Acquérir une personnalité semblable à celle du Christ

Chapitre 23

Acquérir une personnalité semblable à celle du Christ

Le premier souci de l’homme dans cette vie ne devrait pas être d’acquérir l’or, la gloire ou des biens matériels. Il ne devrait pas être d’accomplir des prouesses physiques, ni d’acquérir la force intellectuelle. Mais son but le plus élevé devrait être d’acquérir une personnalité semblable à celle du Christ1.

Introduction

Le président McKay a compris l’importance d’acquérir une personnalité juste selon le modèle du Sauveur. C’était manifeste dans sa vie publique et dans sa vie privée. Son fils Robert a dit un jour de lui : « Pendant toutes les années d’étroite association au foyer, à la ferme, en affaire, à l’église, il ne m’a jamais été manifesté une action ni une parole, même pendant le dressage d’un cheval insoumis, qui ait pu semer le moindre doute dans mon esprit qu’il devait être et qu’il est finalement effectivement devenu le représentant et le prophète de notre Père céleste2. »

Le président McKay a enseigné que l’édification d’une personnalité semblable à celle du Christ est un processus continu, quotidien, dont chacun de nous doit prendre la responsabilité. Afin d’illustrer ce principe pour les jeunes, il a décrit sa visite de l’atelier d’un sculpteur à Florence, en Italie : « Des morceaux irréguliers de granite étaient éparpillés et un sculpteur se préparait à donner forme à ce qu’il voyait dans son esprit…

« Si vous vous étiez trouvé dans cet atelier et qu’un homme ait mis entre vos mains un ciseau et un marteau, auriez-vous osé prendre l’un des blocs de pierre informes et y sculpter une forme humaine ? Vous ne sauriez pas le faire. Ou si quelqu’un avait mis devant vous une toile et vous avait donné des couleurs et mis un pinceau entre les mains, auriez-vous entrepris de peindre le portrait d’une âme idéale ? Vous auriez probablement dit au premier : « Je ne suis pas sculpteur » et au second : « Je ne suis pas peintre. Je ne peux pas le faire. »

« Néanmoins, chacun de nous est en ce moment même en train de sculpter une âme, la sienne. Va-t-elle être difforme ou va-t-elle être quelque chose d’admirable et de beau ?

« C’est à vous qu’en incombe la responsabilité. Personne d’autre ne peut la sculpter pour vous. Les parents peuvent guider et les instructeurs aider chaque jeune homme et chaque jeune fille en lui faisant des suggestions, mais la responsabilité de se forger une personnalité incombe à ces derniers. »

Le président McKay a décrit ensuite les résultats obtenus quand on se forge une personnalité juste : « Si vous gardez votre personnalité au-dessus de tout reproche, quoi que les autres puissent penser ou quelles que soient leurs accusations, vous pouvez tenir la tête haute, garder le cœur léger et, sans peur, affronter le monde parce que vous, vous-même, vous savez que vous avez gardé votre âme pure3. »

Enseignements de David O. McKay

Nous devons nous efforcer de suivre l’exemple suprême du Sauveur.

Il n’existe qu’une seule personnalité parfaite dans ce monde, la personnalité sans pareille de Jésus de Nazareth, le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde. Aucun homme ne peut faire mieux que d’accepter le Christ comme le grand exemple et guide le plus sûr4.

Si nous souhaitons apprendre la vie idéale que nous devons mener parmi nos semblables, nous pouvons trouver l’exemple parfait en celle de Jésus. Quels que soient nos désirs nobles, nos aspirations élevées, nos idéaux dans n’importe quelle phase de la vie, nous pouvons nous tourner vers le Christ et trouver la perfection…

Les vertus réunies pour former cette personnalité parfaite sont la fidélité, la justice, la sagesse, la bienveillance et la maîtrise de soi. Toutes ses pensées, ses paroles et ses actions étaient en harmonie avec la loi divine et, par conséquent, justes. La voie de communication entre le Père et lui était constamment ouverte, de telle sorte qu’il connaissait toujours la vérité, qui dépend de la révélation.

Son idéal de justice est résumé par l’exhortation suivante : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux » (Matthieu 7:12). Il était d’une sagesse si grande et si profonde qu’elle englobait les voies humaines et les desseins divins… Chacun des actes rapportés de sa vie brève et malgré tout riche en événements était empreint d’une bienveillance faite de charité et d’amour. Sa maîtrise de lui, manifestée soit dans son contrôle de ses appétits et de ses passions, soit dans sa dignité et son calme devant ses bourreaux, était parfaite ; elle était divine5.

Il y a des images que j’aime toujours regarder. La première est celle du Christ devant Pilate lorsque le représentant de Rome déclare à la foule en colère : « Voici l’homme » (Jean 19:5). En le disant, il montrait Jésus, portant la couronne d’épines, les épaules revêtues du manteau de pourpre. Il pointait du doigt quelqu’un dont la foule se moquait, qu’elle condamnait comme un criminel et un blasphémateur et, cependant, quand il a dit : « Voici l’homme », il décrivait quelqu’un au caractère parfait, qui était vainqueur des faiblesses et des tentations et qui pouvait dire, comme il l’a fait à ses compagnons de service : « Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix… prenez courage, j’ai vaincu le monde » (Jean 16:33). Il est notre modèle6.

Nous devrions suivre personnellement l’exemple de Jésus-Christ du fait de sa personnalité divine… Les chrétiens ne lui rendent pas honneur comme ils le font parce qu’il était un grand poète, un grand scientifique, un grand découvreur, un grand inventeur, un grand homme d’état ou un grand général. Ils le font parce qu’il était un grand homme. Du point de vue de la personnalité, il était au-dessus de tout7.

Il faut absolument garder des pensées justes pour acquérir une personnalité juste.

Le genre de vie que vous menez, votre disposition d’esprit, votre nature même, seront déterminés par vos pensées dont vos actes ne sont que la manifestation extérieure. La pensée engendre l’action8.

La personnalité a ses racines dans les profondeurs de l’âme. Dites-moi à quoi vous pensez quand vous n’avez pas à penser, et je vous dirai qui vous êtes9.

Les pensées font de nous ce que nous sommes. Aussi précisément et sûrement que le tisserand forme ses fleurs et ses motifs à partir de la lisse et de la trame de son métier, à chaque instant que la navette de nos pensées va et vient, elle forme notre caractère et même nos traits physiques. Vos pensées élèvent votre âme vers les cieux ou l’attirent vers l’enfer10.

Aucun principe de vie n’a été aussi constamment souligné par le Grand Pédagogue que la nécessité d’avoir de bonnes pensées. Pour lui, l’homme n’était pas ce qu’il semblait être extérieurement, ni ce qu’il prétendait être. Les pensées de l’homme déterminaient dans tous les cas ce qu’il était. Aucun instructeur n’a souligné plus fermement que lui la vérité que l’homme « est tel que sont les pensées dans son âme » (voir Proverbes 23:7)…

Partout dans ses enseignements à propos des devoirs de l’homme envers lui-même, ainsi qu’envers son prochain, on trouve la vérité que, dans tous les cas, la pensée détermine le droit de l’homme au bonheur ou sa condamnation pour le péché…

Découvertes ou non, toutes les personnes qui commettent le péché paient le prix du péché et de l’écart de conduite. L’intention qui précède l’action laisse sa marque indélébile sur la personnalité. Le coupable peut bien passer du baume sur sa conscience en disant… que cela ne comptera pas « cette fois-là », cependant, au tréfonds de ses fibres nerveuses, cela compte malgré tout et les marques laissées dans sa personnalité se dresseront contre lui au jour du Jugement. Personne ne peut se dérober à ses pensées ni se soustraire à leurs conséquences inévitables11.

Le Sauveur savait que si l’esprit pouvait être dirigé avec justice, si l’on pouvait résister à une mauvaise pensée et à une mauvaise tendance, l’acte mauvais serait minimisé. Jésus ne minimise pas la gravité de ces actes ; il ne dit pas non plus que nous ne devrions pas les punir, mais il souligne le besoin supérieur de garder nos pensées et notre esprit pur. Un mauvais arbre porte du mauvais fruit et un bon arbre du bon fruit. Gardez l’arbre pur, les pensées pures et le fruit sera pur et la vie pure12.

Une personnalité juste est le résultat d’efforts continus et de bonne pensées, l’effet d’une longue et chère association avec des pensées divines. On s’approche davantage de l’esprit du Christ quand on met Dieu au centre de ses pensées ; et quand on peut dire dans son cœur : « Que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne » (voir Luc 22:42), on s’approche tout près de l’idéal du Christ13.

Au fil du temps, les « petites choses » de notre vie façonnent notre personnalité.

De même que les blés indiquent la direction du vent, de même de petites choses révèlent la nature des sentiments et des pensées humaines14.

Les petites choses ne sont que des parties des grandes. L’herbe ne sort pas toute poussée, comme par éruption. Elle pousse et grandit sans bruit et doucement comme pour ne pas déranger l’oreille des anges et peut-être sans être vue d’eux. La pluie ne tombe pas d’une seule masse mais sous forme de gouttes, et les planètes ne se précipitent pas dans leur orbite, mais en parcourent le cercle centimètre par centimètre. L’intellect, les sentiments, les habitudes et la personnalité deviennent tous ce qu’ils sont sous l’influence de petites choses et, en moralité et en religion, c’est par de petites choses, de petites actions, que chacun de nous avance, non par bonds, mais tout de même par centimètres, vers la vie ou la mort éternelle.

La grande leçon à apprendre ici-bas aujourd’hui est d’appliquer les principes glorieux de l’Évangile dans les petits devoirs et les petits actes de la vie. Ne pensons pas que, parce que certaines choses peuvent paraître petites ou insignifiantes, elles sont sans importance. La vie, après tout, est faite de petites choses. Notre vie, notre être physique, est le résultat de petits battements de cœur. Que ce petit cœur s’arrête de battre et c’est la fin de la vie ici-bas. Le soleil immense est d’une force énorme dans l’univers, mais nous recevons les bienfaits de sa lumière parce qu’ils nous parviennent par de petits rayons qui, à eux tous, remplissent le monde de clarté. L’obscurité de la nuit devient agréable grâce à la lueur de ce qui semble être de petites étoiles, tout comme la vie d’un véritable chrétien est faite de petits actes chrétiens accomplis à cet instant précis au foyer, au sein de son collège, de son organisation, en ville, partout où notre vie et nos actes peuvent s’exercer15.

Ce qu’un homme est aujourd’hui influera en grande partie sur ce qu’il sera demain. Ce qu’il était l’an dernier marque dans une grande mesure sa voie tout le long de l’année qui s’annonce. Jour après jour, heure après heure, l’homme forge sa personnalité qui décidera de sa place et de son statut parmi ses associés au fil des siècles16.

C’est par l’obéissance et la maîtrise de soi que l’on se forge une personnalité chrétienne.

La personnalité se forme par adhésion à des principes. Elle se développe de l’intérieur tout comme un arbre et chaque chose vivante. Il n’y a pas de chose extérieure à mettre sur soi pour se rendre beau ; [les produits provenant] du commerce [y contribuent], c’est vrai, mais ce n’est que superficiel et provisoire. La vraie beauté, comme la personnalité, vient de l’intérieur, et ce qui contribue à la force de caractère est conforme aux principes énoncés par le prophète Joseph et par le Sauveur lui-même : la vertu, la droiture, la sainteté – le respect des commandements de Dieu (voir History of the Church, 5:134-135)17.

Pour l’édification de la personnalité ou la transformation d’un paysage, les lois de paix et de bonheur fonctionnent toujours. L’effort, l’abnégation et l’action réfléchie sont les tremplins de la progression., L’abandon aux passions et le péché détruisent la personnalité. Ils n’entraînent que regret et remords18.

La maîtrise de soi implique de gérer et de réguler tous nos appétits, désirs, passions et affections naturels et rien ne donne autant de force de caractère que le sentiment d’avoir triomphé de soi, que de comprendre qu’on peut mettre ses appétits et ses passions à son service et qu’on n’est pas leur esclave. Cette vertu est faite de tempérance, d’abstinence, de vaillance, de courage, d’espoir, de sobriété, de chasteté, d’indépendance, de tolérance, de patience, de soumission, de continence et de pureté19.

Quelle est la récompense suprême de l’accomplissement personnel de l’homme ici-bas ? C’est la force de caractère, acquise par l’obéissance aux lois de la vie qui sont révélées par l’Évangile de Jésus-Christ, qui est venu afin que nous puissions avoir la vie et l’avoir en abondance (voir Jean 10:10). Le premier souci de l’homme dans cette vie ne devrait pas être d’acquérir l’or, la gloire ou les biens matériels. Il ne devrait pas être d’accomplir des prouesses physiques, ni d’acquérir la force intellectuelle. Mais son but, dans la vie, devrait être d’acquérir une personnalité semblable à celle du Christ20.

Par notre influence et nos enseignements, nous pouvons aider les enfants et les adolescents à se forger une personnalité semblable à celle du Christ.

À la naissance, les enfants sont les créatures les plus dépendantes et les plus vulnérables de toutes, pourtant ils sont ce qu’il y a de plus doux et de plus grand au monde… Leur âme est aussi immaculée qu’une page blanche sur laquelle vont s’écrire les aspirations ou les accomplissements de toute une vie21.

De même qu’un enfant se développe physiquement en mangeant à intervalles réguliers, en respirant constamment de l’air pur et en se reposant à intervalles définis, de même la personnalité se forge par de petites choses, par des contacts quotidiens, par une influence par ci, et par un fait ou une vérité par là22.

C’est essentiellement au foyer que notre personnalité se forme. La famille est une organisation divine. Le plus grand devoir de l’homme dans sa famille est d’élever des garçons et des filles qui ont la santé physique, de l’énergie mentale et, plus que tout cela, une personnalité semblable à celle du Christ. Le foyer est le lieu où s’élaborent ces éléments23.

Quelle valeur infinie pour la collectivité ont les enseignants et les éducateurs des jeunes qui créent le cadre moral dans lequel les gens vivent. La beauté et le parfum des fleurs sont fugaces ; elles se fanent et meurent et disparaissent à jamais. Mais les enfants qui, grâce à l’instruction dispensée par de nobles instructeurs, s’imprègnent de principes éternels de vérité, rayonnent l’influence bénéfique qui, comme leur âme, vivra à jamais24.

Conseils pour l’étude et la discussion

  • Quels sont les traits marquants de la personnalité du Sauveur ? (Voir pages 237-238.) Comment pouvons-nous faire nôtres ces traits de caractère ?

  • Pourquoi les nobles pensées sont-elles la base de l’édification d’une personnalité semblable à celle du Christ ? (Voir pages 238-239.) Comment expliqueriez-vous la déclaration du président McKay : « Dites-moi ce à quoi vous pensez quand vous n’avez pas à penser et je vous dirai qui vous êtes » ? Que pouvons-nous faire pour avoir des pensées pures ?

  • Quelles sont les « petites choses » qui vous ont aidé à forger votre personnalité ? Que pouvez-vous faire chaque jour pour devenir plus semblable au Christ ? (Voir aussi D&A 64:33.)

  • En quoi l’obéissance à l’Évangile de Jésus-Christ est-elle un facteur clé de l’acquisition de la force de caractère ? (Voir page 241.) Comment la maîtrise de soi et le service participent-ils à cette acquisition ? (Voir page 241.)

  • Que pouvons-nous faire, nous parents et instructeurs, pour aider les jeunes à se forger une personnalité semblable à celle du Christ ? (Voir pages 242-243.)

Écritures en rapport avec le sujet : Philippiens 4:8 ; Mosiah 4:30 ; 3 Néphi 27:27 ; D&A 64:33 ; 93:11-14