Que l’Esprit soit avec nous
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    Que l’Esprit soit avec nous

    « Conformément à sa mission divine, le Saint-Esprit nous inspire, nous témoigne, nous instruit et nous incite à marcher dans la lumière du Seigneur. »

    Frères et sœurs, vous et moi pouvons constater l’accélération de l’œuvre du Seigneur à travers le président Monson et son message de ce matin. Président Monson, nous vous aimons, nous vous soutenons et nous prions sans cesse pour vous, « notre prophète bien-aimé1 ».

    Nous avons ressenti un grand déversement de l’Esprit ces deux derniers jours. Que vous soyez présent ici, dans cette grande salle, ou que vous regardiez depuis votre foyer ou assemblés dans des lieux de culte dans le monde entier, vous avez eu l’occasion de ressentir l’Esprit du Seigneur. Cet Esprit confirme à votre cœur et à votre esprit les vérités enseignées lors de cette conférence.

    Rappelez-vous les paroles de ce cantique bien connu :

    « Que l’Esprit soit avec nous,

    enseignant la vérité.

    Il témoignera du Christ,

    nous montrant sa volonté2. »

    La révélation moderne nous apprend que la Divinité est composée de trois êtres séparés et distincts : notre Père céleste ; son Fils unique, Jésus-Christ ; et le Saint-Esprit. Nous savons que : « Le Père a un corps de chair et d’os aussi tangible que celui de l’homme, le Fils aussi ; mais le Saint-Esprit n’a pas de corps de chair et d’os, c’est un personnage d’esprit. S’il n’en était pas ainsi, le Saint-Esprit ne pourrait demeurer en nous3. »

    Mon message aujourd’hui traite de l’importance du Saint-Esprit dans notre vie. Notre Père céleste savait que nous rencontrerions des difficultés, des tribulations et des crises dans la condition mortelle. Il savait que nous serions en butte aux doutes, aux déceptions, aux tentations et aux faiblesses. Pour nous apporter de la force morale et une direction divine, il nous a accordé le Saint-Esprit.

    Le Saint-Esprit nous lie au Seigneur. Conformément à sa mission divine, il nous inspire, nous témoigne, nous instruit et nous incite à marcher dans la lumière du Seigneur. Nous avons la responsabilité sacrée d’apprendre à reconnaître son influence dans notre vie et de la suivre.

    Souvenez-vous de la promesse du Seigneur : « Je te donnerai de mon Esprit, ce qui éclairera ton intelligence, ce qui remplira ton âme de joie4. » J’aime cette affirmation. La joie qui emplit notre âme porte en elle une perspective éternelle qui contraste avec notre quotidien. Cette joie se manifeste sous forme de paix au milieu des épreuves et des peines. Elle apporte courage et réconfort, dévoile les vérités de l’Évangile et accroît notre amour pour le Seigneur et tous les enfants de Dieu. Pourtant, bien que le besoin de ces bénédictions soit grand, le monde, de bien des manières, les a oubliées et y a renoncé.

    Chaque semaine, lorsque nous prenons la Sainte-Cène, nous faisons alliance de « toujours nous souvenir de lui », le Seigneur Jésus-Christ, et de son sacrifice expiatoire. Quand nous respectons cette alliance sacrée, nous avons la promesse que nous aurons « toujours son Esprit avec [nous]5 ».

    Comment y parvenons-nous ?

    Premièrement, nous nous efforçons de vivre de manière à être dignes d’avoir la compagnie de l’Esprit.

    Le Saint-Esprit accompagne ceux qui sont « stricts à se souvenir, de jour en jour, du Seigneur, leur Dieu 6 ». Comme le Seigneur nous l’a recommandé, nous devons : « [délaisser] les choses de ce monde et [rechercher] les choses d’un monde meilleur7 », car « l’Esprit du Seigneur ne demeure pas dans des temples qui ne sont pas saints8. » Nous devons toujours nous efforcer d’obéir aux lois de Dieu, d’étudier les Écritures, de prier, de nous rendre au temple et de vivre en accord avec le treizième article de foi, à savoir d’être « honnêtes, fidèles, chastes, bienveillants et vertueux, et [… de ] faire du bien à tous les hommes ».

    Deuxièmement, nous devons être disposés à recevoir l’Esprit.

    Le Seigneur a promis : « Je te le dirai dans ton esprit et dans ton cœur par le Saint-Esprit qui viendra sur toi et qui demeurera dans ton cœur9. » J’ai commencé à le comprendre lorsque j’étais jeune missionnaire à Scotch Plains, dans le New Jersey. Au cours d’une chaude matinée de juillet, mon compagnon et moi avons ressenti que nous devions prendre contact avec une personne dont les coordonnées nous avaient été données par Temple Square. Nous avons frappé à la porte de la famille d’Elwood Schaffer. Madame Schaffer nous a poliment renvoyés.

    Alors qu’elle fermait la porte, j’ai ressenti que je devais faire une chose que je n’avais jamais faite jusqu’alors et que je n’ai jamais refaite depuis ! J’ai mis mon pied en travers de la porte et j’ai demandé : « Y-a-t-il quelqu’un d’autre qui pourrait être intéressé par notre message ? » Sa fille de seize ans, Marti, était effectivement intéressée et avait justement prié avec ferveur la veille afin d’être guidée. Nous avons commencé à rendre visite à Marti et, au bout d’un certain temps, sa mère a pris part aux leçons. Elles se sont toutes les deux jointes à l’Église.

    Frère Rasband missionnaire

    Suite au baptême de Marti, cent trente-six personnes, dont de nombreux membres de sa famille, ont été baptisées et ont contracté les alliances de l’Évangile. Comme je suis reconnaissant d’avoir écouté l’Esprit et d’avoir mis mon pied en travers de la porte en cette chaude journée de juillet ! Marti et plusieurs des membres de sa chère famille sont présents aujourd’hui.

    Troisièmement, nous devons reconnaître l’Esprit lorsqu’il se manifeste.

    De mon expérience, l’Esprit communique le plus souvent par un sentiment. Vous le ressentez dans des mots qui vous sont familiers, que vous comprenez, qui vous incitent à faire quelque chose. Pensez à la réaction des Néphites alors qu’ils écoutaient le Seigneur prier pour eux : « Et la multitude entendit, et elle en rend témoignage ; et elle eut le cœur ouvert et elle comprit dans son cœur les paroles qu’il dit dans sa prière10. » Les Néphites avaient ressenti dans leur cœur les paroles de sa prière. La voix du Saint-Esprit est un murmure doux et léger.

    Dans l’Ancien Testament, Élie a lutté contre les prêtres de Baal. Les prêtres s’attendaient à ce que la « voix » de Baal descende comme l’éclair et enflamme leur sacrifice. Mais il n’y eut ni voix, ni feu11.

    Par la suite, Élie pria : « Et voici, l’Éternel passa. Et devant l’Éternel, il y eut un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers : l’Éternel n’était pas dans le vent. Et après le vent, ce fut un tremblement de terre : l’Éternel n’était pas dans le tremblement de terre.

    Et après le tremblement de terre, un feu: l’Éternel n’était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger12. »

    Connaissez-vous cette voix ?

    Le président Monson a enseigné : « Apprenons la langue de l’Esprit tandis que nous avançons sur le chemin de la vie13. » L’Esprit prononce des paroles que nous ressentons. Ces sentiments sont doux, ils sont un encouragement à agir, à faire quelque chose, à dire quelque chose ou à réagir d’une certaine manière. Si nous sommes désinvoltes ou suffisants dans notre manière d’adorer, détournés et rendus insensibles par nos objectifs mondains, notre sensibilité s’en trouve diminuée. Néphi a dit à Laman et Lémuel : « [Vous] avez entendu de temps en temps sa voix ; et il vous a parlé avec une petite voix douce, mais vous aviez perdu toute sensibilité, de sorte que vous ne pouviez pas sentir ses paroles14. »

    En juin dernier, je me suis rendu en Amérique du Sud pour m’acquitter d’une tâche. Nous avions un programme chargé de dix jours dont le but était de visiter la Colombie, le Pérou et l’Équateur. Un énorme tremblement de terre avait tué des centaines de personnes, blessé des dizaines de milliers d’autres, et avait détruit et endommagé des maisons et des quartiers dans les villes de Portoviejo et de Manta, en Équateur. Je me suis senti poussé à ajouter à notre programme une visite aux membres vivant dans ces villes. Les routes étaient si endommagées que nous n’étions pas certains de pouvoir nous y rendre. En réalité, on nous avait dit que nous ne pourrions pas nous y rendre, mais ce sentiment ne me quittait pas. Alors, finalement, nous avons eu la bénédiction de pouvoir visiter ces deux villes.

    Vu que nous n’avions prévenu de notre visite que tardivement, je ne m’attendais à voir que peu de dirigeants de la prêtrise à ces réunions organisées à la hâte. Mais, dans chacun des centres de pieu où nous sommes allés, la salle de culte était pleine jusqu’au fond. Certains des membres qui y ont assisté étaient les piliers de l’Église dans la région, les pionniers qui s’étaient accrochés fermement à l’Église, encourageant les autres à se joindre à eux pour adorer et ressentir l’Esprit dans leur vie. Aux premiers rangs étaient assis des membres qui avaient perdu des êtres chers et des voisins au cours du tremblement de terre. Je me suis senti poussé à donner une bénédiction apostolique à chacune des personnes présentes dans l’assemblée, l’une des toutes premières que j’aie jamais données. Je me tenais debout à l’avant de cette salle mais c’était comme si mes mains se posaient sur chacune de leurs têtes et j’ai senti les paroles du Seigneur sortir de ma bouche.

    Frère et sœur Rasband en Amérique du Sud

    Et ce n’était pas fini. J’ai ensuite senti que je devais leur parler tout comme Jésus-Christ l’avait fait lors de sa visite aux habitants des Amériques. « Il prit leurs petits enfants, […] et les bénit, et pria le Père pour eux15. » Nous étions en Équateur, nous nous occupions des affaires de notre Père, et c’étaient ses enfants.

    Quatrièmement, nous devons agir dès la première impression.

    Souvenez-vous des paroles de Néphi. « Et j’étais conduit par l’Esprit, ne sachant pas d’avance ce que j’allais faire. Néanmoins » dit-il, « je m’avançai16. »

    C’est ce que nous devons faire également. Nous devons avoir confiance en nos premières impressions. Parfois, nous cherchons à rationaliser, nous nous demandons si nous ressentons une impression spirituelle ou s’il ne s’agit que de nos propres pensées. Nous mettons en doute nos sentiments une fois, deux fois (nous l’avons tous fait) et nous rejetons l’Esprit. Nous remettons en question les conseils divins. Joseph Smith, le prophète, a enseigné que si vous écoutez la première impression, vous serez dans le vrai neuf fois sur dix17.

    Et maintenant, un avertissement : ne vous attendez pas à des feux d’artifices parce que vous avez répondu aux impressions du Saint-Esprit.Rappelez-vous, vous vous occupez des affaires du murmure doux et léger.

    Alors que j’étais président de mission à New York, je me trouvais dans un restaurant du Bronx avec quelques-uns de nos missionnaires. Une jeune famille est entrée et s’est assise près de nous. Ces gens avaient l’air parfaits pour l’Évangile. J’ai observé nos missionnaires, puis j’ai vu la famille terminer son repas et franchir la porte. J’ai alors dit : « Frères, il y a une leçon à retenir de ce qui vient de se passer. Vous avez vu une magnifique famille entrer dans ce restaurant. Qu’aurions-nous dû faire ? »

    Un des missionnaires a dit : « J’ai pensé me lever et aller leur parler. Quelque chose me disait de le faire, mais je n’ai pas réagi. »

    « Frères, ai-je repris, nous devons toujours suivre notre première impression. Ce qui vous disait de le faire, c’était le Saint-Esprit ! »

    Les premières impressions sont de la pure inspiration des cieux. Lorsqu’elles nous confirment quelque chose ou nous en témoignent, nous devons les reconnaître pour ce qu’elles sont et ne jamais les laisser filer. C’est bien souvent l’Esprit qui nous inspire à tendre la main à quelqu’un dans le besoin, en particulier à des membres de notre famille ou à des amis. « Ainsi, […] la petite voix douce, qui chuchote et pénètre tout18 » nous indique les occasions d’enseigner l’Évangile, de témoigner du Rétablissement et de Jésus-Christ, d’offrir notre soutien et de secourir l’un des précieux enfants de Dieu.

    Pensez-y comme à ce que l’on nomme les « premiers secours ». Dans la plupart des sociétés, ces premiers « secours » suite à une tragédie ou une catastrophe sont les pompiers, les policiers ou les ambulanciers. Ils arrivent avec leurs gyrophares et nous leur sommes infiniment reconnaissants. La manière du Seigneur est moins évidente, mais elle exige une réaction tout aussi immédiate. Le Seigneur connaît les besoins de tous ses enfants, et il sait qui est prêt à aider. Si, dans nos prières matinales, nous faisons savoir au Seigneur que nous sommes prêts, il fera appel à nous pour répondre. Et, si nous répondons, il fera de plus en plus souvent appel à nous, et nous serons, comme le dit le président Monson, « en mission pour le Seigneur19 ». Nous deviendrons les secours spirituels qui apportent l’aide d’en-haut.

    Si nous prêtons attention aux impressions qui nous viennent, nous progresserons dans l’esprit de révélation et recevrons de plus en plus d’indications et de directives de l’Esprit. Le Seigneur a dit : « Place ta confiance en cet Esprit qui conduit à faire le bien20. »

    Puissions-nous prendre au sérieux l’invitation du Seigneur à « prendre courage, car il [nous guidera] le long du chemin21 ». Il nous guide par l’intermédiaire du Saint-Esprit. Puissions-nous vivre avec la compagnie du Saint-Esprit, en répondant rapidement à nos premières impressions, sachant qu’elles viennent de Dieu. Je vous témoigne que le pouvoir du Saint-Esprit nous guide, nous protège et nous accompagnera toujours, au nom de Jésus-Christ. Amen.