2000-2009
    Une défense et un refuge
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    Une défense et un refuge

    Nous parlons de l’Église comme de notre refuge, notre défense. On trouve sécurité et protection dans l’Église.

    Le 26 juillet 1847, leur troisième jour dans la vallée (le deuxième avait été le jour du sabbat), Brigham Young accompagné de quelques membres des Douze ainsi que d’autres frères, est monté sur un sommet à environ deux kilomètres d’ici. Ils trouvaient que c’était un bon endroit pour dresser une bannière pour les nations. Heber C. Kimball portait un bandana jaune. Ils l’ont accroché à la canne de Willard Richards et l’ont agité en l’air, comme une bannière pour les nations. Brigham Young a appelé le sommet le pic de la bannière1.

    Ensuite ils ont rejoint leurs chariots usés, les quelques affaires qu’ils avaient transportées sur trois mille kilomètres et leurs compagnons de voyage éreintés. Ce n’était pas ce qu’ils possédaient qui leur donnait de la force mais ce qu’ils savaient.

    Ils savaient qu’ils étaient apôtres du Seigneur Jésus-Christ. Ils savaient que la prêtrise leur avait été transmise par des messagers angéliques. Ils savaient qu’ils avaient les commandements et les alliances pour offrir la possibilité du salut éternel et de l’exaltation à tout le genre humain. Ils étaient convaincus qu’ils avaient l’inspiration du Saint-Esprit.

    Ils se sont affairés à labourer des potagers, à construire des abris pour l’hiver qui approchait. Ils ont fait des préparatifs pour les autres qui étaient déjà dans les plaines et qui les suivaient jusqu’à ce nouveau lieu de rassemblement.

    Une révélation, écrite neuf ans plus tôt, leur commandait : « Levez-vous, brillez, afin que votre lumière soit une bannière pour les nations ;

    « Et que le rassemblement au pays de Sion et dans ses pieux soit pour la défense, le refuge contre la tempête, et contre la colère lorsqu’elle sera déversée sans mélange sur toute la terre » (D&A 115:5-6).

    Ils devaient être une « lumière » et une « bannière ».

    La bannière, dressée par révélation, se trouve dans les Écritures dans la doctrine de l’Évangile de Jésus-Christ. Les principes de la vie selon l’Évangile que nous suivons sont basés sur la doctrine, et les valeurs sont en accord avec les principes. Nous sommes liés aux principes par alliance, administrée par l’intermédiaire des ordonnances de l’Évangile, par les personnes qui ont reçu l’autorité et les clés de la prêtrise.

    Ces frères fidèles n’étaient pas libres, et nous non plus, de modifier les principes ou de les ignorer. Nous devons les respecter.

    Il n’y a ni guérison ni consolation dans le fait de dire tout simplement qu’ils ne comptent pas. Nous savons tous qu’ils comptent, car tous les hommes « sont suffisamment instruits pour discerner le bien du mal » (2 Néphi 2:5).

    Si nous faisons de notre mieux, nous ne devons pas nous décourager. Lorsque nous ne sommes pas à la hauteur, ce qui est le cas, ou trébuchons, ce qui peut arriver, il nous reste toujours le remède du repentir et du pardon.

    Nous devons enseigner à nos enfants la morale pour éviter l’immoralité sous toutes ses formes. Les pouvoirs sacrés dont est doté leur corps physique « ne doivent être employés qu’entre l’homme et la femme, légitimement mariés2 ». Nous devons être totalement fidèle dans le mariage.

    Nous devons respecter la loi de la dîme. Nous devons nous acquitter de nos responsabilités dans l’Église. Nous devons nous rassembler chaque semaine pour la réunion de Sainte-Cène afin de renouveler les alliances et mériter les promesses par les prières simples et sacrés du pain et de l’eau. Nous devons honorer la prêtrise et respecter les alliances et les ordonnances.

    Ces frères sur le pic de la bannière savaient qu’ils devaient vivre de manière simple et avoir l’image du Christ empreinte sur leur visage (voir Alma 5:14).

    Ils comprenaient que les pieux devaient être une défense et un refuge, même si à cette époque il n’y en avait pas un seul sur terre. Ils savaient que leur mission était d’établir des pieux de Sion dans chaque pays.

    Peut-être se demandaient-ils quelle sorte de colère ou de tempête qu’ils n’avaient pas déjà subie ils allaient essuyer. Ils avaient connu l’opposition féroce, la violence et le terrorisme. Leurs maisons avaient été brûlées ; ils avaient été dépossédés de leurs biens. On les avaient chassés de leurs maisons encore et encore. Ils savaient comme nous le savons aujourd’hui que l’opposition n’aurait pas de fin, que sa nature change, mais qu’elle ne se termine jamais. Les difficultés que les premiers saints rencontreraient ne devaient jamais prendre fin. Les nouvelles difficultés allaient être différentes de celles qu’ils avaient éprouvées en chemin, mais certainement pas moindres.

    Maintenant il y des milliers de pieux de Sion dans le monde entier. Il y a des millions de membres et leur nombre continue de grandir. On ne peut l’empêcher car c’est l’œuvre du Seigneur. Il y a maintenant des membres dans cent soixante pays et ils parlent plus de deux cent langues.

    Il y a des personnes qui vivent dans une peur inexprimable de ce que le monde nous réserve, à nous et à l’Église. Il devient de plus en plus sombre du point de vue de la moralité et de la spiritualité. Si nous nous réunissons à l’Église, que nous vivons les principes simples de l’Évangile, que nous menons une vie droite, que nous respectons la Parole de Sagesse, que nous honorons notre prêtrise et nous acquittons de nos autres devoirs, alors nous n’avons pas à vivre dans la peur. La Parole de Sagesse est une clé pour être en bonne santé physique et pour recevoir la révélation. Abstenez-vous de thé, de café, d’alcool, de tabac et de drogues.

    Nous pouvons vivre où nous le voulons, faire de notre mieux pour gagner notre vie, modestement ou dans l’abondance. Nous sommes libres de mener notre vie comme nous l’entendons, assurés de l’approbation et même de l’intervention du Tout-puissant, confiants d’être constamment guidés spirituellement.

    Chaque pieu est une défense, un refuge et une bannière. Un pieu a en lui tout ce qui est nécessaire au salut et à l’exaltation des personnes qui viennent dans sa sphère d’influence et les temples sont de plus en plus proches.

    L’opposition ne cesse pas. Il y a des mauvaises interprétations et des déformations de ce que nous sommes et de notre histoire ; certaines sont inspirées par la méchanceté et opposées sans nul doute aux enseignements de Jésus-Christ et à son Évangile. Il arrive que des ecclésiastiques, ou même des organisations religieuses s’opposent à nous. Ils font ce que nous ne ferons jamais. Nous n’attaquons, ni ne critiquons les autres, ni ne nous opposons à eux comme ils le font avec nous.

    Aujourd’hui encore il y a des histoires absurdes transmises et répétées tant de fois qu’on les croit. L’une des plus ridicules est que les Mormons ont des cornes.

    Il y a des années, j’assistais à un colloque d’une université d’Oregon. Il y avait un évêque catholique, un rabbin, un pasteur épiscopalien, un prêtre évangéliste, un pasteur unitarien et moi.

    Le président de l’université, le docteur Bennett, nous accueillait pour un petit-déjeuner. L’un d’entre eux m’a demandé avec quelle femme j’étais venue. Je leur ai dit que j’avais un seul choix. Pendant une seconde, j’ai pensé que j’étais le sujet de moquerie. Mais quelqu’un a demandé alors au prêtre catholique si lui aussi avait amené sa femme.

    Ensuite ça été au tour du docteur Bennett de me poser une question : « Est-il vrai que les Mormons ont des cornes ?

    J’ai souri et répondu : « Je me peigne les cheveux pour qu’on ne les voit pas. »

    Le docteur Bennett, qui était complètement chauve, a mis ses mains sur sa tête et a dit, « Oh ! Vous ne ferez jamais de moi un Mormon alors ! »

    Le plus bizarre dans tout ça, c’est que des gens par ailleurs intelligents déclarent que nous ne sommes pas chrétiens. Cela montre qu’ils ne connaissent que très peu voire rien du tout de nous. Voici un vrai principe : on ne peut pas s’élever si l’on rabaisse les autres.

    Certaines personnes supposent que nos principes élevés sont un obstacle à la progression. C’est tout le contraire. Les principes élevés sont un aimant. Nous sommes tous enfants de Dieu, donc attirés par la vérité et le bien.

    Nous rencontrons la difficulté d’élever notre famille dans un monde où les nuages de la méchanceté s’obscurcissent. Certains de nos membres sont troublés et se demandent parfois s’il y a un endroit où l’on peut aller pour échapper à tout ça. S’il existe une autre ville, ou un État ou un pays qui soit sûr et où l’on puisse trouver refuge. La réponse est généralement négative. La défense et le refuge sont là où nos membres vivent.

    Le Livre de Mormon contient cette prophétie : « Oui, et alors l’œuvre du Père commencera, parmi toutes les nations, pour préparer le chemin par lequel son peuple pourra être rassemblé chez lui au pays de son héritage » (3 Néphi 21:28).

    Les personnes qui quittent le monde et entrent dans l’Église, qui respectent les commandements, honorent la prêtrise et sont pratiquants ont trouvé refuge.

    Il y a quelques semaines, au cours d’une réunion, frère Robert Oaks, un des sept président des soixante-dix (général d’armée retraité et commandant de l’armée de l’air de l’Otan en Europe centrale), nous a rappelé l’accord signé par dix pays à bord du cuirassé Missouri dans la baie de Tokyo, le 2 septembre 1945, mettant un terme à la Seconde Guerre mondiale. Certains d’entre nous étaient en Asie à cette époque. Il a dit : « Je n’arrive pas à imaginer aujourd’hui qu’une réunion de la sorte puisse avoir lieu ou qu’un tel accord puisse être signé pour mettre fin à la guerre contre le terrorisme et la méchanceté dans laquelle nous sommes engagés. Ce n’est pas le même genre de guerre. »

    Nous ne devons pas avoir peur, même dans un monde où les hostilités ne cessent jamais. La guerre d’opposition prophétisée dans les révélations continue aujourd’hui. Nous devons être heureux et positifs. Nous ne devons pas avoir peur. La peur est l’opposé de la foi.

    Nous savons que dans l’Église l’activité se concentre dans la famille. Quel que soit l’endroit du monde où se trouvent les membres, ils doivent fonder une famille où les enfants sont accueillis et chéris comme « un héritage de l’Éternel » (Psaumes 127:3). Une famille de saints des derniers jours est une bannière pour le monde.

    Nous ne devons pas seulement adhéré aux principes les plus élevés mais chacun de nous doit être une bannière, une défense et un refuge. Nous devons faire en sorte que notre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient nos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient notre Père qui est dans les cieux (voir Matthieu 5:16 ; voir aussi 3 Néphi 12:16).

    Toutes les luttes et les efforts des générations passées nous ont amené aujourd’hui la plénitude de l’Évangile de Jésus-Christ, l’autorité de l’administrer et les moyens d’accomplir le ministère. Tout se rassemble dans cette dispensation de la plénitude des temps qui verra l’accomplissement de toutes choses et la préparation de la terre à la venue du Seigneur.

    Nous faisons autant partie de cette œuvre que ces hommes qui ont délié ce bandana jaune de la canne de Willard Richards et qui sont descendus du pic de la bannière. Ce bandana, agité dans l’air, a marqué le début du grand rassemblement dont il avait été prophétisé dans les Écritures anciennes et modernes.

    Nous parlons de l’Église comme de notre refuge, notre défense. On trouve sécurité et protection dans l’Église. Elle est centrée sur l’Évangile du Christ. Les saints des derniers jours apprennent à regarder en eux-mêmes pour voir le pouvoir rédempteur du Sauveur de l’humanité. Les principes de l’Évangile enseignés dans l’Église et que l’on apprend des Écritures deviennent un guide pour chacun d’entre nous et pour notre famille.

    Nous savons que le foyer que nous fondons, et celui de nos descendants sera le refuge dont on parle dans les révélations – la « lumière », « l’exemple », « la bannière » pour toutes les nations, et le « refuge » contre les orages qui se préparent (voir D&A 115:5-6 ; Ésaïe 11:12 ; 2 Néphi 21:12).

    La bannière auprès de laquelle nous devons tous nous rassembler est celle de Jésus-Christ, le Fils unique du Père, dont c’est l’Église, dont nous portons le nom et dont nous détenons l’autorité.

    Nous regardons vers l’avant avec foi. De nombreux événements se sont produits au cours de notre vie ; il s’en produira de nombreux autres qui mettront à l’épreuve notre courage et notre foi. Nous devons nous réjouir et être dans l’allégresse : car notre récompense sera grande dans les cieux (voir Matthieu 5:12).

    Défendez de plein gré l’histoire de l’ Église et n’ayez point honte de l’Évangile de Jésus-Christ « car c’est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit » (Romains 1:16). Défendez de grand cœur l’histoire de l’Église.

    Nous ferons face aux difficultés, car nous ne pouvons les éviter, et enseignerons l’Évangile de Jésus-Christ et enseignerons le Christ disant qu’il est notre Sauveur, notre refuge et notre rédempteur.

    Si un bandana jaune et usé était assez bon pour être une bannière pour le monde, alors des hommes ordinaires qui détiennent la prêtrise, des femmes ordinaires, des enfants ordinaires dans des familles ordinaires, vivant l’Évangile de leur mieux dans le monde entier, peuvent briller comme un étendard, une défense, un refuge contre tout ce qui sera déversé sur la terre.

    « Et nous parlons du Christ, nous nous réjouissons dans le Christ, nous prêchons le Christ, nous prophétisons concernant le Christ et nous écrivons selon nos prophéties, afin que nos enfants sachent vers quelle source ils peuvent se tourner pour obtenir la rémission de leurs péchés » (2 Néphi 25:26).

    Cette Église prospèrera. Elle triomphera. J’en suis sûr. J’en rends témoignage au nom de Jésus-Christ. Amen.