Enseignements des présidents de l’Église
Être rendu parfait par les épreuves


Chapitre 22

Être rendu parfait par les épreuves

Si nous devons endurer quelques épreuves, quelques difficultés, quelques afflictions et supporter quelques privations, elles tendent à purifier le métal, à le purger de ses impuretés et à le préparer pour l’usage de son maître1.

Épisode de la vie de John Taylor

John Taylor subit de nombreuses épreuves dans sa vie. L’une de ses plus grandes épreuves fut peut-être celle qu’il vécut dans la prison de Carthage. Pendant l’attaque au cours de laquelle le prophète Joseph et son frère Hyrum furent tués, frère Taylor fut touché par plusieurs balles. Grièvement blessé et incapable de voyager jusqu’à Nauvoo, il resta à Carthage plusieurs jours. C’est dans cette période qu’un docteur de la ville vint lui retirer une balle qui s’était logée dans sa jambe. Les blessures de frère Taylor étaient si graves que sa femme, qui venait juste d’arriver, « se retira dans une autre pièce afin de prier pour lui, pour qu’il ait la force de supporter cela et qu’il puisse rentrer auprès d’elle et de sa famille ». Quand le docteur demanda à frère Taylor s’il désirait être attaché pendant l’opération, celui-ci répondit non. L’opération se fit sans qu’il soit attaché ou anesthésié2.

Lorsque plusieurs membres de l’Église arrivèrent à Carthage dans le but de le ramener à Nauvoo, frère Taylor était si faible à cause de la perte de son sang qu’il pouvait à peine murmurer. Il était incapable de faire la route en chariot, et c’est sur une civière qu’il fut transporté à Nauvoo. Toutefois, les mouvements des personnes qui le portaient finirent par provoquer une violente douleur. On trouva un traîneau qu’on accrocha à l’arrière d’un chariot. On y fit un lit et sœur Taylor se tint aux côtés de son mari pour humecter ses blessures d’eau glacée ; le traîneau glissa doucement sur l’herbe épaisse de la prairie jusqu’à Nauvoo3.

Les tribulations continuèrent à Nauvoo, où frère Taylor et des centaines de saints commencèrent à quitter la ville en février 1848 afin d’échapper à la persécution grandissante. Un récit historique décrit leurs souffrances alors qu’ils campaient en face de Nauvoo de l’autre côté du fleuve : « Ils étaient là, exposés aux rigueurs du climat, alors qu’à peu de distance, presque visibles, se trouvaient leurs demeures confortables, leur belle ville et leur magnifique temple ! Ces maisons qu’ils avaient quittées et cette ville leur appartenaient toujours car leur départ avait été si précipité qu’ils n’avaient pas eu le temps de vendre leurs propriétés4. »

Bien des années plus tard, alors que les saints étaient installés dans la vallée du lac Salé, le président Taylor subit l’épreuve de la solitude et de l’isolement. Il se cachait pour atténuer la persécution que les autorités fédérales faisaient subir à l’Église, et se trouvait dans l’impossibilité de voir ses êtres chers, car ils étaient l’objet de surveillance. Son isolement devint particulièrement pénible pendant la maladie et finalement le décès de son épouse Sophia. Pour des raisons de sécurité, il ne put aller la voir ni même assister à son enterrement. Le cœur brisé, le président Taylor supporta humblement ces moments difficiles avec la force d’âme chrétienne qui l’avait caractérisé toute sa vie5. Son attitude devant l’épreuve est peut-être le mieux résumée dans un extrait d’une lettre qu’il écrivit à sa famille alors qu’il était en exil : « Certains pensent que les épreuves et les persécutions sont des afflictions, mais quelquefois, et surtout si nous faisons la volonté du Seigneur et gardons ses commandements, on peut dire qu’elles sont vraiment des bénédictions déguisées6. »

Malgré les épreuves qui ponctuèrent sa vie, John Taylor demeura un serviteur du Seigneur et un dirigeant des saints vaillant, un exemple permanent de foi et de persévérance au milieu des afflictions.

Enseignements de John Taylor

Les épreuves sont nécessaires à notre perfection.

Il est nécessaire que les hommes soient mis à l’épreuve, épurés, purifiés et rendus parfaits par la souffrance. Ainsi, nous trouvons des hommes de tous âges qui ont connu des épreuves et des afflictions de toutes sortes parce qu’ils devaient apprendre à mettre leur foi en Dieu et en Dieu seul7.

Les souffrances nous ont appris beaucoup. Nous appelons cela souffrances. Je l’appelle l’école de l’expérience. Je ne me suis jamais posé beaucoup de questions au sujet de tout cela et je ne le fais toujours pas. Pourquoi les épreuves ? Pourquoi de braves personnes doivent-elles passer par les épreuves ?… Je n’ai jamais considéré cela autrement que comme des épreuves dont le but est de purifier les saints de Dieu, afin qu’ils soient, comme le disent les Écritures, comme l’argent sept fois épuré8.

Nous nous plaignons parfois de nos épreuves. Nous ne devrions pas. Elles sont nécessaires à notre perfection. Nous pensons parfois que nous ne sommes pas traités justement et je pense que c’est vrai pour certaines choses. Nous pensons que ce sont des complots mis sur pied pour nous piéger ; et je crois que nous avons tout à fait raison. Mais en même temps, nous ne devons pas nous étonner de cela. Nous ne devons pas être surpris de ce sentiment de haine et d’animosité. Pourquoi ? Parce que nous vivons à une époque de l’histoire du monde appelée à juste raison les derniers temps9.

Je sais que, comme les autres, nous avons nos épreuves, nos afflictions, nos chagrins et nos privations. Nous sommes en butte aux difficultés. Il nous faut nous battre avec le monde, avec les puissances des ténèbres, avec la corruption des hommes et différents maux. Mais en même temps, ces choses doivent nous rendre parfaits. Il est nécessaire que nous ayons une connaissance de nousmêmes, de notre véritable position devant Dieu et que nous connaissions nos forces, nos faiblesses, notre ignorance, notre intelligence, notre sagesse et notre folie, afin de savoir apprécier les principes vrais et comprendre et donner une valeur exacte à tout ce qui se présente à notre esprit.

Il est nécessaire que nous connaissions nos faiblesses et celles de nos semblables, nos forces et celles des autres, et que nous comprenions notre véritable position devant Dieu, les anges et les hommes, afin d’être enclins à considérer chacun avec le respect qui lui est dû ; Nous ne devons pas nous considérer plus sages ni plus forts ; nous ne devons pas non plus nous sous-estimer, ni les autres, mais nous devons mettre notre confiance dans le Dieu vivant, le suivre et prendre conscience que nous sommes ses enfants, qu’il est notre Père, que nous dépendons de lui et que toute bénédiction que nous recevons émane de sa main bienfaisante10.

Pierre, parlant des épreuves a dit : « Bien-aimés, ne soyez pas surpris comme d’une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver. Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l’allégresse, lorsque sa gloire apparaîtra » (1 Pierre 4:12–13). Il aurait aussi pu leur dire qu’il en serait ainsi tant qu’il y aurait un Dieu dans le ciel et un démon en enfer. Il est absolument nécessaire qu’il en soit ainsi. Je n’en doute pas un instant. Avons-nous des afflictions ? Nous sommes venus ici dans ce but. Nous sommes venus ici afin d’être purifiés. Cela doit nous donner la connaissance de Dieu, de nos faiblesses et de nos forces, de notre corruption… pour avoir la connaissance de la vie éternelle, afin que nous puissions surmonter tout mal et que nous soyons exaltés vers des trônes de puissance et de gloire11.

Le Sauveur comprend parfaitement nos épreuves.

Il était nécessaire que le Christ ait un corps comme le nôtre et qu’il fût sujet à toutes les faiblesses de la chair, que le diable puisse le tenter et qu’il soit mis à l’épreuve comme tous les autres hommes. A nouveau, à Gethsémané, il a été livré à lui-même et si dure a été la lutte que sa sueur devint comme des grumeaux de sang (voir Luc 22:44), dit-on. Alors qu’il allait donner sa vie, il a dit : « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matthieu 27:46). Il subit tout cela et quand il vous voit subir les épreuves et les afflictions, il sait ce que vous ressentez et compatit à vos souffrances12.

Il était nécessaire, alors qu’il était sur terre, que le Sauveur soit « tenté comme nous en toutes choses » et « puisse compatir à nos faiblesses » (voir Hébreux 4:15), afin de comprendre nos forces, nos faiblesses, les perfections et les imperfections de la pauvre humanité déchue. Puis, ayant accompli le but de sa venue dans le monde, ayant dû lutter contre l’hypocrisie, la corruption, la faiblesse, l’ignorance de l’homme, ayant connu la tentation et les épreuves sous toutes leurs formes, les ayant vaincues, il est devenu « un souverain sacrificateur fidèle » (voir Hébreux 2:17), afin d’intercéder pour nous dans le royaume éternel de son Père. Il sait comment peser et donner la valeur exacte de la nature humaine car, puisqu’il s’est trouvé dans la même situation que nous, il prend sur lui nos infirmités et nos maladies et peut ainsi comprendre parfaitement la profondeur, la puissance et la force des afflictions et des épreuves que les hommes doivent affronter dans ce monde, et ainsi, par expérience, et parce qu’il comprend, il peut les supporter comme un père et un frère aîné13.

Nous serons bénis si nous supportons nos épreuves avec patience et obéissance.

Dans tous ces événements qui se déroulent, nous reconnaissons la main de Dieu. Il y a dans tout cela un sage dessein qu’il nous expliquera plus complètement. Une chose est claire : les saints sont éprouvés d’une manière encore jamais vue parmi nous. Les fidèles se réjouissent et sont inébranlables. Les infidèles ont peur et tremblent. Ceux qui ont de l’huile dans leur lampe et l’ont gardée prête et allumée ont maintenant « une lampe à [leurs] pieds » et ils ne trébucheront ni ne tomberont. Ceux qui n’ont ni huile, ni lumière seront dans l’embarras et le doute. Ils ne sauront pas quoi faire. Les saints des derniers jours n’ont-ils pas été instruits tout le long du jour que, s’ils veulent rester fidèles et persévérer jusqu’à la fin, ils doivent vivre leur religion en gardant chaque commandement de Dieu ? N’ont-ils pas été continuellement avertis du sort qui les attend s’ils commettent le péché ? Les adultères, les fornicateurs, les menteurs, les voleurs, les ivrognes, ceux qui enfreignent le sabbat, les blasphémateurs ou les pécheurs de toutes sortes peuvent-ils supporter les épreuves que les saints doivent subir et espérer rester debout ?

Si tous ceux qui se disent saints des derniers jours étaient fidèles à leur Dieu, à ses alliances et à ses lois sacrées et vivaient comme doivent le faire les saints, les persécutions passeraient sur nous sans nous déranger le moins du monde. Mais il est pénible de savoir que ce n’est pas le cas… Il a également dit que, si son peuple obéissait à ses lois et gardait ses commandements, pas seulement en paroles mais aussi en actions, il serait son bouclier et son protecteur, une tour forte et que personne ne pourrait lui faire de mal, car il le défendrait. Les épreuves de notre foi et de notre fidélité que nous subissons tourneront à notre faveur et à notre bien-être futur. Dans les jours qui viendront, nous pourrons regarder en arrière et voir avec clarté la providence de Dieu dans tout ce dont nous sommes maintenant témoins. Faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour vivre devant le Seigneur de telle manière que, si nous sommes persécutés, ce ne soit pas à cause de nos mauvaises actions, mais de notre justice14.

Voyez-vous la nécessité de ces épreuves et de ces afflictions que nous devons traverser ? C’est le Seigneur qui nous met dans des situations calculées très exactement pour promouvoir au mieux les intérêts de son peuple. Mon opinion est que toutes ces choses qui, aujourd’hui, nous environnent et nous font du tort, à nous et au royaume de Dieu, lui donneront le plus grand essor qu’il ait jamais connu et que tout est bien et tout ira bien, si nous gardons les commandements de Dieu. Quelle attitude doivent adopter chaque homme, chaque femme, chaque enfant ? Faites votre devoir envers Dieu, honorez-le et tout ira bien. En ce qui concerne les événements à venir, nous devons nous en remettre à la main de Dieu et considérer que tout ce qui arrive est bien, que Dieu contrôle toutes choses pour notre bien et dans l’intérêt de son Église et de son royaume sur terre.

Si nous devons subir les afflictions, tout est bien. Avec le temps, nous nous étonnerons de la justesse des choses qui nous paraissent obscures maintenant et nous découvrirons que Dieu, bien qu’il ait pris un chemin mystérieux pour accomplir ses desseins sur la terre, et ses desseins à notre sujet et au sujet de notre famille, gouverne toutes choses par sa sagesse et que tout est juste et prévu pour mettre en valeur le bien-être éternel de tous devant lui15.

Nous disons à tous les saints des derniers jours que ces épreuves, que nous subissons, auront pour effet de séparer les véritables saints de ceux qui ne le sont que de nom. Ceux qui ont pris soin d’avoir de l’huile dans leur lampe ont maintenant la lumière nécessaire pour être guidés. Ceux qui ont vécu sur une lumière d’emprunt ou sur celle des autres se trouveront dans l’embarras et dans l’incertitude quant au chemin à suivre. Les saints doivent être prêts pour ces événements. Ils ont été instruits et avertis avec soin de ne pas dépendre de l’homme ni de sa force pour se tenir debout au jour de l’épreuve. Ils leur a été annoncé : « N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est point en lui » (1 Jean 2:15). Il leur a été dit aussi que l’homme ne peut servir deux maîtres, que nous ne pouvons servir Dieu et Mamon (voir Luc 16:13). Ceux qui auront observé ces enseignements et auront gardé diligemment les autres commandements du Seigneur se trouveront en possession de la force et de la foi nécessaires pour supporter chaque épreuve16.

Je me réjouis des afflictions, car elles ont pour but de nous amener à l’humilité et de nous éprouver, afin que nous puissions nous comprendre et découvrir nos faiblesses. Je me réjouis quand je triomphe d’elles, parce que Dieu répond à mes prières. Je voudrais bien me réjouir tout le long du jour17.

Conseils pour l’étude et la discussion

  • Quelles sont certaines des raisons de nos épreuves ? Pourquoi les justes ne sont-ils pas exempts de l’adversité ?

  • En quoi votre vie serait-elle différente si vous n’aviez pas d’épreuves et de difficultés ? Qu’avez-vous appris sur vousmême et sur Dieu à travers ce que vous avez souffert ?

  • Réfléchissez à vos épreuves actuelles. Comment votre attitude envers ces épreuves change-t-elle votre manière de les supporter ou de les vaincre? Comment pourriez-vous améliorer votre façon d’aborder les épreuves ?

  • Pourquoi le Sauveur comprend-il parfaitement nos souffrances ? (Voir aussi Alma 7:11–12 ; D&A 19:16–19 ; 122:8.) Comment la connaissance des souffrances du Sauveur nous aide-t-elle à rester fidèles dans nos épreuves ?

  • Comment pouvez-vous mieux profiter du réconfort et de la force que Jésus nous offre ? (Voir aussi Hébreux 4:16 ; 1 Pierre 5:6–11.) Comment avez-vous été fortifiés par le réconfort du Sauveur dans les temps d’épreuve ?

  • Pourquoi est-il quelquefois difficile de rester patient et obéissant quand nous rencontrons l’adversité ? Comment pouvons-nous envisager l’adversité avec la perspective éternelle du Seigneur ?

  • Qu’ont fait les autres pour vous aider dans vos épreuves ? Comment pouvez-vous aider les autres pendant leurs épreuves ? Qu’avez-vous appris des enseignements du président Taylor que vous pourriez partager avec quelqu’un qui traverse des épreuves ?

Écritures liées : Psaumes 34:19 ; 2 Corinthiens 4:8–18 ; 1 Pierre 4:12–13 ; Alma 36:3 ; Éther 12:6 ; D&A 121:7–8

Notes

  1. Deseret News (semi-hebdomadaire), 9 août 1857, p. 1.

  2. Voir B. H. Roberts, The Life of John Taylor, 1963, p. 146.

  3. Voir The Life of John Taylor, pp. 148–149.

  4. The Life of John Taylor, p. 169.

  5. Voir The Life of John Taylor, pp. 389–391 et p. 400.

  6. The Life of John Taylor, pp. 391–392.

  7. Deseret News (semi-hebdomadaire), 14 octobre 1879, p. 1.

  8. Deseret News (semi-hebdomadaire), 28 octobre 1884, p. 1.

  9. Deseret News (semi-hebdomadaire), 28 octobre 1884, p. 1.

  10. Deseret News (Hebdomadaire), 26 janvier 1854, p. 1.

  11. Deseret News (Hebdomadaire), 11 avril 1860, p. 41.

  12. Deseret News (Hebdomadaire), 11 avril 1860, pp. 41–42.

  13. Deseret News (Hebdomadaire), 26 janvier 1854, pp. 1–2.

  14. James R. Clark, comp., Messages of the First Presidency of The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, 6 vols., 1965–1975, 3:36–37 ; mise en paragraphe ajustée.

  15. Deseret News (Hebdomadaire), 16 décembre 1857, p. 324 ; mise en paragraphe ajustée.

  16. Messages of the First Presidency, 3:17.

  17. The Gospel Kingdom, compilé par G. Homer Durham, 1943, p. 234.