2000-2009
    Se rapprocher de lui
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    Se rapprocher de lui

    La prêtrise, sous l’influence du Saint-Esprit, rapproche les personnes de Dieu par l’ordination, les ordonnances et le perfectionnement de leur nature personnelle.

    Il y a bien des années, notre jeune famille a emménagé dans une maison qui se trouvait alors dans le quartier le plus récent de notre collectivité et qui donnait sur les montagnes, à l’Est. Un lundi matin, alors que je finissais de m’habiller et que je me dépêchais pour partir au travail, notre fils de six ans, Craig, est entré dans la chambre en tenant par la main, son frère de quatre ans, Andrew. L’air décidé, Craig a levé les yeux vers moi et m’a dit : « Papa, hier à la Primaire, mon instructrice nous a dit que si on a la prêtrise on peut déplacer des montagnes. Je l’ai dit à Andy mais il ne me croit pas. Tu as la prêtrise, hein, Papa ? » Puis, tournant son petit corps et désignant la fenêtre, il m’a de nouveau regardé dans les yeux et a dit : « Tu vois les montagnes, là-bas ? Montre-lui, papa ! »

    Il s’en est suivi une belle expérience. Comme j’ai été reconnaissant d’avoir de jeunes fils qui commençaient leur vie d’apprentissage de la prêtrise !

    Le Seigneur a réellement enseigné aux hommes à qui il avait donné la prêtrise que par la foi, des montagnes seraient transportées1, et il y a des exemples documentés de ce fait2, j’espère apporter une meilleure compréhension de cet aspect de la doctrine de la prêtrise qui rapproche les personnes de Dieu, leur donnant ainsi la possibilité de devenir comme lui et de vivre éternellement en sa présence. Ce point de doctrine concerne à la fois les fils et les filles de Dieu. Je prie donc pour que ce que je vais dire soit utile aux deux.

    En 1823 l’ange Moroni est apparu à Joseph Smith et lui a cité plusieurs passages d’Écritures dont celui-ci, de Malachie : « Voici, je vous révèlerai la Prêtrise par la main d’Élie, le prophète3 ». Cette première référence à la prêtrise, écrite dans cette dispensation annonçait un processus qui allait se dérouler dans les décennies à venir.

    En 1829, Jean-Baptiste a rétabli la Prêtrise d’Aaron4 et peu après Pierre, Jacques et Jean ont rétabli la Prêtrise de Melchisédek5.

    En 1836, Moïse et Élias ont rétabli les clés du rassemblement d’Israël et de la dispensation de l’Évangile d’Abraham6. Puis Élie a rétabli les clés de scellement. La révélation se conclut ensuite, par les paroles d’Élie adressées au prophète Joseph : « C’est pourquoi les clefs de cette dispensation sont remises entre vos mains7. »

    Une fois l’autorité, les offices et les clés de la prêtrise de nouveau sur la terre, en 1841, le Seigneur a montré au prophète l’importance de bâtir des temples dans lesquels il pourrait mettre à la disposition de ses enfants les ordonnances de la prêtrise destinées à préparer ses fils et ses filles à retourner en sa présence8.

    Il a déclaré : « Que cette maison soit bâtie… afin que je puisse y révéler mes ordonnances à mon peuple ;

    « Car je daigne révéler… des choses qui ont trait à la dispensation de la plénitude des temps9.

    Plus tôt, à Kirtland, le Seigneur avait enseigné au prophète Joseph le serment et l’alliance de la prêtrise, et lui avait expliqué à quelles conditions les bénédictions promises se réalisent10. À Nauvoo, la compréhension de la portée et du pouvoir éternels de la prêtrise11 pour bénir tous les enfants de Dieu fidèles, dans cette vie ou dans celle à venir, a grandi12. La prêtrise est donnée aux dignes fils de Dieu, mais ses filles font aussi partie de son « peuple » à qui il révèle les ordonnances de sa prêtrise. Et la bénédiction promise de tout ce que le Père a13 est disponible aux hommes et aux femmes qui font preuve de foi en Jésus-christ, qui reçoivent les ordonnances et qui endurent avec foi jusqu’à la fin. « C’est pourquoi, le pouvoir de la divinité se manifeste dans ses ordonnances [de la Prêtrise de Melchisédek]14. »

    L’ordonnance suprême du temple n’est accessible qu’à un homme et une femme quand ils sont scellés l’un à l’autre, formant ainsi une cellule familiale éternelle. C’est en vertu de cela, ainsi que de toutes les autres ordonnances de la prêtrise que les familles de la terre seront bénies15. Cette ordonnance de scellement est si essentielle aux desseins du Seigneur qu’il a promis cette bénédiction dans la vie à venir aux fidèles qui, involontairement, n’ont pas pu être scellés dans cette vie16. Aucune autre doctrine dans toute la religion ne confirme mieux l’amour qu’il porte de manière égale à ses fils et à ses filles.

    La prêtrise a aussi le pouvoir de changer notre nature même. Comme Paul l’a écrit : « Tous ceux qui sont ordonnés à cette prêtrise sont rendus semblables au Fils de Dieu17. » Cette ressemblance ne se manifeste pas seulement dans l’ordination et l’ordonnance, mais aussi dans le perfectionnement du cœur de chacun, qui se produit « dans la suite des temps18 » tandis que nous nous « [rendons] aux persuasions de l’Esprit-Saint, et [nous dépouillons] de l’homme naturel19. » Lorsqu’un homme est ordonné à la Prêtrise de Melchisédek, il entre dans un « ordre20 » par lequel il peut être raffiné en servant les autres, particulièrement au sein de sa famille, et béni par la compagnie constante du Saint-Esprit21.

    Le Seigneur nous a tous instruits quand il a enseigné que l’iniquité met un terme au pouvoir ou à l’influence célestes des détenteurs de la prêtrise, alors que la droiture les renforce. Il a indiqué que les qualités qui épanouissent considérablement l’âme sont « la persuasion… la longanimité… la gentillesse… la douceur… l’amour sincère… la bonté et la connaissance pure22 ». Puis, il ajouté ces paroles instructives : « Que tes entrailles soient également remplies de charité envers tous les hommes et envers les frères en la foi, et que la vertu orne sans cesse tes pensées ; alors ton assurance deviendra grande en la présence de Dieu, et la doctrine de la prêtrise se distillera sur ton âme comme la rosée des cieux23. »

    Il est significatif qu’après nous avoir invités à avoir de la charité envers « tous les hommes », le Seigneur ait ajouté la phrase, « et envers les frères en la foi ». Pourquoi ? Le terme « tous les hommes » n’inclut-il pas « les frères en la foi » ? Réfléchissez aux implications contenues quand cette expression ajoutée est comprise comme signifiant plus précisément « nos frères de notre maison en la foi ». Malheureusement, certains membres de l’Église font montre de plus de charité envers les personnes qui ne sont pas membres de leur famille qu’envers leur conjoint et leurs enfants, leurs frères et sœurs et leurs parents. Ils peuvent montrer une gentillesse feinte en public alors qu’en privé ils sèment et cultivent des graines de discorde, abaissant les personnes qui devraient être les plus proches d’eux. Cela ne devrait pas être.

    Puis le Seigneur a parlé des pensées qui sont ornées, embellies et protégées, sans cesse par la vertu. Ces pensées ont le péché en horreur24. Elles permettent que nous disions « Oui, oui, non, non25 » et sont dénuées de ruse. Elles voient le bien et le potentiel des autres, sans s’arrêter à leurs inévitables imperfections.

    Le verset se termine par une belle référence instructive à un processus de distillation. Pour mieux comprendre l’application de ces principes dans le perfectionnement de notre vie personnelle, imaginez deux verres d’eau, ayant la même apparence extérieure, placés dans une pièce au taux d’humidité élevé. Après un certain temps, l’eau commence à se condenser sur les parois de l’un des verres parce qu’il est à une température différente, en raison d’une préparation antérieure qui n’était pas visible de prime abord, alors que l’autre verre reste froid et inchangé. Sans utiliser la force ou la contrainte, l’humidité peut « affluer26 » sur le verre alors que l’autre ne reçoit rien. De la même façon, les qualités qui épanouissent considérablement l’âme, la charité à l’égard d’autrui, particulièrement envers les membres de notre famille, et les pensées ornées de vertu, règlent notre température spirituelle pour permettre à la doctrine de la prêtrise de se distiller sur notre âme.

    C’est ainsi que la prêtrise, sous l’influence du Saint-Esprit, rapproche les personnes de Dieu par l’ordination, les ordonnances et le perfectionnement de leur nature personnelle, donnant ainsi aux enfants de Dieu la possibilité de devenir comme lui et de vivre éternellement en sa présence… ce qui est une œuvre plus glorieuse que de déplacer des montagnes27.

    Je conclus en faisant mienne la prière de Thomas Kelly, selon l’édition de Parley P. Pratt.

    Comme, à l’aube, la rosée,

    Rafraîchit la terre enfin,

    L’Évangile, dans ma vie,

    Vient porter l’Esprit divin.

    Ô Seigneur, vois tes fidèles

    Accomplir ta sainte loi ;

    Verse d’en haut la rosée

    De la vie et de la foi28.

    Au nom de Jésus-Christ. Amen.