Un enseignement qui vient du cœur
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Un enseignement qui vient du cœur

Comment les missionnaires apprennent à enseigner plus efficacement que jamais, et comment nous pouvons aider : Conversation avec deux membres du conseil exécutif missionnaire : Richard G. Scott, du Collège des douze apôtres, et Charles Didier, de la présidence des soixante-dix.

Il y a eu quelques changements dans la manière dont les missionnaires instruisent les amis de l’Église. Pouvez-vous nous donner un aperçu de ces changements ?

Richard G. Scott : Le message de l’Évangile n’est plus présenté sous forme de leçons apprises par cœur mais par ce qui a été défini comme un enseignement selon l’Esprit. On apprend aux missionnaires à se remplir l’esprit et le cœur de la doctrine de base, avec les Écritures à l’appui et avec des expériences appropriées tirées de leur vie personnelle. Ces éléments constituent la source à laquelle ils peuvent faire appel tandis qu’ils identifient, à l’aide de l’Esprit, les besoins d’une famille ou d’une personne amies de l’Église.

Depuis que les missionnaires ont commencé à apporter ces adaptations à leur enseignement, il est passionnant de voir à quel point ils progressent et étudient individuellement et en équipe. Leur message est maintenant plus compréhensible pour les personnes au cœur honnête qui veulent comprendre.

Y a-t-il eu des changements dans les leçons elles-mêmes ?

Frère Scott : Quelques changements ont été apportés au contenu de la première leçon. Cela rend l’histoire de Joseph Smith plus compréhensible en expliquant comment notre Père céleste révèle la vérité à ses enfants par l’intermédiaire de prophètes.

Charles Didier : Nous aidons les gens à comprendre que l’histoire de Joseph Smith n’est pas une anomalie dans l’histoire de l’humanité. Le Seigneur a à maintes reprises enseigné le plan de salut par l’intermédiaire de prophètes. Et le genre humain a aussi constamment rejeté les prophètes ou s’est éloigné de leur message. C’est la raison pour laquelle il y a des rétablissements. Joseph Smith était un prophète préordonné qui a rétabli, cette fois-ci pour la dernière fois, la plénitude de l’Évangile pour que nous puissions savoir comment retourner en présence de notre Père céleste.

Y a-t-il eu d’autres changements dans la manière dont l’Évangile est enseigné par les missionnaires ?

Frère Didier : Le programme n’a pas changé. Les missionnaires ont toujours les six mêmes leçons, qui présentent l’Évangile dans une progression logique. Nous leur demandons d’enseigner la doctrine que contiennent les leçons. Ils commencent la première leçon en enseignant le message du Rétablissement. Mais, quand ils y sont poussés par l’Esprit, ils peuvent enseigner la troisième leçon avant la deuxième, ou la quatrième avant la troisième. Cela n’a pas d’importance, tant qu’ils enseignent toute la doctrine.

Chaque ami de l’Église est différent. Les missionnaires préparent donc des trames qui leur permettent de planifier la manière dont ils vont instruire un ami de l’Église en fonction de ses besoins. Cette trame aide les missionnaires à concevoir mentalement l’exposé. Si l’exposé est bien conçu, il est clair, et les mots viennent facilement aux missionnaires qui instruisent selon l’Esprit.

Frère Scott : Quand les missionnaires font cela de manière suivie pendant un certain temps, non seulement ils deviennent plus efficaces, mais ils seront par la suite de meilleurs maris et femmes, pères et mères, parce que la réalité du merveilleux message devient partie intégrante de leur être.

Qu’est-ce que tout cela implique pour l’instruction et la formation des missionnaires ?

Frère Scott : Le meilleur endroit où cette formation peut avoir lieu est le foyer. Si j’avais aujourd’hui des enfants à la maison, je m’assurerais qu’ils comprennent le modèle qui a commencé avec Adam, dans lequel un prophète est appelé du Seigneur, et enseigne la plénitude de l’Évangile avec autorité. Je leur enseignerai le cycle de l’apostasie et du rétablissement de la vérité qui s’est déroulé jusqu’à la dispensation finale. Je m’assurerais qu’ils comprennent ce qui s’est produit par l’intermédiaire de Joseph Smith, le prophète, l’importance qu’il y avait à ce que le Père et le Fils viennent personnellement et instruisent Joseph Smith, et la manière dont il a été appelé à être le prophète du Rétablissement.

Cela, enseigné au foyer et compris, avec l’aide supplémentaire des cours de la prêtrise et des organisations auxiliaires, ainsi que du séminaire et de l’institut, préparera un missionnaire mieux que toute autre chose. Il n’est pas nécessaire de faire des cours spécifiques s’ils comprennent qu’il est important de vivre les principes et de les enseigner. Par exemple, les missionnaires qui ont payé la dîme peuvent témoigner des bénédictions promises que le Seigneur accorde quand on y obéit. Un missionnaire qui a mené une vie digne peut témoigner avec puissance parce qu’il a eu personnellement des expériences spirituelles. Ces expériences dépendent de la dignité et de la foi au Sauveur.

En quoi la formation officielle des missionnaires a-t-elle changé ?

Frère Didier : Dans les centres de formation, on apprend aux missionnaires appelés à enseigner dans leur langue à préparer des schémas de leçon, à commencer à enseigner dans leurs propres termes et à enseigner selon l’Esprit. Pour ceux qui ont été appelés à enseigner dans une langue étrangère, l’approche est légèrement différente parce que pour apprendre une langue étrangère il faut apprendre certaines choses par cœur. On a besoin de vocabulaire, il faut apprendre les règles de grammaire, etc. Ils commencent à s’exprimer dans la langue afin d’être prêts, en arrivant dans leur mission, à pouvoir aussi enseigner une leçon en leurs propres termes. Apprendre à enseigner l’Évangile dans une nouvelle langue prend davantage de temps.

Frère Scott : À certains égards, c’est fondamentalement différent de ce qui se faisait avant. Les missionnaires apprennent le contenu des leçons dans leur langue maternelle tout en apprenant à enseigner dans la langue qu’ils étudient. Cela signifie que lorsqu’ils arrivent dans le champ de la mission, il est beaucoup plus important qu’ils aient un compagnon pour les aider à poursuivre leur étude de la langue et pour les aider à apprendre à enseigner le message qu’ils ont appris.

Tandis qu’ils se préparent, qu’est-ce que les missionnaires potentiels doivent surtout chercher à être ou à devenir ?

Frère Scott : Dignes, afin que l’Esprit puisse les guider. Et ils devront avoir appris le message fondamental du Rétablissement. Ils devront avoir lu le Livre de Mormon pour obtenir le témoignage de Jésus-Christ, de son expiation et de sa grande importance dans la vie de chaque personne. Et plus ils auront appris ces choses, plus ils seront en avance par rapport aux missionnaires qui viennent au centre de formation alors qu’ils commencent juste à apprendre.

Au cours de la réunion mondiale de formation des dirigeants du 11 janvier 2003, le président Hinckley a dit : « Nous ne pouvons pas permettre le moins du monde à ceux qui ne sont pas qualifiés par leur dignité, d’aller parler dans le monde de la bonne nouvelle de l’Évangile. » Qu’est-ce qu’un missionnaire potentiel doit savoir précisément sur la dignité nécessaire pour être prêt à servir ?

Frère Scott : Ils doivent rester aussi éloignés qu’ils le peuvent des frontières du péché. C’est ce qui leur apportera le plus de bonheur pendant leur préparation. C’est ce qui leur assurera le plus la capacité d’être guidés par l’Esprit et d’être les exemples qu’ils doivent être dans le champ de la mission.

Presque tous les jeunes peuvent réciter les étapes du repentir ou savent le décrire. Ce qu’ils ont néanmoins vraiment besoin, c’est de comprendre la gravité aux yeux du Seigneur de certaines transgressions et de ne pas les commettre.

Frère Didier : J’aimerais que nous réussissions à enseigner aux jeunes à éviter d’avoir à se repentir de choses graves. La prévention est préférable à la rédemption. Nous devons leur enseigner à aimer le Seigneur et ses commandements. S’ils ont cela, nous n’avons pas besoin d’établir des barrières où nous leur disons : « Si vous dépassez cela, vous ne pourrez pas servir. »

Nous avons parlé de ce que peuvent faire les parents au foyer pour préparer nos jeunes gens à faire une mission, particulièrement de la nécessité d’enseigner les principes de base. Avez-vous d’autres suggestions ?

Frère Didier : L’adolescence est une période où l’influence des parents commence à diminuer alors que celle des camarades et des adultes de confiance augmente. C’est pour cela qu’il est si important de participer au programme de la Prêtrise d’Aaron. Les dirigeants des jeunes peuvent compléter les enseignements et l’exemple des parents, et le collège peut fournir l’influence positive de camarades.

Frère Scott : Une autre préparation excellente pour les jeunes gens approchant de l’âge de la mission consiste à accompagner les missionnaires et de partager leurs expériences. Ils voient comment les missionnaires enseignent et témoignent. En particulier, s’ils commencent à témoigner ou à enseigner la vérité, que ce soit avec les missionnaires ou au cours des réunions de leur collège (pas simplement en se levant en réunion de témoignage, mais en enseignant les vérités de l’Évangile) ils sentiront l’Esprit les guider.

Frère Didier : Il existe de nombreuses manières différentes d’accomplir l’œuvre missionnaire. Écrire une lettre à des amis, leur prêter une cassette vidéo, leur donner une carte proposant les cassettes vidéos de l’Église. Les jeunes peuvent intégrer des personnes dans l’Église ou participer à la remotivation de non-pratiquants. Si les jeunes peuvent commencer à participer à l’œuvre missionnaire maintenant, lorsqu’ils partiront en mission, ils seront d’autant avantagés qu’ils auront déjà de l’expérience.

Quels sont, d’après ce que vous avez vu, les résultats du changement de la manière d’enseigner des missionnaires ?

Frère Scott : Le monde empire, mais notre capacité d’enseigner l’Évangile s’améliore. Le président Hinckley s’est personnellement consacré à augmenter le nombre de personnes véritablement converties et à les maintenir dans l’Église. C’est merveilleux de voir les missionnaires obtenir cette vision. Nous avons des missionnaires dont le message de l’Évangile fait tellement partie de la vie qu’à un arrêt d’autobus ils peuvent en donner un aperçu d’une minute et demie ou de cinq minutes. Ils sont beaucoup mieux préparés à instruire des gens de tous niveaux et à leur présenter le message magnifique du Rétablissement. Il est plus facile de communiquer la vérité sans dialogue appris par cœur.

Qu’en est-il de nous, tous les autres membres ? Comment pouvons-nous participer à l’effort missionnaire ?

Frère Didier : Tout le monde peut faire quelque chose. Il n’est pas nécessaire de faire d’enseignement en tant que tel. Si nous en avons le désir et si nous prions à ce sujet, nous pouvons recevoir de l’inspiration sur la manière de préparer un enfant à une mission ou sur la manière d’offrir un Livre de Mormon à un voisin. Nous pouvons donner des cassettes vidéos de l’Église. Trouvons chacun le meilleur moyen en fonction de nos meilleures possibilités.

Frère Scott : Les membres peuvent participer au processus de conversion en trouvant des amis de l’Église, en les soutenant de notre amitié pendant le processus de conversion et en témoignant aux moments cruciaux. Après le baptême, les convertis ont besoin de force pour passer du monde où ils étaient à leur nouveau cadre de vie. Et c’est probablement là que les membres peuvent le plus facilement servir dans l’œuvre missionnaire. Des membres qui les comprennent et qui demandent au Seigneur d’être guidés, peuvent facilement répondre aux besoins des nouveaux membres, soit en les invitant chez eux, soit en s’asseyant près d’eux à la réunion de Sainte-Cène ou en les aidant à comprendre qui nous sommes et comment nous vivons.

Frère Didier : Je suis ici aujourd’hui avant tout parce qu’un missionnaire est devenu mon ami. Mais les missionnaires étaient tout le temps remplacés. Il vient un moment où on aimerait avoir un ami stable, et il a fallu que je cherche dans l’Église.

Frère Scott : Nous pourrions changer notre état d’esprit et remplacer « l’œuvre missionnaire est quelque chose qu’il faut que je fasse » par « l’œuvre missionnaire est quelque chose que j’ai la chance de pouvoir faire ». Quand on commence, c’est passionnant. C’est stimulant. Ce n’est pas un fardeau ; c’est une expérience passionnante.

Cette interview a été faite par Larry Hiller et Adam C. Olson.

L’œuvre Missionnaire

La Vie de L’église

« C’est l’œuvre missionnaire qui donne vie à l’Église. C’est le moyen principal par lequel elle grandit. C’est grâce à lui que l’Église a atteint sa taille actuelle en 172 ans. »

Voir Gordon B. Hinckley, président de l’Église, « L’œuvre missionnaire », Première réunion mondiale de formation des dirigeants , 11 janvier 2003, p. 17.

Une Action En Quatre Parties

« L’œuvre missionnaire ne se limite pas à deux jeunes gens qui récitent par cœur un exposé à des gens qui veulent en savoir davantage sur l’Église. Elle ne se limite pas à baptiser. Il s’agit d’une action en quatre parties concernant les missionnaires, bien sûr, mais aussi les membres des paroisses, les évêques, les dirigeants de mission de paroisse et toute l’organisation de l’Église. Voici ces quatre parties : (1) Trouver des gens qui veulent en savoir plus sur l’Église, (2) Enseigner selon l’Esprit, (3) Baptiser les convertis qui en sont dignes, et (4) Affermir les nouveaux membres et les non-pratiquants »

Voir Gordon B. Hinckley, président de l’Église, « L’œuvre missionnaire », Première réunion mondiale de formation des dirigeants , 11 janvier 2003, p. 18.

Se Comporter En Bon Voisin

« Apprenons [aux membres] à être à l’affût des occasions de se tourner vers les autres. Que le désir d’être de bons voisins et d’exprimer sa sympathie aux autres devienne l’attitude de nos membres, où qu’ils soient dans le monde »

Voir Gordon B. Hinckley, président de l’Église, « L’œuvre missionnaire », Première réunion mondiale de formation des dirigeants , 11 janvier 2003, p. 19.

Un Appel À Ceux Qui Sont Dignes

« L’œuvre missionnaire n’est pas un rite d’initiation dans l’Église. C’est un appel lancé par le président de l’Église aux personnes qui en sont dignes et qui sont capables de l’accomplir… Elle exige que les missionnaires soient dignes en tous points… Je suis certain que, si nous élevons le niveau de dignité requis, nos jeunes, et surtout nos jeunes gens, seront amenés à se discipliner davantage afin de vivre au-dessus des normes inférieures du monde, à s’abstenir de transgresser et à emprunter la voie élevée dans toutes leurs activités. »

Gordon B. Hinckley, président de l’Église, « L’œuvre missionnaire », Première réunion mondiale de formation des dirigeants , 11 janvier 2003, p. 17.