2000-2009
Que de faveurs viennent du sacrifice!
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Que de faveurs viennent du sacrifice!

Si nous sommes pleins de sollicitude, charitables et obéissants à Dieu et si nous suivons ses prophètes, nos sacrifices produiront les bénédictions du ciel.

Je suis toujours ému lorsque j’entends les paroles du cantique « Au grand prophète1 » : « Que de faveurs viennent du sacrifice ! ». Voici la définition du sacrifice : « Action de renoncer à quelque chose de valeur pour quelque chose de plus important ou de plus grande valeur2 ». Le sacrifice revêt diverses formes. Les saints des derniers jours font alliance avec le Seigneur de faire des sacrifices. En agissant ainsi, nous soumettons notre volonté à la sienne et nous consacrons notre vie à l’édification de son royaume et au service de ses enfants.

Le Seigneur a promis aux personnes qui se sacrifient fidèlement en payant honnêtement la dîme qu’il ouvrirait les écluses des cieux3. Non seulement ce sacrifice est une bénédiction pour ces personnes et pour leur famille, mais de plus, les contributions qu’elles font de leur plein gré à l’Église fournissent les ressources et l’énergie dont le royaume du Seigneur a besoin pour accomplir des miracles quotidiens. Le roi Benjamin a dit : « [Méditez] sur l’état béni et bienheureux de ceux qui gardent les commandements de Dieu. Car voici, ils sont bénis en tout, tant dans le temporel que dans le spirituel4. » Le fait de payer fidèlement la dîme est l’expression extérieure d’un engagement profond de faire des sacrifices.

L’obéissance à la loi du jeûne est elle aussi une forme de sacrifice. Le Seigneur nous demande de jeûner pendant deux repas, un dimanche par mois. Nous avons l’occasion de donner à l’Église l’argent que nous avons économisé pour ces deux repas, afin d’aider les nécessiteux. Le fait de jeûner et de faire une offrande de jeûne généreuse a un effet de raffinement sur l’âme. Spencer W. Kimball a déclaré : « La mise en pratique de la loi du jeûne nous permet de trouver une source personnelle de pouvoir qui nous aide à vaincre l’abandon aux passions et l’égoïsme5. »

L’œuvre du temple et de la généalogie est un sacrifice dicté par l’amour. Les saints fidèles consacrent des millions d’heures à compiler de la généalogie. Ils font des recherches dans des microfilms et des registres, et, armés d’un stylo et d’un ordinateur, ils copient des dates et des événements. Ils accomplissent des ordonnances sacrées dans le temple pour leurs ancêtres bien-aimés. Comme le Sauveur, ce qu’ils font est une expression du sacrifice qui consiste à faire pour d’autres personnes ce qu’elles ne peuvent faire pour elles-mêmes.

Il y a quelques années, alors que nous étions en poste pour l’Église à Saint-Pétersbourg (Russie), ma femme, Mary Jayne, et moi, avons eu l’occasion unique de ressentir les bénédictions de l’œuvre de la généalogie. Nous nous sommes rendus aux archives de l’état civil pour constater les efforts déployés par l’Église pour le microfilmage d’archives de l’ouest de la Russie. En regardant l’archiviste photographier des pages de vieux registres moisis de la ville de Pskov, les noms sont devenus pour moi de vraies personnes. Il me semblait qu’elles sortaient des pages et qu’elles me disaient : « Vous m’avez trouvé. Je ne suis plus perdu. Je sais qu’un jour, quelque part, un membre de ma famille emportera mon nom au temple et que je serai baptisé et doté et que ma femme et mes enfants seront scellés à moi. »

La vie de Joseph Smith a été un exemple de sacrifice altruiste en faveur de l’Évangile de Jésus-Christ. Malgré les grandes souffrances qu’il a endurées, le prophète Joseph est resté optimiste et a surmonté de nombreuses persécutions. Parley P. Pratt raconte une expérience bouleversante qui s’est produite alors qu’il se trouvait avec le prophète dans la prison de Liberty (Missouri), pendant l’hiver de 1838-1839. Ces six mois de terrible souffrance et de détention ont affiné la personnalité de ce « prophète extraordinaire ».

Dans la prison, le prophète et ses frères ont dû supporter les fanfaronnades et les récits des mauvais traitements méprisables que les gardes avaient perpétrés parmi les « mormons ». Finalement, le prophète ne put supporter davantage leurs infâmes jurons. Soudain, il se leva et déclara « d’une voix de tonnerre » : « SILENCE, démons du gouffre infernal. Au nom de Jésus-Christ, je vous réprimande et je vous commande de vous taire. »

« Il se tenait droit avec une majesté terrible, enchaîné, sans arme, calme, serein et digne comme un ange… [Les gardes tremblants], se blottirent dans un coin », laissèrent tomber leurs armes, et « demandèrent pardon et restèrent silencieux jusqu’à la relève de la garde ».

Frère Pratt ajoute : « J’ai vu les magistrats, revêtus de robes… J’ai vu un congrès en session solennelle… J’ai essayé de concevoir des rois, des cours royales, des trônes et des couronnes… mais la dignité et la majesté, je ne les ai vues qu’une fois, enchaînées, à minuit, dans un cachot d’un village obscur du Missouri6. »

Quelques semaines après cet événement, lors d’une autre période très sombre de sa vie, Joseph implora le Seigneur de le guider. Le Seigneur lui répondit : « Mon fils, que la paix soit en ton âme ! Ton adversité et tes afflictions ne seront que pour peu de temps7. » Le Seigneur ajouta alors ces paroles fascinantes à l’intention du prophète : « Les extrémités de la terre s’informeront de ton nom8… »

Cinq ans plus tard, alors qu’il repensait à la construction inachevée du temple de Nauvoo, Joseph savait que son voyage touchait à sa fin et qu’il allait « comme un agneau à l’abattoir », pourtant il était « calme comme un matin d’été9 » et il se laissa arrêter une fois de plus. Ayant reçu la promesse d’être protégé, il se soumit à une nouvelle arrestation. Il fut cependant trahi. Le 27 juin 1844, son frère, Hyrum, et lui-même furent sauvagement assassinés dans la prison de Carthage.

Les extrémités de la terre se sont informées du nom de Joseph Smith, et aujourd’hui le soleil ne se couche jamais sur toute la population de l’Église rétablie de Jésus-Christ qui est répandue dans le monde entier. Les paroles suivantes, qui décrivent Abraham Lincoln, qui subit le martyre, s’appliquent aussi à la majesté de Joseph Smith, le prophète :

« C’était un homme comparable à la majesté du monde.

Un homme comparable à la majesté des montagnes et des océans…

Lorsqu’il est mort au cœur de l’agitation, il est tombé,

tel un cèdre magnifique, couvert de rameaux,

qui lance un cri puissant sur les collines,

laissant un espace vide dans le ciel10. »

Il ne peut y avoir de plus grand sacrifice que le sacrifice expiatoire du Sauveur Jésus-Christ. Son expiation, inégalée et incompréhensible, a été le plus glorieux de tous les événements mondiaux. Heureusement, grâce à son acte de charité suprême, la mort n’a pas d’aiguillon et le tombeau n’est pas victorieux.

Nous devons sacrifier généreusement tout ce qui nous a été donné, notamment soumettre notre volonté. Neal A. Maxwell a dit avec justesse : « La soumission de notre volonté est en fait la seule chose personnelle que nous ayons à déposer sur l’autel de Dieu. Les nombreuses autres choses dont nous faisons ‘don’… sont en fait des choses qu’il nous a déjà données ou prêtées11. »

En fin de compte, le sacrifice est une question de cœur. « Voici, le Seigneur exige le cœur, et un esprit bien disposé12. » Si nous sommes pleins de sollicitude, charitables et obéissants à Dieu et si nous suivons ses prophètes, nos sacrifices produiront les bénédictions du ciel. « Et vous m’offrirez en sacrifice un cœur brisé et un esprit contrit13. »

D’une manière très inhabituelle, j’ai eu un aperçu du sacrifice inspiré par l’amour du Sauveur pour moi. Une veille de Noël où j’étais à Jérusalem, ma femme et moi avons visité plusieurs endroits où le Sauveur était passé et avait enseigné. L’agonie qu’a soufferte le Sauveur nous a causé un profond chagrin lorsque nous nous trouvions dans les prisons en contrebas du palais de Caïphe. C’est à cet endroit que notre Seigneur a été flagellé et fouetté. Nous avons vu les trous où passaient les chaînes dans le mur. Les larmes aux yeux, nous avons chanté « Je rencontrais sur mon chemin14 ». Le Sauveur était si seul parmi de vils criminels ! Le cœur lourd, nous avons prié pour demander le courage d’être ses dignes serviteurs.

Peu après, nous sommes allés au jardin du sépulcre, qui était vide. Dans notre cœur ont résonné les paroles des Écritures : « Il n’est point ici ; il est ressuscité15. » Elisa R. Snow a écrit :

« Pendant qu’il souffre sur la croix,

sans murmurer, il suit la loi.

Obéissant à Dieu toujours,

il accomplit le plan d’amour.

Il meurt pour nous, pour nos péchés,

vivons par lui, dans sa clarté16. »

Le sacrifice expiatoire du Sauveur a été le plus grand acte de charité du monde.

Nous chantons les paroles du président Hinckley :

« Il vit, lui, mon roc de foi sûr,

le seul véritable espoir des hommes sur la terre,

le phare qui indique une voie meilleure,

la lumière au-delà du voile de la mort17. »

Je pleure à l’idée qu’une goutte de son sang ait été versée pour moi. Je prie pour pouvoir le rencontrer un jour. Je m’agenouillerai et j’embrasserai les plaies dans ses mains et dans ses pieds et il essuiera mes larmes. Je prie pour qu’il dise : « C’est bien, bon et fidèle serviteur18. » Par sa miséricorde, nous avons l’espérance, mes frères et sœurs. Il est la source de toutes les bénédictions19. J’en témoigne, au nom le plus grand de tous, au nom de celui qui a donné l’exemple suprême du sacrifice, Jésus-Christ. Amen.

  1. Cantiques, n° 16.

  2. The Oxford Encyclopedic English Dictionary, 1991, « Sacrifice », p. 1272-1273.

  3. Voir Malachie 3:10.

  4. Mosiah 2:41.

  5. Conference Report, avril 1978, p. 121.

  6. Autobiography of Parley P. Pratt, 1985, p. 180.

  7. D&A 121:7.

  8. D&A 122:1.

  9. D&A 135:4.

  10. Edward Markham, « Lincoln the Man of the People » A Treassury of Great Poems, Louis Untermeyer, compilateur, 1955, p. 994-995.

  11. « Absorbée dans la volonté du Père », L’Étoile, janvier 1996, p. 25.

  12. D&A 64:34.

  13. 3 Néphi 9:20.

  14. Cantiques, n° 17.

  15. Matthieu 28:6.

  16. « Voyez : il meurt, le Rédempteur », Cantiques, n° 115.

  17. « Il vit, mon Rédempteur », Cantiques, n° 72.

  18. Matthieu 25:21.

  19. « Come, Thou Fount of Every Blessing », Hymns, 1948, n° 70.