1990-1999
L’entraide inspirée de l’Eglise

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L’entraide inspirée de l’Eglise


Le Sauveur, qui nous a montré l’exemple, est satisfait de ceux qui se souviennent «en toutes choses des pauvres et des nécessiteux, des malades et des affligés» (D&A 52:40).


Mes chers frères et sœurs, quelle magnifique journée de Pâques nous avons vécue. Quand je réfléchis à la vie et à la résurrection du Sauveur, les nombreuses images de ceux qui lui ont demandé de l’aide ne manquent pas de me venir à l’esprit. Je me représente bien les jambes déformées d’un homme infirme de naissance ou le visage baigné de larmes d’une veuve qui suit le corps de son fils unique que l’on emmène au tombeau. J’imagine le regard vide des affamés, les mains tremblantes des malades, la voix suppliante des condamnés, le regard triste de ceux qui sont rejetés. Ils se tournent tous vers un homme solitaire, un homme sans fortune, sans foyer, sans rang social.


Je vois cet homme, le Fils du Dieu vivant, regardant chacun d’eux avec une compassion infinie. D’un contact de sa sainte main, il apporte le réconfort aux découragés, la guérison aux malades, la libération aux condamnés. Il prononce un seul mot; celui qui était mort se lève de son cercueil et la veuve embrasse son fils revenu à la vie.


Ces actes miraculeux de miséricorde et de bonté, et d’autres, certains très connus, d’autres discrets, définissent pour moi l’une des caractéristiques les plus notables du Sauveur: Son amour et sa compassion pour ceux qui sont opprimés, fatigués, faibles, ceux qui souffrent. En fait, ces actes de compassion sont synonymes de son nom.


Près de 2000 ans se sont écoulés depuis le ministère dans la condition mortelle du Fils de Dieu, mais son exemple d’amour et ses enseignements sont toujours une partie intégrante de ce que nous sommes en tant qu’individus et en tant qu’Eglise. Aujourd’hui, grâce à son programme d’entraide inspiré, l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours et ses membres s’efforcent de suivre l’exemple du Sauveur en cherchant à soulager la souffrance et à promouvoir l’autonomie.


Aperçu de l’entraide de l’Église

Le programme d’entraide de l’Eglise est bien connu partout dans le monde. Toutes sortes de gens viennent jusqu’au siège de l’Eglise pour voir par eux-mêmes comment l’Eglise prend soin des pauvres et des nécessiteux sans créer de dépendance de la part de ceux qui reçoivent ou d’amertume de la part de ceux qui donnent. Le président d’un pays, après avoir visité Welfare Square (centre d’entraide, N.d.T.), a annulé tous ses autres rendez-vous de la journée. «Il y a ici quelque chose de plus important que tout ce que j’ai d’autre à mon emploi du temps, dit-il. Je dois rester ici et en apprendre davantage.»


Au cours des années, le programme d’entraide de l’Eglise s’est développé pour répondre aux besoins sans cesse croissants d’une Eglise en pleine expansion. En Amérique du Nord actuellement, 80 fermes de l’Eglise produisent de la nourriture pour les nécessiteux. 80 conserveries mettent sous emballage protecteur cette nourriture essentielle. Plus de 100 magasins de l’évêques sont prêts à aider plus de 10 000 évêques et présidents de branche à s’acquitter de leur obligation sacrée de rechercher et d’aider les pauvres et les nécessiteux de leur paroisse ou de leur branche. 50 centres de Deseret Industries offrent du travail et une formation à des milliers de personnes. Dans le monde, 160 centres d’aide à la recherche d’emploi aident plus de 78 000 personnes à trouver du travail chaque année. 65 bureaux des services sociaux de l’Eglise aident des couples membres de l’Eglise à adopter des enfants, et donnent des conseils à ceux qui en ont besoin.


Je suis certain que les grands dirigeants que le Seigneur a suscités pour lancer cet effort d’entraide actuel, seraient très satisfaits du développement présent de ce programme inspiré.


La façon du Seigneur

Joseph F. Smith a écrit: «Les saints des derniers jours ont toujours enseigné qu’on ne peut espérer qu’une religion qui n’a pas le pouvoir d’apporter le salut temporel aux gens et de les rendre prospères et heureux ici-bas, puisse les sauver spirituellement et leur permettre d’être exaltés dans la vie à venir1.»


Le temporel et le spirituel sont inséparablement liés. Lorsque nous donnons de notre temps, de nos talents et de nos moyens pour répondre aux besoins des malades, pour offrir de la nourriture à ceux qui ont faim et pour enseigner aux dépendants à se prendre en charge, nous nous enrichissons spirituellement plus que nous ne pouvons le comprendre.


Le Seigneur a déclaré dans une révélation à Joseph Smith: «J’ai l’intention de pourvoir aux besoins de mes saints… Mais il faut que cela se fasse à ma façon, et voici, telle est la façon que moi, le Seigneur, j’ai décrétée pour pourvoir aux besoins de mes saints: les pauvres seront élevés en ce que les riches seront abaissés2.» La façon du Seigneur consiste à aider les gens à s’aider eux-mêmes. Les pauvres sont élevés parce qu’ils travaillent pour l’aide temporelle qu’ils reçoivent, qu’on leur enseigne des principes corrects, et qu’ils sont capables de s’élever de la pauvreté à l’autonomie. Les riches sont abaissés parce qu’ils s’humilient pour donner généreusement de leurs moyens à ceux qui sont dans le besoin.


Nous enseignons aux membres de l’Eglise à être autonomes, à faire tout leur possible pour subvenir eux-mêmes à leurs besoins, puis à demander à leur famille l’aide dont ils ont besoin. Quand les membres et leur famille font tout ce qu’ils peuvent pour fournir ce qui est nécessaire mais qu’ils ne parviennent pas à répondre aux besoins de base, l’Eglise est prête à les aider.


Dans l’Eglise, l’évêque a la charge spécifique de prendre soin «des pauvres, des nécessiteux, des parents seuls, des personnes âgées, des handicapés, des orphelins, des veufs et de ceux qui ont des besoins particuliers3.»


J’ai appris comment un évêque a organisé des moyens pour aider un homme qui est venu lui demander de l’aide. Cet homme avait été heureux en mariage pendant des années, mais après être tombé dans l’alcoolisme et la drogue, il se retrouvait sans travail, sans foyer ni famille. Les dures années où il avait vécu dans la rue l’avaient dégradé et humilié. Le visage baigné de larmes, il a supplié son évêque de l’aider.


Le comité d’entraide de paroisse a discuté de ce cas difficile. Un frère connaissait un dentiste qui accepterait peut-être de remplacer la dent de devant cassée de cet homme. La présidente de la Société de Secours a signalé que des aliments nutritifs du magasin de l’évêque pourraient améliorer sa santé. Quelqu’un d’autre a fait remarquer que cet homme avait besoin qu’on passe du temps avec lui quotidiennement pour l’aider à trouver la force de surmonter son alcoolisme.


Tandis que les suggestions affluaient, l’évêque s’est rendu compte qu’une paroisse entière de frères et sœurs soucieux était prête à aider.


L’évêque a rapidement remarqué des améliorations. Les frères de la prêtrise ont donné une bénédiction à l’homme. Un dentiste charitable a remplacé sa dent cassée. La nourriture du magasin de l’évêque a amélioré sa santé. Un couple âgé fidèle a accepté de servir d’instructeurs au foyer spéciaux. Ils le voyaient quotidiennement pour l’aider à garder ses résolutions. 


En suivant des principes établis, cet homme a proposé d’aider des membres de la paroisse. Lentement, sa vie s’est mise à s’améliorer. Peu à peu, son air désespéré et misérable a fait place à la joie et au bonheur. Bien que cela ait été un processus douloureux, il a réussi à se libérer de son alcoolisme. Il est devenu pratiquant dans l’Eglise. Sa vie de pauvreté et de misère s’est transformée en une vie d’espoir et de bonheur. C’est là la façon du Seigneur de prendre soin de ceux qui sont dans le besoin.


L’Église et le secours humanitaire

L’Eglise ne limite pas ses efforts d’entraide à ses membres mais elle suit l’exhortation de Joseph Smith, le prophète, qui a dit: «Un homme empli de l’amour de Dieu, ne se contente pas de ne bénir que sa famille, mais se tourne vers le monde entier, désireux de bénir toute la race humaine4.» Il a demandé aux membres de l’Eglise «de nourrir ceux qui ont faim, de vêtir ceux qui sont nus, de subvenir aux besoins des veuves, de sécher les larmes des orphelins, de réconforter les affligés5.»


En un peu plus d’une décennie, l’Eglise à expédié plus de 27 000 tonnes de vêtements, 16 000 tonnes de nourriture et 3 000 tonnes de fournitures et de matériel médical et pédagogique pour soulager la souffrance de millions d’enfants de Dieu dans 146 pays dans de nombreuses parties du monde. Nous ne demandons pas: «Etes-vous membres de notre Église?» Nous demandons seulement: «Souffrez-vous?» 


Nous avons tous entendu parler du cyclone Mitch qui a dévasté le Nicaragua et le Honduras en octobre et novembre derniers. Avec une force terrible, il a inondé des maisons et provoqué des coulées de boue. Plus de dix mille personnes ont trouvé la mort et deux millions se sont retrouvées sans-abri. Ce terrible cyclone a détruit des maisons et couvert les rues d’une boue qui semblait aussi dure que du ciment. 


Presque immédiatement, l’Eglise a commencé à envoyer de la nourriture, des vêtements, des médicaments et des couvertures pour aider à la fois les membres de l’Eglise et ceux d’autres religions. Lorsque l’entraide arrivait à destination, des membres de l’Eglise venaient par centaines pour décharger les camions et répartir les produits dans des cartons. Le contenu de chaque carton permettait à une famille de survivre pendant une semaine. 


Notre cher président Hinckley, qui est le président du comité général de l’entraide, était très touché par toute cette souffrance en Amérique centrale. Par une nuit sans sommeil, il s’est senti poussé à aller manifester son amour et son soutien à ceux qui avait subi ces terribles pertes. La visite du prophète à redonné courage et espoir à des milliers de gens. «Tant que l’Eglise en aura les moyens, leur a-t-il dit, nous serons à vos côtés dans les temps difficiles6.» Et je vous témoigne, mes frères et sœurs, qu’il est réellement un prophète de Dieu. Et je le soutiens de tout mon cœur. 


En plus de l’aide apportée lorsqu’il se produit des catastrophes, près de 1 300 membres de l’Eglise ont accepté un appel du Seigneur à servir les nécessiteux dans de nombreux pays. Je vais vous donner deux exemples. 


David et Dovie Glines, d’Ivins, en Utah, vivent actuellement au Ghana, en Afrique, où ils enseignent l’action commerciale, l’informatique et la gestion aux gens qui cherchent à améliorer leur situation professionnelle. 


Mark Cutler est un chirurgien à la retraite de Clayton, en Californie. Sa femme, Bonie, et lui servent au Vietnam. Frère Cutler est consultant et formateur des médecins locaux. Sœur Cutler enseigne l’anglais et la terminologie médicale aux médecins et au personnel de l’hôpital. 


L’entraide et le membre


En plus d’aider les autres, les familles et les membres de l’Eglise feraient bien de réévaluer leur propre niveau d’autonomie. Nous pouvons nous poser quelques questions. 


Sommes-nous de sages intendants de notre argent? Dépensons-nous moins que nous ne gagnons? Évitons-nous les dettes superflues? Suivons-nous le conseil des Frères de «faire des réserves suffisantes de nourriture, de vêtements et, lorsque c’est possible, de combustible pour au moins un an7?» Enseignons-nous à nos enfants à apprécier et à ne pas gâcher ce qu’ils ont? Leur enseignons-nous à travailler? Comprennent-ils l’importance de la loi sacrée de la dîme? Avons-nous un niveau suffisant d’études et un emploi adéquat? Nous maintenons-nous en bonne santé en vivant la Parole de Sagesse? Sommes-nous à l’abri des effets de substances dangereuses? 


Si, en toute honnêteté, nous répondons «non» à l’une de ces questions, il serait souhaitable que nous améliorions notre plan d’autonomie. Les prophètes nous ont donné des recommandations de base. 


Premièrement, l’un des maux de notre époque est le péché de convoitise. Le désir excessif des biens matériels peut devenir une obsession qui accapare toutes nos pensées, épuise nos revenus et conduit au malheur. Certains membres de l’Eglise sont de plus en plus chargés de dettes superflues à cause de ce péché. Heber J. Grant a dit: «S’il y a une chose qui apportera la paix et la satisfaction dans le cœur humain et dans la famille, c’est de vivre selon nos moyens. Et s’il y a une chose qui soit opprimante, décourageante et démoralisante, c’est d’avoir des dettes et des obligations qu’on ne peut pas honorer8.»


Thomas S. Monson, président du comité exécutif de l’entraide de l’Eglise, a lancé l’exhortation suivante: «Le travail, l’économie, l’autonomie continuent d’être les principes directeurs de cet effort. Notre peuple doit éviter les dettes inutiles… ‹Paie ta dette; et tu vivras› (2 Rois 4:7). Quel sage conseil pour notre époque9!»


Deuxièmement, depuis le commencement, Dieu nous a commandé de travailler10 et nous a mis en garde contre l’oisiveté11. Malheureusement, beaucoup dans notre monde d’aujourd’hui encouragent l’oisiveté, particulièrement sous forme de distractions stupides, ne demandant aucune réflexion, comme on en trouve sur l’Internet, à la télévision et dans les jeux informatiques.


Troisièmement, je vous recommande le conseil du président Hinckley qui a dit: «Faites toutes les études que vous pouvez… Cultivez vos capacités intellectuelles et manuelles. Les études sont la clé des possibilités12.» Oui, les études sont le catalyseur qui révélera et affinera nos talents, nos compétences, nos capacités et les fera fleurir.


Quatrièmement, ceux qui choisissent de suivre l’exemple du Sauveur et de soulager la souffrance devraient regarder le montant de leurs offrandes de jeûnes. Ces fonds sacrés sont utilisés dans un seul et unique but: aider les malades, ceux qui souffrent et ceux qui sont dans le besoin. 


Une offrande de jeûne généreuse est une bénédiction pour ceux qui donnent abondamment et leur permet de devenir partenaires du Seigneur et de l’évêque en contribuant à soulager la souffrance et à favoriser l’autonomie. Lorsque nous sommes prospères, nous devrions peut-être réévaluer le montant de nos offrandes et voir si nous sommes aussi généreux avec le Seigneur qu’il l’est avec nous. 


Conclusion


Si le Seigneur était parmi nous aujourd’hui dans la condition mortelle, il serait en train de s’occuper des nécessiteux, de ceux qui souffrent et des malades. C’est peut-être, entre autre, inspiré par son exemple que Spencer W. Kimball a dit: «Quand on les regarde sous ce jour, on peut voir que les services d’entraide ne sont pas un programme, mais l’essence même de l’Evangile. C’est l’Evangile en action. C’est le principe suprême de la vie chrétienne13

Lorsque les programmes d’entraide ont humblement démarré au moment de la grande dépression économique des années 30, peu imaginaient que, soixante ans plus tard, ils se seraient développés au point de pouvoir être une bénédiction pour littéralement des millions de nécessiteux sur terre. 


Le beau cantique «Seigneur j’ai tant reçu» donne une leçon inspirée sur le don.


«Seigneur, par toi je suis aimé, nourri, choyé,


«Je ne peux ignorer ce qu’est la charité,

«Je ne peux refuser mon pain, mon feu, mon toit, mes tendres soins

«A celui qui est dans le besoin14

Mes frères et sœurs, le Sauveur, qui nous a montré l’exemple, est satisfait de ceux qui se souviennent «en toutes choses des pauvres et des nécessiteux, des malades et des affligés15.» Il est satisfait de celui qui «va au secours des faibles, fortifie les mains languissantes et affermit les genoux qui chancellent16.» 


Je prie pour que nous suivions son exemple. Au nom de Jésus-Christ. Amen. 9