2000-2009
    Attention à l’intervalle
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    Attention à l’intervalle

    Les intervalles peuvent nous rappeler comment nous pouvons nous améliorer ou, si nous les ignorons, elles peuvent être pour nous des pierres d’achoppement.

    Il y a plusieurs années, j’ai rendu visite à des amis chers à Londres. À cette occasion, j’ai pris le tube, métro souterrain que les gens utilisent fréquemment. Dans chacune des stations pleines de monde, des panneaux avertissent des dangers que les gens peuvent rencontrer. Des lumières clignotent pour signaler aux gens l’arrivée d’un train et ils doivent se reculer du bord du quai. Un panneau rappelle aussi aux gens que l’intervalle entre le train et le quai de la station est dangereux. Le panneau dit : « Attention à l’intervalle ». Cela rappelle aux gens de ne pas se laisser prendre le pied dans ce trou et de ne rien y laisser tomber parce qu’il irait sous le train et serait perdu. Ce panneau est nécessaire et avertit les gens d’un danger très réel. Pour ne pas courir de danger, les gens doivent faire « attention à l’intervalle ».

    Beaucoup d’entre nous ont des « intervalles » dans leur vie. C’est parfois la différence entre ce que nous savons et ce que nous faisons réellement ou entre nos buts et ce que nous accomplissons réellement. Ces intervalles peuvent nous rappeler comment nous pouvons nous améliorer ou, si nous les ignorons, peuvent être pour nous des pierres d’achoppement.

    Je vais parler de quelques intervalles que je vois dans ma vie ou dans celle d’autres personnes. Voici ceux dont je traiterai ce soir :

    Le premier est celui qui existe entre le fait de croire que l’on est fille de Dieu et celui de savoir, dans son cœur et dans son âme que l’on est une fille précieuse et bien-aimée de Dieu.

    Le deuxième se trouve entre l’accomplissement du programme des Jeunes Filles et la transformation en un membre qui participe pleinement à la Société de Secours, qui est « l’organisation du Seigneur pour les femmes1 ».

    Le troisième est celui qui peut exister entre le fait de croire en Jésus-Christ et le fait d’être vaillant dans le témoignage de Jésus-Christ.

    Premièrement, l’intervalle entre croire et savoir que l’on est une fille bien-aimée de Dieu.

    La plupart d’entre nous qui sommes dans l’Église depuis plus de quelques mois seulement ont chanté « Je suis enfant de Dieu2 ». Je chante ce chant depuis ma tendre enfance et j’ai toujours cru ce qu’il dit. Bien que la plupart d’entre nous croient que c’est vrai, il semble qu’à certains moments d’épreuve ou de difficulté, nous ayons tendance à en douter ou à l’oublier.

    Certaines disent, par exemple : « Si Dieu m’aimait vraiment, il ne permettrait pas que mon enfant ait cette ma-ladie. » « Si Dieu m’aimait vraiment, il me trouverait un mari digne pour que je puisse me marier et être scellée dans le temple sacré. » « Si Dieu m’aimait, nous aurions assez d’argent pour acheter une maison pour notre famille. » Ou : « J’ai péché, alors il est impossible que Dieu puisse encore m’aimer. »

    Malheureusement, nous entendons bien trop souvent ce genre de déclarations. Vous devez savoir que rien ne peut vous séparer de l’amour du Christ. Les Écritures nous disent clairement qu’aucune tribulation, aucune angoisse, aucune persécution, aucune domination ni aucune autre créature ne peuvent nous séparer de l’amour de Dieu3.

    Notre Père céleste nous aime tant qu’il a envoyé son Fils unique pour expier nos péchés. Non seulement le Sauveur a souffert pour chaque péché, mais il a aussi ressenti chaque douleur, chagrin, malaise, sentiment de solitude et tristesse que chacun de nous a connus un jour. N’est-ce pas là un grand amour ? Henry B. Eyring a dit : « C’est le Saint-Esprit qui témoigne de la réalité de Dieu et qui nous permet de ressentir la joie de son amour4. »

    Nous devons accepter son amour, nous aimer nous-mêmes et aimer notre prochain. Rappelez-vous que toute âme ici-bas est aussi enfant de Dieu. Nous devons nous traiter mutuellement avec un amour et une bonté qui conviennent à un enfant de Dieu.

    La plupart d’entre vous font de très grands efforts pour accomplir leur devoir, pour respecter les commandements et pour obéir au Seigneur. Il est nécessaire que vous sachiez reconnaître l’approbation du Seigneur. Il est nécessaire que vous sachiez que le Seigneur est satisfait et a accepté votre offrande5.

    Rappelez-vous de faire attention à cet intervalle et de ne pas laisser le doute et l’incertitude pénétrer en vous. Soyez certaine que Dieu vous aime tendrement et que vous êtes son enfant bien-aimée.

    Voyons à présent l’intervalle entre l’accomplissement du programme des Jeunes Filles et la transformation en une sœur qui participe pleinement à la Société de Secours, l’organisation du Seigneur pour les femmes.

    Dans de nombreux pays, une jeune fille devient femme à dix-huit ans. Pour beaucoup, c’est une période passionnante où l’on se sent adulte et prête à affronter le monde et à le vaincre. Pour les jeunes filles de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, c’est aussi le moment où elles accomplissent beaucoup de leurs objectifs du Progrès personnel, en-trent à la Société de Secours et acceptent des appels de service dans l’Église. Notre témoignage a été fortifié aux Jeunes Filles et nous nous sommes fixé un ensemble d’objectifs qui nous mèneront à nous marier au temple et à fonder notre famille éternelle.

    Malheureusement, certaines de nos jeunes sœurs « s’autorisent à ne pas » participer pleinement à l’Évangile et à la Société de Secours. Certaines se disent : « Je me remettrai à la Société de Secours quand je me marierai ou quand je serai plus âgée ou quand je serai moins occupée. »

    À la fin de mes études secondaires, j’envisageais d’aller au moins un ou deux ans à l’université, de me marier avec un beau garçon et d’avoir quatre enfants parfaits et beaux (deux garçons et deux filles). Mon mari gagnerait bien sa vie de sorte que je ne devrais pas travailler à l’extérieur ; j’envisageais donc de rendre service dans l’Église et dans la collectivité. Heureusement, l’un de mes buts était d’être pratiquante et fidèle dans l’Église.

    Vous savez peut-être que beaucoup de mes objectifs ne se sont pas réalisés de la manière que j’espérais. J’ai terminé mes études secondaires, j’ai fait une mission, j’ai eu un emploi, j’ai poursuivi mes études pour passer une maîtrise et j’ai continué à travailler pendant de nombreuses années. (Je croyais que le mariage devait immanquablement arriver, il y treize ans, lorsque j’ai ouvert un biscuit qui disait la bonne aventure : « Vous vous marierez dans moins d’un an. » Mais pas de beau garçon, pas de mariage et pas d’enfants. Rien n’était arrivé comme je l’avais prévu sauf une chose. Je me suis efforcée d’être pratiquante et fidèle dans l’Église. J’en suis très reconnaissante. Cela a fait toute la différence dans ma vie.

    J’ai eu l’occasion de servir de nombreuses années aux Jeunes Filles et j’ai senti que cela me permettait d’enseigner et de rendre témoignage à des jeunes filles qui fortifiaient leur témoignage et qui cherchaient à progresser dans la voie fixée par Dieu.

    J’ai aussi eu la possibilité de servir à la Société de Secours, ce qui m’a aidée à apprendre à servir les autres et à accroître ma foi et m’a donné un magnifique sentiment de faire partie d’un groupe. Bien que n’étant pas mariée et n’ayant pas eu d’enfants, j’ai eu le sentiment que ma vie avait un sens. J’ai eu des moments de découragement et parfois, je remettais le plan en question.

    Une collègue de travail, qui n’était pas membre de l’Église, m’a dit : « Pourquoi continues-tu à fréquenter une Église qui met tant l’accent sur le mariage et la famille ? » Je lui ai répondu simplement : « Parce qu’elle est vraie ! » Je peux être autant célibataire et autant sans enfant en dehors de l’Église. Mais avec l’Église et l’Évangile de Jésus-Christ dans ma vie, j’ai trouvé le bonheur et j’ai compris que j’étais sur le chemin que le Sauveur voulait que je suive. J’ai trouvé la joie et j’ai eu de nombreuses occasions de servir, d’aimer et de progresser.

    Rappelez-vous : ce n’est pas seulement ce que vous tirez de votre participation active à la Société de Secours qui compte mais aussi ce que vous pouvez donner et apporter.

    Mes chères sœurs, et surtout vous, les jeunes adultes, je vous témoigne que Dieu vous aime ; il ne vous oublie pas ; il a un plan pour vous. Il a besoin que vous serviez ses enfants. Il a besoin que vous soyez des femmes pratiquantes et fidèles dans son Église. Il a besoin que vous « aidiez le plus faible en lui tendant la main6 ».

    Eliza R. Snow, deuxième présidente générale de la Société de Secours, s’est adressée à un grand groupe de sœurs, adolescentes et adultes, réunies à Ogden (Utah) en 1873. Elle a donné le conseil suivant qui était opportun alors et l’est encore aujourd’hui.

    Elle a dit aux jeunes filles : « Si vous vous associez [c’est à dire les femmes âgées et les jeunes], votre esprit s’en trouve amélioré, vous acquérez de l’intelligence et vous vous protégez de l’ignorance. L’Esprit de Dieu vous communiquera des instructions et vous vous les transmettrez. Je vous dis : que Dieu vous bénisse, mes jeunes sœurs. Rappelez-vous que vous êtes des saintes de Dieu et que vous avez des œuvres importantes à accomplir en Sion. »

    Elle a ensuite donné les conseils suivants à toutes les femmes : « L’apôtre Paul a parlé jadis des saintes femmes. Chacune d’entre nous a pour devoir d’être une sainte femme. Nous aurons des buts élevés si nous sommes de saintes femmes. Nous nous sentirons appelées à accomplir des devoirs importants. Personne n’en est exempte. « Aucune sœur n’est si isolée et ne se trouve dans une sphère si étroite qu’elle ne peut faire beaucoup en vue de l’établissement du royaume de Dieu sur terre7. »

    Veuillez faire attention à cet intervalle et ne laissez en aucune manière l’intervalle qui consiste à être non pratiquante s’immiscer dans votre vie. Vous avez besoin de l’Église et l’Église a besoin de vous.

    Et, pour finir, l’intervalle entre croire au Seigneur Jésus-Christ et être vaillant dans le témoignage de Jésus-Christ.

    Beaucoup de gens croient en Jésus-Christ, croient qu’il est né de Marie dans des circonstances modestes à Bethléhem il y a bien des années. La plupart croient qu’en grandissant, il est devenu un grand pédagogue et une âme noble. Certains croient qu’il nous a donné un ensemble de principes et de commandements de valeur et que, si nous suivons ces enseignements et respectons ces commandements, nous serons bénis.

    Cependant, nous, saints des derniers jours, savons que nous devons faire plus que croire au Christ. Nous devons avoir foi en lui, nous repentir de nos péchés, être baptisés et recevoir le don du Saint-Esprit ; puis nous devons persévérer jusqu’à la fin.

    « Nous devons rendre témoignage aux autres. Nous devons fidèlement respecter les alliances que nous avons faites avec Dieu. Nous savons que toutes choses seront révélées et données aux personnes qui auront « persévéré vaillamment pour l’Évangile de Jésus-Christ8 ».

    Quand nous sommes convertis, nous avons naturellement tendance à parler de l’Évangile à nos êtres chers. Léhi était converti et désirait que sa famille ait part à l’excellence de l’Évangile9. Néphi parlait du Christ, se réjouissait dans le Christ, prêchait le Christ à ses enfants afin qu’ils connaissent la source de la rémission de leurs péchés ou, en d’autres termes, l’endroit où ils trouveraient la paix et la joie10.

    Quand Énos a été converti et a reçu la rémission de ses péchés, il s’est soucié du bien-être de ses frères. Il voulait qu’ils reçoivent les bénédictions qu’il avait reçues11.

    Dans toutes les Écritures, nous lisons l’histoire d’hommes et de femmes qui ont été convertis et ont souhaité ensuite « affermir » leurs frères et sœurs12.

    Que votre voix soit entendue parmi les fidèles quand vous déclarez vaillamment que le Seigneur vit13, que son Église a été rétablie et que le plan du bonheur est disponible pour tous.

    Si nous faisons attention à ces intervalles en veillant attentivement et en nous éloignant du danger, nous commencerons à prendre conscience de la plénitude des bénédictions de l’Évangile de Jésus-Christ dont nous jouissons.

    Mes chères sœurs, je vous aime. Je sais que le Sauveur vit. Je sais qu’il aime chacun d’entre nous. Je sais que cette Église est sa véritable Église. J’en témoigne au nom de Jésus-Christ Amen.