Jesuisenfant de Dieu
    Notes de bas de page

    Je suis enfant de Dieu

    « La compréhension correcte de notre héritage céleste est essentielle à notre exaltation. »

    Notre doctrine la plus fondamentale comprend la connaissance que nous sommes les enfants d’un Dieu vivant. C’est la raison pour laquelle l’un de ses noms les plus sacrés est Père : notre Père céleste. Ce point de doctrine a été clairement enseigné par les prophètes, de tout temps.

    • Quand il a été tenté par Satan, Moïse l’a repoussé en disant : « Qui es-tu ? Car voici, je suis un fils de Dieu1. »

    • S’adressant à Israël, le psalmiste a déclaré : « Vous êtes tous des fils du Très-Haut2. »

    • Paul a enseigné aux Athéniens sur l’Aréopage qu’ils étaient « la race de Dieu »3.

    • Joseph Smith et Sidney Rigdon ont eu une vision dans laquelle ils ont vu le Père et le Fils, et une voix céleste a déclaré que les habitants des mondes « sont des fils et des filles engendrés pour Dieu4 ».

    • En 1995, les quinze apôtres et prophètes vivants ont affirmé : « Tous les êtres humains […] sont créés à l’image de Dieu. Chacun est un fils ou une fille d’esprit aimé de parents célestes5. »

    • Le président Monson a témoigné : « Nous sommes fils et filles d’un Dieu vivant. […] Nous ne pouvons pas avoir cette conviction sincère sans éprouver le sentiment neuf et profond d’avoir une grande force et un grand pouvoir6. »

    Ce point de doctrine est si fondamental, si souvent énoncé et si instinctivement simple qu’il peut paraître ordinaire, alors qu’en réalité c’est l’une des connaissances les plus extraordinaires que nous puissions acquérir. La compréhension correcte de notre héritage céleste est essentielle à notre exaltation. Elle est essentielle pour comprendre le magnifique plan du salut et pour nourrir notre foi dans le Premier-né du Père, Jésus le Christ, et en son expiation miséricordieuse7. En outre, elle nous motive continuellement à faire et à honorer nos indispensables alliances éternelles.

    À quelques exceptions près, toutes les personnes qui participent à cette réunion pourraient immédiatement chanter « Je suis enfant de Dieu, sans paroles écrites ni partition musicale8 ». Ce cantique très apprécié est l’un des plus chantés dans cette Église. Mais la question déterminante est : « Le savons-nous vraiment ? Le savons-nous dans notre esprit, dans notre cœur et dans notre âme ? Notre origine céleste est-elle notre identité première, et la plus profonde ?

    Ici-bas, nous nous identifions de nombreuses manières, par exemple par notre lieu de naissance, notre nationalité et notre langue. Certaines personnes s’identifient même par leur activité professionnelle ou leur passe-temps. Ces identités terrestres ne sont pas mauvaises à moins qu’elles ne supplantent notre identité éternelle, celle de fils ou fille de Dieu, ou n’interfèrent avec elle.

    Quand la plus jeune de nos enfants avait six ans et était en première année d’école primaire, son institutrice a donné aux élèves un devoir à faire en classe. On était en octobre, le mois d’Halloween, jour férié dans certaines parties du monde. Ce n’est pas le jour férié que je préfère, mais je suppose que l’on peut y trouver des aspects innocents et rédempteurs.

    L’institutrice a distribué des feuilles de papier aux jeunes élèves. En haut de la feuille figurait une esquisse d’une sorcière mythique (je vous ai dit que ce n’est pas le jour férié que je préfère), qui se tenait au-dessus d’un chaudron bouillant. La question posée sur la page, pour encourager l’imagination des enfants et pour tester leurs compétences rudimentaires d’écriture, était : « Tu viens de boire une tasse du breuvage de la sorcière. Que t’est-il arrivé ? » Veuillez noter que cette histoire n’est pas donnée comme recommandation aux enseignants.

    « Tu viens de boire une tasse du breuvage de la sorcière. Que t’est-il arrivé ? » De sa plus belle écriture de débutante, notre petite fille a écrit : « Je mourrai et j’irai au ciel. Ça me plairait d’être là. J’aimerais beaucoup ça parce que c’est le meilleur endroit où aller parce qu’on est avec notre Père céleste. » Cette réponse a probablement surpris son institutrice mais, quand notre fille a rapporté son devoir terminé à la maison, nous avons remarqué qu’elle avait eu une étoile, la meilleure note.

    Dans la vraie vie, nous rencontrons des difficultés réelles et non imaginaires. Il y a des souffrances physiques, émotionnelles et spirituelles. Il y a des déchirements quand les situations sont très différentes de ce à quoi nous nous attendions. Il y a un sentiment d’injustice quand il nous semble que nous ne méritons pas notre situation. Il y a des déceptions quand une personne en qui nous avions confiance nous abandonne. Il y a des problèmes de santé et des revers financiers qui peuvent nous rendre perplexes. Il peut y avoir des moments de remise en question quand un point de doctrine ou un événement échappe à notre compréhension du moment.

    Quand des difficultés se présentent, quelle est notre réaction immédiate ? Est-ce la confusion, le doute ou un recul spirituel ? Cela porte-t-il atteinte à notre foi ? Accusons-nous Dieu ou les autres d’être responsables de notre situation ? Ou notre première réaction est-elle de nous rappeler qui nous sommes : l’enfant d’un père aimant ? Cela s’accompagne-t-il d’une confiance absolue qu’il permet qu’il y ait des souffrances terrestres parce qu’il sait que cela sera une bénédiction pour nous, comme le feu du fondeur, pour que nous devenions semblables à lui et obtenions notre héritage éternel9 ?

    J’ai participé récemment à une réunion avec Jeffrey R. Holland. Enseignant que la vie dans la condition mortelle peut être source de tourment mais que nos épreuves ont un objectif éternel, même si nous ne le comprenons pas sur le moment, frère Holland a dit : « Vous pouvez avoir ce que vous voulez, ou vous pouvez avoir quelque chose de mieux. »

    Il y a cinq mois, ma femme, Diane, et moi sommes allés en Afrique avec frère et sœur Bednar. Le sixième et dernier pays où nous nous sommes rendus était le Liberia. Le Liberia est un pays merveilleux, qui a un peuple noble et une histoire riche, mais les choses n’y ont pas été faciles. Des décennies d’instabilité politique et de guerre civile ont aggravé le fléau de la pauvreté. En plus de tout cela, le redoutable virus Ebola y a tué près de cinq mille personnes lors de la dernière épidémie. Nous étions le premier groupe de dirigeants de l’Église extérieurs à la région à se rendre à Monrovia, la capitale, depuis que l’Organisation Mondiale de la Santé avait déclaré qu’on pouvait le faire sans danger après l’épidémie d’Ebola.

    Par un dimanche matin très chaud et humide, nous nous sommes rendus dans un bâtiment loué pour les réunions dans le centre de la ville. Toutes les chaises disponibles étaient installées, ce qui faisait un total de trois mille cinq cents sièges. Le décompte final de l’assistance était de quatre mille cents personnes. Presque toutes les personnes qui étaient venues avaient dû faire le trajet à pied ou en utilisant un moyen de transport public peu pratique ; il n’était pas facile pour les membres de se réunir. Mais ils sont venus. La plupart sont arrivés plusieurs heures avant l’heure prévue pour la réunion. Quand nous sommes entrés dans le hall, l’atmosphère spirituelle était électrique ! Les saints étaient préparés à être instruits.

    Quand un orateur citait un passage d’Écriture, les membres disaient le verset à voix haute. Que le passage soit court ou long, toute l’assemblée répondait à l’unisson. Certes, nous ne recommandons pas nécessairement de le faire, mais c’était assurément impressionnant qu’ils en soient capables. Quant au chœur, il était puissant. Dirigés par un directeur de chœur enthousiaste et accompagnés par un jeune homme de quatorze ans au piano, les membres ont chanté avec beaucoup d’ardeur.

    Puis frère Bednar a pris la parole. C’était bien sûr le clou de la réunion que tous attendaient : entendre un apôtre enseigner et témoigner. De toute évidence mû par l’Esprit, au milieu de son discours, frère Bednar s’est arrêté et a dit : « Connaissez-vous ‘Quels fondements fermes’ ? »

    Quatre mille cents voix ont semblé rugir : « OUI ! »

    Il a alors demandé : « Connaissez-vous la septième strophe ? »

    Toute l’assemblée a de nouveau répondu : « OUI ! »

    L’arrangement du puissant cantique « Quels fondements fermes » chanté par le Chœur du Tabernacle mormon au cours des dix dernières années a inclus la septième strophe, qui n’était pas beaucoup chantée auparavant. Frère Bednar a dit : « Chantons les strophes un, deux, trois et sept. »

    Sans hésitation, le directeur de chœur s’est levé d’un bond et le pianiste détenteur de la Prêtrise d’Aaron a immédiatement et énergiquement commencé à jouer les accords d’introduction. Avec un degré de conviction que je n’ai jamais ressenti auparavant dans un cantique chanté par une assemblée, nous avons chanté les strophes un, deux et trois. Puis le volume et la puissance spirituelle se sont élevés quand quatre mille cents voix ont chanté la septième strophe, en déclarant :

    L’âme qui s’appuie sur Jésus pour se reposer,

    À ses ennemis, je ne l’abandonnerai ;

    Quand même l’enfer entier se déchaînerait,

    Jamais, non jamais ; jamais non jamais ;

    Jamais, non jamais je ne l’abandonnerai !10

    Ce jour-là, dans une des réunions spirituelles les plus remarquables de ma vie, j’ai appris une grande leçon. Nous vivons dans un monde qui peut nous amener à oublier qui nous sommes vraiment. Plus nous sommes entourés de distractions, plus il est facile de prendre notre relation avec Dieu à la légère, puis de l’ignorer, puis de l’oublier. Les saints du Libéria ont peu de biens matériels, et pourtant ils semblent tout avoir sur le plan spirituel. Ce que nous avons vu ce jour-là à Monrovia était un groupe de fils et de filles de Dieu, qui le savaient !

    Dans le monde actuel, où que nous vivions et quelle que soit notre situation, il est essentiel que notre identité la plus importante soit celle d’enfant de Dieu. Si nous le savons, cela permettra à notre foi de s’épanouir, nous motivera à nous repentir continuellement et nous donnera la force d’être « constant et immuable » tout au long de notre parcours dans la condition mortelle11. Au nom de Jésus-Christ. Amen.