2010-2019
Jésus, l’ayant regardé, l’aima
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Jésus, l’ayant regardé, l’aima

Chaque fois que vous avez l’impression que l’on vous demande de faire quelque chose de difficile, pensez au Seigneur qui vous regarde, qui vous aime, et qui vous invite à le suivre.

Il y a quelques années, j’ai été appelé, avec ma femme, Jacqui, à présider la mission de Spokane, dans l’État de Washington. Nous sommes arrivés dans le champ de la mission avec un mélange de crainte et d’enthousiasme devant la responsabilité de travailler avec tant de jeunes missionnaires exceptionnels. Ils étaient d’origines très diverses et ils sont rapidement devenus comme des fils et des filles pour nous.

Cela se passait merveilleusement bien pour la plupart, mais certains d’entre eux avaient du mal à faire face aux attentes élevées de leur appel. Je me rappelle qu’un missionnaire m’a dit : « Président, c’est simple, je n’aime pas les gens ». Plusieurs m’ont dit qu’ils ne voulaient pas suivre les règles missionnaires plutôt strictes. Je m’inquiétais et je me demandais ce que nous pouvions faire pour changer le cœur de ces quelques missionnaires qui n’avaient pas encore appris la joie d’être obéissant.

Un jour, alors que je roulais le long de beaux champs de blé là la frontière entre les États de Washington et d’Idaho, j’écoutais un enregistrement du Nouveau Testament. Pendant que j’écoutais le récit familier du jeune homme riche qui aborde le Seigneur pour demander ce qu’il pourrait faire pour obtenir la vie éternelle, j’ai reçu une révélation inattendue mais profonde qui est maintenant un souvenir sacré.

Après avoir entendu Jésus réciter les commandements et la réponse du jeune homme qu’il les avait tous respectés dès sa jeunesse, je m’attendais à entendre la correction bienveillante du Sauveur : « Il ne te manque qu’une chose : […] vends ce que tu possèdes, […]. Puis viens, et suis-moi1. » Mais, à mon grand étonnement, j’ai entendu à la place, avant cette partie du verset, six mots qu’il me semblait ne jamais avoir entendus ou lus auparavant. C’était comme s’ils avaient été ajoutés aux Écritures. Je me suis émerveillé devant la compréhension inspirée qui s’est alors dévoilée à moi.

Quels sont les six mots qui ont eu un effet si profond ? Écoutez pour voir si vous reconnaissez ces mots apparemment ordinaires, qu’on ne trouve pas dans les autres récits des Évangiles et qu’on ne trouve que dans celui de Marc.

« Et voici, un homme s’approcha, et dit à Jésus : Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ?

« Jésus-Christ lui dit :

« Tu connais les commandements : Tu ne commettras point d’adultère ; tu ne tueras point ; tu ne déroberas point ; tu ne diras point de faux témoignage ; tu ne feras tort à personne ; honore ton père et ta mère.

« Il lui répondit : Maître, j’ai observé toutes ces choses dès ma jeunesse.

« Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit : Il te manque une chose ; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens et suis-moi2. »

« Jésus, l’ayant regardé, l’aima. »

Quand j’ai entendu ces mots, une image vive de notre Sauveur marquant une pause et regardant ce jeune homme m’est venue à l’esprit. Regarda—comme pour pénétrer des yeux profondément dans son âme, en reconnaissant sa bonté et aussi son potentiel, tout en discernant son plus grand besoin.

Puis les mots simples : Jésus l’aima. Il a éprouvé un amour et une compassion immenses pour ce jeune homme bon et, en raison de cet amour et avec cet amour, Jésus lui en a demandé encore plus. J’ai imaginé ce que cela a dû être pour ce jeune homme d’être enveloppé dans un tel amour tandis qu’on lui demandait de faire quelque chose d’extrêmement difficile comme de vendre ce qu’il possédait pour le donner aux pauvres.

À cet instant, j’ai su que ce n’était pas seulement le cœur de quelques-uns de nos missionnaires qui devait changer. Le mien en avait aussi besoin. La question n’était plus : « Comment un président de mission découragé peut-il amener un missionnaire en difficulté à mieux se comporter ? » La question était maintenant : « Comment puis-je être rempli d’amour chrétien au point qu’un missionnaire puisse, à travers moi, ressentir l’amour de Dieu et désirer changer ? » Comment puis-je le regarder de la même façon que le Seigneur a regardé le jeune homme riche, le voyant pour ce qu’il est vraiment et ce qu’il peut devenir plutôt que simplement pour ce qu’il fait ou ne fait pas ? Comment puis-je être davantage comme le Sauveur ?

« Jésus, l’ayant regardé, l’aima. »

Suite à cela, quand je m’asseyais avec un jeune missionnaire qui avait du mal avec certains aspects de l’obéissance, au fond de mon cœur je voyais maintenant un jeune homme ou une jeune femme fidèle qui avait suivi son désir de venir en mission. Alors, je pouvais dire avec tous les sentiments d’un parent aimant3 : « Frère ou sœur, si je ne vous aimais pas, je ne me soucierais pas de ce qui se passe dans votre mission. Mais je vous aime et, parce que je vous aime, je me soucie de ce que vous devenez. Par conséquent, je vous invite à changer d’attitude envers les choses qui sont difficiles pour vous et à devenir la personne que le Seigneur veut que vous soyez. »

Chaque fois que je me rendais à des entretiens avec des missionnaires, je priais d’abord pour avoir le don de la charité et pour être capable de voir chaque frère et chaque sœur comme le Seigneur les voit.

Avant les conférences de zone, quand sœur Palmer et moi saluions chaque missionnaire individuellement, je faisais une pause pour les regarder profondément dans les yeux, — un entretien sans parole — et absolument chaque fois, j’étais rempli d’un grand amour pour ces précieux fils et filles de Dieu.

J’ai appris de nombreuses leçons qui changent notre vie grâce à cette expérience très personnelle avec le chapitre 10 de Marc. Voici quatre de ces leçons qui, je pense, aideront chacun de nous :

  1. Si nous apprenons à voir les autres comme le Seigneur les voit, plutôt qu’avec nos propres yeux, notre amour pour eux ainsi que notre désir de les aider grandira. Nous verrons chez les autres un potentiel qu’ils ne voient probablement pas eux-mêmes. Si nous sommes animés d’un amour chrétien, nous n’aurons pas peur de parler avec hardiesse, car « l’amour parfait bannit toute crainte4. » Et nous n’abandonnerons jamais, nous rappelant que les personnes les plus difficiles à aimer sont celles qui ont le plus besoin d’amour.

  2. Il ne se produira jamais ni véritable enseignement ni apprentissage dans la frustration ou la colère, et les cœurs ne changeront pas si l’amour n’est pas présent. Que ce soit en tant que parents, instructeurs ou dirigeants, nous n’enseignerons véritablement que dans un climat de confiance et non de réprobation. Notre foyer devrait toujours être un havre de paix pour nos enfants et non pas un milieu hostile.

  3. Nous ne devrions jamais retenir notre amour quand un enfant, un ami ou un membre de la famille ne vit pas à la hauteur de nos attentes. Nous ne savons pas ce qui est arrivé au jeune homme riche après qu’il est parti tout triste, mais je suis sûr que Jésus l’aimait toujours de façon parfaite, même s’il avait choisi le chemin le plus facile. Plus tard, quand il a compris le caractère vain des grands biens qu’il possédait, peut-être s’est-il souvenu de cette expérience unique avec son Seigneur qui l’avait regardé, aimé et invité à le suivre, et peut-être a-t-il agi en conséquence.

  4. Parce qu’il nous aime, le Seigneur attend beaucoup de nous. Si nous sommes humbles, nous serons heureux de l’invitation du Seigneur à nous repentir, à faire des sacrifices, et à servir comme preuve de son amour parfait pour nous. Après tout, une invitation à nous repentir est aussi une invitation à recevoir le merveilleux don du pardon et de la paix. C’est pourquoi, « ne méprise pas […] le châtiment du Seigneur, et ne perds pas courage lorsqu’il te reprend ; car le Seigneur châtie celui qu’il aime5. »

Mes chers frères et sœurs, désormais, chaque fois que vous avez l’impression que l’on vous demande de faire quelque chose de difficile — abandonner une mauvaise habitude ou une dépendance, renoncer à des activités profanes, sacrifier une de vos activités préférées parce que c’est le jour du sabbat, pardonner à quelqu’un qui vous a fait du tort — pensez au Seigneur qui vous regarde, qui vous aime, et qui vous invite à lâcher prise et à le suivre. Et remerciez-le de vous aimer assez pour vous inviter à faire plus.

Je rends témoignage de notre Sauveur, Jésus-Christ, et j’attends le jour où il nous prendra chacun dans ses bras, en nous regardant et en nous entourant de son amour parfait. Au nom de Jésus-Christ. Amen.