1990-1999
«Il n’est point ici, mais il est ressuscité»

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«Il n’est point ici, mais il est ressuscité»


Ces simples paroles: «Il n’est point ici, mais il est ressuscité», sont devenues les plus significatives de toute la littérature… Elles sont l’accomplissement de tout ce qu’il avait dit concernant sa résurrection.


Mes frères et sœurs,C’est avec une profonde gratitude que je me tiens devant vous. Je me sens grandement béni. Je suis béni par votre amour. Où que j’aille, vous êtes si gentils avec moi. Je suis béni par votre foi. L’immense service que vous rendez, votre dévouement, votre fidélité, tout cela fait partie de ma propre foi. Vous êtes vraiment merveilleux. Il est tout à fait évident que l’Evangile, lorsqu’ils le suivent, rend les gens meilleurs qu’ils ne le seraient autrement.


Vous donnez si généreusement de votre temps et de vos moyens. Partout dans ce vaste monde, vous participez à l’édification du royaume de notre Père et à l’avancement de son œuvre.


J’ai téléphoné à un homme la semaine dernière. Il est à la retraite. Il a servi comme président de mission, et sa femme et lui servent maintenant comme missionnaires. Je lui ai demandé s’il accepterait d’aller présider un nouveau temple. Il a pleuré d’émotion. Il était tellement ému qu’il ne pouvait pas parler. Sa femme et lui vont quitter leurs enfants et leurs petits-enfants pour une autre longue période pour servir le Seigneur à un autre poste. Est-ce que leurs petits-enfants vont leur manquer? Bien sûr que oui. Mais ils vont partir, et ils vont servir fidèlement. 


Je suis profondément reconnaissant du dévouement et de la loyauté des membres de l’Eglise du monde entier qui répondent à tous les appels, quelles que soient les difficultés, quel que soit le confort qu’ils ont à quitter.


Mais de toutes les choses dont je suis reconnaissant, je le suis surtout en ce matin de Pâques du don de mon Seigneur et Rédempteur. C’est Pâques, et avec toute la chrétienté nous célébrons la résurrection de Jésus-Christ.


Ce n’était pas quelque chose d’ordinaire. C’est le plus grand événement de l’histoire humaine. Je n’hésite pas à le dire.


«Si l’homme une fois mort pouvait revivre», se disait Job (Job 14:14). Rien n’est plus important que cela.


Ceux d’entre nous qui vivent dans le confort et la sécurité pensent rarement à la mort. Nous avons d’autres pensées. Il n’y a pourtant rien de plus certain, rien de plus universel, rien de plus définitif que la fin de notre vie ici-bas. Personne ne peut y échapper, personne.


J’ai vu le tombeau de Napoléon à Paris, le tombeau de Lénine à Moscou, et celui de nombreux autres grands dirigeants de la terre. De leur vivant ils ont commandé des armées, ils ont exercé un pouvoir presque omnipotent, leurs paroles provoquaient la terreur dans le cœur des hommes. J’ai parcouru avec recueillement certains des grands cimetières du monde. J’ai réfléchi en silence dans le cimetière militaire de Manille, aux Philippines, où sont enterrés quelque 17 000 Américains qui ont donné leur vie au cours de la Deuxième Guerre mondiale et où est inscrit le nom de 35 000 autres qui sont morts dans les terribles batailles du Pacifique et dont on n’a jamais retrouvé le corps. J’ai parcouru avec recueillement le cimetière britannique de la banlieue de Rangoon, en Birmanie, et j’ai vu le nom de centaines de jeunes gens qui venaient des villages, des villes et des grandes cités des Iles britanniques et qui ont donné leur vie dans ce pays chaud si lointain. J’ai visité de vieux cimetières en Asie, en Europe et en d’autres lieux et j’ai réfléchi à l’existence de ceux qui ont été pleins de vie et heureux, qui avaient été créatifs et reconnus, qui avaient beaucoup donné au monde dans lequel ils avaient vécu. Ils sont tous tombés dans l’oubli de la tombe. Tous ceux qui ont vécu sur la terre avant nous sont partis maintenant. Ils ont tout laissé derrière eux et ils ont franchi le seuil de la mort silencieuse. Personne n’y a échappé. Tous sont partis vers cette «mystérieuse contrée d’où nul voyageur ne revient» (Hamlet, III, I, 56, traduction d’André Gide), comme l’a décrite Shakespeare.


Mais Jésus le Christ a changé tout cela. Seul un Dieu pouvait faire ce qu’il a fait. Il a brisé les liens de la mort. Il devait lui aussi mourir, mais le troisième jour suivant sa mise au tombeau, il est ressuscité, «prémices de ceux qui sont morts» (1 Cor. 15:20); il nous a ainsi apporté à tous la bénédiction de la résurrection.


Méditant cette chose merveilleuse, Paul a déclaré: «O mort, où est ta victoire? O mort, où est ton aiguillon?» (1 Cor. 15:55).


Il y a deux semaines, j’étais à Jérusalem, cette grande et antique cité que Jésus a parcouru il y a deux mille ans. D’une hauteur, j’ai contemplé la partie ancienne de la ville. J’ai pensé à Bethléhem, quelques kilomètres au sud, où il est né dans une humble crèche. Lui, qui était le Fils de Dieu, le Fils unique, a quitté la demeure céleste de son Père pour revêtir la mortalité. Lors de sa naissance, des anges ont chanté et les Mages sont venus apporter des cadeaux. Il a grandi comme les autres garçons de Nazareth, en Galilée. C’est là qu’il a grandi «en sagesse, en stature, et en grâce devant Dieu et devant les hommes» (Luc 2:52).


Avec Marie et Joseph, il s’est rendu à Jérusalem quand il avait douze ans. Sur le chemin du retour, ils se sont aperçus qu’il n’était pas avec eux. Ils sont revenus à Jérusalem et l’ont trouvé dans le temple en conversation avec les docteurs de la loi. Quand Marie lui a reproché de ne pas être resté avec eux, il a répondu: «Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon Père?» (Luc 2:49). Ses paroles révélaient son futur ministère.


Ce ministère a commencé lorsqu’il s’est fait baptiser par son cousin Jean dans le Jourdain. Lorsqu’il est sorti de l’eau, le Saint-Esprit est descendu sur lui sous la forme d’une colombe, et la voix de son Père s’est fait entendre disant: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection» (Matthieu 3:17). Cette déclaration a été l’affirmation de sa divinité.


Il a jeûné pendant quarante jours et a été tenté par le diable qui cherchait à le faire renoncer à la mission qui lui avait été confiée par Dieu. A la proposition de l’adversaire, il a répondu: «Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu» (Matthieu 4:7), déclarant à nouveau sa filiation divine.


Il a parcouru les routes poussiéreuses de Palestine. Il n’avait pas de foyer, pas d’endroit où poser la tête. Son message était l’Evangile de paix. Ses enseignements étaient la générosité et l’amour. «Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau» (Matthieu 5:40).


Il a enseigné avec des paraboles. Il a accompli des miracles tels qu’il n’en a jamais été accompli auparavant ou depuis. Il a guéri ceux qui étaient malades depuis longtemps. Il a rendu la vue aux aveugles, l’ouïe aux sourds et a fait marcher les boiteux. Il a ressuscité les morts et ils ont retrouvé la vie pour le louer. Il est certain qu’aucun homme n’avait fait de telles choses auparavant.


Quelques-uns l’ont suivi, mais la plupart l’ont haï. Il a dit que les scribes et les pharisiens étaient des hypocrites et des sépulcres blanchis. Ils ont comploté contre lui. Il a chassé les changeurs de la Maison du Seigneur. Ils ont sans aucun doute rejoint ceux qui prévoyaient de le détruire. Mais cela ne l’a pas découragé. Il «allait de lieu en lieu faisant du bien» (Actes 10:38).


Tout cela n’était-il pas suffisant pour qu’on se souvienne de lui éternellement? Cela n’était-il pas suffisant pour que l’on mette son nom parmi, ou même avant, ceux des grands hommes qui ont vécu sur terre et dont on se souvient pour ce qu’ils ont dit ou fait? Il aurait certainement figuré parmi les plus grands prophètes de tous les temps.


Mais tout cela n’était pas suffisant pour le Fils du Tout-puissant. Ce n’était que le prélude à de plus grandes choses à venir. Elles se sont produites de manière étrange et terrible.


Il a été trahi, arrêté, condamné à mort, à mourir d’une abominable agonie par crucifixion. Vivant, son corps a été cloué sur une croix de bois. Dans une douleur inexprimable, sa vie l’a lentement quitté. Alors qu’il respirait encore il s’est écrié: «Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font» (Luc 23:34).


La terre a tremblé et son esprit l’a quitté. Le centenier qui avait tout observé a déclaré solennellement: «Assurément, cet homme était Fils de Dieu» (Matthieu 27:54).


Ceux qui l’aimaient ont descendu son corps de la croix. Ils l’ont enveloppé d’un linceul et l’ont placé dans un sépulcre neuf offert par Joseph d’Arimathée. Le tombeau a été fermé par une grosse pierre, et gardé.


Ses amis ont dû pleurer. Les apôtres qu’il aimait et qu’il avait appelés comme témoins de sa divinité ont pleuré. Les femmes qui l’aimaient ont pleuré. Personne n’avait compris ce qu’il avait dit sur sa résurrection le troisième jour. Comment pouvaient-ils comprendre? Cela ne s’était jamais produit jusqu’alors. C’était sans précédent. C’était incroyable, même pour eux.


Ils ont dû éprouver un terrible sentiment d’abandon, de désespoir et de douleur en pensant à leur Seigneur que la mort leur avait pris.


Mais ce n’était pas la fin. Le matin du troisième jour, Marie de Magdala et l’autre Marie sont retournées au tombeau. A leur grand étonnement la pierre avait été déplacée et le tombeau était ouvert. Elles ont regardé à l’intérieur. Deux personnages en blanc étaient assis à la tête et au pied de l’endroit où avait reposé le corps. Un ange leur est apparu et leur a dit: «Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant? Il n’est point ici, mais il est ressuscité. Souvenez-vous de quelle manière il vous a parlé, lorsqu’il était encore en Galilée, et qu’il disait: Il faut que le Fils de l’homme soit livré entre les mains des pécheurs, qu’il soit crucifié, et qu’il ressuscite le troisième jour» (Luc 24:5-7).


Ces simples paroles: «Il n’est point ici, mais il est ressuscité», sont devenues les plus significatives de toute la littérature. C’est la proclamation du tombeau vide. C’est l’accomplissement de tout ce qu’il avait dit concernant sa résurrection. C’est la réponse triomphante à la quête de tout homme, toute femme et tout enfant né sur la terre.


Le Seigneur ressuscité s’est adressé à Marie et elle lui a répondu. Ce n’était pas une apparition. Ce n’était pas l’effet de l’imagination. Il était réel, aussi réel qu’il l’avait été durant sa vie mortelle. Il ne lui a pas permis de le toucher. Il n’était pas encore monté vers son Père dans les cieux. Cela allait se produire rapidement. Cela a dû être des retrouvailles merveilleuses, être dans les bras du Père qui l’aime et qui avait aussi dû pleurer pour lui durant ses heures d’agonie.


Il est ensuite apparu à deux hommes sur le chemin d’Emmaüs. Il a parlé avec eux et a partagé leur repas. Il a rencontré ses apôtres derrière des portes closes et les a instruits. Thomas n’était pas présent la première fois. La deuxième fois, le Seigneur lui a proposé de toucher ses mains et son côté. Emerveillé, Thomas s’est exclamé: «Mon Seigneur et mon Dieu!» (Jean 20:28). Le Sauveur s’est adressé ensuite à un groupe de cinq cents personnes.


Qui peut contredire le récit de ces faits? Il n’y a pas la moindre trace de reniement du témoignage de ceux qui ont vécu ces événements. Il y a de nombreuses preuves qu’ils ont témoigné de ces événements tout au long de leur existence, donnant même leur vie pour sceller la réalité des choses qu’ils ont vécues. Leurs paroles sont claires et leur témoignage est sûr.


Des millions d’hommes et de femmes ont accepté ce témoignage au cours des siècles. D’innombrables personnes ont vécu et sont mortes en affirmant cette vérité qu’elles avaient reçue par le pouvoir du Saint-Esprit et qu’elles ne pouvaient absolument pas renier. Il n’y a certainement aucun autre événement de l’histoire humaine dont la réalité ait été aussi largement attestée.


Et il y a un autre témoignage. Le compagnon de la Bible, le Livre de Mormon, atteste que le Sauveur est apparu non seulement aux habitants de l’ancien monde, mais aussi à ceux du nouveau monde. N’avait-il pas une fois déclaré: «J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie; celles-là, il faut que je les amène; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger» (Jean 10:16).


Il est apparu aux habitants de l’Amérique après sa résurrection. Alors qu’il descendait des cieux, la voix de Dieu, le Père éternel, a de nouveau déclaré solennellement: «Voici mon Fils bien-aimé, en qui je me complais, en qui j’ai glorifié mon nom: écoutez-le» (3 Néphi 11:7).


Là encore, il a appelé douze apôtres pour être témoins de son nom et de sa divinité. Il a instruit les gens, les a bénis et guéris comme il l’avait fait en Palestine, et la paix a régné dans le pays pendant deux cents ans, tant que les habitants se sont efforcés de vivre selon ce qu’il leur avait enseigné.


Et si tout cela n’est pas suffisant, il y a le témoignage sûr, certain et sans équivoque du grand prophète de notre dispensation, Joseph Smith. Lorsqu’il était jeune, il est allé dans les bois pour prier, recherchant la lumière et la compréhension. Et là lui sont apparus deux personnages dont l’éclat et la gloire défient toute description, se tenant au-dessus de lui dans les airs. L’un d’eux s’est adressé à lui, l’appelant par son nom, et a dit, en lui montrant l’autre: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Ecoute-le!» (Voir Joseph Smith, Histoire 1:17).


Ce même Joseph a déclaré par la suite: «Et nous vîmes la gloire du Fils, à la droite du Père, et reçûmes de sa plénitude... 


«Et maintenant, après les nombreux témoignages qui ont été rendus de lui, voici le témoignage, le dernier de tous, que nous rendons de lui: qu’il vit!» (D&A 76:20, 22).


Et donc, en ce merveilleux matin de Pâques, en qualité de serviteurs du Tout-puissant, en qualité de prophètes et apôtres dans cette grande cause, nous élevons la voix pour témoigner de notre Sauveur immortel. Il est venu sur la terre en tant que Fils du Père éternel. Il a fait ce qu’Esaïe avait prophétisé qu’il devait faire. «Ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé... 


« … Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris» (Esaïe 53:4-5).


Revêtu d’une immortalité éternelle, il est sorti le troisième jour du tombeau creusé dans le roc. Il a parlé à de nombreuses personnes. Son Père a affirmé de façon répétée qu’il est son Fils divin.


Louange au Tout-puissant. Son Fils glorifié a brisé les liens de la mort. C’est la plus grande de toutes les victoires. Comme Paul l’a déclaré: «Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ» (1 Cor. 15:22).


Il est notre Seigneur triomphant. Il est notre Rédempteur qui a expié nos péchés. Grâce à son sacrifice expiatoire tous les hommes ressusciteront. Il a ouvert la voie par laquelle nous pouvons obtenir non seulement l’immortalité, mais aussi la vie éternelle.


En ma qualité d’apôtre du Seigneur Jésus-Christ, je témoigne de ces choses en ce jour de Pâques. Je le fais solennellement, avec recueillement et gratitude. Au nom du Seigneur Jésus-Christ. Amen. 9