2000-2009
    Pour que vos fardeaux soient légers
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    Pour que vos fardeaux soient légers

    Les fardeaux donnent des occasions d’exercer des vertus qui contribuent à notre perfection finale.

    Il y a de nombreuses années, à l’aube, je parcourais les rues étroites et pavées de Cuzco, au Pérou, dans les hauteurs des Andes. J’ai vu un homme d’un groupe autochtone qui marchait dans l’une des rues. Il n’était pas de grande taille mais il portait sur le dos une énorme charge de bois de chauffage dans un sac de toile de jute. Le sac semblait aussi grand que lui. La charge devait peser autant que lui. Il la stabilisait avec une corde qui faisait une boucle qui passait sous le ventre du sac et qui entourait son front. Il agrippait fermement cette corde sur les côtés de sa tête. Sur le front, il avait un morceau de tissu sous la corde pour l’empêcher de lui entailler la peau. Il était penché en avant sous son fardeau et marchait à pas lents et difficiles.

    Cet homme portait le bois jusqu’au marché où il serait vendu. Il devait faire en moyenne deux à trois fois par jour le trajet aller-retour pour livrer des chargements encombrants et lourds de ce genre.

    Le souvenir de cet homme avançant péniblement dans la rue a pris pour moi de plus en plus d’importance au fil des années. Combien de temps pourrait-il continuer de porter ce type de fardeaux ?

    La vie nous impose à chacun toutes sortes de fardeaux, parfois légers, parfois implacables et lourds. Des gens peinent chaque jour sous des fardeaux qui pèsent sur leur âme. Beaucoup d’entre nous souffrent sous de tels fardeaux. Ils peuvent être pesants émotionnellement ou physiquement. Ils peuvent être inquiétants, écrasants et épuisants. Et ils peuvent durer des années.

    En général, nos fardeaux viennent de trois sources. Certains fardeaux sont le résultat naturel de nos conditions de vie dans le monde. La maladie, les handicaps, les ouragans et les tremblements de terre surviennent de temps en temps sans que nous en soyons responsables. Nous pouvons nous préparer à ces dangers et parfois les prédire mais, dans le cours naturel de la vie, nous rencontrons tous certaines de ces difficultés.

    D’autres fardeaux nous sont imposés par la mauvaise conduite des autres. Les sévices et la dépendance peuvent faire de notre foyer tout sauf un coin des cieux sur la terre pour les membres de notre famille innocents. Le péché, les traditions fausses, la répression et la délinquance laissent des victimes affligées le long des chemins de la vie. Même des fautes moins graves comme le commérage ou le manque de gentillesse peuvent provoquer de réelles souffrances.

    Nos propres erreurs et défauts causent beaucoup de nos problèmes et peuvent poser de lourds fardeaux sur nos épaules. Le fardeau le plus pénible que nous nous imposons à nous-mêmes est celui du péché. Nous avons tous éprouvé le remords et la souffrance qui suivent inévitablement le non-respect des commandements.

    Quels que soient les fardeaux que nous affrontons, qu’ils soient dus à des circonstances naturelles, à la mauvaise conduite des autres ou à nos propres erreurs et manquements, nous sommes tous enfants d’un Père céleste qui nous aime et nous a envoyés sur la terre dans le cadre de son plan éternel pour notre croissance et notre progression. Nos expériences personnelles peuvent nous aider à nous préparer à retourner auprès de lui. L’adversité et les afflictions que nous avons, aussi difficiles à supporter soient-elles, ne sont, dans une perspective éternelle, que pour un peu de temps; et alors, si nous les supportons bien, Dieu nous exaltera en haut1 ». Nous devons faire tout notre possible pour « bien » supporter nos fardeaux, quel que soit le « peu de temps » qu’ils durent.

    Les fardeaux donnent des occasions d’exercer des vertus qui contribuent à notre perfection finale. Ils nous poussent à nous rendre « aux persuasions de l’Esprit-Saint, et [à nous dépouiller] de l’homme naturel, et [à devenir] un saint par l’expiation du Christ, le Seigneur, et [à devenir] semblable à un enfant, soumis, doux, humble, patient, plein d’amour, disposé à [nous] soumettre à tout ce que le Seigneur juge bon de [nous] infliger, tout comme un enfant se soumet à son père2 ». Les fardeaux deviennent ainsi des bénédictions, bien que souvent ces bénédictions soient bien déguisées et qu’il puisse falloir du temps, des efforts et de la foi pour les accepter et les comprendre. Quatre exemples peuvent aider à expliquer cela :

    • Premièrement, il a été dit à Adam : « Le sol sera maudit à cause de toi », ce qui signifie « pour ton bien » et : « c’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain3 ». Le travail est un fardeau continuel mais aussi une bénédiction continuelle pour nous, car il enseigne des leçons que nous ne pouvons apprendre qu’à la sueur de notre visage.

    • Deuxièmement, Alma a observé que la pauvreté et les afflictions des pauvres parmi les Zoramites « les avaient réellement rendus humbles, et qu’ils étaient prêts à entendre la parole4. » Il a ajouté : « Parce que vous êtes forcés d’être humbles, bénis êtes-vous5. » Nos problèmes économiques actuels peuvent aussi nous aider à nous préparer à entendre la parole du Seigneur.

    • Troisièmement, à cause de la durée extrêmement longue de leur guerre, beaucoup de Néphites et de Lamanites « furent adoucis à cause de leurs afflictions, de sorte qu’ils s’humilièrent devant Dieu dans les profondeurs de l’humilité6 ». L’agitation politique, les troubles sociaux et, dans certaines régions, les brigands de Gadianton modernes, peuvent nous pousser à nous humilier et à rechercher l’abri céleste contre les tempêtes de notre société.

    • Quatrièmement, il a été dit à Joseph Smith que les choses terribles qu’il avait subies pendant des années de la part de ses ennemis lui donneraient de l’expérience et seraient pour son bien7. Les souffrances que nous endurons du fait des offenses des autres sont une école précieuse, bien que douloureuse, pour améliorer notre comportement.

    En outre, le fait de devoir porter nos propres fardeaux peut nous aider à nous constituer une réserve d’empathie pour les problèmes que les autres rencontrent. L’apôtre Paul a enseigné que nous devons porter les fardeaux les uns des autres, et accomplir ainsi la loi du Christ8. En conséquence, en vertu de nos alliances du baptême, nous devons : … être disposés à porter les fardeaux les uns des autres, afin qu’ils soient légers, être disposés à pleurer avec ceux qui pleurent et à consoler ceux qui ont besoin de consolation9.

    Le respect de nos alliances du baptême allège nos propres fardeaux ainsi que ceux des âmes affligées que nous servons10. Les personnes qui apportent pareille aide aux autres se tiennent dans des lieux saints. Pour expliquer cela, le Sauveur a dit :

    « Quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger ; ou avoir soif, et t’avons-nous donné à boire ? Quand t’avons-nous vu étranger et t’avons-nous recueilli ; ou nu, et t’avons-nous vêtu ? Quand t’avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi ? Et le roi leur répondra : Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites11. »

    Au milieu de tout cela, le Sauveur nous offre son soutien et, en son temps et à sa manière, il nous propose la délivrance. Quand Alma et ses disciples échappèrent aux armées du roi Noé, ils s’établirent dans un pays nommé Hélam. Ils commencèrent à cultiver le sol, à construire des bâtiments et à prospérer12. Sans crier gare, une armée de Lamanites les réduisit en esclavage et personne ne pouvait les délivrer, si ce n’est le Seigneur, leur Dieu13. Cependant cette délivrance ne se produisit pas immédiatement.

    Leur ennemis commencèrent à leur imposer des tâches et à mettre des gardes pour les surveiller14. Bien que menacés de mort s’ils priaient15, Alma et son peuple « déversèrent leur cœur » à Dieu ; « et il connut les pensées de leur cœur16 ». Grâce à leur bonté et à leur obéissance à leurs alliances du baptême17, ils furent délivrés par étapes. Le Seigneur leur dit :

    « Et j’allégerai… les fardeaux qui sont mis sur vos épaules, de sorte que vous ne pourrez plus les sentir sur votre dos pendant que vous êtes en servitude ; et cela, je le ferai pour que vous soyez plus tard témoins pour moi, et que vous sachiez avec certitude que moi, le Seigneur Dieu, j’interviens effectivement en faveur de mon peuple dans ses afflictions.

    « Et alors, il arriva que les fardeaux qui étaient imposés à Alma et à ses frères furent rendus légers ; oui, le Seigneur les fortifia, de sorte qu’ils purent supporter leurs fardeaux avec facilité, et ils se soumirent de bon cœur et avec patience à toute la volonté du Seigneur. »

    « Et il arriva que leur foi et leur patience étaient si grandes que la voix du Seigneur leur parvint de nouveau, disant : Prenez courage, car demain je vous délivrerai de la servitude18. »

    Heureusement, le Fils de Dieu nous permet d’être délivrés de la servitude de nos péchés, qui comptent parmi nos fardeaux les plus lourds. Pendant son expiation, il a souffert « selon la chair, afin de prendre sur lui les péchés de son peuple, afin d’effacer ses transgressions, selon le pouvoir de sa délivrance19. » Le Christ a « souffert ces choses pour tous afin qu’ils ne souffrent pas s’ils se repentent20 ». Si nous nous repentons et respectons les commandements, nous recevrons le pardon et le soulagement de notre conscience affligée, ainsi que l’aide que seul le Sauveur peut offrir, car « assurément, quiconque se repent trouve miséricorde21 ».

    Je me rappelle cet homme du Pérou, courbé sous le sac énorme de bois de chauffage qu’il portait sur le dos. Pour moi, il nous représente tous, aux prises avec les fardeaux de la vie. Je sais que, si nous respectons les commandements de Dieu et nos ordonnances, il allège nos fardeaux. Il nous renforce. Lorsque nous nous repentons, il nous pardonne et nous donne la bénédiction d’avoir la paix de conscience et la joie22. Je prie donc pour que nous nous soumettions de bon cœur et avec patience à toute la volonté du Seigneur, au nom de Jésus-Christ. Amen.