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Le service pastoral auprès des personnes en prison
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Le service pastoral auprès des personnes en prison

La valeur de l’âme d’une personne n’est pas affectée par les délits qu’elle a commis .

Photo de barreaux Peggy Marie Flores ; photo d’un couple en train de marcher Nancy Ann Kirkpatrick ; autres photos Getty Images

En ce moment-même, dans le monde, plus de dix millions de personnes sont incarcérées1. Jésus-Christ, qui aime chaque personne et comprend chaque difficulté, nous demande de servir tous les enfants de notre Père céleste, y compris ceux qui sont en prison. « Les justes lui répondront : Seigneur, quand t’avons-nous vu […] en prison, et sommes-nous allés vers toi ?

« Et le roi leur répondra : Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites » (Matthieu 25:37-40).

Comment faire ce que le Sauveur demande et aider les personnes en prison sans nous mettre en danger ? Cet article énonce des principes de base servant de point de départ. En vous aidant de la prière, discutez avec les dirigeants locaux de l’Église de ce qui est approprié et sage là où vous vivez.

Tous enfants de Dieu

Les systèmes judiciaires sont différents d’un pays à l’autre mais les difficultés liées à l’incarcération sont semblables dans tous et dans toutes les cultures. Doug Richens dirige le programme d’accompagnement des membres de l’Église en prison. Il coordonne aussi avec d’autres religions et des organismes publics l’aide que l’Église peut apporter aux personnes en prison quel que soit leur passé ou leurs opinions religieuses.

Frère Richens a dit : « Le stéréotype selon lequel une personne incarcérée est indigne de confiance, violente et dangereuse est répandu. Mais j’ai appris que la plupart d’entre elles ne sont pas comme cela. La plupart éprouvent du remords pour leurs actes. Elles essaient de faire mieux que par le passé et de vivre une vie correcte. »

Dans certains pays, près de la moitié des habitants ont un parent proche qui est en prison ou y a été2. Ces frères et sœurs, parents et enfants en prison, outre les relations terrestres qui les définissent, sont tous des enfants de Dieu.

Jugement dans la condition mortelle et jugement éternel

La vie nous impose d’appliquer des jugements mais notre Père céleste et Jésus-Christ sont les seuls qui peuvent juger parfaitement quelqu’un selon sa situation, ses actes et ses désirs (voir 1 Samuel 16:7). Il ne fait aucun doute que ce jugement parfait prendra en considération les circonstances dans lesquelles les personnes sont venues au monde et qui les exposent davantage à la prison, comme les traumatismes familiaux, la pauvreté transmise de génération en génération, une culture de consommation de drogue, etc. De nombreux autres facteurs influencent la capacité qu’à une personne de faire de bons choix, notamment sa santé et son bien-être3. Il est important que la société applique les lois qui garantissent la sécurité publique mais faisons-le avec compassion et en gardant une perspective éternelle, tout en étant conscients qu’il y a beaucoup de choses que nous ne comprenons pas.

Tanja Shaffer, qui est membre de l’Église et travaillait dans un cabinet juridique avant de fonder un groupe de défense des détenus, a dit : « Réfléchissez à ce que vous ressentiriez si vous étiez jugés jusqu’à la fin de vos jours d’après ce que vous avez fait de pire. C’est à Dieu qu’il revient de pardonner à qui il veut pardonner mais il nous commande de pardonner à tout le monde » (voir Matthieu 18:21-22).

Le principe selon lequel les jugements de Dieu sont parfaits peut aussi être une source de réconfort pour les victimes d’un crime. Parfois, les personnes qui font du mal aux autres ne sont jamais punies sur la terre. Les victimes peuvent souffrir longtemps après la fin de la peine de prison de l’auteur du délit. Beaucoup des personnes qui vont en prison ont été victimes et coupables à différents moments de leur vie, ce qui nous rappelle que la vie est un maillage compliqué de relations et de décisions qui affectent les autres. Nous trouverons du réconfort dans l’espoir que notre Père céleste et Jésus-Christ comprennent tout. Leur jugement sera parfait. La guérison qu’ils offrent, pour l’innocent comme pour le repentant, sera complète (voir Apocalypse 21:4).

L’exemple aimant des dirigeants

Gerrit W. Gong, du Collège des douze apôtres, a décrit une réunion dans laquelle toutes les personnes autour de lui étaient vêtues de blanc. Il y avait des chants et des prières, et l’amour de Dieu abondait4. Contrairement à ce que s’imaginent peut-être beaucoup d’entre nous, la réunion ne se tenait pas au temple. C’était une visite de service dans une prison où la tenue règlementaire était une combinaison blanche.

Parlant d’un dirigeant qui donne son exemplaire d’un magazine de l’Église à un détenu qu’il visite chaque mois en prison, frère Richens a dit : « Les dirigeants de l’Église se soucient de tous ceux qui ont été affectés par un délit et un emprisonnement. Ils visitent fréquemment les personnes en prison, soutiennent leur famille et prennent tendrement soin des victimes. »

Le service pastoral dans les établissements pénitentiaires est du ressort du président de pieu qui travaille avec les dirigeants des paroisses pour répondre aux besoins existant dans leur secteur. Que font les dirigeants pour rendre service aux membres en prison et leur transmettre des messages édifiants ? Dans certains endroits, des membres de l’Église peuvent être appelés à visiter et instruire des personnes en prison. Frère Richens dit que, souvent, les membres appelés à cette tâche sont mal à l’aise au début mais qu’ensuite ils trouvent tant de sens à leur appel qu’ils ne veulent jamais en être relevés.

Il dit que « c’est la religion pure » (voir Jacques 1:27).

Nous ne devons pas nous sentir obligés de visiter des personnes en prison ; il existe d’autres manières de rendre service en toute sécurité. En voici quelques-unes :

  • Penser aux personnes en prison dans nos prières, surtout lorsque nous connaissons leur nom. La prière a un grand pouvoir !

  • Vérifier auprès des établissements pénitentiaires locaux si certains dons leur seront utiles. De nombreux centres autorisent la lecture, les travaux manuels tels que le crochet, les projets artistiques et les recherches en histoire familiale.

  • Si vous connaissez une personne en prison, vous pourriez lui écrire des lettres édifiantes. Faites preuve de prudence et de sagesse lorsque vous communiquez. Suivez l’inspiration de l’Esprit et veillez à garder des distances appropriées.

  • Traitez les membres de la famille des personnes en prison, surtout les enfants, avec amour, respect et acceptation. N’oubliez pas qu’en général, les membres de leur famille sont également des victimes innocentes. Le Saint-Esprit vous aidera à connaître la meilleure façon de rendre service à tous les membres de la famille.

Le Saint-Esprit n’est pas limité

Une peine de prison peut être une période incroyablement difficile dans la vie de quelqu’un. Mais le Saint-Esprit n’est pas limité par des murs, des barreaux ou des chaînes. La prière, l’étude des Écritures et l’humilité favoriseront sa présence réconfortante tout aussi rapidement à l’intérieur qu’à l’extérieur d’une cellule de prison. De ce fait la prison peut devenir un lieu de miracles.

Portia Louder, membre de l’Église qui a publié un blog quand elle était en prison, a décrit son séjour comme un parcours difficile de foi et de découverte personnelle. Quand elle était détenue, elle a écrit : « J’ai connu des épreuves très difficiles dans la vie mais je me sens guérie par un amour indescriptible. Quelles que soient les difficultés que vous affrontez en ce moment, où que vous en soyez dans votre propre parcours, n’abandonnez pas, je vous en supplie ! »

Garff Cannon, qui était président de branche dans une prison, a décrit de quelle manière l’Esprit l’a poussé à parler gentiment à un prisonnier au cœur endurci qui avait eu une vie difficile. L’homme lui a dit : « Ce que vous venez de me dire sont les paroles les plus gentilles qu’on m’ait jamais dites. Je ne me souviens pas qu’on m’ait jamais parlé avec gentillesse et attention. Merci. » Ils ont terminé la visite par la première prière que cet homme avait entendue depuis des années.

Frère Cannon a témoigné : « Oui, le Saint-Esprit est vraiment présent dans les établissements pénitentiaires. Des enfants de Dieu s’y trouvent et il désire qu’ils reviennent à lui. »

Dieu fait de puissantes promesses à tous ceux qui choisissent de le suivre, que nous entendions parler de lui pour la première fois à l’École du Dimanche ou en prison. Ézéchiel 36:26 dit, à juste titre : « Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau. »

Le retour dans la société est extrêmement difficile

Un délit n’amoindrit pas la valeur de l’âme de son auteur (voir Doctrine et Alliances 18:10). Lorsque quelqu’un désire changer pour devenir meilleur, lui permettons-nous de progresser et d’être pardonné ?

Frère Richens a dit : « La grâce et la compassion de Dieu sont immenses. Parfois, les personnes incarcérées ressentent que le Seigneur leur a pardonné longtemps avant que l’État, la société ou même certains membres de l’Église l’aient fait. »

Le retour dans la société après une incarcération est difficile. Les personnes qui sortent de prison ont souvent du mal à trouver du travail ou un logement. Aidons-les à trouver la sécurité dans des endroits sains et à s’occuper à des passe-temps sains. La chose la plus importante que nous pourrons peut-être faire est d’être un ami positif qui leur donne de la force. Quand Joseph Smith s’est exprimé sur la réforme des prisons, au cours de sa campagne pour la présidence des États-Unis, il a enseigné que « la rigueur et l’isolement ne seront jamais aussi efficaces pour réformer la tendance des hommes que la raison et l’amitié5 ».

La compassion fait toute la différence

Jude a recommandé aux saints d’avoir de la compassion (voir Jude 1:22 dans la version du roi Jacques de la Bible). Ses paroles rappellent la supplique que nous adresse le Sauveur de nous souvenir des personnes en prison. Comment allons-nous répondre à ces invitations ? Faisons ce qui est nécessaire pour que les personnes en prison, et leur famille, goûtent à la bonté de Dieu. Notre compassion peut faire toute la différence !

Photo de barreaux Peggy Marie Flores ; photo d’un couple en train de marcher Nancy Ann Kirkpatrick ; autres photos Getty Images

Photo de pelotes de laine Auralie Jones