2000-2009
    Le pouvoir de la patience
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    Le pouvoir de la patience

    On peut, à bon droit, considérer la patience comme une vertu d’entrée, qui contribue à la croissance et à la force des vertus qui lui sont apparentées, le pardon, la tolérance et la foi.

    Comme je suis reconnaissant des Écritures modernes au sujet des vertus chrétiennes fondamentales !

    Le Livre de Mormon permet de mieux comprendre le rapport entre la patience et la charité. Après avoir fait observer que si un homme « n’a pas la charité, il n’est rien ; c’est pourquoi il doit nécessairement avoir la charité », Moroni poursuit en mentionnant les treize éléments de la charité ou amour pur du Christ. Il est extrêmement intéressant que quatre des treize éléments de cette vertu indispensable aient trait à la « patience » (voir Moroni 7:45).

    Premièrement : « la charité est patiente ». La patience, c’est cela. La charité « ne s’irrite pas », un autre aspect de cette qualité, de même qu’elle « excuse tout ». Et pour finir, la charité « supporte tout », ce qui est certainement une expression de la patience (Moroni 7:45). Ces éléments qui la définissent montrent bien que si la patience n’animait pas notre âme, nous devrions nous considérer comme manquant gravement des vertus chrétiennes.

    Dans la Bible, Job est l’incarnation classique de la patience. Devant la perte de son vaste empire, ses enfants y compris, Job, grâce à sa foi indéfectible, a pu proclamer : « L’Éternel a donné, et l’Éternel a ôté ; que le nom de l’Éternel soit béni. » Dans toutes ses épreuves et toutes ses souffrances « Job ne pécha point et n’attribua rien d’injuste à Dieu » (Job 1:21-22).

    Combien de fois n’entendons- nous pas des gens qui sont opprimés demander en insensés : « Comment Dieu a-t-il pu me faire çà, à moi ? » alors qu’en réalité ils devraient prier pour avoir la force de « supporter » tout.

    C’est dans la vie de Jésus-Christ que l’on trouve les plus beaux exemples de patience de l’Écriture. Sa longanimité et son endurance ont été le mieux démontrées au cours de cette nuit atroce à Gethsémané au cours de laquelle il a dit dans son angoisse expiatoire : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » (Matthieu 26:39). Il a effectivement souffert et supporté tout.

    Tandis qu’il était cloué à la croix du calvaire, le Christ a continué de donner l’exemple parfait de la patience quand il a exprimé les paroles extraordinaires : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23:34).

    Ces exemples de patience ont une plus grande signification pour nous quand nous réfléchissons à l’objectif qui nous est proposé dans 3 Néphi : « C’est pourquoi, quelle sorte d’hommes devriez-vous être ? En vérité, je vous le dis, tels que je suis » (3 Néphi 27:27).

    Plusieurs passages d’Écritures soulignent l’importance de la patience. Jetons un coup d’œil sur quelques-unes d’entre elles :

    « Que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler, lent à se mettre en colère » (Jacques 1:19).

    « Néanmoins, le Seigneur juge bon de châtier son peuple ; oui, il met à l’épreuve sa patience et sa foi » (Mosiah 23:21).

    Dans Mosiah, le roi Benjamin nous dit que nous serons « l’homme naturel… ennemi de Dieu » jusqu’à ce que nous nous rendions aux chuchotements du Saint-Esprit par notre patience et d’autres vertus (voir Mosiah 3:19).

    Joseph Smith a dit : « La patience est céleste » (History of the Church, p. 427).

    La patience est-elle importante et mérite-t-elle que nous y réfléchissions et que nous la recherchions ? Certainement si nous voulons éviter la classification humiliante de gens qui ne sont « rien » utilisée pour désigner ceux qui n’ont pas la charité, si nous désirons être moins un homme naturel, ennemi de Dieu, si nous voulons être célestes et si nous cherchons à être « à la façon du Christ ».

    L’homme naturel impatient est tout autour de nous. Nous le voyons se manifester dans les faits divers de parents, qui, dans un accès de rage, battent un enfant, parfois à mort. Sur nos routes, l’énervement ou l’exaspération ont pour résultat des accidents violents et parfois des issues fatales.

    Sur un plan moins spectaculaire mais beaucoup plus courant, il y a les accès de colère et les paroles dures prononcées dans les files d’attente aux caisses des magasins, lors des appels incessants des démarcheurs par téléphone, ou parce que les enfants sont réticents à nous obéir. Tout cela vous dit-il quelque chose ?

    Heureusement, il y a des histoires de grande patience rarement signalées, mais merveilleuses à méditer. J’ai récemment assisté à l’enterrement d’un ami de toute une vie. Son fils a raconté une belle histoire de patience parentale. Quand il était jeune, son père était concessionnaire d’une marque de motos. Un jour ils ont reçu un envoi de motos rutilantes, flambant neuves et ils les ont toutes alignées dans le magasin. Le garçon a fait ce que tout garçon voudrait faire et il est monté sur la plus proche. Il l’a même mise en route. Puis, se disant qu’il était allé aussi loin qu’il le pouvait, il est descendu de la moto. À sa grande consternation, son geste a renversé la première moto. Puis, comme des dominos, elles sont toutes tombées, l’une après l’autre. Son père a entendu le vacarme et a passé la tête par la cloison derrière laquelle il travaillait. Avec un léger sourire, il a dit : « Fiston, il va falloir en réparer une et la vendre pour pouvoir payer les autres. »

    Je trouve que la réaction de mon ami incarne la patience parentale.

    On peut, à bon droit, considérer la patience comme une vertu d’entrée, qui contribue à la croissance et à la force des vertus qui lui sont apparentées, le pardon, la tolérance et la foi. Quand Pierre lui a demandé combien de fois il devait pardonner à son frère, le Christ a répondu : « soixante-dix fois sept fois » au lieu des sept malheureuses fois proposées par Pierre (voir Matthieu 18:21-22). Pardonner soixante-dix fois sept fois demande certainement beaucoup de patience.

    Neal A. Maxwell a relié la patience à la foi quand il a enseigné : « La patience est très étroitement liée à la foi chez notre Père céleste. En fait, quand nous sommes indûment impatients, ce que nous faisons, c’est prétendre que nous savons ce qui est le mieux, et ce, mieux que Dieu. Ou, du moins, nous affirmons que notre calendrier est meilleur que le sien » (« Patience », Ensign, octobre 1980, p. 28).

    Nous ne pouvons progresser dans la foi que si nous sommes disposés à attendre patiemment que les desseins de Dieu se déploient dans notre vie, selon son calendrier.

    Puisque l’impatience est si naturelle, comment cultiver la vertu divine de la patience ? Comment faire passer notre comportement de celui de l’homme naturel à celui de notre exemple parfait de patience, Jésus-Christ ?

    D’abord, nous devons comprendre qu’il faut le faire, si nous désirons jouir pleinement des bénédictions de l’Évangile rétabli. Une fois que nous comprenons cela, cela pourrait nous motiver :

    1. À lire dans le guide par sujets chacun des passages d’Écritures cités à « patience » puis à méditer sur les exemples de patience donnés par le Christ.

    2. À nous évaluer pour voir où nous en sommes sur l’échelle de la patience. De combien plus de patience avons-nous besoin pour devenir plus semblables au Christ ? Cette autoévaluation est difficile. Nous pourrions demander à notre conjoint ou à un autre membre de la famille de nous aider.

    3. À nous sensibiliser aux exemples de patience et d’impatience qui se produisent quotidiennement autour de nous. Nous devons nous efforcer d’imiter les personnes que nous considérons comme patientes.

    4. À nous réengager chaque jour à devenir plus patients et à veiller à ce que le membre de notre famille que nous avons choisi reste impliqué dans notre projet d’acquisition de la patience.

    Cela semble demander beaucoup de travail, mais tout objectif de valeur exige beaucoup d’efforts. Et vaincre l’homme naturel et travailler pour ressembler davantage au Christ dans notre patience est un but extrêmement valable. Je prie pour que nous poursuivions cette voie avec diligence et détermination.

    Je témoigne que Jésus est le Christ et qu’il est à la tête de l’Église, qu’il nous guide par l’intermédiaire d’un prophète actuel et qu’il donne sa bénédiction à tous les efforts que nous faisons pour devenir davantage comme lui. Et j’en témoigne au nom sacré de Jésus-Christ. Amen.