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Nous marchons par la foi (2 Corinthiens 5:7)
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Message de la Présidence de l’Interrégion

Nous marchons par la foi (2 Corinthiens 5:7)

« Il est utile de se rappeler que ‘les miracles ne produisent pas la foi, mais on acquiert une foi forte en obéissant à l’Évangile de Jésus-Christ.’ »

Il y a quelques années, alors que j’étais président de mission, j’ai reçu un coup de fil, un dimanche soir, d’un dirigeant du centre de formation des missionnaires (CFM) de Provo (Utah). Il m’a dit qu’un missionnaire qui avait été affecté à notre mission – et qui y arriverait le lendemain – était en pleine crise de foi. Pendant son séjour au CFM, il avait commencé à se demander s’il croyait vraiment à ce qu’on lui avait enseigné toute sa vie. Il a alors appelé ses parents et leur a dit qu’il devait rentrer chez lui parce qu’il n’avait pas de témoignage. Ils lui ont témoigné leur amour et leur soutien, mais l’ont encouragé à passer au moins un jour sur le champ de la mission. Il a accepté avec hésitation et, le lendemain, j’ai parlé avec lui lors de l’entretien initial. Avec beaucoup de nervosité, il a expliqué qu’il ne savait pas comment il pouvait être missionnaire alors qu’il ne savait pas si l’Église et ses enseignements étaient vrais.

Une question inspirée m’est venue à l’esprit : « Frère, que savez-vous être vrai ? »

« Je sais que ma famille m’aime. »

Je lui ai alors dit que je lui affecterais un merveilleux compagnon et je l’ai encouragé à aller simplement témoigner de ce qu’il savait être vrai – comment une famille aimante membre de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours a béni sa vie. Je lui ai rendu mon témoignage que s’il étudiait le Livre de Mormon chaque jour et s’il faisait tout ce qui était requis d’un missionnaire, l’Esprit l’aiderait à acquérir le témoignage qu’il désirait. Il a nerveusement accepté de tenter l’expérience et lorsqu’il a quitté le bureau, j’ai écrit sur une page de mon cahier de notes 50% (ce qui signifie qu’il y avait une chance sur deux qu’il survive la première semaine).

Toute la semaine, je me suis inquiété de ce jeune missionnaire sincère et bon, qui avait tant de doutes et qui remettait en question sa foi. J’ai résisté à l’envie de l’appeler pour voir comment il évoluait, sachant que cela lui faciliterait peut-être la tâche de demander qu’il rentre chez lui. Au lieu de cela, j’ai donc attendu avec impatience sa première lettre hebdomadaire au président de mission. Ma joie était pleine en lisant ce qui suit :

Cher président Palmer,

Je peux honnêtement dire que j’ai passé une excellente semaine. Lorsque j’ai parlé avec vous lors de notre entretien, la seule chose qui me faisait tenir le coup était la peur de ce qui se passerait si je rentrais chez moi. Je n’avais vraiment aucune envie de rester et de faire une mission pendant deux ans.

Mais pour l’instant, je suis tellement content d’avoir tenu bon. Je ne sais toujours pas tout ce je dois savoir. Mais ces derniers jours, je suis parvenu à mieux comprendre comment l’Église apporte le changement et le bonheur dans la vie des gens. Voilà sur quoi je base mon témoignage. Je sais que j’ai encore beaucoup à faire pour développer ma foi, mais c’est un énorme progrès pour moi. J’étais coincé entre ce que j’apprenais à l’Église et ce que mon cerveau me disait qui avait un sens plus logique. Mais j’ai ressenti le Saint-Esprit.

Le samedi soir, nous avons enseigné à un certain Cory. Mon compagnon a favorisé une forte présence de l’Esprit, et je savais que Cory le ressentait aussi fortement que moi. Quand c’était mon tour de prendre la parole, j’ai expliqué comment Joseph Smith a lu dans Jacques et a ensuite prié pour savoir si c’était vrai. Pendant que je citais la Première Vision, j’avais du mal à respirer. Mon cœur battait la chamade. C’était vraiment merveilleux.

Comme je l’ai dit plus haut, je n’ai pas encore de témoignage de tout, mais une chose que je ne peux pas nier, c’est que la vie de Cory ne sera plus jamais la même. On n’avait même pas fini de lui lancer l’invitation au baptême, mais il a dit oui. Je n’arrivais pas à y croire ! Je ne cessais pas de repenser à ce que ma mère avait dit avant que je ne quitte le CFM, à savoir que je n’avais pas vraiment saisi cette chance. Je ne l’ai jamais su par moi-même. Mais j’ai l’intention de le faire maintenant.1

Ce jeune homme est devenu un missionnaire exceptionnel, dont la foi s’est affermie à mesure qu’il continuait à grandir dans sa connaissance de l’Évangile grâce à une étude assidue – et lequel a reçu de puissants témoignages de l’Esprit tout en rendant témoignage aux autres.

Au fil des ans, j’ai souvent réfléchi à cette expérience lorsque je rencontre des personnes qui se demandent si elles ont encore un témoignage ou qui sont en proie au doute. Chaque dimanche de jeûne, nous entendons à plusieurs reprises, depuis la chaire, des témoignages qui commencent par les mots « Je sais ». Mais que faire si, dans notre cœur, nous sommes comme le missionnaire décrit ci-dessus et que nous ne savons pas avec certitude ?

La réponse est simple : nous vivons par la foi et nous agissons avec foi, désireux de savoir mais acceptant également qu’il suffit de croire, d’espérer, de chercher et d’agir. Nous pouvons être comme les apôtres d’autrefois qui connaissaient personnellement le Sauveur et marchaient avec lui – mais l’ont quand même supplié : « Augmente-nous la foi. »2

Certains membres bienveillants et honnêtes pensent que parce qu’ils ne sont pas en mesure de dire qu’ils « savent que l’Église est vraie », il n’y a pas de place pour eux au sein de l’Église. Mais cela réfute la définition même de la foi, à savoir : « Ce n’est pas avoir la connaissance parfaite des choses ; c’est pourquoi, si vous avez la foi, vous espérez en des choses qui ne sont pas vues, qui sont vraies. »3

Certains autres membres hésitent entre croyance et doute. Mais s’ils continuent à agir avec foi, mettant leur foi dans le Seigneur Jésus-Christ, ils peuvent être comme le père, au sujet duquel nous lisons dans le Nouveau Testament, qui s’est écrié : « Je crois. Viens au secours de mon incrédulité. »4

D’autres étaient autrefois confiants dans leurs témoignages, mais quelque part sur le chemin de la vie, ils se sont heurtés à une pierre d’achoppement, à une question pour laquelle il ne semble pas y avoir de réponse, peut-être à une doctrine ou une pratique particulière qui les trouble. À ces personnes, Moroni a donné ce conseil : « Ne contestez pas parce que vous ne voyez pas, car vous ne recevez de témoignage qu’après la mise à l’épreuve de votre foi. »5

Même le grand et juste prophète Néphi a déclaré : « Je ne connais pas la signification de tout. »6 Mais, tout comme mon ami missionnaire, il avait ressenti l’amour de son Père céleste et, dans la même phrase, il a pu dire : « Je sais qu’il aime ses enfants. »7

La grande question pour nous tous est de savoir comment fortifier notre foi ?

Nous pouvons tirer des leçons importantes de l’expérience de ce jeune missionnaire.

Premièrement, grâce aux encouragements de ceux qui l’aimaient, il était disposé à agir. En tant que missionnaire, cela signifiait étudier quotidiennement les Écritures avec son compagnon, prier et ensuite aller de l’avant chaque jour pour servir les autres.

C’est exactement le modèle que Dale G. Renlund, du Collège des douze apôtres, a récemment enseigné : « La seule façon de faire grandir la foi consiste à agir avec foi… nous devons choisir des actes qui édifient la foi, par exemple prier, étudier les Écritures, prendre la Sainte-Cène, garder les commandements et servir les autres. »8

Deuxièmement, il était disposé à écouter sincèrement les témoignages d’autres serviteurs de Dieu qui avaient la foi, y compris son compagnon, son président de mission et les paroles d’un prophète de Dieu contenu dans son appel en mission.

Joseph Smith a clairement enseigné : « La foi vient en entendant la parole de Dieu, par l’intermédiaire du témoignage des serviteurs de Dieu. »9

Troisièmement, il a fait preuve de justice et d’obéissance. Ce faisant, il a pu participer au miracle de la conversion et voir sa foi grandir. En d’autres termes, son témoignage s’est développé au fur et à mesure qu’il participait dans l’Esprit de conduire un humble ami de l’Église à recevoir un témoignage de l’Esprit, mais il n’a reçu son témoignage qu’après la mise à l’épreuve de sa foi.10

Il est utile de se rappeler que « les miracles ne produisent pas la foi, mais on acquiert une foi forte en obéissant à l’Évangile de Jésus-Christ ; en d’autres termes, la foi vient de la justice, bien que les miracles confirment souvent la foi. »11

Quatrièmement, il n’a pas baissé les bras – mais il était disposé à faire l’expérience des paroles qu’il avait reçues et à laisser son désir de croire agir en lui. C’était exactement comme l’a enseigné Alma dans son profond sermon sur la foi que l’on trouve dans Alma 32:26-43. Il n’a pas rejeté la vraie semence (la parole de Dieu) et n’a pas résisté à l’Esprit du Seigneur. Son intelligence a été éclairée et c’était un délice.12 En suivant humblement le processus décrit par Alma, il y a eu des choses où la foi a été remplacée par la connaissance et il a pu goûter le fruit précieux que nous connaissons comme l’amour de Dieu.13 Comme l’a dit ce missionnaire : « c’était vraiment merveilleux. »

Durant cette période bénie de mon service en Afrique, j’ai été marqué par les témoignages purs rendus chaque dimanche de jeûne, et par les nombreuses manifestations de grande foi que j’observe dans la vie des membres. Néanmoins, les registres de l’Église contiennent encore de nombreux noms des personnes qui se sont éloignés de l’Église. À tous ceux qui sont en proie au doute, je vous invite à suivre l’exemple de mon jeune ami missionnaire et à agir dans la justice. Vous pouvez commencer par continuer à venir à l’église et à faire les choses qui permettent à l’Esprit d’agir en vous. Si vous vous sentez exclus parce que votre foi est faible et que vous vous sentez incapable de déclarer « Je sais », comprenez qu’il y a, et qu’il y aura toujours, une place pour vous au sein cette Église. Vous n’êtes pas exclus, vous n’êtes pas perdu, vous n’êtes pas oublié. Et quand vous aurez la moindre envie de prier, sachez qu’il n’y a jamais de moment plus important pour faire de cette quête de témoignage une question de prière et de jeûne.14

Chers amis, en particulier mes jeunes amis, laissez le désir de croire s’installer en vous, et votre foi sera fortifiée à mesure que vous ferez du sabbat un délice et que vous vous plongerez dans l’étude de la parole de Dieu, en particulier le Livre de Mormon.15 Ma promesse est que l’Esprit vous confirmera la vérité de l’Évangile de Jésus-Christ et qu’à mesure que votre foi en lui se renforcera, vous récolterez les fruits de votre patience16 et vous vivrez des miracles – y compris le plus grand de tous, qui est la véritable conversion.

S. Mark Palmer a été soutenu comme soixante-dix Autorité générale en avril 2016. Il est marié à Jacqueline Ann Wood ; ils ont six enfants.