2000-2009
En toute sainteté de cœur
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En toute sainteté de cœur

Chaque fois que nous faisons preuve d’amour, de patience, de gentillesse et de générosité, nous honorons nos alliances en disant: «Me voici, envoie-moi.»

Bien que nous soyons beaucoup plus nombreuses que les premières sœurs de la Société de Secours de Nauvoo, nous ressentons le même esprit. Comme nous, elles s’élevaient, s’aidaient et s’édifiaient mutuellement ; elles priaient les unes pour les autres ; elles consacraient tout ce qu’elles avaient au Royaume. Le président Hinckley a dit que nous constituons « un grand réservoir de foi et de bonnes œuvres… une source de dévouement, de loyauté et d’accomplissement1 ». C’est remarquable : Que nous soyons dans le centre de conférence, dans une église du Mexique ou dans une branche de Lithuanie, nous sommes toutes des sœurs de Sion avec une grande œuvre à accomplir. Et, ensemble, guidées par un prophète de Dieu, nous l’accomplirons ! J’espère que vous ressentez l’amour que j’ai pour vous, amour qui est partagé par mes conseillères, qui sont pour moi une grande bénédiction.

Dire que j’étais bouleversée quand le président Hinckley m’a appelée à servir comme présidente générale de la Société de Secours est vraiment en dessous de la réalité ! Je suis sûre que vous pouvez le comprendre. Mais, la voix tremblante, j’ai répondu : « Me voici, envoie-moi. » Une amie juive, ayant appris en quoi consistait mon appel, m’a regardée comme si j’étais folle et m’a demandé : « Bonnie, pourquoi ferais-tu cela ? » (Dans les moments comme celui-ci, je me pose souvent la même question !) Mais je ne l’ai fait que pour une seule raison : J’ai fait des alliances avec le Seigneur, et je sais ce que cela requiert. Et puis, je savais que vous et moi allions servir ensemble ; et mon accord était en notre nom à toutes.

Pendant des siècles, des femmes justes ont eu le courage de se joindre à la cause du Christ. Beaucoup de vous ne se sont fait baptiser que récemment ; leurs alliances sont encore fraîches dans leur cœur, leurs sacrifices tout récents. Lorsque je pense à vous, je me rappelle Priscilla Stains, de Wiltshire, en Angleterre. Elle s’est fait baptiser à l’âge de 19 ans en 1843. Seule. Elle a dû s’éclipser dans la nuit pour se faire baptiser, en raison des persécutions de ses voisins et de l’opposition de sa famille. Elle a écrit : « Nous avons attendu jusqu’à minuit… puis nous sommes allés à une petite rivière à 400 mètres. Là nous nous sommes aperçus que l’eau… était gelée en surface, et l’ancien a dû faire dans la glace un trou suffisamment grand pour accomplir le baptême… Seuls Dieu et ses anges, et quelques témoins qui se tenaient sur la rive, ont entendu mon alliance, mais à ce moment solennel du milieu de la nuit, il semblait que toute la nature écoutait et qu’un ange écrivait nos paroles dans le livre duSeigneur2. »

Ses paroles : « Seuls Dieu et ses anges… ont entendu mon alliance », m’ont profondément touchée, car, comme Priscilla, quels que soient notre âge, notre connaissance de l’Évangile, notre ancienneté dans l’Église, nous sommes toutes des femmes d’alliance. C’est une expression qu’on entend souvent dans l’Église, mais quce qu’elle signifie ? En quoi les alliances définissent-elles qui nous sommes et comment nous vivons ?

Les alliances, promesses qui nous lient à notre Père céleste, sont essentielles à notre progression éternelle. Pas à pas, il nous aide à devenir comme lui en nous engageant dans son œuvre. Au baptême, nous faisons alliance de l’aimer de tout notre cœur, et d’aimer nos sœurs et nos frères comme nous-mêmes. Dans le temple, nous faisons encore alliance d’être obéissantes, généreuses, fidèles, honorables et charitables. Nous faisons alliance de faire des sacrifices et de consacrer tout ce que nous avons. Contractées par l’intermédiaire de l’autorité de la prêtrise, les alliances, quand nous les respectons, font déborder notre coupe de bénédictions. Réfléchissez-vous souvent au fait que vos alliances ont une portée qui dépasse la condition mortelle et vous relient au Divin ? Contracter des alliances est l’expression d’un cœur bien disposé ; respecter des alliances est l’expression d’un cœur fidèle.

Cela semble très simple sur le papier, n’est-ce pas ? Bien entendu, c’est par l’action que nous montrons qui nous sommes réellement. Ainsi, chaque fois que nous faisons preuve d’amour, de patience, de gentillesse, de générosité, nous honorons nos alliances en disant : « Me voici, envoie-moi. » Généralement nous disons cela doucement, sans tambour ni trompette.

Quand les alliances d’une autre personne avec le Seigneur ont-elles été pour vous source de bénédictions, de paix et de soutien ? Lorsque mon mari et moi étions missionnaires en Angleterre, nous avons vu de nombreux frères et sœurs missionnaires dont la vie était directement influencée par les alliances de femmes dignes. J’étais extrêmement reconnaissante aux mères, aux sœurs, aux tantes, aux instructrices – comme tant d’entre vous – qui, en respectant leurs alliances, avaient valu des bénédictions à d’autres personnes par la manière dont elles avaient instruit ces futurs missionnaires.

Non seulement les alliances nous incitent à sortir des zones de confort pour aller vers une nouvelle croissance, mais elles amènent d’autres personnes à faire de même. Jésus a dit : « Les œuvres que vous m’avez vu faire, vous les ferez aussi3. » Son respect de ses alliances nous encourage à respecter les nôtres.

Les alliances nous épargnent des souffrances inutiles. Par exemple, lorsque nous obéissons aux directives du prophète, nous respectons une alliance. Il nous a recommandé d’éviter les dettes, d’avoir une réserve de nourriture et de devenir autonomes. En vivant selon nos moyens, nous sommes bénis au-delà de cette obéissance. Cela nous apprend la reconnaissance, la restriction, la générosité ; cela nous évite les soucis des problèmes financiers et nous protège de la cupidité du matérialisme. Si nous gardons nos lampes remplies, alors des situations imprévues ne nous empêcheront pas de dire avec dévouement : « Me voici, envoie-moi. »

Le renouvellement des alliances revigore et ressource l’âme épuisée. Chaque dimanche, lorsque nous prenons la Sainte-Cène, que se passe-t-il dans notre cœur lorsque nous entendons les mots : « Se souvenir toujours de lui4 » ? Est-ce que nous nous améliorons la semaine suivante en nous concentrant de nouveau sur ce qui a le plus d’importance ? Oui, nous avons des difficultés ; oui, il est ardu de faire des changements. Mais vous êtes-vous jamais demandé comment nos sœurs ont survécu après avoir été chassées de Nauvoo, alors que beaucoup ont fait tout le chemin à pied ? Quand leurs jambes étaient fatiguées, elles étaient portées par leurs alliances ! Quoi d’autre aurait pu leur donner une telle force spirituelle et physique ?

Les alliances nous évitent aussi d’être « flottantes et emportées à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction5 ». Les femmes d’alliance restent fermes quand le mal est appelé bien, et le bien appelé mal. Que ce soit en cours à l’université, autour du distributeur de boissons ou devant les derniers « experts » de la télévision, en nous souvenant de nos alliances nous ne serons pas égarées.

Les alliances nous permettent, à nous et à nos êtres chers, de rester spirituellement en sécurité et préparés, en accordant la priorité aux choses importantes. Par exemple, en ce qui concerne la famille, nous ne pouvons pas nous permettre d’être indifférentes ou distraites. L’enfance est une merveille fugace ; très peu d’enfants connaissent les jours heureux que j’ai vécus dans ma jeunesse à la ferme. Le président Hinckley a dit : « Nos problèmes, presque tous, viennent des foyers des gens… S’il doit y avoir un changement… il doit commencer au foyer. C’est là que la vérité doit être enseignée, que l’intégrité doit être cultivée, que la discipline personnelle doit être inculquée et que l’amour doit être entretenu6. »

Mes sœurs, le Seigneur a besoin de femmes qui apprendront aux enfants à travailler, à apprendre, à servir et à croire. Qu’ils soient à nous ou à d’autres, nous devons nous lever et dire : « Me voici, envoie-moi veiller sur tes petits enfants, leur accorder la priorité, les guider, les protéger du mal, et les aimer. »

Parfois nous devons respecter nos alliances alors qu’il ne semble y avoir aucune raison logique de le faire. J’ai écouté une sœur célibataire raconter comment elle en était « venue à faire totalement confiance au Seigneur ». Sa vie ne s’était pas déroulée comme elle l’avait prévu. Cela vous rappelle-t-il quelque chose ? Cette période d’introspection a été marquée par un changement de travail, de nouvelles difficultés financières, une attirance pour les philosophies profanes. Maintenant, écoutez ce qu’elle a fait. En bavardant avec d’autres sœurs de sa paroisse, elle s’est rendu compte qu’elles aussi cherchaient la paix que l’Évangile procure. Elle a demandé une bénédiction de la prêtrise. Elle a vaillamment rempli son appel. Elle a étudié et s’est efforcée de s’engager plus pleinement à aimer, à apprécier et à croire Jésus. Elle a prié : « J’ai dit au Seigneur en pleurant que je ferais tout ce qu’il me demanderait. » Elle l’a fait en dépit de ses difficultés. Et savez-vous ce qui est arrivé ? Non, son compagnonéternel n’est pas apparu sur le pas de sa porte. Mais la paix est entrée dans son cœur, et sa vie s’est améliorée.

Mes sœurs, nous gardons nos alliances lorsque nous utilisons notre sagesse pour encourager autrui, lorsque nous faisons nos visites avec une compassion réelle, lorsque nous aidons une jeune sœur à savoir que son point de vue tout frais sera une bénédiction pour nous à la Société de Secours. Nous pouvons faire cela !

Lorsque la jeune Priscilla, notre convertie britannique de 1843, a traversé l’Atlantique, une femme de l’âge de sa mère s’est liée d’amitié avec elle. Cette sœur plus âgée ressentait aussi le feu des alliances qu’elle avait faites. Lorsque leur bateau a accosté dans le port de Nauvoo, elle était aux côtés de Priscilla. Ensemble, pleines de hardiesse et de foi, elles ont rejoint les saints de Dieu7.

L’intégrité spirituelle qui nous permet de respecter nos alliances vient de la constance à étudier les Écritures, à prier, à servir et à faire des sacrifices. Ces étapes simples nourrissent notre âme de sorte que nous pouvons dire : « Envoie-moi aider une sœur et son nouveau-né ; envoie-moi aider un écolier qui a des difficultés avec ses cours ; envoie-moi aimer quelqu’un qui n’est pas intégré. Envoie-moi là où tu as besoin de moi, quand tu as besoin de moi. »

Le Seigneur nous a appelées à faire tout ce que nous faisons « en toute sainteté de coeur8 ». Et la sainteté est produite par le respect des alliances. J’aime beaucoup les paroles du cantique suivant, ainsi que le sentiment qu’il me procure :

Ah, donne-moi, Père,

Plus de sainteté,

Plus d’ardeur sincère,

Plus d’humilité.

Plus de confiance

pour rester debout,

Plus de patience

pour supporter tout9.

La sainteté suscite les mots : « Me voici, envoie-moi. » Quand Priscilla Stains a fait alliance au milieu de la nuit dans une rivière glacée, elle est entrée dans une nouvelle vie ; ses vêtements étaient presque gelés, mais son cœur était rempli de joie. Elle raconte : « Plus question de revenir en arrière ; Je… me suis fixé le but de la vie éternelle, faisant confiance à Dieu10. »

Président Hinckley, avec les sœurs de la Société de Secours du monde entier, je m’engage envers vous à ce que nous restions unies comme femmes d’alliance et à ce que nous suivions vos conseils. Dans un grand nombre de langues, écoutez les paroles de toutes les sœurs de la Société de Secours qui disent : « Me voici, envoie-moi. »

Que les alliances que nous avons faites individuellement avec notre Père céleste aimant nous guident, nous protègent, nous sanctifient et nous permettent de faire de même pour tous ses enfants. C’est là ma prière, au nom de Jésus-Christ. Amen.

  1. « Marcher dans la lumière du Seigneur », L’Étoile, janvier 1999, p. 117.

  2. Cité dans Edward W. Tullidge, The Women of Mormondom, 1877, p. 287 ; voir aussi p. 285-286, 288.

  3. Voir 3 Néphi 27:21.

  4. D&A 20:77, 79.

  5. Éphésiens 4:14.

  6. L’Étoile, janvier 1999, p. 119.

  7. Voir Tullidge, Women of Mormondom, p. 289, 291.

  8. D&A 46:7.

  9. « Ah, donne-moi, Père », Cantiques, n° 70.

  10. Tullidge, Women of Mormondom.