«Avoir toujours son Esprit»
    Notes de bas de page

    «Avoir toujours son Esprit»

    Le Saint-Esprit nous console, nous indique la direction, communique avec nous, est notre interprète, notre témoin et nous purifie, nous guide sans faillir et nous sanctifie.

    J’ai choisi de traiter du rapport entre le fait de prendre la Sainte-Cène et le fait de recevoir les bénédictions qu’offre le don du Saint-Esprit.

    Dans la révélation moderne, le Seigneur a commandé: «Afin que tu puisses te préserver plus complètement des souillures du monde, tu iras en mon saint jour à la maison de prière et tu y offriras tes sacrements» (D&A 59:9). Chaque semaine en prenant la Sainte-Cène, nous méditons sur l’expiation du Seigneur Jésus-Christ et nous réaffirmons et renouvelons les alliances que nous avons contractées quand nous nous sommes fait baptiser. Ce culte et cet engagement sont décrits dans la prière révélée que le prêtre prononce en bénissant le pain. Comme l’énonce cette prière, nous prenons le pain «en souvenir du corps» de notre Sauveur, et, ce faisant, nous témoignons à Dieu, le Père éternel, que nous voulons prendre sur nous le nom de son Fils, nous souvenir toujours de lui et garder les commandements qu’il nous a donnés (voir D&A 20:77).

    Après notre baptême, on nous a imposé les mains et on nous a conféré le don du Saint-Esprit. Quand nous renouvelons consciemment et sincèrement nos alliances de baptême en prenant la Sainte-Cène, nous nous qualification à nouveau pour la promesse d’avoir toujours son Esprit avec nous (voir D&A 20:77).

    On ne peut trop insister sur l’importance de cette promesse. Wilford Woodruff a appelé le don du Saint-Esprit le plus grand don que nous puissions recevoir dans la condition mortelle (voir The Discourses of Wilford Woodruff, compilés par G. Homer Durham, 1990, p. 5). Malheureusement, la grande valeur de ce don et les conditions importantes de sa réalisation ne sont pas toujours bien comprises. Néphi a prophétisé que dans les derniers jours seraient édifiées des Eglises qui enseigneraient avec leur science et renieraient le Saint-Esprit qui donne le pouvoir de s’exprimer (voir 2 Néphi 28:4). Il a aussi mis en garde «celui qui écoute les préceptes des hommes et qui nie le pouvoir de Dieu et le don du Saint-Esprit» (v. 26).

    La Bible nous rapporte que lorsque le Sauveur a donné ses dernières instructions à ses disciples, il a promis de leur envoyer le «Consolateur» (Jean 16:7). Auparavant, il leur avait enseigné la mission de ce consolateur, qu’on appelle aussi le Saint-Esprit, l’Esprit-Saint, l’Esprit du Seigneur ou simplement l’Esprit. Ce Consolateur demeure avec nous (voir Jean 14:17). Il nous enseigne toutes choses et nous rappelle toutes choses (voir Jean 14:26). Il nous guide dans la vérité et nous montre les choses à venir (voir Jean 16:13). Il témoigne du Fils (voir Jean 15:26; 1 Corinthiens 12:3). La Bible enseigne aussi que le Sauveur et ses serviteurs baptiseront du Saint-Esprit et de feu (voir Matthieu 3:11; Marc 1:8; Jean 1:33; Actes 1:5). Je parlerai de la signification de cet enseignement plus tard.

    Les enseignements de la Bible sur le Saint-Esprit sont réitérés et développés dans le Livre de Mormon et dans les révélations modernes. Le Saint-Esprit est le moyen par lequel Dieu inspire et révèle sa volonté à ses enfants (ex: D&A 8:2-3). Le Saint-Esprit rend témoignage du Père et du Fils (voir 3 Néphi 28:11; D&A 20:27; 42:17). Il éclaire notre intelligence et nous remplit de joie (voir D&A 11:13). Par le pouvoir du Saint-Esprit, nous pouvons connaître la vérité de toutes choses (voir Moroni 10:5). Par son pouvoir, peuvent nous être dévoilés les mystères de Dieu (voir 1 Néphi 10:19), tout ce qui est nécessaire (voir D&A 18:18; 39:6). Le Saint-Esprit nous montre ce que nous devons faire (voir 2 Néphi 32:5). Nous enseignons l’Evangile selon les directives du Saint-Esprit, qui porte nos paroles au cœur de ceux que nous instruisons (voir 2 Néphi 33:1).

    Les Ecritures des derniers jours enseignent aussi que la rémission des péchés, rendus possibles par le sacrifice expiatoire, s’obtient «par le baptême et par le feu, oui, à savoir le Saint-Esprit» (D&A 19:31; voir aussi 2 Néphi 31:17). Ainsi le Seigneur ressuscité engagea instamment les Néphites à se repentir, à venir à lui et à se faire baptiser pour être sanctifiés par la réception du Saint-Esprit, afin d’être sans tache devant lui au dernier jour (voir 3 Néphi 27:20).

    Le don du Saint-Esprit est si important pour notre foi qu’un prophète lui donna un relief unique au cours d’un entretien avec le président des Etats-Unis. Joseph Smith s’était rendu à Washington afin de demander de l’aide pour obtenir réparation des offenses et des pertes que les saints avaient subies au cours des persécutions au Missouri. Au cours de cette rencontre le président demanda à Joseph Smith en quoi cette Eglise différait des autres religions de l’époque. Le prophète répondit que nous différons par le mode de baptême et par le don du Saint-Esprit par l’imposition des mains (voir History of the Church, 4:42). Il expliqua plus tard qu’il avait donné cette réponse parce que «toutes les autres considérations étaient contenues dans le don du Saint-Esprit» (History of the Church, 4:42).

    Quand nous mettons l’accent sur le don du Saint-Esprit comme trait distinctif de notre foi, nous devons comprendre les différences importantes entre (1) la lumière du Christ, (2) une manifestation du Saint-Esprit, et (3) le don du Saint-Esprit.

    La lumière du Christ, parfois appelée l’Esprit du Christ, ou l’Esprit de Dieu, «donne la lumière à tout homme qui vient au monde» (D&A 84:46). C’est la lumière «qui est en tout, qui donne la vie à tout» (D&A 88:13). Le prophète Mormon a enseigné que «l’Esprit du Christ est donné à tout homme, afin qu’il puisse reconnaître le bien du mal» (Moroni 7:16; voir aussi v.19; 2 Néphi 2:5; Hélaman 14:31). Lorenzo Snow a parlé de cette lumière quand il a dit: «Tout le monde a l’Esprit de Dieu» (Journal of Discourses, 14:304). La lumière du Christ éclaire et donne de l’intelligence à tous les hommes (voir D&A 88:11).

    Une manifestation de l’Esprit, elle, est plus précise. Elle est donnée pour faire connaître la vérité sur le Seigneur et son Evangile aux gens qui la cherchent sincèrement. Par exemple, le prophète Moroni nous promet que si nous étudions le Livre de Mormon et cherchons à savoir s’il est vrai, sincèrement et avec une intention réelle, Dieu nous en manifestera la vérité par le pouvoir du Saint-Esprit (voir Moroni 10:4). Moroni rapporte également cette promesse du Seigneur ressuscité: «Celui qui croit ces choses que j’ai dites, je le visiterai par les manifestations de mon Esprit, et il saura et rendra témoignage. Car, à cause de mon Esprit, il saura que ces choses sont vraies» (Ether 4:11).

    Ces manifestations sont accessibles à tout le monde. le Livre de Mormon déclare que le Sauveur «se manifeste à tous ceux qui croient en lui; oui à toutes les nations, familles, langues et peuples… » (2 Néphi 26:13).

    Comme je l’ai déjà dit, la lumière du Christ est donnée à tous les hommes et toutes les femmes pour qu’ils distinguent le bien du mal; les manifestations du Saint-Esprit sont données pour mener les gens qui cherchent sincèrement aux vérités de l’Evangile qui les persuaderont de se repentir et de se faire baptiser.

    Le don du Saint-Esprit a une portée plus vaste. Joseph Smith, le prophète, a expliqué: «Il y a une différence entre le Saint-Esprit et le don du Saint-Esprit. Corneille reçut le Saint-Esprit avant d’être baptisé, ce qui était le pouvoir de Dieu pour le convaincre de la véracité de l’Evangile, mais il ne put recevoir le don du Saint-Esprit qu’après avoir été baptisé. S’il n’avait pas pris sur lui ce signe, cette ordonnance, le Saint-Esprit, qui l’avait convaincu de la véracité de l’existence de Dieu, l’aurait quitté» (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 276).

    Le don du Saint-Esprit comporte le droit à sa compagnie constante, afin que nous ayons toujours l’Esprit du Seigneur avec nous (voir D&A 20:77).

    Une nouvelle baptisée m’a raconté ce qu’elle a ressenti quand elle a reçu ce don. Elle était une chrétienne fidèle qui avait passé sa vie au service des autres. Elle connaissait et aimait le Seigneur, et elle avait ressenti les manifestations de son Esprit. Quand elle avait reçu la lumière supplémentaire de l’Evangile rétabli, elle s’est fait baptiser et les frères missionnaires ont placé leurs mains sur sa tête et lui ont conféré le don du Saint-Esprit. Elle m’a raconté: «J’ai senti l’influence du Saint-Esprit se poser sur moi avec plus d’intensité que je ne l’avais jamais ressenti. C’était comme un vieil ami qui m’avait guidé dans le passé mais qui, maintenant, était venu pour rester.»

    La compagnie du Saint-Esprit devrait être si familière aux membres fidèles de l’Eglise de Jésus-Christ, qu’ils devraient veiller à ne pas la prendre pour un acquis. Par exemple, la sensation de bien-être que vous avez ressentie pendant les discours et la musique de cette conférence est un témoignage, une confirmation de l’Esprit, continuellement à la disposition des membres fidèles. Un jour, un membre m’a demandé pourquoi il avait de si bons sentiments à propos des discours et de la musique d’une réunion de Sainte-Cène, alors qu’une personne qu’il avait invitée ce jour-là n’avait apparemment rien ressenti de semblable. Ce n’est là qu’une illustration parmi d’autres de la différence entre une personne qui a le don du Saint-Esprit et est sensible aux inspirations et une personne qui ne l’a pas ou ne l’est pas.

    Si nous exerçons notre foi et recherchons la compagnie du Saint-Esprit, sa présence se fait sentir dans notre cœur et dans notre foyer. Dans un foyer où l’on fait la prière en famille tous les jours, où l’on s’efforce de garder les commandements de Dieu, d’honorer son nom et de s’adresser les uns aux autres avec amour, il y aura une sensation spirituelle que pourront discerner tous ceux qui y pénétreront. Je le sais parce que j’ai ressenti la présence ou l’absence de cette sensation dans beaucoup de foyers de saints des derniers jours.

    Il est important de se rappeler que l’illumination ou la révélation qui est donnée à une personne du fait du don du Saint-Esprit ne se manifeste pas soudain ni sans recherche. Le président Kimball a enseigné que le Saint-Esprit «se manifeste un peu à la fois, selon que vous le méritez. Si votre vie est en harmonie, vous recevrez progressivement le Saint-Esprit en grande mesure» (The Teachings of Spencer W. Kimball, p. 114).

    Les bénédictions que permet de recevoir le don du Saint-Esprit dépendent de la dignité. «L’Esprit du Seigneur n’habite pas des temples impurs» (Hélaman 4:24; voir aussi Mosiah 2:36-37; 1 Corinthiens 3:16-17). Bien que nous ayons droit à sa compagnie constante, l’Esprit du Seigneur ne demeurera en nous que si nous gardons les commandements. Il se retirera si nous l’offensons par la vulgarité, l’impureté, la désobéissance, la rébellion ou d’autres péchés graves.

    Les hommes et les femmes dignes qui ont le don du Saint-Esprit peuvent être édifiés et guidés par l’inspiration et la révélation. Le Seigneur a déclaré que les «mystères de son royaume… ne peuvent être vus et compris que par le pouvoir du Saint-Esprit que Dieu accorde à ceux qui l’aiment et se purifient devant lui» (D&A 76:114, 116).

    Il y a quelques années j’ai eu un entretien avec un président de mission potentiel et sa femme pour discuter de leur disponibilité pour le service. Je leur ai demandé si leurs responsabilités à l’égard de leurs parents âgés les empêcheraient de servir à ce moment-là. Cette sœur était la fille unique d’une femme remarquable, alors âgée d’environ quatre-vingts ans, à qui elle rendait visite et qu’elle aidait chaque semaine. Quoiqu’un peu dépendante physiquement, cette mère était forte spirituellement. Elle avait fait quatre missions et avait été servante au temple pendant quinze ans. Etant sensible à l’Esprit, elle a eu une expérience remarquable. Plusieurs mois avant cet entretien, elle a dit à sa fille que l’Esprit lui avait révélé que le mari de celle-ci serait appelé comme président de mission. Ainsi avertie, la mère s’était préparée à la séparation nécessaire et avait assuré à sa fille, bien avant que j’aie été chargé de l’entretien d’information, qu’elle ne serait pas un obstacle à leur service.

    La nécessité de maintenir pur notre temple personnel pour avoir la compagnie et la direction du Saint-Esprit explique l’importance du commandement de prendre la Sainte-Cène le jour de sabbat.

    En prenant la Sainte-Cène, nous pouvons renouveler les effets de notre baptême. Quand nous désirons la rémission de nos péchés grâce à l’expiation de notre Sauveur, il nous est commandé de nous repentir et d’aller à lui, le cœur brisé et l’esprit contrit (voir 3 Néphi 9:20; 12:19; Moroni 6:2; D&A 20:37). Dans les eaux du baptême, nous témoignons au Seigneur que nous nous sommes repentis de nos péchés, et que nous sommes disposés à prendre sur nous son nom et à le servir jusqu’à la fin (voir D&A 20:37). Les effets sont décrits par Néphi: «Car la porte par laquelle vous devez entrer, c’est le repentir et le baptême d’eau; et alors vient la rémission de vos péchés par le feu et par le Saint-Esprit» (2 Néphi 31:17; voir aussi Moroni 6:4). Cette dernière promesse est accomplie en conséquence du fait que nous recevons le don du Saint-Esprit.

    Le renouvellement de nos alliances par la prise de la Sainte-Cène doit aussi être précédé du repentir, de sorte que nous participions à cette ordonnance sacrée le cœur brisé et l’esprit contrit (voir 2 Néphi 2:7; 3 Néphi 12:19; D&A 59:8). Alors, quand nous renouvellerons les alliances de notre baptême et affirmerons que nous nous souviendrons toujours de lui (voir D&A 20:77), le Seigneur renouvellera la rémission de nos péchés, comme promis, aux conditions et au moment de son choix. L’un des buts et des effets premiers de ce renouvellement des alliances et de cette purification du péché est de nous permettre d’avoir toujours son Esprit avec nous (voir D&A 20:77).

    Mes frères et sœurs, je vous témoigne solennellement que ces points de doctrine et ces principes sont vrais. A la lumière de ces vérités, j’engage tous les membres de l’Eglise, jeunes et moins jeunes, à assister à la réunion de Sainte-Cène chaque jour de sabbat et à prendre la Sainte-Cène avec l’attitude repentante décrite comme le cœur brisé et l’esprit contrit (voir 3 Néphi 9:20). Je prie pour que nous le fassions dans une attitude de révérence et d’adoration à l’égard de notre Sauveur, qui traduira une alliance contractée avec sérieux de toujours nous souvenir de lui (voir D&A 20:77). Le Sauveur lui-même a dit que nous devrions prendre la Sainte-Cène uniquement en vue de sa gloire, nous souvenant dans le Père de son corps qui a été déposé pour nous et de son sang qui a été versé pour la rémission de nos péchés (voir D&A 27:2).

    Je prie aussi pour que nous prenions la Sainte-Cène avec l’attitude soumise qui nous permettra d’accepter les appels dans l’Eglise et d’y servir afin de respecter notre alliance solennelle de prendre sur nous son nom et son œuvre. Je prie également pour que nous respections notre alliance solennelle de garder ses commandements.

    Selon les paroles de la Première Présidence, j’engage les frères et sœurs qui se seraient relâchés dans ce renouvellement essentiel des alliances de la Sainte-Cène, à revenir et à se faire un festin à la table du Seigneur, et à savourer de nouveau les fruits doux et satisfaisants de la compagnie des saints» («An Invitation to Come Back», lettre de la Première Présidence, Church News, 22 décembre 1985, p. 3). Qualifions-nous pour la promesse de notre Sauveur selon laquelle, si nous prenons la Sainte-Cène, nous serons rassasiés (voir 3 Néphi 20:8; voir aussi 3 Néphi 18:9), ce qui signifie que nous serons remplis de l’Esprit (voir 3 Néphi 20:9). Cet Esprit, le Saint-Esprit, nous console, nous indique la direction, communique avec nous, est notre interprète, notre témoin et nous purifie, nous guide sans faillir et nous sanctifie pendant notre parcours dans la mortalité qui nous mène à la vie éternelle.

    Ceux qui auraient accordé peu d’importance au fait de prendre la Sainte-Cène devraient se rappeler la déclaration du Seigneur selon laquelle les fondements d’une grande œuvre sont constitués de petites choses, car «c’est des petites choses que sort ce qui est grand» (D&A 64:33). L’acte en apparence petit qu’est le renouvellement conscient et plein de respect des alliances de notre baptême, entraîne un renouvellement des bénédictions du baptême d’eau et de l’Esprit, afin que nous ayons toujours son Esprit avec nous. Ainsi nous serons tous guidés, et nous serons tous purifiés. Je prie humblement pour que nous nous qualifiions tous pour ces magnifiques bénédictions. Au nom de Jésus-Christ. Amen.