Réjouissez-vous!
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    Réjouissez-vous!

    La joie vient lorsque nous avons l’Esprit (voir Alma 22:15). Lorsque nous avons l’Esprit, nous nous réjouissons de ce que le Sauveur a fait pour nous.

    Mes très chers frères et sœurs, c’est la première fois que j’ai l’occasion de m’adresser à vous depuis ce nouvel appel. Je ne sais comment exprimer à la fois le sentiment de responsabilité et les sentiments d’incapacité que j’ai eus, mais je veux que vous sachiez à quel point je suis reconnaissant de pouvoir servir le Seigneur.

    Le refrain de l’un des mes cantiques préférés est une supplication: «Ouvrez vos cœurs, offrez vos voix, laissez éclater votre joie» («Hosanna au grand roi!», Cantiques, n° 34). Paul a adressé un message analogue aux Philippiens: «Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur; je le répète, réjouissez-vous» (Philippiens 4:4). Dans un dictionnaire on trouve à réjouir (se): «ressentir de la joie ou un grand délice».

    La joie qui nous fait nous réjouir vient de la compréhension du plan de salut. L’Evangile de Jean décrit le Sauveur s’approchant des dernières heures de sa vie dans la condition mortelle où il allait prendre sur lui les péchés du monde. En préparant ses disciples à ce qu’il savait devoir venir, il leur a dit: «Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez» (Jean 16:16). Ils n’étaient pas encore prêts à comprendre la résurrection. Alors le Sauveur a expliqué gentiment qu’il allait partir et revenir et leur a dit qu’ils seraient tristes à son départ, «mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira, et nul ne vous ravira votre joie» (Jean 16:22).

    Tout comme la mort du Sauveur a suscité la tristesse, les vicissitudes de la vie, comme la mort, la maladie, la pauvreté et la douleur apportent souvent le malheur. La séparation d’avec ceux que nous aimons provoque invariablement le chagrin et le deuil. La vie n’est pas facile, et il ne conviendrait pas de minimiser si peu soit-il les épreuves et les tribulations que la plupart des gens rencontrent.

    Malgré tout, la résurrection et l’expiation accomplies par le Sauveur, et la promesse de la vie éternelle avec ceux qui nous sont chers ont une telle signification qu’en ne nous réjouissant pas nous faisons preuve d’un manque de compréhension du don du Sauveur.

    La joie vient lorsque nous avons l’Esprit (voir Alma 22:15). Lorsque nous avons l’Esprit, nous nous réjouissons de ce que le Sauveur fait pour nous.

    Que devons-nous faire pour avoir ce genre de joie? En plus de recevoir les ordonnances salvatrices et de suivre le prophète vivant, nous devons vivre en accord avec certains principes spirituels fondamentaux, comme la prière, l’étude des Ecritures, la droiture et le service. Il est bien compris que si nous péchons, nous devons nous repentir. Je vais vous parler de trois autres domaines ou distractions que nous devons éviter pour garder la joie et nous réjouir plus pleinement du don du Sauveur: (1) Eviter les distractions qui nous empêchent d’accomplir notre tâche, (2) Eviter de grossir les petites imperfections et (3) Eviter les comparaisons défavorables avec les autres.

    Souvent nous ne nous rendons pas compte qu’il y a des distractions qui nous poussent vers le matériel et nous empêchent de nous concentrer sur le Christ. Nous laissons des distractions télestes nous détourner de nos objectifs célestes. Dans notre famille nous appelons ces distractions télestes les «dessins animés du samedi matin». Laissez-moi vous expliquer.

    Lorsque nos enfants étaient petits, mon épouse, Mary, et moi avons décidé de perpétuer une tradition que mon père m’avait enseignée lorsque j’étais petit. Il avait des entretiens avec chacun de nous pour que nous nous fixions des objectifs dans différents domaines de notre vie après quoi il nous enseignait comment l’Eglise, l’école et les activités annexes pouvaient nous aider à atteindre ces objectifs. Il avait trois règles:

    1. Nous devions avoir des objectifs valables.

    2. Nous pouvions changer nos objectifs à tout moment.

    3. Quel que soit l’objectif choisi, nous devions y travailler diligemment.

    Ayant bénéficié de cette tradition, j’avais le désir de la continuer avec mes enfants. Lorsque notre fils, Larry, avait cinq ans, je lui ai demandé ce qu’il voudrait faire quand il serait grand. Il a répondu qu’il voulait être médecin comme son oncle Joe. Larry avait subi une grave opération et avait un grand respect pour les médecins, particulièrement son oncle Joe. J’ai expliqué à Larry comment toutes les bonnes choses qu’il faisait pouvaient le préparer à être médecin.

    Quelques mois plus tard, je lui ai redemandé ce qu’il voudrait être. Cette fois il a répondu qu’il voulait être pilote d’avion. Il pouvait changer d’objectif, alors je lui ai expliqué comment ces différentes activités pouvaient l’aider à atteindre son but. Presque sans réfléchir je lui ai dit: «Larry, la dernière fois que nous en avons parlé tu voulais être médecin. Qu’est-ce qui t’a fait changer d’avis?» Il a répondu: «Ça me plairait toujours d’être médecin, mais j’ai remarqué qu’oncle Joe travaille le samedi matin, et je ne voudrais pas manquer les «dessins animés du samedi matin».

    Depuis ce jour-là dans notre famille, ce qui nous détourne d’un objectif valable est appelé un dessin animé du samedi matin.

    Quels sont les dessins animés du samedi qui nous empêchent d’atteindre la joie que nous désirons? Certains veulent se marier au temple mais ne sortent qu’avec des gens qui ne se qualifient pas pour une recommandation. D’autres veulent être un bon instructeur au foyer ou une bonne instructrice visiteuse mais sont distraits par le défilé constant des programmes télévisés, des catalogues et des tâches matérielles, et ne trouvent pas le temps de s’occuper de ceux qu’ils sont chargés d’instruire. D’autres encore veulent faire la prière en famille mais permettent à des broutilles d’évoluer en discordes qui rendent difficile de s’agenouiller en famille. Si nous examinons les raisons pour lesquelles nous ne faisons pas ce que nous devons, nous nous apercevons que la liste des dessins animés du samedi est presque sans fin.

    Parlant de ceux qui n’hériteront pas d’un royaume de gloire, le Seigneur a dit: «Car à quoi sert-il à un homme qu’un don lui soit accordé, s’il ne reçoit pas le don? Voici, il ne se réjouit pas de ce qui lui est donné, ni de celui qui lui fait le don» (D&A 88:33). Le plus grand don à toute l’humanité, c’est l’expiation de Jésus-Christ. Si nous voulons nous réjouir de ce don, il faut éviter les dessins animés du samedi de la vie qui nous détournent du Sauveur et de l’objectif céleste que nous poursuivons.

    D’autres qui ne trouvent pas de joie sont détournés parce qu’ils grossissent des petites imperfections comme pour chasser le bonheur. Certains ont permis à leur perception personnelle de l’imperfection d’assombrir leur vie. Un observateur extérieur objectif conclurait qu’ils devraient être heureux. Mais ils ne se réjouissent pas. Ils sont comme ce couple qui avait été invité à visiter un magnifique jardin. Au lieu d’admirer toutes les jolies choses, il n’a vu que les rares fleurs fanées et mauvaises herbes et les petites zones les moins belles. Il s’attendait à plus beau. De la même manière certains sont trop critiques envers eux-mêmes et envers les autres. Ils ont pris l’habitude d’exagérer les petites imperfections, de sous-estimer les grandes bénédictions et ils ont perdu la capacité de se réjouir.

    Dans Luc, le Sauveur reprend gentiment Marthe lorsqu’elle se plaint que sa sœur Marie passe trop de temps à écouter le Sauveur au lieu de s’occuper des besoins temporels. Il dit: «Marthe, Marthe, tu t’inquiètes… pour beaucoup de choses» (Luc 10:41). Le Sauveur indique ensuite que Marie s’occupe de ce qui est réellement important.

    Un troisième domaine de distraction qui peut détruire notre joie, c’est de comparer nos talents et nos bénédictions aux autres. Le développement de nos propres talents est la meilleure mesure de notre progression personnelle. Dans les dernières années le concept du «meilleur de soi-même» s’est largement répandu. C’est une bonne chose. Souvenez-vous que nous jugeons souvent les autres à ce qu’ils ont de meilleur et nous-mêmes à ce que nous avons de moins bon. Dans la parabole des talents, les serviteurs qui ont reçu cinq et deux ont été félicités par le Seigneur d’en avoir gagné d’autres et il leur est dit: «… entre dans la joie de ton maître». Le serviteur qui est réprimandé est celui qui a enterré le talent qu’on lui a donné (voir Matthieu 25:14-30). En comparant les bénédictions on est presque certain de chasser la joie. Nous ne pouvons pas être reconnaissants et envieux en même temps. Si nous voulons véritablement avoir l’Esprit du Seigneur et ressentir de la joie et du bonheur, nous devons nous réjouir de nos bénédictions et être reconnaissants. Nous devons particulièrement nous réjouir des bénédictions que l’on peut obtenir par le temple.

    Le 3 avril 1836, Joseph Smith et Oliver Cowdery adoraient Dieu dans le temple de Kirtland. Après une prière solennelle et silencieuse, le Seigneur leur est apparu et a accepté le temple comme sien.

    La merveilleuse description du Sauveur et l’apparition de prophètes anciens qui ont rétabli des clefs essentielles se trouvent dans la 110e section de Doctrine et Alliances, l’une des communications les plus sacrées et les plus significatives que le Seigneur nous ait faites.

    Les mots les plus beaux de cette section, ou que nous puissions jamais espérer entendre, se trouvent aux versets 5 et 6:

    «Voici, vos péchés vous sont pardonnés; vous êtes purs devant moi; levez donc la tête et réjouissez-vous. Que le cœur de vos frères se réjouisse et que tout mon peuple se réjouisse en son cœur, oui, mon peuple qui a bâti de toutes ses forces cette maison à mon nom.»

    Mes frères et sœurs, évitons les dessins animés du samedi matin de la vie, particulièrement ceux qui nous détourneraient du temple. Réjouissons-nous de la promesse qui nous est faite, par l’expiation du Sauveur, et, par une vie chrétienne, suivons le conseil du psalmiste: «C’est ici la journée que l’Eternel a faite: Qu’elle soit pour nous un sujet d’allégresse et de joie!» (Psaumes 118:24). Puisse chacun de nous le faire, c’est ma prière au nom de Jésus-Christ, amen.