Labourons avec espérance
    Notes de bas de page

    Labourons avec espérance

    «En utilisant l’Expiation, nous avons accès aux dons du Saint-Esprit, qui ‹remplit d’espérance et d’amour parfait› » (Moroni 8:26).

    Mes frères et sœurs, c’est vrai que le monde est «en tumulte», mais le Royaume va de l’avant comme jamais auparavant! (voir Doctrine et Alliances 88:91; 45:26). Son caractère distinct se marque d’une manière plus vive par le contraste avec les tendances du monde, où les valeurs traditionnelles ne sont pas fixées par les rivets du Rétablissement. Elles vont rapidement à la dérive (voir Doctrine et Alliances 105:31).

    Les résultats sont des mélanges contradictoires tel que l’ennui et la violence. Il y en a qui se contentent d’exister, «sans espérance et sans Dieu dans le monde» (Ephésiens 2:12; voir aussi Alma 41:11). Celui qui veut être disciple aujourd’hui est amené à traverser ce désert hostile de cultures qui ne savent quelles limites se fixer, d’autant plus qu’elles ne les reconnaissent pas!

    Oui, nous avons des moyens de divertissement et de communication de masse sans précédent, mais aussi tant de gens qui sont seuls ensemble. La camaraderie rendue possible par la technologie ne remplace pas la famille.

    Autant que je déplore les orages qui se préparent en conséquence, je peux leur trouver une certaine utilité. Grâce à eux, nous avons une chance d’être plus soumis spirituellement, car «à moins que le Seigneur ne châtie son peuple par de nombreuses afflictions… il ne se souvient pas de lui» (Hélaman 12:3). Le Seigneur est, de toutes façons, constamment occupé à affiner discrètement chaque membre de son peuple fidèle, mais les événements mettront aussi en évidence les voies supérieures de Dieu et son Royaume (voir Doctrine et Alliances 136:31).

    Notre situation a cependant son lot de difficultés. Nous avons beaucoup de parents qui se sentent dépassés, de mariages qui se désagrègent et de familles qui fonctionnent mal. La drogue, la violence et la pornographie ne cessent de produire leurs conséquences destructrices; en vérité, «le désespoir vient de l’iniquité» (Moroni 10:22). Parce que l’adversaire «cherche à rendre tous les hommes malheureux comme lui», le plan de malheur est le sien (2 Néphi 2:2, 27; voir aussi verset 18).

    Ceux d’entre nous qui sont vaillants vont de toutes façons de l’avant, parce qu’ils savent que le Seigneur les aime, même s’ils ne connaissent pas «la signification de tout» (1 Néphi 11:17). En les voyant triompher d’épreuves graves et implacables, nous les applaudissons et célébrons la force et la bonté qui se dégagent d’eux. Pourtant le reste d’entre nous tremble devant le prix qui est exigé pour l’acquisition d’une force de caractère aussi exceptionnelle, tout en espérant ne pas broncher si de telles situations se présentaient à nous!

    Il est peut-être trop tard pour remédier à la situation de certaines communautés, mais pas pour aider les personnes et les familles qui sont disposées à remédier à leurs difficultés. Il n’est pas trop tard non plus pour certains de devenir des disciples pionniers dans leur famille et à l’endroit où ils vivent, ou pour d’autres de devenir des artisans de la paix locaux dans un monde auquel la paix a été enlevée (Doctrine et Alliances 1:35). S’il y en a d’autres encore qui connaissent un manque de modèles, ils peuvent en devenir un.

    Si Josué a pu dire: «moi et ma maison…», il y a des gens qui, actuellement privés de famille intacte, peuvent néanmoins dire: «quant à moi…», et ensuite vivre de manière à devenir dignes de tout ce que le Seigneur a préparé pour eux (Josué 24:15). Ainsi, les disciples restent fermes (voir Doctrine et Alliances 9:14), restent fidèles jusqu’à la fin (voir Doctrine et Alliances 6:13) et «se maintiennent sur leur route» (Doctrine et Alliances 122:9), même dans un monde perturbé.

    Toutefois, endurer et se soumettre ne sont pas du tout des réactions passives; au lieu de cela c’est en réalité être plutôt suffisamment d’attaque pour se proposer pour des missions dans les premières lignes, alors même que l’on porte sur soi, humblement mais victorieusement, les blessures des escarmouches précédentes.

    De toutes façons, que représentent quelques doigts pointés vers nous avec mépris (voir 1 Néphi 8:33), alors que les fidèles peuvent savoir un jour ce que c’est que d’être «serré dans les bras de Jésus» (Mormon 5:11)?

    Que sont les paroles moqueuses maintenant, si nous entendons plus tard ces paroles merveilleuses: «C’est bien, bon et fidèle serviteur» (Matthieu 25:21).

    Entre-temps, Paul nous exhorte à «labourer avec espérance» (1 Corinthiens 9:10).

    Ce dont nous avons impérativement besoin, c’est donc de la vision à long terme et de l’espérance de l’Evangile. L’humiliation d’aujourd’hui prend alors la place qui lui revient dans la perspective de l’élévation que nous connaîtrons demain grâce au plan du bonheur de Dieu (voir Alma 42:8, 16).

    Etant donné que le Seigneur veut un peuple «mis à l’épreuve en tout» (D&A 136:31), jusqu’où allons-nous être éprouvés? Il nous dit: Je mets à l’épreuve la foi et la patience de mon peuple (voir Mosiah 23:21). Puisque la foi dans le calendrier du Seigneur peut être mise à l’épreuve, apprenons à dire, non pas simplement «que ta volonté soit faite», mais aussi, avec patience, «que cela s’accomplisse au temps fixé par toi».

    L’espérance se fait un festin des paroles du Christ «par la patience, et par la consolation que donnent les Ecritures», «écrites pour notre instruction» (Romains15:4), soutenue par le fait que nous avons «tous ces témoignages» (Jacob 4:6; voir aussi 2 Néphi 31:20). La foi constituela « ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas» (Hébreux 11:1; voir aussi Ether 12:6). Ainsi donc, quel que soit l’humble sillon où nous nous trouvons, nous devons «labourer avec espérance» (1 Corinthiens 9:10) pour acquérir finalement «une espérance d’une pureté parfaite» (2 Néphi 31:20; voir aussi Alma 29:4).

    Cependant, trop nombreux parmi ceux qui sont partiellement engagés, comme Naaman, sont ceux qui attendent que le Seigneur leur dise de faire quelque grande chose, tout en refusant les petites choses qu’il nous demande (2 Rois 5:13). Lorsqu’il eut été ramené à l’humilité et corrigé, non seulement la chair de Naaman devint comme celle d’un petit enfant, mais son cœur aussi (voir 2 Rois 5:14-15). Le fait de ne pas servir le Maître dans les petites choses nous éloigne de lui (Mosiah 5:13).

    Par contre, ceux qui labourent dans l’espérance non seulement comprennent la loi de la moisson, mais savent aussi en quoi consistent les périodes de croissance. Il est vrai que ceux qui ont une espérance véritable n’en voient pas moins de temps en temps leur situation immédiate complètement bouleversée, et pourtant, avec «l’œil de la foi», ils voient quand même le dessein divin (Alma 5:15).

    L’espérance suprême est, bien entendu, liée à Jésus et à la grande Expiation avec son don gratuit de la résurrection universelle et l’offre du plus grand des dons de Dieu, la vie éternelle (voir Moroni 7:40-41; Alma 27:28; Doctrine et Alliances 6:13; 14:7).

    Plusieurs Ecritures décrivent l’aspect essentiel de cette Expiation glorieuse et salvatrice, notamment un verset autobiographique poignant qui nous confie comment Jésus aurait voulu ne pas boire à la coupe amère et se dérober (voir Doctrine et Alliances 19:18). Puisque «l’expiation infinie» exigeait une souffrance infinie, le risque de dérobade était là! (2 Néphi 9:7; Alma 34:12). Tout le sort de l’humanité dépendait de la force de caractère du Christ! Heureusement pour nous, il ne s’est pas dérobé, mais a terminé tout ce qu’il avait préparé pour les enfants des hommes (voir Doctrine et Alliances 19:19).

    Mais la soumission sans pareille du Christ a toujours été là. En effet, il a «souffert la volonté du Père en tout depuis le commencement» (3 Néphi 11:11), tout en observant attentivement son Père: «… En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement» (Jean 5:19).

    Ce verset contient un promesse de choses grandioses à venir, de choses que nous ne pouvons comprendre.

    Lors du processus atroce de l’Expiation, Jésus permit que sa volonté fût «engloutie dans la volonté du Père» (Mosiah 15:7). Libres que nous sommes de décider souverainement de nous-mêmes, le fait de décider d’obéir au plus grand des souverains est le choix suprême que nous pouvons faire. C’est la seule reddition qui soit aussi une victoire! Quand on se dépouille de l’homme naturel, on peut se revêtir de toutes les armes de Dieu, qui n’étaient pas pleinement à notre taille auparavant (voir Ephésiens 6:11, 13)!

    Ainsi donc, Jésus le Rédempteur «s’est livré lui-même à la mort» (Mosiah 14:12; voir aussi Esaïe 53:12; Doctrine et Alliances 38:4). Quand nous nous livrons à Dieu dans nos supplications personnelles, nous faisons le vide, ce qui fait de la place pour un surcroît de joie!

    Une autre Ecriture fondamentale nous montre que Jésus a foulé au pressoir de «l’ardeur de la colère du Dieu Tout-Puissant» (Doctrine et Alliances 88:106; voir aussi Doctrine et Alliances 76:107; 133:50). Les autres peuvent et doivent nous encourager, nous féliciter, prier et nous réconforter, mais c’est à nous qu’il appartient en fin de compte de soulever et de porter notre croix personnelle. Etant donné «l’ardeur» que le Christ a endurée pour nous, nous ne pouvons pas nous attendre à ce qu’être disciple soit d’une facilité sereine. Par exemple, dans nos efforts pour obtenir le pardon, il se peut que nous ne parvenions au repentir que par un régime draconien. A ce propos, ne confondons pas, comme le font certains, les peccadilles que nous nous imposons à nous-mêmes avec des croix!

    Chose sans précédent, Jésus, le Rédempteur, «est descendu au-dessous de tout, en sorte qu’il a compris toutes choses…» (Doctrine et Alliances 88:6; voir aussi Doctrine et Alliances 122:8). Comme elle a dû être profonde, cette descente dans le désespoir! Il l’a fait pour nous sauver et pour comprendre la souffrance humaine. C’est pourquoi ne nous rebellons pas contre les expériences qui nous forment et qui peuvent développer davantage notre capacité de comprendre ce que les autres éprouvent (voir Alma 7:11-12). Un cœur paresseux ne fera pas l’affaire, pas plus qu’un cœur rempli de ressentiment. Pour être pleinement admis dans «la communion de ses souffrances», il faut faire tout ce qui est exigé d’un vrai disciple (Philippiens 3:10; voir aussi 1 Corinthiens 1:9).

    De plus, Jésus n’a pas seulement pris sur lui nos péchés pour les expier, mais aussi nos maladies, nos souffrances et nos douleurs (voir Alma 7:11, 12; Matthieu 8:17). Il sait donc personnellement tout ce par quoi nous passons et comment nous accorder sa miséricorde parfaite aussi bien que la façon de nous secourir. Ses souffrances ont été d’autant plus étonnantes qu’il a foulé seul au pressoir (voir Doctrine et Alliances 133:50).

    Il arrive à l’occasion que le Dieu du ciel pleure (voir Moïse 7:28). Cela donne donc à réfléchir aux souffrances de l’expiation infinie de Jésus et aux sentiments du Père à l’égard de son Fils et à notre égard. Il n’y a pas de révélations qui nous instruisent à ce propos, néanmoins nous ne pouvons pas nous empêcher d’imaginer ce qu’il a dû ressentir!

    Si, comme le Sauveur, nous ne nous dérobons pas, nous devons faire tout ce qui est exigé de nous comme disciples et aller là où les enseignements du Maître nous conduisent. Sinon, nous risquons de marcher avec Jésus jusqu’à un certain point, mais ensuite de ne plus aller avec lui (voir Jean 6:66). Se dérober veut dire s’arrêter aussi bien que tourner le dos.

    Plus nous en saurons sur Jésus, plus nous l’aimerons. Plus nous en saurons sur Jésus, plus nous aurons confiance en lui. Plus nous en saurons sur Jésus, plus nous voudrons être semblables à lui et être avec lui en devenant le genre d’hommes et de femmes qu’il souhaite que nous soyons (voir 3 Néphi 27:27), tout en vivant dans le bonheur (voir 2 Néphi 5:27).

    Ainsi donc, avec l’aide du Saint-Esprit, nous pouvons «glorifier» le Christ en nous repentant et en ayant ainsi accès aux bénédictions de l’Expiation étonnante qu’il nous a fournie à un prix aussi incroyable (voir Jean 16:14)! Ainsi, frères et sœurs, étant donné ce pour quoi Jésus est mort, sommes-nous disposés à accepter les difficultés qui nous sont imparties (voir Alma 29:4, 6)? Il est parfois permis et compréhensible de trembler.

    Les nombreuses façons précises dans lesquelles nous pouvons nous «appliquer» ces Ecritures essentielles sur Jésus et sur l’Expiation sont englobées dans ce passage clef: «Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions» (Matthieu 11:29). En effet, il n’existe pas d’autre moyen d’apprendre profondément (voir 1 Néphi 19:23). L’Expiation infinie est si vaste et si universelle, mais en fin de compte, elle est si personnelle! Heureusement, grâce à elle, nous pouvons recevoir le pardon et, chose très importante, nous pouvons savoir que le pardon nous a été accordé, ce qui est la libération finale et joyeuse de l’erreur.

    En utilisant l’Expiation, nous avons accès aux dons du Saint-Esprit, qui «remplit d’espérance et d’amour parfait» (Moroni 8:26). Nul parmi nous ne peut se permettre de se passer de cette espérance et de cet amour nécessaires pendant la traversée du Sinaï de notre vie!

    Ainsi donc, dans nos efforts pour nous acquitter des devoirs qui nous sont confiés en tant que disciples, nous devons vaincre le monde (voir 1 Jean 5:3, 4), finir l’œuvre qu’il nous a été personnellement donné d’accomplir, être capables de boire aux coupes amères sans devenir amers, nous livrer à Dieu, faire en sorte que de plus en plus notre volonté soit engloutie dans la volonté du Père, reconnaître, aussi difficiles que soient les épreuves qui nous façonnent, qu’effectivement toutes ces choses nous donneront de l’expérience et seront pour notre bien (Doctrine et Alliances 122:7), persévérer et labourer jusqu’à la fin de notre sillon, tout cela en glorifiant Dieu et en utilisant les dons sans pareils qu’il nous a accordés, notamment, un jour, « tout » ce qu’il possède (Doctrine et Alliances 84:38).

    Au nom sacré de Jésus-Christ. Amen!s