2010
Le talent de Taylor
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Le talent de Taylor

Heather Hall, Utah (États-Unis)

« Pouvez-vous me dire quels sont les talents de Taylor dont je peux parler à la classe ? » m’avait demandé l’instructrice de la Primaire de mon fils de huit ans. Elle m’avait téléphoné parce que, dans la classe de Taylor, ils allaient parler des talents que les enfants avaient reçus de leur Père céleste.

Je ne savais pas quoi dire. J’ai repensé aux huit années précédentes en essayant de trouver une réponse. Quatre jours après sa naissance, Taylor avait eu un accident vasculaire cérébral qui lui avait gravement endommagé le cerveau et causait chez lui des crises incontrôlables. Il ne peut ni voir, ni parler, ni communiquer. Il n’a jamais dépassé le niveau du développement mental d’un enfant de six mois. Il passe le plus clair de son temps dans un fauteuil roulant pendant que nous prenons soin de lui et essayons de veiller à son confort.

Nous avions applaudi quand il avait appris à rire ou à boire avec une tasse spéciale et nous avions fait une fête le jour où il avait pu se lever et faire quelques pas. Mais tout en applaudissant et en faisant la fête extérieurement, nous pleurions au fond de nous-mêmes de savoir que ces petits exploits étaient probablement tout ce que Taylor serait capable de faire. Et je ne pensais pas que c’était ce que son instructrice de la Primaire voulait entendre.

Je me suis raclé la gorge et j’ai répondu, mal à l’aise : « Je ne vois pas quel talent il peut bien avoir. »

Alors, cette gentille sœur m’a fait une réponse qui a changé définitivement ma relation avec mon fils.

Elle a dit : « Pendant que je réfléchissais à cette leçon, je me suis rendu compte que chaque enfant de Dieu a un talent. Je pense que celui de Taylor est d’apprendre aux autres à rendre service. Si vous êtes d’accord, j’aimerais dire en classe comment j’ai remarqué le talent de Taylor à l’église. J’ai vu les autres enfants de la Primaire apprendre à pousser son fauteuil, à lui ouvrir les portes et à surmonter leur crainte de lui essuyer le menton avec un mouchoir quand c’était nécessaire. Je pense que c’est un grand talent qui est une bénédiction pour nous. »

J’ai murmuré mon assentiment et nous nous sommes quittées là-dessus. Je me demande si cette instructrice de la Primaire se doutait de la profondeur de l’impact que cette conversation allait avoir dans ma vie. Taylor est resté le même. Il a toujours besoin de soins soutenus. Les hôpitaux, les médecins et les kinésithérapeutes tiennent toujours une place importante dans ma vie. Mais ma façon de voir a changé et j’ai commencé à remarquer son talent.

J’ai vu comment les gens autour de nous changeaient de comportement lorsqu’ils cherchaient à s’occuper de lui. J’ai aussi remarqué comment il nous rappelle de ralentir, de faire attention à ses besoins et de devenir plus compatissants, plus observateurs et plus patients.

Je ne sais pas dans quel but Dieu lui impose des difficultés aussi décourageantes, mais je crois que son instructrice de la Primaire m’a permis de m’en faire une petite idée. Il est ici pour nous faire profiter de son talent. Il est ici pour nous donner l’occasion d’apprendre à rendre service.

L’instructrice de la Primaire de mon fils m’a dit : « J’ai vu les autres enfants de la Primaire apprendre à pousser le fauteuil roulant de Taylor, à lui ouvrir les portes et à surmonter leurs appréhensions. »