2000-2009
    Notre dépôt sacré de la prêtrise
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    Notre dépôt sacré de la prêtrise

    La prêtrise n’est pas tant un don que la mission de servir, le droit d’édifier et l’occasion de bénir autrui.

    Il y a quelques années, alors que Clark, le plus jeune de nos fils, approchait de ses douze ans, lui et moi quittions le bâtiment des bureaux de l’Église quand Harold B. Lee s’est approché de nous et nous a salués. J’ai dit au président Lee que Clark allait bientôt avoir douze ans. Le président Lee lui a alors demandé : « Qu’est-ce qui va se passer quand tu auras douze ans ? »

    C’est l’un de ces moments où le père prie pour que son fils soit inspiré à donner une bonne réponse. Sans hésiter, Clark a répondu au président Lee : « Je vais être ordonné diacre ! »

    C’était la réponse pour laquelle j’avais prié et que le président Lee attendait. Il a alors dit à notre fils : « N’oublie pas, c’est une grande bénédiction de détenir la prêtrise. »

    J’espère de tout mon cœur que tous les jeunes gens qui reçoivent la prêtrise l’honoreront et seront fidèles à la confiance qui leur est faite quand elle leur est conférée. Puisse chacun de nous qui détenons la prêtrise de Dieu savoir en quoi il croit. Comme l’apôtre Pierre l’a recommandé, puissions-nous toujours être prêts à nous « défendre… devant quiconque [nous] demande raison de l’espérance qui est en [nous]1 ». Il y aura, dans notre vie à tous, des moments où il nous sera demandé d’expliquer ou de défendre nos croyances. Quand vient le moment d’agir, il est trop tard pour se préparer.

    La plupart d’entre vous, jeunes gens, auront l’occasion de témoigner quand ils serviront comme missionnaires de par le monde. Préparez-vous maintenant à ce grand honneur.

    J’ai eu de nombreuses fois cette occasion. L’une s’est produite il y a vingt-et-un ans, avant que la République Démocratique d’Allemagne, ou Allemagne de l’Est, comme on l’appelait plus communément, soit libérée du régime communiste. J’ai eu un entretien avec le ministre des Affaires étrangères d’Allemagne de l’Est, monsieur Gysi. À ce moment-là notre temple de Freiberg, en Allemagne de l’Est, était en construction, ainsi que deux ou trois églises. Monsieur Gysi et moi avons parlé d’un certain nombre de sujets, dont notre programme mondial de construction. Il m’a alors demandé : « Comment se fait-il que votre Église soit riche au point de pouvoir construire des bâtiments dans notre pays et partout dans le monde ? D’où vient votre argent ? »

    J’ai répondu que l’Église n’est pas riche mais que nous suivons l’ancien principe biblique de la dîme, lequel principe est à nouveau souligné dans nos Écritures modernes. J’ai aussi expliqué que notre Église n’a pas de clergé rémunéré et j’ai indiqué que c’étaient deux raisons pour lesquelles nous pouvions construire les bâtiments alors en construction, dont le beau temple de Freiberg.

    Monsieur Gysi a été très impressionné par mes explications, et j’étais très reconnaissant d’avoir pu répondre à ses questions.

    L’occasion d’énoncer une vérité peut se produire quand nous nous y attendons le moins. Soyons préparés.

    Un jour, une femme qui n’était pas membre de l’Église a demandé à David O. McKay quelles croyances différenciaient notre Église des autres religions. Parlant par la suite de cela, le président McKay a dit qu’il s’était senti poussé à répondre : « Ce qui différencie les croyances de mon Église de celles des autres, c’est l’autorité divine par révélation directe2. »

    Nous ne pouvons trouver de plus bel exemple d’autorité divine donnée par révélation directe que dans les événements qui se sont produits le « matin d’un belle et claire journée du début du printemps de mil huit cent vingt », quand le jeune Joseph Smith est allé prier dans les bois. Sa description de ce moment historique est impressionnante : « Je vis deux Personnages dont l’éclat et la gloire défient toute description, et qui se tenaient au-dessus de moi dans les airs. L’un d’eux me parla, m’appelant par mon nom, et dit, en me montrant l’autre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoute-le3 ! »

    Nous pensons à la visite d’un autre messager céleste, Jean-Baptiste, le 15 mai 1829. Sur les rives de la Susquehanna, près d’Harmony, en Pennsylvanie, Jean a imposé les mains à Joseph Smith et à Oliver Cowdery et les a ordonnés, disant : « À vous, mes compagnons de service, au nom du Messie, je confère la Prêtrise d’Aaron, qui détient les clefs du ministère d’anges, de l’Évangile de repentir et du baptême par immersion pour la rémission des péchés4. » Ce messager a dit qu’il agissait sous la direction de Pierre, Jacques et Jean, qui détenaient les clés de la Prêtrise de Melchisédek. Puis il y a eu l’ordination et le baptême. C’est un exemple supplémentaire d’autorité divine donnée par révélation directe.

    En temps voulu, Pierre, Jacques et Jean ont été envoyés pour conférer les bénédictions de la Prêtrise de Melchisédek. Ces apôtres, envoyés par le Seigneur, ont ordonné et confirmé Joseph et Oliver pour être apôtres et témoins spéciaux de son nom. L’autorité divine conférée par révélation directe caractérise cette apparition sacrée.

    En conséquence de cela, nous avons tous l’obligation, la bénédiction et le devoir solennel d’être fidèles au dépôt que nous avons reçu.

    Brigham Young a déclaré : « La prêtrise du Fils de Dieu est… la loi par laquelle les mondes sont, ont été et continueront pour toujours et à jamais5. » Joseph F. Smith, élaborant sur ce thème, a dit : « Ce n’est ni plus ni moins que la puissance de Dieu déléguée à l’homme par laquelle celui-ci peut agir sur la terre pour le salut de la famille humaine, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et agir légitimement, ne s’attribuant pas cette autorité, ni ne l’empruntant à des générations qui sont mortes et enterrées, mais étant une autorité donnée en ces jours où nous vivons, par le ministère d’anges et l’Esprit d’en haut, envoyés de la présence du Dieu Tout-puissant6. »

    Alors que j’approchais de mon dix-huitième anniversaire et que je me préparais à commencer mon service militaire pendant la Deuxième Guerre mondiale, j’ai été recommandé pour recevoir la Prêtrise de Melchisédek. J’avais la tâche de téléphoner à Paul C. Child, mon président de pieu, pour avoir un entretien. C’était quelqu’un qui aimait et comprenait les saintes Écritures, et il voulait que tout le monde les aime et les comprenne aussi. Comme j’avais su par d’autres personnes que ses entretiens étaient plutôt détaillés et approfondis, voici comment s’est à peu près déroulée notre conversation téléphonique :

    « Bonjour, frère Child. C’est frère Monson. L’évêque m’a demandé de vous rencontrer à propos de mon ordination à l’office d’ancien. »

    « Très bien, frère Monson. Quand pouvez-vous venir me voir ? »

    Sachant que sa réunion de Sainte-Cène était à 16 heures et désirant lui exposer le moins possible ma connaissance des Écritures, j’ai proposé : « Est-ce que ça irait à 15 heures ? »

    Il m’a répondu : « Oh, frère Monson, cela ne nous donnerait pas suffisamment de temps pour approfondir les Écritures. Pourriez-vous s’il vous plaît venir à 14 heures et apporter votre exemplaire des Écritures, celui que vous marquez ? »

    Finalement le dimanche est arrivé et je suis allé chez le président Child. Il m’a chaleureusement accueilli, puis l’entretien a commencé. Il a dit : « Frère Monson, vous détenez la Prêtrise d’Aaron. » Bien sûr, ça je le savais. Il a poursuivi : « Avez-vous déjà été servi par un ange ? »

    J’ai répondu : « Je ne suis pas très sûr. »

    « Savez-vous, m’a-t-il dit, que vous y avez droit ? »

    J’ai répondu : « Non. »

    Puis il m’a demandé : « Frère Monson, récitez-moi par cœur la 13e section des Doctrine et Alliances. »

    J’ai commencé : « À vous, mes compagnons de service, au nom du Messie, je confère la Prêtrise d’Aaron, qui détient les clefs du ministère d’anges… »

    « Stop », m’a dit frère Child. Puis sur un ton calme et gentil, il m’a recommandé : « Frère Monson, n’oubliez jamais qu’en tant que détenteur de la Prêtrise d’Aaron vous avez droit au ministère d’anges. Maintenant continuez le passage. »

    J’ai récité par cœur le reste de la section. Le président Child a dit : « Magnifique. » Il m’a ensuite commenté plusieurs autres sections des Doctrine et Alliances parlant de la prêtrise. Cela a été un long entretien, mais je ne l’ai jamais oublié. À la fin, le président Child a mis son bras autour de mes épaules et m’a dit : « Vous êtes maintenant prêt à recevoir la Prêtrise de Melchisédek. Souvenez-vous que le Seigneur bénit ceux qui le servent. »

    De nombreuses années plus tard, Paul C. Child était membre du Comité d’entraide de la prêtrise, et nous avons assisté ensemble à une conférence de pieu. À la session des dirigeants de la prêtrise, quand cela a été à lui de parler, il a pris ses Écritures et est descendu de l’estrade dans l’assemblée. Connaissant le président Child comme je le connaissais, je savais ce qu’il allait faire. Il a cité les Doctrine et Alliances, notamment la section 18 concernant la valeur d’une âme, indiquant que nous devons travailler toute notre vie pour amener des âmes au Seigneur. Puis il s’est adressé à un président de collège d’anciens et lui a demandé : « Quelle est la valeur d’une âme ? »

    Le président de collège, abasourdi, avait du mal à formuler sa réponse. Je priais intérieurement pour qu’il puisse répondre à la question. Il a finalement répondu : « La valeur d’une âme est sa capacité de devenir comme Dieu. »

    Frère Child a fermé ses Écritures, est retourné solennellement et en silence vers l’estrade. En passant près de moi, il a dit : « Une réponse très profonde. »

    Nous devons connaître le serment et l’alliance de la prêtrise parce que cela nous concerne tous. Pour les détenteurs de la Prêtrise de Melchisédek, c’est la déclaration de l’obligation qui est la nôtre d’obéir fidèlement aux lois de Dieu et de magnifier les appels que nous recevons. Pour les détenteurs de la Prêtrise d’Aaron, c’est une déclaration de devoirs et de responsabilités à venir, afin qu’ils puissent se préparer dès maintenant.

    Ce serment et cette alliance sont exprimés par le Seigneur en ces termes :

    « Car tous ceux qui, par leur fidélité, obtiennent ces deux prêtrises dont j’ai parlé et magnifient leur appel sont sanctifiés par l’Esprit à tel point que leur corps est renouvelé.

    « Et ils deviennent les fils de Moïse et d’Aaron, la postérité d’Abraham, l’Église et le royaume, et les élus de Dieu.

    « Et tous ceux qui reçoivent cette prêtrise me reçoivent, dit le Seigneur ;

    « car celui qui reçoit mes serviteurs me reçoit ;

    « et celui qui me reçoit reçoit mon Père ;

    « et celui qui reçoit mon Père, reçoit le royaume de mon Père ; c’est pourquoi tout ce que mon Père a lui sera donné7. »

    Le regretté Delbert L. Stapley, du Collège des Douze, a dit un jour : « Ce serment et cette alliance requièrent deux choses principales. La première est la fidélité, qui traduit l’obéissance aux lois de Dieu et indique un véritable respect de tous les principes de l’Évangile…

    « La deuxième condition requise… est de magnifier son appel. Magnifier c’est honorer, exalter, glorifier et faire que cela soit tenu en plus grande estime ou davantage respecté. Cela signifie aussi augmenter l’importance, l’étendue et la grandeur8. »

    On a demandé un jour à Joseph Smith, le prophète : « Frère Joseph, vous nous exhortez fréquemment à magnifier notre appel. Qu’est-ce que cela signifie ? » On rapporte qu’il a répondu : « Magnifier son appel, c’est s’en acquitter avec dignité et lui donner de l’importance, de sorte que la lumière des cieux se manifeste dans la façon dont on s’en acquitte et que les autres la voient. Un ancien magnifie son appel quand il apprend en quoi consistent ses devoirs d’ancien et qu’il s’en acquitte. »

    On doit donner aux détenteurs de la Prêtrise d’Aaron l’occasion de magnifier leurs appels dans cette prêtrise.

    Un dimanche il y a deux ans, j’assistais à la réunion de Sainte-Cène dans ma paroisse. C’est quelque chose qui arrive rarement. Il y avait trois prêtres à la table de Sainte-Cène ; celui du milieu était un jeune homme légèrement handicapé moteur, mais particulièrement dans son élocution. Il a essayé deux fois de bénir le pain mais il a buté chaque fois sur les mots, certainement embarrassé par son incapacité de dire la prière parfaitement. L’un des autres prêtres a alors pris sa place et a fait la bénédiction du pain.

    Pendant la distribution du pain, je me suis dit que je ne pouvais tout simplement pas laisser ce jeune homme connaître l’échec à la table de Sainte-Cène. J’ai eu le fort sentiment que, si je ne doutais pas, il arriverait à faire la bénédiction de l’eau. Comme j’étais sur l’estrade près de la table de Sainte-Cène, je me suis penché vers le prêtre le plus proche de moi et je lui ai dit, en montrant le jeune homme qui avait eu des difficultés : « Laissez-le bénir l’eau ; c’est une prière plus courte. » Et puis j’ai prié. Je ne voulais pas qu’il échoue à nouveau. J’aime le passage des Écritures qui nous dit que nous ne devons pas douter mais croire9.

    Au moment de bénir l’eau, ce jeune homme s’est à nouveau agenouillé et a fait la prière, peut-être de manière un peu hachée, mais sans sauter un mot. Je me suis réjoui intérieurement. Pendant que les diacres passaient les plateaux, j’ai regardé le garçon et je lui ai montré mon pouce levé. Il m’a fait un large sourire. Quand les jeunes gens sont allés s’asseoir avec leur famille, il s’est assis dans un rang entre son père et sa mère. Quelle joie de voir sa mère lui adresser un grand sourire et le prendre dans ses bras, tandis que son père le félicitait et lui mettait le bras autour des épaules ! Ils ont tous les trois regardé dans ma direction, et je leur ai montré mon pouce levé. J’ai pu voir la mère et le père essuyer quelques larmes. J’ai eu le sentiment que ce jeune homme réussirait à l’avenir.

    La prêtrise n’est pas tant un don que la mission de servir, le droit d’édifier et l’occasion de bénir autrui.

    Il n’y a pas très longtemps j’ai reçu une lettre au sujet d’un jeune diacre de grande valeur, Isaac Reiter, et des diacres, instructeurs et prêtres qui l’ont servi, l’ont édifié et ont été une bénédiction pour lui et pour eux-mêmes.

    Isaac a combattu un cancer depuis l’âge de sept mois jusqu’à sa mort à treize ans. Quand sa famille et lui ont emménagé dans une maison près d’un hôpital pour qu’il puisse suivre les traitements médicaux nécessaires, il a été demandé aux membres de la Prêtrise d’Aaron de la paroisse de leur porter la Sainte-Cène chaque dimanche. Cette ordonnance hebdomadaire est devenue la préférée des détenteurs de la Prêtrise d’Aaron qui y participaient. Avec leurs dirigeants et la famille d’Isaac, ils se réunissaient autour du lit d’hôpital du jeune homme, chantaient des cantiques et rendaient leur témoignage. Puis l’on bénissait la Sainte-Cène. Isaac insistait toujours pour, en tant que diacre, distribuer la Sainte-Cène à sa famille et aux personnes qui l’avait apportée. Allongé dans son lit, il rassemblait ses forces pour tenir un plateau de pain ou d’eau bénis. Les personnes présentes s’approchaient d’Isaac et prenaient le pain ou l’eau sur le plateau. Des infirmières et d’autres membres du personnel médical ont commencéà participer à la réunion, se rendant compte qu’Isaac était proche de son Père céleste et qu’il l’honorait tout le temps. Bien que faible et souffrant, Isaac avait toujours l’attitude digne de quelqu’un qui détient une prêtrise royale.

    Il était un grand exemple pour les jeunes gens de sa paroisse. Ils ont vu son désir de remplir ses devoirs, même sur son lit de mort, et ils se sont rendu compte que ces devoirs étaient de réels privilèges. Ils ont commencé à arriver plus tôt pour préparer la Sainte-Cène et pour être sur leur siège à l’heure. Il y avait plus de révérence.

    Isaac Reiter est devenu un sermon vivant sur la manière d’honorer la prêtrise. À ses obsèques, quelqu’un a dit que tout au long de sa vie il avait eu un pied dans les cieux. Il n’y a pas de doute qu’il continue de magnifier ses devoirs et de participer à l’œuvre de l’autre côté du voile.

    Nous, détenteurs de la Prêtrise de Melchisédek, nous avons constamment l’occasion de magnifier notre appel. Nous sommes des bergers qui veillent sur Israël. Les brebis affamées attendent qu’on leur donne le pain de vie. Sommes-nous prêts à paître le troupeau de Dieu ? Il est impératif que nous prenions conscience de la valeur de l’âme humaine, que nous n’abandonnions jamais l’un des précieux fils de Dieu.

    S’il y a quelqu’un qui se sent trop faible pour faire mieux, parce qu’il a la plus grande des craintes, la crainte d’échouer, il ne pourra pas être mieux rassuré que par les paroles du Seigneur : « Ma grâce suffit à tous les hommes qui s’humilient devant moi ; car s’ils s’humilient devant moi, et ont foi en moi, alors je rendrai fortes pour eux les choses qui sont faibles10. »

    Il y a des miracles partout où les appels de la prêtrise sont magnifiés. Quand la foi remplace le doute, quand le service désintéressé élimine les efforts égoïstes, le pouvoir de Dieu réalise ses desseins. Dieu qualifie celui qu’il appelle.

    Puisse notre Père céleste bénir toujours, inspirer toujours et guider toujours tous les détenteurs de sa précieuse prêtrise ; c’est là ma prière sincère, et je la fais au nom du Seigneur Jésus-Christ. Amen.