2000-2009
    Docilité et bonne volonté à croire
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    Docilité et bonne volonté à croire

    Le fait de vivre l’Évangile quotidiennement apporte la douceur de cœur nécessaire pour avoir la docilité et la bonne volonté de croire à la parole de Dieu.

    Ces derniers mois, mon attention a été plusieurs fois attirée par un passage d’Écriture qui se trouve dans Hélaman, au chapitre 6 : « Et ainsi, nous voyons que le Seigneur commençait à déverser son Esprit sur les Lamanites, à cause de leur docilité et de leur bonne volonté à croire en ses paroles » (verset 36).

    Quand je l’ai lue pendant mon étude personnelle, cette Écriture m’a profondément touché et j’y ai réfléchi pendant plusieurs semaines. J’ai commencé à me demander s’il m’était facile de croire en la parole de Dieu. Pourquoi était-il facile de croire pour ces convertis lamanites ? Qu’est-ce qui a fait qu’un peuple plein de haine et d’incrédulité est devenu docile et disposé à croire en la parole de Dieu ? (Voir 4 Néphi 1:39)

    Nous apprenons la cause de ce changement qui a eu lieu pendant une année remarquable. Pendant la soixante-deuxième année du règne des juges, huit mille Lamanites de Zarahemla se sont convertis lorsque Néphi et Léhi ont enseigné avec pouvoir et autorité et que ce qu’ils devaient enseigner leur a été donné (voir Hélaman 5:18-19). Trois cents autres se sont convertis grâce à une expérience miraculeuse lors de laquelle ils ont entendu une voix qui les a percés jusqu’au tréfonds de l’âme (voir Hélaman 5:30). Ces trois cents personnes étaient allées dans la prison où se trouvaient Néphi et Léhi pour les tuer mais elles se sont retrouvées à invoquer Dieu lorsque Aminadab, ancien Néphite et dissident de l’Église, s’est souvenu et a su qu’ils devaient prier jusqu’à ce qu’ils aient foi au Christ (voir Hélaman 5:35-41). Beaucoup d’autres Lamanites se sont convertis grâce au témoignage que les trois cents ont rendu lors de leur ministère auprès du peuple, déclarant ce qu’ils avaient vu et entendu (voir Hélaman 5:49-50).

    Le récit de la soixante-deuxième année se termine par cette déclaration : « Toutes ces choses étaient arrivées, et les Lamanites étaient devenus, pour la plupart, un peuple juste » (Hélaman 6:1).

    La qualité de leur conversion a conduit ces Lamanites à déposer leur haine envers les Néphites et leurs armes de guerre (voir Hélaman 5:51). Ils étaient fermes et constants dans leur foi (voir Hélaman 6:1). Ils respectaient les commandements et marchaient dans la vérité et la droiture (voir Hélaman 6:34). Et ils progressaient dans la connaissance de Dieu (voir Hélaman 6:34).

    Pourtant, ce qui m’impressionne le plus, c’est leur docilité et leur bonne volonté à croire en la parole de Dieu. Ces dispositions leur ont permis d’avoir l’Esprit en abondance et les ont aidés à persévérer dans la foi jusqu’à la fin (voir Hélaman 15:5-9).

    Malheureusement, pendant cette même période, la plupart des Néphites se sont endurcis et sont devenus « impénitents et fort méchants » (Hélaman 6:2 ; voir aussi les versets 31-34). Ce qui arrivait aux Néphites était à l’opposé de ce qui se passait pour les Lamanites. La dureté de leur cœur a entraîné un retrait de l’Esprit (voir Hélaman 6:35) tandis que la douceur du cœur des Lamanites a amené un déversement de l’Esprit.

    En réfléchissant à la raison du grand changement de cœur de ces Lamanites, je me suis rendu compte que cette docilité et cette bonne volonté à croire en la parole de Dieu découlent de la douceur de cœur. Elles émanent d’un cœur sensible au Saint-Esprit. Elles proviennent d’un cœur qui peut aimer. Elles résultent d’un cœur disposé à faire et à respecter des alliances sacrées. Elles viennent d’un cœur doux qui peut ressentir le pouvoir de l’expiation du Christ.

    Cette facilité à croire découle de l’exemple d’autres personnes qui ont le cœur doux et qui sont des modèles de cette docilité, comme Néphi et Léhi. Leur père, Hélaman, leur avait donné ces noms pour leur rappeler la foi de leurs pères (voir Hélaman 5:6). De même, beaucoup d’entre nous ont, incrusté dans leur nom, un patrimoine de foi légué par leurs ancêtres, qui avaient le cœur doux et trouvaient facile de croire en la parole de Dieu. Parmi eux se trouve mon arrière-arrière grand-père, Ephraim K. Hanks. Quand il a appris que son frère aîné était « parti avec les mormons », il a résolu de le ramener à la maison. Sans surprise, Ephraim est allé s’installer à Nauvoo et s’est fait baptiser peu après avoir entendu son frère rendre témoignage de Joseph Smith et de l’Évangile rétabli (voir Richard K. Hanks, « Eph Hanks, Pioneer Scout », [mémoire de maîtrise, université Brigham Young, 1973, p. 18-21).

    Nous avons la bénédiction d’avoir d’autres exemples dans les Écritures, qui nous enseignent comment devenir dociles et disposés à croire. Néphi, fils de Léhi, en est un. Quand il a entendu son père prédire la destruction de Jérusalem, sa première réaction a été d’invoquer le Seigneur jusqu’à ce que son cœur soit doux et qu’il croie toutes les paroles de son père (voir 1 Néphi 2:16). Le Seigneur s’est adressé directement à lui en ces mots : « Béni es-tu, Néphi, à cause de ta foi, car tu m’as recherché diligemment, avec humilité de cœur » (1 Néphi 2:19). Néphi enseigne l’importance du désir de respecter les commandements et d’invoquer Dieu et de la diligence à le faire, pour être en mesure de dire facilement : « J’irai et je ferai » (1 Néphi 3:7).

    Grâce à Énos, nous apprenons l’importance de permettre aux paroles de Dieu de pénétrer profondément notre cœur jusqu’à ce que nous ayons faim de la vérité (voir Énos 1:3-4). Nous devenons dociles à croire lorsque la parole de Dieu est gravée dans notre cœur (voir Jérémie 31:33 ; 2 Corinthiens 3:3).

    L’exemple du père de Lamoni nous apprend l’importance d’avoir le cœur doux, disposé à changer. Le père de Lamoni était prêt à céder à Ammon la moitié de son royaume en échange de sa vie (voir Alma 20:21-23). Lorsqu’Ammon a demandé simplement que le roi permette à Lamoni d’adorer comme il le désirait dans son propre royaume, la générosité et la grandeur des paroles d’Ammon ont troublé l’esprit et le cœur du roi (voir Alma 20:24 ; 22:3). Quand Aaron est arrivé pour instruire le roi, son cœur avait changé et il avait une docilité à croire. Il a dit à Aaron : « Voici, je croirai » (Alma 22:7). Il a ensuite exprimé la volonté de renoncer à tout ce qu’il possédait, même son royaume, pour connaître la joie du Seigneur (voir Alma 22:15). Lorsqu’il a prié pour la première fois, il a offert ce que notre Père céleste voulait. Il a dit : « Je délaisserai tous mes péchés pour te connaître » (Alma 22:18). La docilité et la bonne volonté à croire la parole de Dieu découlent du repentir et de l’obéissance.

    Lorsque nous examinons notre vie, nous voyons qu’il nous était plus facile de croire à la parole de Dieu à certaines périodes. Les périodes de grands changements, comme le mariage ou la naissance d’un enfant, les périodes de service intense en raison d’un nouvel appel ou d’une mission, les périodes de notre jeunesse avec un évêque, des dirigeants de jeunes et des instructeurs du séminaire formidables, les périodes d’épreuve et les périodes de progression, lorsque nous avons découvert l’Évangile, sont toutes des périodes de docilité à croire. La période la plus importante est peut-être l’enfance. Lorsque j’étais enfant, il m’était facile de croire la parole de Dieu que m’enseignaient les personnes vaillantes qu’étaient mes parents et mes grands-parents. Il n’est pas étonnant que l’on nous exhorte à devenir comme de petits enfants pour hériter la vie éternelle (voir 3 Néphi 11:38). Il n’est pas étonnant que l’on nous enseigne à élever nos enfants dans la lumière et la vérité (voir D&A 93:40).

    Si vous êtes comme moi, vous vous apercevrez que ce qui apportait vraiment une docilité et une bonne volonté à croire, ce n’étaient pas les circonstances mais l’engagement à respecter l’Évangile lors de ces périodes de la vie. Vous étiez alors plus souvent à genoux et plongés dans les Écritures. Il vous était plus facile de vous rassembler pour la soirée familiale et la prière en famille. Il vous était facile d’aller à l’église et de servir au temple. Il vous était facile de payer la dîme et les offrandes. En effet, le fait de vivre l’Évangile quotidiennement apporte la douceur de cœur nécessaire pour avoir la docilité et la bonne volonté de croire à la parole de Dieu.

    Je témoigne que, si nous suivons les enseignements que nous donnent notre prophète et nos apôtres lors de cette conférence, nous serons amenés à une docilité et une disposition à croire en la parole de Dieu. On nous a recommandé d’aller au temple, de fortifier la famille en faisant régulièrement la prière en famille, l’étude des Écritures et la soirée familiale, d’œuvrer diligemment dans la prêtrise et les appels de l’Église, de payer la dîme et les offrandes, d’avoir foi, de prier pour être guidés et de vivre de manière à être dignes de la compagnie du Saint-Esprit.

    Nous ressemblons souvent à Naaman, le lépreux syrien que l’on a envoyé vers le prophète d’Israël pour être purifié. Quand Élisée a simplement envoyé un messager lui dire qu’il devait se plonger sept fois dans le Jourdain, Naaman est parti, en colère. Heureusement, l’un de ses serviteurs lui a dit : « Si le prophète t’eût demandé quelque chose de difficile, ne l’aurais-tu pas fait ? Combien plus dois-tu faire ce qu’il t’a dit : Lave-toi, et tu seras pur ! » (2 Rois 5:13)

    Je témoigne que nous parviendrons à cette docilité et à cette disposition à croire si nous faisons les choses apparemment insignifiantes que l’on nous a enseignées à maintes reprises depuis notre jeunesse. L’obéissance produira une douceur de cœur et une docilité à croire en la parole de Dieu. Je rends témoignage que la docilité à croire produira un déversement de l’Esprit.

    Nous pouvons mesurer notre docilité et notre disposition à croire chaque semaine, lorsque nous assistons à la réunion de Sainte-Cène. Lors de cette réunion, nous renouvelons nos alliances en exprimant notre volonté de prendre sur nous le nom du Christ, de nous souvenir toujours de lui et de garder ses commandements (voir D&A 20:77). Lorsque nous assistons à la réunion de Sainte-Cène, il devrait nous être facile de faire ces alliances et d’écouter et d’apprendre par le Saint-Esprit.

    Je désire ardemment que l’Esprit du Seigneur se déverse sur moi en raison de ma « docilité » et de ma « bonne volonté à croire en ses paroles ». J’ai senti que cette Écriture m’avait éveillé au sentiment de mon devoir envers Dieu, que je devais être soumis et doux, facile à supplier, plein de patience, diligent à garder en tout temps les commandements de Dieu, rendant toujours grâces à Dieu de tout ce que je reçois (voir Alma 7:22-23).

    Puisse-t-il toujours nous être facile de croire à sa parole. Puissiez-vous, comme moi, déclarer avec docilité que Jésus est le Fils de Dieu. Il est notre Berger et les personnes dociles et disposées à croire reconnaîtront sa voix. Je vous en témoigne au nom de Jésus-Christ. Amen.