Témoins de Dieu
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    Témoins de Dieu

    Offrir l’Evangile à ceux que nous rencontrons et à notre famille est notre obligation dans l’alliance… Un effort honnête pour respecter notre part de l’alliance permet à Dieu d’accroître notre puissance pour le faire.

    Les saints des derniers jours sont un peuple d’alliance. Depuis le jour de notre baptême et tout au long des événements spirituels de notre vie, nous faisons des promesses à Dieu et il nous fait des promesses. Il tient toujours ses promesses offertes par l’intermédiaire de ses véritables serviteurs, mais l’épreuve cruciale de notre vie est de voir si nous ferons des alliances avec lui et si nous les garderons.

    J’ai constaté une fois de plus la puissance à garder les alliances grâce à une conversation que j’ai eue par hasard avec un homme assis à côté de moi au cours d’un voyage. Je ne l’avais jamais rencontré, mais apparemment il m’avait remarqué dans la foule, parce que ses premières paroles lorsque je me suis présenté ont été: «Je vous avais remarqué.» Il m’a parlé de son travail. Je lui ai parlé du mien. Il m’a posé des questions sur ma famille et puis il m’a parlé de la sienne. Il m’a dit que son épouse était membre de l’Eglise mais qu’il ne l’était pas.

    Lorsqu’il a été mis en confiance, il m’a dit à peu près: «Il y a quelque chose que vous devriez améliorer dans votre Eglise. Vous devriez dire à vos gens qu’il y a un moment où il faut arrêter.» Il a expliqué qu’il était marié depuis 25 ans. Son épouse était membre de l’Eglise depuis son enfance. Depuis qu’ils étaient mariés, elle n’était entrée dans une église qu’une seule fois, et c’était pour visiter un temple avant sa consécration, et seulement parce que ses parents avaient tout arrangé.

    Puis il m’a dit pourquoi il pensait que nous devions changer. Il a expliqué qu’au cours de ces 25 années de vie commune où son épouse n’avait montré aucun intérêt pour l’Eglise, des instructeurs au foyer et des sœurs visiteuses n’avaient jamais cessé de leur rendre visite. Il a raconté qu’un soir où il était sorti promener son chien pour être seul, il avait rencontré l’instructeur au foyer qui était aussi avec son chien et qui voulait discuter avec lui.

    Avec une note d’exaspération, il m’a parlé d’un autre soir où rentrant d’un long voyage d’affaires, en sortant du garage où il venait de ranger sa voiture il avait trouvé ses instructeurs au foyer tout souriants. Il m’a dit à peu près: «Et ils étaient là, juste devant moi, avec encore une assiette de biscuits.»

    Je crois que j’ai compris ce qu’il ressentait. J’ai essayé de mon mieux de lui expliquer comme il serait difficile d’enseigner à de tels instructeurs qu’il fallait arrêter. Je lui ai dit que l’amour que ces nombreux visiteurs lui avaient témoigné au cours des années malgré le peu de réaction, était le résultat d’une alliance qu’ils avaient faite avec Dieu. Je lui ai parlé de l’alliance du baptême comme Alma la décrit dans le Livre de Mormon. Je n’ai pas cité les paroles, mais vous vous souvenez ce qu’il a demandé à ceux qu’il avait instruits s’ils souhaitaient se faire baptiser.

    «Et il leur dit: Voici les eaux de Mormon (car elles étaient ainsi nommées), et puisque vous désirez entrer dans la bergerie de Dieu, être appelés son peuple, et que vous êtes disposés à porter les fardeaux les uns des autres, pour qu’ils soient légers;

    «Oui, et êtes prêts à pleurer avec ceux qui pleurent, à consoler ceux qui ont besoin de consolation, et à être les témoins de Dieu, en tout temps, en toutes choses et en tous lieux où vous serez, même jusqu’à la mort, afin d’être rachetés de Dieu, et de pouvoir être comptés au nombre de ceux de la première résurrection, pour avoir la vie éternelle» (Mosiah 18:8-9).

    Ces instructeurs au foyer et ces instructrices visiteuses avaient compris et croyaient que l’alliance d’être témoins et celle d’aimer étaient interdépendantes et se renforçaient mutuellement. Il n’y a pas d’autres manières d’expliquer ce qui s’était passé. Mon nouvel ami reconnaissait que les visiteurs se souciaient sincèrement de lui et de son épouse. Et il savait que leur attitude venait d’une croyance qui les poussait à revenir. Il semblait, tout au moins à moi, que ces visiteurs étaient motivés par une alliance qu’ils ne voudraient pas briser. Lorsque nous nous sommes quittés, je pense qu’il savait qu’il aurait d’autres visites, d’autres preuve d’amitié et d’autres attentes patientes d’une occasion de rendre témoignage de l’Evangile rétabli. Lorsque nous nous sommes quittés, je me suis rendu compte que j’avais aussi appris quelque chose. Je ne verrai plus jamais l’enseignement au foyer et les visites de la Société de Secours comme n’étant que des programmes de l’Eglise. Ces instructeurs fidèles avaient compris la véritable signification de ce qu’ils faisaient. Cette œuvre est une occasion, pas un fardeau. Chaque membre a fait l’alliance dans les eaux du baptême d’être témoin de Dieu. Chaque membre a fait l’alliance d’accomplir des œuvres d’amour comme le Sauveur le ferait. Donc tout appel à rendre témoignage et à prendre soin des autres n’est pas une demande de service supplémentaire; c’est une bénédiction préparée par un Père céleste aimant et par son Fils Jésus-Christ. Ils ont prévu de tels appels, ainsi que d’autres situations parfois sans appel officiel, dans le même but. C’est chaque fois l’occasion de montrer les bénédictions qui découlent du fait d’être un peuple d’alliance, et ce sont toutes des occasions dont vous avez accepté la responsabilité. Ce sont toutes des responsabilités sacrées envers les autres que nous avons acceptées dans les eaux du baptême, mais que nous avons trop souvent négligées parce que nous n’avons pas compris leur vraie nature.

    La puissance de cette alliance d’aimer et de témoigner doit transformer ce que font les membres dans d’autres situations de par le monde. L’une des plus importantes étant le milieu familial. Les prophètes de notre époque ont regroupé nos réunions du dimanche pour permettre aux familles de passer du temps ensemble. Les prophètes ont aussi été inspirés à nous faire réserver le lundi soir pour les soirées familiales. Ces occasions impliquent des choix. Dans des milliers de foyers, les choix sont guidés par l’alliance de réconforter ceux qui ont besoin de réconfort et d’être témoins de Dieu.

    Le regroupement des réunions du dimanche et la création d’une soirée familiale ont tous deux pour but de fournir aux familles des occasions de prendre ensemble le temps de rendre un service chrétien et d’étudier les Ecritures et les principes de l’Evangile. La puissance de cette possibilité a été enseignée par le président Kimball de cette manière: «Je me demande à quoi ressemblerais ce monde si chaque père et chaque mère rassemblaient autour d’eux leurs enfants au moins une fois par semaine, leur expliquaient l’Evangile et leur rendaient de fervents témoignages. Comment l’immoralité pourrait-elle continuer, comment l’infidélité pourrait-elle briser les familles et comment la délinquance pourrait-elle se répandre? (The Teachings of Spencer W. Kimball, éd. Edward L. Kimball, 1982, p. 345).

    Au cours de ces heures du dimanche et de la soirée familiale, on peut à la fois prendre réellement soin de chacun, enseigner l’Evangile et rendre témoignage. De par le monde, il y a des familles qui aiment et comprennent leurs alliances et qui font cela. Par ma fenêtre, j’ai vu des parents, accompagnés de leurs enfants, se rendre chez un voisin pour offrir du réconfort, pour rendre un service chrétien. Je n’y étais pas pour le voir, mais la chaleur de ces moments s’est certainement prolongée au foyer lorsqu’ils ont chanté un cantique de Sion, fait une prière contenant une demande pour la personne visitée, lu les Ecritures, enseigné une courte leçon et rendu témoignage de l’Evangile rétabli.

    J’aimerais faire une mise en garde et donner une promesse concernant les choix faits pour utiliser le temps familial. Une personne qui n’est pas encore membre de l’Eglise et qui ne suscite pas de tels moments d’amour et de foi, manque simplement une occasion. Mais pour ceux qui ont fait alliance, c’est beaucoup plus. Il y a peu d’endroits où il est plus facile qu’au foyer de garder l’alliance d’aimer et de rendre témoignage. Et il y a peu d’endroits où cela peut avoir plus d’importance pour ceux dont nous sommes responsables. Pour les membres de l’Eglise, ma mise en garde est que le fait de négliger ces occasions c’est choisir de ne pas garder des alliances sacrées.

    Etant donné que Dieu honore toujours les alliances, je peux faire une promesse à ceux qui garde avec foi l’alliance de créer des expériences où ils donneront de l’amour et rendront témoignage avec leur famille. Ils récolteront une moisson de cœurs touchés, de foi en Jésus-Christ appliquée au repentir et de plus grands désir et puissance à garder les alliances.

    Il y a une autre circonstance dans laquelle l’alliance de faire preuve de gentillesse en rendant témoignage a une grande puissance pour changer les gens. Des milliers de fois chaque jour, les membres de l’Eglise sont observés, comme c’était mon cas par l’homme que j’ai rencontré en voyage, par des gens curieux de savoir comment nous vivons. Parce que nous avons fait l’alliance d’être un témoin, nous allons essayer de leur dire comment l’Evangile nous a apporté le bonheur. S’ils sentent que nous nous soucions d’eux, cela influence largement ce qu’ils pensent de ce que nous disons.

    C’est ce qui s’est passé lorsque le roi Lamoni a rencontré Ammon, comme cela est décrit dans le Livre de Mormon. Ammon avait été capturé par les gardes et amené au roi qui pouvait le faire mettre à mort. Mais apparemment en quelques minutes le roi Lamoni s’est rendu compte qu’Ammon avait de bons sentiments envers lui au point de vouloir le servir. Ammon a dit, lorsqu’on lui a offert un poste élevé: «Non, mais je serai ton serviteur» (Alma 17:25). En quelques jours le roi a su qu’Ammon était prêt à risquer sa vie pour lui. Et puis Ammon a eu l’occasion de témoigner de Dieu devant le roi.

    Ceux que nous rencontrons ressentiront l’amour qui jaillit de notre longue pratique à garder l’alliance de «pleurer avec ceux qui pleurent, [de] consoler ceux qui ont besoin de consolation». Cela ne se produira peut-être pas en quelques heures ou quelques jours comme ce fut le cas pour le roi Lamoni, mais ils ressentiront notre amour après avoir évalué nos sentiments. Et lorsqu’ils se rendent compte que nous nous soucions sincèrement d’eux, le Saint-Esprit peut plus facilement les toucher pour qu’ils nous permettent de les instruire et de leur témoigner, comme cela s’est produit pour Ammon.

    J’ai encore une mise en garde et une promesse. La mise en garde est que le chagrin suivra l’échec à aimer ou à rendre témoignage. Si nous ne parvenons pas à ressentir et à montrer un réel intérêt pour ceux à qui nous présentons l’Evangile, il est normal qu’ils se méfient de notre message. Mais si par peur d’être rejetés, nous ne leur disons pas ce que l’Evangile signifie dans notre vie et ce qu’il pourrait signifier dans la leur, nous partagerons un jour leur chagrin. Que ce soit dans cette vie ou dans la vie à venir, ils sauront que nous n’avons pas partagé avec eux le don inestimable de l’Evangile. Ils sauront qu’accepter l’Evangile était pour eux le seul moyen d’hériter de la vie éternelle. Et ils sauront que nous avons reçu l’Evangile en promettant de le partager.

    Je peux faire deux promesses à ceux qui offrent l’Evangile aux autres. La première est que même ceux qui le rejettent nous remercieront un jour. J’ai plus d’une fois demandé aux missionnaires d’aller rendre visite à des amis vivant loin de chez moi, j’ai appris que les missionnaires avaient été rejetés et puis j’ai reçu une lettre de cet ami disant à peu près ceci: «J’étais honoré que tu veuilles m’offrir quelque chose que je sais être important pour toi.» Si ce n’est pas dans cette vie, de tels messages nous seront envoyés dans le monde à venir lorsque ceux que nous avons rencontrés sauront la vérité et sauront à quel point nous nous étions souciés d’eux. Ma deuxième promesse est qu’en offrant l’Evangile aux autres, il s’implantera plus profondément dans votre cœur. Il devient pour nous la source d’eau jaillissant dans la vie éternelle quand nous l’offrons aux autres.

    Il y a une autre situation qui fournit une occasion presque parfaite d’allier amour et témoignage. Dans chaque paroisse et branche de l’Eglise, une fois par mois, une avons une réunion de jeûne et de témoignage. Nous jeûnons pendant deux repas avant d’assister à cette réunion. Avec l’argent que nous avons ainsi économisé, et en en donnant plus lorsque nous le pouvons, nous payons une généreuse offrande de jeûne. L’évêque et le président de branche utilisent ces offrandes, sous l’inspiration, pour prendre soin des pauvres et des nécessiteux. Ainsi, en donnant une offrande de jeûne, nous réconfortons ceux qui ont besoin de réconfort comme nous avons promis de le faire.

    Le jeûne nous aide aussi à nous sentir humble afin que le Saint-Esprit puisse plus facilement être notre compagnon. Par notre jeûne, à la fois nous gardons notre alliance de prendre soin des autres et nous nous préparons à garder notre alliance de rendre témoignage.

    Il ne sera pas nécessaire de rappeler comment rendre témoignage à ceux qui se sont soigneusement préparés pour la réunion de jeûne et de témoignage, lorsqu’ils se sentiront poussés à le faire pendant la réunion. Ils ne feront pas sermons, d’exhortations ou de rapport de voyage, ils n’essayeront pas d’amuser en rendant témoignage. Comme ils auront déjà exprimé leur appréciation aux personnes en privé, ils auront moins à le faire en public. Ils ne sentiront pas non plus le besoin de faire de belles phrases ou de parler longtemps.

    Un témoignage est une simple expression de ce que nous ressentons. Le membre qui a jeûné à la fois pour le bien des pauvres et pour avoir la compagnie de l’Esprit, ressentira de la gratitude pour l’amour de Dieu et la certitude de la vérité éternelle. Même un enfant peut ressentir de telles choses, ce qui explique peut-être pourquoi le témoignage d’un enfant est parfois si émouvant et pourquoi le jeûne et la prière produit en nous des sentiments semblables à ceux des enfants.

    Cette préparation à la réunion de jeûne et de témoignage est une obligation de l’alliance pour les membres de l’Eglise. La présentation de l’Evangile à ceux que nous rencontrons et à notre famille est une obligation de l’alliance. Nous pouvons être encouragés par le fait que nos efforts honnêtes à garder nos alliances permet à Dieu d’augmenter notre puissance à le faire. Il nous arrive à tous d’avoir besoin de cette assurance, lorsque notre promesse d’aimer et de témoigner semble difficile à tenir. Les fruits du respect des alliances sont la compagnie du Saint-Esprit et un accroissement de la puissance à aimer, car l’expiation de Jésus-Christ a le pouvoir de changer notre nature même. Nous constatons ce miracle en voyant ceux qui acceptent les alliances et gardent les commandements recevoir une plus grande puissance spirituelle. Par exemple, il y a partout dans l’Eglise des familles qui lisent et relisent avec émerveillement, et avec quelques larmes, les lettres de leurs enfants qui sont en mission constatant le miracle de leur transformation si rapide en des personnes nouvelles et meilleures.

    Mais j’ai aussi assisté à ce même miracle chez un homme et une femme d’âge mûr, appelés comme missionnaires pour faire du prosélytisme dans des circonstances très difficiles que les jeunes les plus braves n’auraient pas pu affronter. Lorsque le mari a fait rapport de sa mission, j’ai repensé à l’homme que j’avais connu. Je me suis rendu compte que le miracle promis de progression spirituelle n’est pas le fruit de la jeunesse mais celui de la foi d’essayer simplement de garder des alliances. Ce couple est parti pour aimer les gens et pour rendre témoignage, et il est revenu aussi transformé que tout jeune de 21 ans.

    Chacun de nous qui a fait des alliances avec Dieu rencontre des difficultés qui lui sont propres. Mais nous avons en commun des assurances. Notre Père céleste nous connaît, connaît notre situation et même ce qui va nous arriver. Son Fils bien-aimé, Jésus-Christ, notre Sauveur, a souffert et payé pour nos péchés et pour ceux de tous les gens que nous rencontrerons. Il a une parfaite compréhension des sentiments, de la souffrance, des épreuves et des besoins de chaque individu. Grâce à cela, un moyen nous sera préparé pour garder nos alliances, si difficile que cela puisse nous paraître actuellement, si nous allons de l’avant avec foi.

    J’ai comme vous l’obligation de témoigner de Dieu en tout temps, en tout lieu où je me trouverai aussi longtemps que je vivrai. Et j’ai comme vous l’assurance que Dieu peut nous accorder le pouvoir de garder toutes nos alliances.

    Je suis reconnaissant de savoir, aussi sûrement que les apôtres Pierre, Jacques et Jean le savaient, que Jésus est le Christ, notre Seigneur ressuscité, et qu’il est notre avocat auprès du Père. Je sais que le Père a rendu directement témoignage de son Fils bien-aimé en présentant le Seigneur ressuscité au jeune Joseph Smith dans le Bosquet sacré. Je sais que le Livre de Mormon est la parole de Dieu, traduite par le prophète Joseph, par le pouvoir de Dieu. Je sais que les clefs de la Prêtrise de Melchisédek ont été rétablies par ceux qui les avaient reçues du Sauveur et que le président Hinckley est actuellement la seule personne sur la terre autorisée à diriger l’utilisation de toutes ces clefs. Je rends solennellement témoignage que c’est la véritable Eglise de Jésus-Christ, dans laquelle les ordonnances et les alliances sont offertes, lesquelles, si elles sont acceptées et honorées, produisent la paix dans cette vie et nous assurent de la vie éternelle dans le monde à venir. Au nom de Jésus-Christ, amen.