2000-2009
    Naître de nouveau
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    Naître de nouveau

    «Tout le bénéfice du pardon des péchés grâce à l’expiation du Sauveur commence par le repentir et le baptême, puis s’accroît par la réception du Saint-Esprit.»

    Mes chers frères, sœurs et amis, c’est pour moi une grande responsabilité de m’adresser à vous tous. Je prie pour que vous soyez compréhensifs.

    Mon baptême dans l’Eglise a été l’un des événements les plus importants de ma vie. J’avais huit ans. Mes parents nous avaient enseigné, à mes frères et à moi, l’importance de cette grande ordonnance. Ma mère m’avait dit qu’après mon baptême je serais tenu pour responsable des choses que je faisais et qui n’étaient pas bien. Je me souviens très clairement du jour de mon baptême. J’ai été baptisé dans les fonts baptismaux du Tabernacle de Temple Square. Ceux qui allaient être baptisés ont mis une combinaison blanche et ont été gentiment amenés un par un en bas des marches jusque dans l’eau. L’un des enfants baptisés ce jour-là n’a pas été totalement immergé et l’ordonnance a donc été refaite. C’était nécessaire parce que, comme les Ecritures l’indiquent, le baptême symbolise la mort, l’ensevelissement et la résurrection et ne peut être fait que par immersion1. Il suit aussi le modèle établi par le Sauveur qui s’est fait baptiser dans le Jourdain, où il y a beaucoup d’eau. Matthieu a écrit: «Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l’eau2

    Je n’avais que huit ans mais les paroles de la prière du baptême ont pénétré profondément mon âme. Après avoir dit mon nom, Irvin G. Derrick, qui me baptisait, a dit: «Ayant reçu l’autorité de Jésus-Christ, je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen3

    Depuis mon baptême, plus de onze millions de personnes se sont fait baptiser dans l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, de la même manière et par la même autorité. Elles ont été baptisées dans des lacs gelés, dans la mer ou dans des étangs, dont certains ont été creusés à cet effet. L’un de ces étangs a une grande importance historique. En 1840, Wilford Woodruff, alors membre du Collège des Douze, faisait une mission en Angleterre et s’est senti poussé à aller dans une région rurale près de Ledbury. Il y a rencontré John Benbow qui possédait une grande ferme et un petit étang. John l’a présenté à une assemblée des Frères Unis qui étaient très désireux d’entendre le message de l’Evangile. Il a plus tard rapporté dans son journal que, n’ayant pas d’autre possibilité, il a passé la plus grande partie du 7 mars 1840 à nettoyer un petit étang et à le préparer pour baptiser. Il a aussi écrit: «J’ai vu que beaucoup allaient recevoir cette ordonnance. J’ai, par la suite, baptisé six cents personnes dans cet étang4

    Le Sauveur nous a enseigné que tous les hommes et toutes les femmes doivent naître de nouveau. Nicodème, un chef des Juifs, est venu en secret voir le Sauveur de nuit et lui a dit: «Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n’est avec lui.

    «Jésus lui répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu5

    Nicodème était perplexe. Il a demandé: «Comment un homme peut-il naître quand il est vieux? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître?»

    Jésus a expliqué qu’il parlait de naître spirituellement. Il a dit:

    «En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu.

    «Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit6

    Nous devons tous naître spirituellement, de 8 à 80 ans, ou même 90 ans. Quand Luise Wulff, de la République démocratique allemande, s’est fait baptiser en 1989, elle s’est exclamée: «Voilà, j’ai 94 ans et je suis née de nouveau7!» Notre première naissance a lieu lorsque nous naissons dans la condition mortelle. Notre seconde naissance commence lorsque nous sommes baptisés d’eau par quelqu’un qui détient la prêtrise de Dieu, se termine lorsque nous sommes confirmés, «et ensuite vient le pardon de [nos] péchés par le feu et par le Saint-Esprit8».

    Il y a quelques années, Albert Peters a raconté une expérience que son compagnon et lui avaient eue avec un homme qui était né de nouveau. Un jour, ils étaient allés à la hutte de Atiati dans le village de Sasina à Samoa. Ils y avaient trouvé un homme non rasé, hirsute et au corps déformé, étendu sur un lit. Il leur avait demandé d’entrer et de se présenter. Il avait été content d’apprendre qu’ils étaient missionnaires et avait voulu entendre leur message. Ils avaient enseigné la première leçon, avaient rendu témoignage et étaient partis. En s’éloignant, ils parlaient de l’état de Atiati: il avait eu la poliomyélite 22 ans auparavant et depuis il ne pouvait plus se servir de ses bras ni de ses jambes. Comment pourrait-il donc jamais être baptisé, avec un tel handicap?

    Lorsqu’ils sont retournés voir leur nouvel ami, le lendemain, ils ne s’attendaient pas au changement qui s’était produit en lui. Il était rayonnant, rasé de frais, même ses draps avaient été changés. «Aujourd’hui, dit-il, je commence à vivre de nouveau, parce qu’hier mes prières ont été exaucées et que vous êtes venus me voir… Cela fait plus de vingt ans que j’attends que quelqu’un vienne me dire qu’il a le véritable Evangile du Christ.»

    Pendant plusieurs semaines les deux missionnaires ont enseigné les principes de l’Evangile à cet homme sincère et intelligent. Il a acquis un témoignage puissant de la vérité et a ressenti le besoin de se faire baptiser. Il leur a demandé de jeûner avec lui afin qu’il ait la force de descendre dans l’eau et d’être baptisé. Les fonts baptismaux les plus proches étaient à 13 kilomètres. Ils l’ont porté jusqu’à leur voiture, l’ont emmené à l’église et l’ont installé sur un banc. Leur chef de district a commencé le service de baptême en rendant un témoignage vibrant de l’ordonnance sacrée du baptême. Puis frère Peters et son compagnon ont pris Atiati et l’ont porté vers les fonts baptismaux. En chemin, Atiati a dit: «S’il vous plaît, posez-moi par terre.» Ils hésitaient, et il a redit: «Posez-moi par terre.»

    Alors qu’ils étaient là, perplexes, Atiati a souri et s’est exclamé: «C’est l’événement le plus important de ma vie. Je sais sans aucun doute que c’est la seule voie qui mène au salut éternel. Je ne veux pas qu’on me porte au salut!» Alors ils l’ont posé sur le sol. Au prix d’un effort énorme, il a réussi à se mettre debout. L’homme qui était resté 20 ans allongé sans bouger, se tenait maintenant debout. Lentement, marche après marche en tremblant, Atiati est descendu dans l’eau, où le missionnaire tout étonné l’a pris par la main et l’a baptisé. Il a ensuite demandé qu’on le porte dans le devant de la salle de culte où il a été confirmé membre de l’Eglise.

    Atiati a continué de progresser jusqu’au point de pouvoir marcher avec la seule aide d’une canne. Il a dit à frère Peters qu’il savait qu’il serait capable de marcher le matin de son baptême. Il a dit: «Puisque la foi peut transporter une montagne entêtée, je n’avais aucun doute qu’elle réparerait aussi mes membres9.» Je crois qu’on peut dire que Atiati est véritablement né de nouveau!

    Comme Atiati, lorsque nous sommes baptisés, nous naissons spirituellement de Dieu, et nous avons le droit d’avoir le visage empreint de son image10. Nous devons éprouver un grand changement de coeur11 afin de pouvoir devenir «de nouvelles créatures12» et d’exercer notre foi dans la rédemption de notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ, afin de rester dignes. Les principes de dignité personnelle pour se faire baptiser dans l’Eglise sont clairs:

    «Tous ceux qui s’humilient devant Dieu, désirent être baptisés, se présentent le cœur brisé et l’esprit contrit, témoignent devant l’Eglise qu’ils se sont sincèrement repentis de tous leurs péchés et sont disposés à prendre sur eux le nom de Jésus-Christ, étant déterminés à le servir jusqu’à la fin, et montrent vraiment par leurs œuvres qu’ils ont reçu de l’Esprit du Christ pour la rémission de leurs péchés, ceux-là, seront reçus par le baptême dans son Eglise13

    Le baptême par immersion dans l’eau est «la première ordonnance de l’Evangile et… doit, pour être complet, être suivi de la réception du Saint-Esprit14». Comme l’a dit Joseph Smith, le prophète: «Vous pourriez aussi bien baptiser un sac de sable qu’un homme si ce n’est en vue de la rémission des péchés et de l’obtention du Saint-Esprit. Le baptême d’eau n’est qu’un demi-baptême et n’est bon à rien sans l’autre moitié, c’est-à-dire le baptême du Saint-Esprit15

    Tout le bénéfice du pardon des péchés grâce à l’expiation du Sauveur commence par le repentir et le baptême, puis s’accroît par la réception du Saint-Esprit. Comme l’a dit Néphi, le baptême est la porte «et ensuite vient le pardon de vos péchés par le feu et par le Saint-Esprit16». La porte du baptême ouvre la voie à d’autres alliances et à d’autres bénédictions que nous recevons par la prêtrise et par les ordonnances du temple.

    Le don extraordinaire du Saint-Esprit et l’appartenance à l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, nous sont conférés par la confirmation, par l’imposition des mains de ceux qui ont l’autorité de la prêtrise. Paul l’a clairement dit aux Ephésiens lorsqu’il a demandé: «Avez-vous reçu le Saint-Esprit, quand vous avez cru? Ils lui répondirent: Nous n’avons pas même entendu dire qu’il y ait un Saint-Esprit.

    «Il dit: De quel baptême avez-vous donc été baptisés? Et ils répondirent: Du baptême de Jean.

    «Alors Paul dit: Jean a baptisé du baptême de repentance, disant au peuple de croire en celui qui venait après lui, c’est-à-dire, en Jésus.

    «Sur ces paroles, ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus.

    «Lorsque Paul leur eut imposé les mains, le Saint-Esprit vint sur eux17

    S’ils sont dignes, ceux qui possèdent ce don spirituel peuvent avoir une plus grande compréhension, être édifiés et guidés dans toutes les activités de la vie, à la fois spirituelles et temporelles. Le Saint-Esprit nous rend témoignage de la vérité et imprègne notre âme de la réalité de Dieu le Père et de son Fils, Jésus-Christ, si sûrement qu’aucun pouvoir ou autorité terrestres ne peuvent nous priver de cette connaissance18. En fait, ne pas avoir le don du Saint-Esprit, c’est un peu comme avoir un corps dénué de système immunitaire.

    Nous croyons que l’Esprit du Christ est donné à tous les hommes et toutes les femmes19. C’est différent du don du Saint-Esprit.

    Joseph Smith, le prophète, a enseigné: «Il y a une différence entre le Saint-Esprit et le don du Saint-Esprit20.» Beaucoup de personnes en dehors de l’Eglise ont reçu des révélations par le pouvoir du Saint-Esprit, qui les ont convaincues de la véracité de l’Evangile. Par ce pouvoir, des amis de l’Eglise sincères acquièrent le témoignage du Livre de Mormon et des principes de l’Evangile avant de se faire baptiser. Toutefois, les manifestations du Saint-Esprit sont limitées tant qu’on n’a pas reçu le don du Saint-Esprit.

    Ceux qui possèdent le don du Saint-Esprit après le baptême et la confirmation peuvent recevoir davantage de lumière et de témoignage. Cela parce que le don du Saint-Esprit est «un témoin permanent et un don supérieur à la manifestation ordinaire du Saint-Esprit21». C’est un don supérieur parce que le don du Saint-Esprit peut purifier une personne et la sanctifier de tout péché22.

    Etant donné que le baptême d’eau et d’Esprit sont indispensables au salut, il est dans la nature éternelle des choses que tous les enfants de Dieu aient la possibilité de les recevoir, y compris ceux qui ont vécu dans les siècles passés. Le principe du baptême des vivants en faveur des morts au temple était compris et pratiqué dans l’Eglise chrétienne primitive. Paul, dans son grand exposé sur la résurrection, a dit: «Autrement, que feraient ceux qui se font baptiser pour les morts? Si les morts ne ressuscitent absolument pas, pourquoi se font-ils baptiser pour eux23?» C’est vraiment un acte chrétien que de faire quelque chose d’aussi essentiel pour ceux qui ne peuvent pas le faire pour eux-mêmes. En donnant sa vie pour expier pour les péchés de tous les hommes, Jésus a fait pour nous ce que nous ne pouvions pas faire pour nous-mêmes. Le prophète Malachie a fait référence à ce concept quand il parlé de la venue du prophète Elie qui allait ramener «le cœur des pères à leurs enfants, et le cœurs des enfants à leurs pères, de peur que [le Seigneur] ne vienne frapper le pays d’interdit24». C’est ce qui est accompli en grande mesure par l’œuvre par procuration pour les morts.

    Aucune autre organisation sur la terre ne fait plus que l’Eglise pour accomplir la promesse de Malachie. A grands frais et au prix de grands efforts, l’Eglise est maintenant la gardienne du plus grand trésor d’annales familiales du monde. Elle dispose maintenant de 660 millions de noms sur le site Internet FamilySearch25. Ces documents sont gratuitement à la disposition de tous ceux qui souhaitent y faire des recherches.

    Etant donné que j’ai vécu tant d’années depuis mon baptême d’eau, j’ai pu savourer les dons spirituels du Saint-Esprit que j’ai reçus par l’intermédiaire du baptême de l’Esprit. J’ai été confirmé il y a 72 ans par un homme qui en détenait l’autorité, Joseph A. F. Everett, ami proche de mes parents et homme d’une grande noblesse.

    Je prie humblement pour que l’Esprit du Seigneur atteste de l’importance des choses dont j’ai parlé. Je témoigne que nous ne pouvons pas être pleinement convertis tant que nous n’avons pas marché «en nouveauté de vie26» et que nous ne sommes pas, profondément, une « personne nouvelle, purifiée de nos anciens péchés »27. Cela ne peut se produire que si nous naissons de nouveau d’eau et d’Esprit par le baptême et par le don du Saint-Esprit. De cette manière nous recevons le pardon divin par lequel nous pouvons savoir intimement que nos péchés nous sont pardonnés28. Je sais que cela est vrai et j’en témoigne au nom de Jésus-Christ. Amen. 9