’avait pas beaucoup de terre … 


    «Mais, quand le soleil parut, elle fut brûlée et sécha, faute de racines.


    «Une autre partie tomba parmi les épines: les épines montèrent, et l’étouffèrent.


    «Une autre tomba dans la bonne terre: elle donna du fruit, un grain cent, un autre soixante, un autre trente1.»


    Dans cette parabole, la semence est toujours la même, mais elle tombe dans diverses sortes de sol. Le Sauveur a également expliqué le sens de cette parabole. La semence qui «tombe le long du chemin» représente ceux qui entendent la parole de Dieu mais ne la comprennent pas et tombent sous l’emprise de Satan. La deuxième partie de la semence, qui «tombe dans les endroits pierreux», représente ceux qui entendent la parole avec joie et qui prospèrent tant que tout va bien. Mais quand les épreuves arrivent et qu’ils ressentent la pression de groupe en raison de leurs croyances, ils ont honte et ne persévèrent pas. La troisième partie, qui «tombe parmi les épines», représente ceux qui entendent la parole mais pour qui le monde et ses richesses sont plus importants et qui s’écartent de la vérité. Néanmoins, la dernière partie qui tombe «dans la bonne terre», représente ceux qui entendent la parole, la comprennent, l’appliquent et récoltent de grandes récompenses éternelles2.


    Le Livre de Mormon donne plusieurs exemples de semences qui sont tombées le long du chemin. L’un d’entre eux se trouve dans le récit des Zoramites. Alma rapporte que «la parole de Dieu … avait été prêchée» aux Zoramites … mais qu’ils «étaient tombés dans de grandes erreurs, car ils ne voulaient pas s’appliquer à garder les commandements de Dieu3 … »


    Alma a dirigé une mission pour les ramener sur le bon chemin. Dans son enseignement, Alma a comparé la parole à une semence et a raisonné avec eux:


    «Si vous faites de la place pour qu’une semence puisse être plantée dans votre cœur, voici, si c’est une vraie semence, ou une bonne semence, si vous ne la chassez pas par votre incrédulité en résistant à l’Esprit du Seigneur, voici, elle commencera à gonfler dans votre sein; et lorsque vous sentirez ces mouvements de gonflement, vous commencerez à dire en vous-mêmes: Il faut nécessairement que ce soit une bonne semence, ou que sa parole soit bonne, car elle commence à m’épanouir l’âme4.»


    Le récit raconte que beaucoup de pauvres parmi les Zoramites ont été convertis et se sont joints au peuple juste d’Ammon dans le pays de Jershon après qu’Alma et ses compagnons ont replanté la semence.


    Certaines semences sont tombées dans les lieux rocailleux dans les premiers jours du Rétablissement où Joseph Smith, le prophète, a appelé plusieurs convertis comme missionnaires. L’un d’eux était Simon Ryder, qui a été ordonné ancien le 6 juin 1831 par Joseph Smith. Après avoir lu la révélation qui le concernait et avoir vu que son nom avait été mal orthographié «Rider» au lieu de «Ryder», il s’est offensé, apparemment sans comprendre que Joseph Smith dictait souvent ses révélations à des secrétaires. Sa contrariété au sujet de la faute d’orthographe dans son nom l’a non seulement mené jusqu’à l’apostasie mais en fin de compte l’a conduit à perdre sa réputation en se joignant à ceux qui ont enduit le prophète Joseph de goudron et de plumes5. Comme la graine qui est tombée dans les endroits pierreux, Simon Ryder a d’abord reçu la parole avec joie mais s’est rapidement offensé d’une broutille et a perdu sa place dans le royaume de Dieu. 


    Il arrive que les épines étouffent les semis comme cela fut le cas pour le jeune homme riche qui demanda au Sauveur ce qu’il devait faire pour hériter la vie éternelle. Il déclara qu’il avait respecté tous les dix commandements depuis sa jeunesse et demanda: «Que me manque-t-il encore?» Conscient de l’attachement du jeune homme à ses richesses, Jésus lui enseigna la loi supérieure de l’Evangile: «Vends [tout] ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi.» Matthieu dit qu’après «avoir entendu ces paroles, le jeune homme s’en alla tout triste; car il avait de grands biens6». La semence avait été plantée chez ce jeune homme mais, en raison de ses richesses, elle était tombée parmi les épines et avait été étouffée.


    De nos jours, en parcourant le monde, nous voyons que de nombreuses semences sont tombées dans la bonne terre. Nous rencontrons des membres de l’Eglise remarquables, résolus, fidèles et consacrés. Certains d’entre nous qui ont répandu des semences en tant que missionnaires ont peut-être pensé que ces semences étaient tombées sur le sol dur. Il n’est pas toujours possible de connaître les conséquences d’un simple contact. Pendant des années, William R. Wagstaff, qui a été missionnaire dans la mission du nord des Etats du centre de 1928 à 1930, a été déçu de ne pas avoir baptisé davantage de personnes. Durant l’été 1929, son compagnon et lui ont rendu visite à une famille de fermiers à plus de 280 kilomètres à l’ouest de Winnipeg.


    «Frère Wagstaff se rappelle avoir donné un exemplaire du Livre de Mormon à la mère de famille et avoir discuté de l’Evangile avec elle pendant de nombreuses visites cet été-là et le suivant.


    «Il se rappelle qu’à chaque visite, elle enlevait son tablier et qu’ils s’asseyaient et parlaient de l’Evangile. Elle lisait et avait beaucoup de questions.


    «Mais à la fin de sa mission, elle ne s’était toujours pas fait baptiser et il a perdu contact avec elle.»


    Frère Wagstaff est rentré chez lui, s’est marié et a élevé ses enfants. Mais, en octobre 1969, sa femme et lui ont assisté à une réunion des anciens de sa mission . «Une dame l’a abordé et lui a demandé: ‹Vous êtes frère Wagstaff, n’est-ce pas?›


    «… Elle s’est présentée comme étant la femme qu’il avait instruite à la ferme loin de Winnipeg. Elle tenait à la main un exemplaire usagé du Livre de Mormon ; celui qu’il lui avait donné quarante ans plus tôt.


    «‹Elle m’a montré le livre›, raconte-t-il. ‹Je l’ai ouvert au début et j’ai vu mon nom et mon adresse.›


    «Elle a ensuite dit à frère Wagstaff qu’une soixantaine de membres de sa famille étaient membres de l’Eglise, dont un président de branche7.»


    Frère Wagstaff a planté la semence pendant sa mission mais est rentré chez lui alors qu’elle était encore en terre. Quarante ans plus tard, il a eu connaissance de la riche moisson qui avait été produite et a vu combien il est vrai que «ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi8.»


    Chacun d’entre nous a besoin de nourrir sa semence de foi pour qu’elle continue à prendre racine. Le président Hinckley nous a fermement exhortés à aider les nouveaux membres à préparer leur âme afin que la semence de foi plantée par les missionnaires croisse et se développe.


    Cependant, dans le même temps, la terre semble se durcir et beaucoup de personnes sont moins réceptives aux choses de l’Esprit. Les miracles de la technologie moderne ont apporté dans notre vie une efficacité dont nous n’osions même pas rêver, il y a de cela une génération seulement. Cependant, cette technologie a été accompagnée d’une multitude de nouveaux défis à notre sens moral et à nos valeurs. Certaines personnes ont tendance à se fier davantage à la technologie qu’à la théologie. Je m’empresse d’ajouter que la connaissance scientifique, les merveilles de la communication et de la médecine moderne ont été inspirées par le Seigneur pour soutenir son œuvre dans le monde entier. A titre d’exemple, le site FamilySearch sur l’Internet reçoit plus de sept millions d’impulsions par jour. Mais bien sûr, Satan est conscient de ce grand progrès de la technologie et en tire également profit pour réaliser ses objectifs de détruire et de spolier le genre humain. Il se réjouit de la pornographie sur l’Internet et des spectacles abjects contenus dans beaucoup de nos films et de nos émissions de télévision. Il a réussi à introduire certains de ses messages sataniques dans une partie de notre musique moderne. Pour que la semence de la foi se développe en nous, nous devons éviter de tomber sous l’emprise de Satan.


    Nous devons également préparer nos semis de foi. Dans ce but, nous devons retourner le sol en priant humblement tous les jours pour demander à recevoir de la force et le pardon de nos péchés. Nous devons passer la herse en surmontant notre orgueil. Nous devons préparer le semis en gardant de notre mieux les commandements. Nous devons être honnêtes avec le Seigneur lorsque nous payons notre dîme et nos autres offrandes. Nous devons être dignes et capables de faire appel aux grands pouvoirs de la prêtrise pour nous bénir, nous, notre famille et les autres personnes dont nous avons la responsabilité. Il n’y a pas de meilleur endroit pour nourrir la semence spirituelle de notre foi qu’au sein des sanctuaires que sont nos temples et notre foyer.


    Vous, jeunes de la Prêtrise d’Aaron, devez vous efforcer avec une grande diligence d’acquérir des compétences et autant de connaissances que possible. Il n’est pas nécessaire que vous, diacres et instructeurs, choisissiez le métier que vous ferez plus tard, mais vous devez faire tout votre possible pour vous préparer à résoudre les difficultés de la vie et enfin pour subvenir aux besoins de votre future femme et de vos futurs enfants. Les jeunes gens qui ne prennent pas conscience suffisamment tôt des talents et des possibilités que Dieu leur a donnés n’honorent pas pleinement leur prêtrise. Je sais que dans certaines parties du monde c’est très difficile mais vous, jeunes gens, aurez davantage de possibilités si vous acquérez bien des compétences de base. Cela vous serait profitable, jeunes gens, d’apprendre aussi une autre langue. Si vous ne vous préparez pas pendant que vous êtes jeunes, il sera trop tard pour commencer à le faire quand vous serez adultes. 


    Dans mes contacts avec quelques-uns de nos jeunes, je me demande pourquoi la semence est tombée sur un sol dur. On dirait souvent qu’on n’a pas fait suffisamment d’efforts pour préparer la terre à recevoir la semence de la foi, comme mon grand-père le faisait avec son champ de luzerne.


    Je crois que beaucoup d’esprits brillants, remarquables et vaillants ont été gardés pour cette époque pleine de difficultés. Je pense à un jeune garçon brillant qui se nomme Timmy.


    Timmy n’avait que deux cents en poche lorsqu’il a abordé le fermier et a montré une tomate appétissante qui pendait du pied.


    «Je vous en donne deux cents», proposa le gamin.


    «Ce genre de tomates en vaut cinq», lui dit le fermier.


    «Et celle-là?» demanda Timmy, montrant une tomate plus petite, moins mûre et moins appétissante. Le fermier acquiesça. «D’accord», dit Timmy et il conclut le marché en mettant ses deux cents dans la main du fermier. «Je viendrai la cueillir dans une semaine environ9.»


    Jeunes gens, vous pourriez tirer une leçon de l’expérience de Timmy qui a investi deux cents dans une tomate qui en vaudrait cinq plus tard. Si vous voulez investir maintenant que vous êtes jeunes, vous aurez l’occasion d’accomplir autant que toutes les générations précédentes. Cependant, pour trop d’entre vous, la semence de la foi tombe parmi les épines et elle ne porte pas de fruit10.


    Mes frères, qui détenez la sainte prêtrise de Dieu, vous vous demandez peut-être pourquoi nous désirons que vous nourrissiez en vous la semence de la foi. Nous voulons particulièrement que vous, les jeunes, ayez un témoignage puissant, avec des racines solides, parce que ce n’est qu’alors qu’il sera pour vous une boussole infaillible qui vous permettra de résister aux vents puissants de l’adversité qui soufflent. Nous croyons que le salut du monde dépend de la prêtrise de cette Eglise. Cette responsabilité nous incombe complètement. Nous ne pouvons pas l’éviter. Comme l’a dit le président Hinckley:


    «Si le monde doit être sauvé, nous devons le faire. Nous ne pouvons pas y échapper. Personne d’autre dans l’histoire du monde n’a reçu le même genre de mission que la nôtre. Nous avons la responsabilité de tous les êtres qui ont vécu ici-bas. Cela comprend notre généalogie et notre œuvre du temple. Nous sommes responsables de tous ceux qui vivent maintenant ici-bas et cela comprend notre œuvre missionnaire. Et nous allons avoir la responsabilité de toux ceux qui viendront au monde11.»


    Maintenant, mes frères, parce que nous détenons ces pouvoirs précieux, je crois que nous allons devoir rendre compte de nos efforts pour assumer cette responsabilité écrasante. Nous ne pouvons pas avoir honte de la doctrine parce qu’elle n’est ni populaire ni socialement acceptable. Nous ne devons pas présenter des excuses pour ce qui a été révélé par nos prophètes à notre époque. C’est la parole du Seigneur au monde. Il y a toujours un prix à payer pour avoir un témoignage de cette œuvre sacrée. Notre foi est toujours «mise à l’épreuve12».


    Alma a dit que lorsque nous sentirons la croissance de la foi, elle épanouira notre âme, éclairera notre intelligence et nous sera délicieuse. Je prie pour que Dieu vous accorde la bénédiction de faire l’expérience de ces paroles. Au nom de Jésus-Christ. Amen. 9