La salle de cours, endroit très propice à une progression régulière et continue
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    La salle de cours, endroit très propice à une progression régulière et continue

    Le but de l’instructeur… est de favoriser la présence de l’Esprit et [de permettre] à l’élève de découvrir personnellement la vérité et d’avoir envie de l’appliquer.

    Il y a plusieurs mois, mon mari a accompli le baptême d’une amie très chère. Pendant le service, je repensais à ses années de préparation à cet événement unique, aux principes enseignés avec soin, observés constamment et acceptés avec quiétude, à la reconnaissance de la main de Dieu dans les événements de la vie, à la confirmation de l’Esprit à l’occasion de choix difficiles mais justes. Je me rappelais le passé et me réjouissais du présent; et je ne pouvais m’empêcher de prévoir l’avenir. De tout mon cœur, j’espérais que cette femme de valeur resterait pratiquante dans l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours jusqu’à la fin de sa vie, qu’elle continuerait à apprendre et à appliquer l’Evangile et à connaître la plénitude de ses bénédictions.

    Ce matin, au souvenir de ces espoirs, ma pensée est pour les 375 469 1 autres baptisés de l’année dernière. Je pense aussi à tous les autres membres: environ 9 millions de personnes entrées auparavant dans les eaux du baptême. Chacun de nous a vécu une expérience différente, mais chacun est parvenu à cette ordonnance après avoir reçu l’enseignement des principes véritables du Royaume, avoir ressenti l’Esprit, avoir compris comment la doctrine s’intègre à notre vie, et s’être montré disposé à essayer de toujours mettre cette vérité en application.

    Cela paraît trop dur de penser à l’éventualité, voire la probabilité que nous ne continuerons pas tous à nous accrocher à l’Eglise et à ses principes2. Beaucoup d’entre nous quitteront cette heureuse assemblée et n’y reviendront jamais. Certains la quitteront pour quelque temps et y reviendront, plus reconnaissants de pouvoir prendre part au royaume de Dieu sur la terre. La réalité de la vie est que, chaque jour, chacun de nous risque de se laisser éloigner ou même de devenir volontairement non pratiquant.

    Nous disposons de tant de choses pour nous aider à rester pratiquants. Ce matin, je vais vous parler seulement de l’une d’elles. Je veux souligner que la salle de cours normale de l’Eglise est un cadre très propice à la progression régulière et continue dans l’Evangile.

    Les cours de l’Ecole du Dimanche, de la prêtrise, de la Société de Secours, des Jeunes Filles, de la Primaire, du séminaire et de l’institut peuvent être donnés dans des bâtiments consacrés, sous un arbre ou au foyer. Cependant, chaque cours fait partie d’un plan qui nous permet d’apprendre l’Evangile pendant toute notre vie. Nous pouvons espérer beaucoup de la puissance de ces heures d’étude! Les cours de l’Eglise constituent un lieu où nous pouvons vivre de manière répétée ce qui nous a conduit dans les eaux du baptême, où nous apprenons la doctrine et recevons le témoignage de sa véracité, où nous comprenons petit à petit comment la doctrine s’applique dans la réalité de la vie quotidienne et où nous acceptons de changer de comportement en fonction de cela.

    Les Ecritures3 sont le programme fondamental de tous les cours de l’Eglise: elles contiennent la doctrine immuable du royaume de Dieu. C’est cette vérité qui nous a amenés dans l’Eglise. Si nous ne continuons pas à l’apprendre, nous risquons de ne pas rester dans l’Eglise. Vous vous enseignerez «l’un à l’autre la doctrine du royaume… afin que vous soyez préparés en tout»4.

    Boyd K. Packer a dit: «La vraie doctrine, quand nous la comprenons, change les attitudes et le comportement5.» Comment savons-nous quelle doctrine enseigner chaque semaine? Elle est définie dans l’objectif de la leçon. Cependant, comment parvenons-nous à comprendre la doctrine de telle sorte qu’elle change nos attitudes et notre comportement?

    Pour le comprendre vraiment, nous devons voir l’application de la doctrine. Dans les manuels de leçons, les histoires, exemples, activités et jeux proposés sont destinés à aider les élèves à comprendre la doctrine appliquée dans la vie réelle.

    Comme la vie quotidienne des gens est très différente d’un pays à l’autre dans les 160 différents pays où nous avons des cours, les histoires et les exemples des manuels peuvent parfois embrouiller les élèves. Les instructeurs peuvent prier pour les adapter, en veillant toujours à ce que les activités pédagogiques choisies illustrent bien la doctrine.

    Le but de l’instructeur n’est pas seulement de faire un exposé sur la vérité. Il est de permettre à l’Esprit de se manifester et d’utiliser les techniques qui permettront le mieux à l’élève de découvrir personnellement la vérité et d’avoir envie de l’appliquer. Bien que l’enseignement soit un don inné chez certains, on peut apprendre les techniques pédagogiques. Comment pouvez-vous faire pour développer vos talents d’instructeur? Pouvez-vous observer les autres et apprendre d’eux? Pouvez-vous vous mettre en contact avec un instructeur que vous admirez en lui demandant de vous observer et de vous faire des suggestions? Et votre présidence de la Primaire, si vous êtes instructeur à la Primaire, ou votre présidence de l’Ecole du Dimanche si vous enseignez à l’Ecole du Dimanche? Demander régulièrement et précisément de l’aide à votre coordonnateur de formation pédagogique vous mettra en contact avec d’abondantes ressources6. Il n’est pas nécessaire que nous nous débattions seuls dans l’Eglise. Il y a de l’aide partout. Nous pouvons chercher avec courage et en priant, à apprendre et à appliquer de nouvelles techniques.

    J’ai eu un jour une conversation que je n’oublierai pas avec un jeune homme. En me racontant qu’il avait été pratiquant, complètement non pratiquant puis était redevenu pratiquant, il m’a dit qu’il avait était marqué par deux cours. Il a dit: «Vers mes quinze ans, j’ai commencé à me poser beaucoup de questions sur l’Eglise. Je croyais que je pourrais parler de mes questions à l’Eglise, mais je n’en ai pas eu l’occasion. A la prêtrise, il semblait que tout le monde parlait le plus souvent du match de la veille. L’Ecole du Dimanche n’était guère différente: une petite leçon de rien pendant les cinq dernières minutes, où l’instructeur posait des questions du style «devinez la bonne réponse du manuel».

    Eh bien, d’autres choses se sont produites: les sorties tardives le samedi soir, un changement à des réunions plus matinales, et le jeune homme a cessé d’y assister. Plusieurs années se sont écoulées avant qu’il ne retourne à l’Eglise. Son visage s’est éclairé alors quand il m’a parlé de son cours d’Ecole du Dimanche.

    «L’instructeur ne payait pas de mine mais il était si enthousiaste lorsqu’il enseignait. Il ne perdait pas une minute. Il posait des questions importantes. Tout le monde avait ses Ecritures. On cherchait les versets. On échangeait des idées. On s’écoutait mutuellement. On parlait des problèmes de l’école et de leur rapport avec la leçon. On voyait bien que les élèves de la classe étaient tous différents, mais ils avaient un point commun surprenant: cela les intéressait tous d’apprendre l’Evangile. Il ne m’a pas fallu plus de cinq minutes pour comprendre que ma place, c’était là.»

    Quelle différence dans ces expériences! Imaginez un peu des centaines de milliers de classes tous les dimanches, chacune avec son instructeur qui comprend que l’apprentissage doit être effectué par l’élève. C’est donc l’élève qu’il faut faire agir. Quand un instructeur prend le premier rôle, devient la vedette, est seul à parler et prend par ailleurs toute l’activité à son compte, il est presque certain qu’il empêche les membres de la classe de bien apprendre7

    Le bon instructeur ne se demande pas ce qu’il va faire en classe mais ce que ses élèves vont faire pendant le cours, non pas ce qu’il va enseigner aujourd’hui mais comment il va aider ses élèves à apprendre ce qu’ils ont besoin de savoir8. Le bon instructeur ne veut pas d’élèves qui quittent la salle en vantant les mérites exceptionnels de l’instructeur. Cet instructeur veut que les élèves partent en parlant des merveilles de l’Evangile!

    Nous apprenons mieux dans un climat de confiance et de sécurité. Cela veut dire que l’on respecte les questions et la participation de chacun. Quand nous nous sentons en sécurité et intégré, nous pouvons poser des questions qui nous aideront à comprendre l’Evangile. Nous pouvons exprimer des idées et des témoignages qui pourront aider quelqu’un d’autre9. Nous pouvons nous tromper sans être gênés quand nous essayons d’appliquer les leçons qui ont été enseignées. Par contre, quand nous sentons que nous devons nous protéger et nous défendre ou paraître meilleurs que nous ne le sommes, nous dispersons notre énergie et nous limitons nos occasions d’apprendre ainsi que celles des autres. L’instructeur et les élèves ont la responsabilité commune d’entretenir un esprit de confiance et de sécurité.

    J’ai entendu Janette Beckham, présidente générale des jeunes filles, parler simplement de l’instruction d’une classe. Elle dit: «L’instructrice a la responsabilité de présenter la leçon et d’aider à poser les jalons. Le milieu du cours appartient aux élèves, c’est là qu’ils participent et s’efforcent de comprendre et d’appliquer. Ensuite l’instructrice doit veiller au temps parce que les dernières minutes lui reviennent. Elle a la responsabilité d’éclaircir et de résumer la doctrine enseignée afin que les élèves partent en ayant le message clairement à l’esprit. Elle peut alors rendre personnellement témoignage du principe commenté10».

    Pour conclure, accompagnez-moi dans une classe de jeunes filles de 12 et 13 ans. Ecoutez les élèves en train de découvrir la doctrine. Remarquez l’expérience que l’instructrice donne aux élèves afin qu’elles puissent relier la doctrine à la réalité de leur vie. Ressentez aussi le témoignage de l’Esprit:

    Notre instructrice approche sa chaise du demi-cercle de cinq jeunes filles. «Nous avons une invitée qui attend dehors», dit-elle. «C’est sœur Jonas. Elle a accepté de nous montrer son bébé et de nous dire ce qu’elle ressent maintenant qu’elle est mère. En observant le bébé, remarquez aussi sa mère, sa manière de traiter son bébé, ce qu’elle fait, ce qu’elle dit. Nous allons parler de son passage après son départ.»

    Sœur Jonas entre et passe sept à huit minutes à parler de son bébé et à répondre aux questions. Les jeunes filles la remercient et elle sort de la salle de classe.

    «Le bébé était adorable, n’est-ce pas?», dit notre instructrice pour répondre au brouhaha admiratif qui règne dans la classe. «Mais qu’avez-vous remarqué à propos de la mère?»

    Il y a un instant de silence, puis quelqu’un répond: «Ben, elle était heureuse.» Quelqu’un d’autre: «Elle n’a pas arrêté de bercer son bébé tant qu’elle le tenait.» Quelques autres réponses, puis Katie commence: «Elle, heu, parlait tout doucement.»

    «Mais encore?», dit tendrement l’instructrice.

    «Eh bien, sa voix me rappelle celle de ma mère quand elle nous a appelés de la maternité pour nous annoncer que nous avions une autre sœur, l’an dernier.»

    L’instructrice se tourne vers les autres jeunes filles: «Qu’est-ce que vous en pensez? Quelqu’un d’autre a remarqué sa voix?»

    Les jeunes filles réfléchissent davantage et commencent à répondre en employant des mots comme respect, céleste et amour.

    L’instructrice dit: «Je crois que je comprends. Je crois que ces paroles nous viennent à l’esprit parce que nous reconnaissons un grand don de notre Père céleste. Il nous aime et nous fait tellement confiance qu’il est disposé à partager avec nous son pouvoir créateur. Nous ressentons tant de reconnaissance et de respect pour cette confiance. La mère a un rôle divin.»

    Après cette déclaration claire de doctrine et ce témoignage, notre instructrice passe à une activité où les jeunes filles définissent les qualités de leurs mères, qui montrent qu’elles comprennent la nature divine du rôle de mère. «Chacune d’entre vous pourrait-elle se préparer à son rôle de mère dès maintenant en mettant en pratique l’une de ces qualités, peut-être en étant plus patiente, plus gentille ou plus positive cette semaine?»

    Chaque jeune fille parle de ce qu’elle a choisi. Notre instructrice rend personnellement témoignage. On fait la prière de clôture.

    Un cours simple. Pas d’histoire sensationnelle, pas d’élèves brillants mais préparés à participer, pas d’instructrice exceptionnellement douée, mais une instructrice qui se prépare à l’aide de la prière et qui utilise des techniques qui lui permettent d’aider les membres de sa classe à comprendre et à appliquer la vraie doctrine.

    La semaine dernière, j’ai téléphoné à notre amie qui vient de se faire baptiser pour lui demander comment elle allait. Elle m’a répondu avec enthousiasme: «Mon mari et moi avons été appelés pour enseigner un cours aux 15-16 ans, et cela m’apprends beaucoup de choses!» J’ai été rassurée et très heureuse. Quel meilleur endroit qu’une salle de classe pour elle et pour chacun d’entre nous! Le président Hinckley nous encourage en nous disant que nous participons tous à la tâche et que nous avons une grande œuvre à accomplir. Chaque instructeur peut enseigner mieux11.» J’ajouterais: Chaque élève peut apprendre mieux. Et chaque salle de classe peut aussi être meilleure.

    Je prie pour que nous restions solidaires en apprenant d’une manière efficace en classe. Au nom de Jésus-Christ. Amen.