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L’histoire de l’Église : Une source de force et d’inspiration
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L’histoire de l’Église : Une source de force et d’inspiration

En étudiant la vie des saints du passé, nous recevrons la force d’accomplir notre mission de fille ou de fils de Dieu.

Pregnant Woman

À droite : photo de femme, Getty Images ; à l’extrême droite : Addison Pratt et son journal, Polynésie française, 1844

Frère Cook : L’histoire de l’Église peut être une grande source de foi mais certaines personnes l’ont mal comprise ou ignorée. Certaines ont même délibérément dénaturé des histoires du passé pour semer le doute.

Si nous étudions l’histoire fiable de l’Église, notre cœur s’unira à celui des saints d’autrefois et d’aujourd’hui. Nous trouverons des exemples de gens imparfaits, comme vous et moi, qui ont avancé avec foi et ont permis à Dieu d’agir à travers eux pour accomplir son œuvre. Je vous promets que l’étude de l’histoire de l’Église fera grandir votre foi et votre désir de vivre plus pleinement l’Évangile.

L’histoire du Rétablissement est une histoire de sacrifice, de détermination et de foi. Nous faisons tous partie du Rétablissement et de l’histoire de l’Église. Chacun de nous a ici-bas une mission à accomplir qui aidera l’Évangile à remplir la terre. En étudiant la vie des saints du passé, nous recevrons la force d’accomplir notre mission de fille ou de fils de Dieu.

Depuis plus de vingt-quatre ans que je suis Autorité générale, le désir des Frères a toujours été d’être aussi transparents que possible en ce qui concerne l’histoire de l’Église que sa doctrine. Nous pensons que l’effort de publier de nouvelles sources, en particulier The Joseph Smith Papers, les essais sur des sujets de l’Évangile et, maintenant, l’ouvrage en plusieurs volumes intitulé Les saints1 est une excellente manière de permettre aux gens d’étudier des faits véridiques dans leur contexte et de comprendre l’Évangile de Jésus-Christ d’une façon fiable.

L’une de mes histoires préférées publiées dans Les saints est celle de la mission d’Addison Pratt en Océanie. Il a baptisé une soixantaine de personnes. Ma femme, Mary, et moi, avons eu l’occasion de nous rendre dans les Îles Australes, en Polynésie française, où Addison a enseigné.

L’une des expériences les plus remarquables que j’y ai vécues a été d’entendre une jeune femme dire : « Je suis membre de l’Église de la septième génération. » Addison Pratt avait baptisé son lointain ancêtre avant le départ des saints pour l’Utah.

Quel que soit l’endroit du monde où vous êtes, quelle que soit votre lignée, vous êtes importants, vous faites partie de l’histoire de l’Église. Nous avons grand besoin de vous et nous voulons vous avoir avec nous. Vous serez une bénédiction pour les gens.

Pourquoi l’Église n’est-elle pas davantage ouverte sur certains points controversés de son histoire ?

Par Kate Holbrook

Service

À gauche : Illustration David Green

Quand j’avais quatre ans, ma mère et ma grand-mère travaillaient à la Beehive House, l’ancienne demeure de Brigham Young, à Salt Lake City, en Utah. Elles m’ont tout appris au sujet de Brigham Young et m’ont dit qu’il avait eu de nombreuses femmes. Environ dix ans plus tard, j’ai appris que Joseph Smith avait eu de nombreuses femmes. Ce n’est qu’une fois adulte que j’ai appris qu’il avait utilisé des pierres de voyant pour traduire le Livre de Mormon. L’Église ne me cachait rien mais, quand j’étais jeune, on ne s’appesantissait pas sur les renseignements historiques.

Ce que j’ai étudié lors des réunions du dimanche et au séminaire, c’est l’œuvre principale de l’Église. J’ai appris à me repentir. J’ai appris à mettre ma vie en accord avec l’Évangile de Jésus-Christ. J’ai appris à établir une relation avec mon Père céleste. Ce sont là les éléments de ma vie qui me sont très chers. Je sais que certaines personnes sont très peinées d’apprendre quelque chose que, selon elles, elles auraient dû savoir avant. C’est pour cela que Matt et moi faisons le travail que nous faisons. Nous espérons que cela ne se reproduira plus parce que nous avons le livre Les saints qui présente aux lecteurs une histoire complète.

Comment savoir si une source sur l’histoire de l’Église est fiable ?

Par Matt Grow

Cela fait neuf ans que je travaille pour l’Église à rédiger son histoire. J’ai vu l’attitude de nos Autorités générales à son égard. Ils ne s’interrogent pas sur la manière de dissimuler ou de censurer l’histoire. Au contraire, ils parlent de la manière de la rendre accessible et compréhensible.

Nous savons tous qu’à l’ère de l’information, la difficulté n’est pas de trouver des réponses (nous en sommes entourés) mais de discerner les bonnes des mauvaises, les renseignements corrects des faux. On trouve de nombreux débats en ligne au sujet de notre histoire et, dans la plupart des cas, ils produisent plus d’émotions que de lumière.

Méfiez-vous des sources qui cherchent uniquement à détruire les gens. Recherchez plutôt celles qui sont fondées sur les écrits laissés par les personnes elles-mêmes et qui cherchent à être justes avec elles. Il est très facile de manipuler le passé, de sortir une citation ou un incident de son contexte pour qu’il ait l’air alarmant.

En tant qu’historien, j’essaye de suivre le conseil d’un romancier britannique. Il a dit : « Le passé est un pays étranger : on y fait les choses différemment » (L. P. Hartley, The Go-Between [1953], prologue). Cela veut dire que, lorsque nous visitons le passé, nous devons éviter d’être un « touriste horrible ». Nous devons essayer de comprendre les gens dans leur contexte et leur culture. Nous devons faire preuve de patience envers ce que nous estimons être leurs fautes. Nous devons faire preuve d’humilité vis-à-vis des limites de notre propre connaissance. Et nous devons faire preuve de charité à l’égard du passé.

Joseph Smith et le Livre de Mormon

Lorsque j’étais adolescent, nous pensions que mon frère aîné ne pourrait pas partir en mission parce que la paroisse n’était autorisée à y envoyer qu’un seul jeune homme à la fois. Tous les autres devaient être disponibles pour être mobilisés dans l’armée. Mais notre évêque et notre président de pieu ont appris qu’ils pouvaient en envoyer un autre. Ils en ont donc parlé à mon frère qui est rentré à la maison et l’a annoncé à mes parents.

Mon père était un homme merveilleux mais il n’était pas pratiquant dans l’Église. Sa réponse a été négative, mais pour une raison inhabituelle. Il n’a critiqué ni l’Église ni même la mission, mais mon frère se préparait pour la faculté de médecine. Mon père a dit : « Tu t’es préparé à faire des études de médecine. Tu as pris des cours. Tu peux faire plus de bien en allant à la faculté de médecine qu’en partant en mission. »

Ce soir-là, mon frère fidèle et merveilleux s’est assis avec moi et nous avons parlé. Nous en avons conclu que trois questions étaient déterminantes pour répondre à notre père. La première était de savoir si Jésus-Christ était le Fils de Dieu et le Sauveur du monde. La deuxième si le Livre de Mormon était la parole de Dieu. Et la troisième si Joseph Smith était un prophète. Je me suis rendu compte que la réponse à ces trois questions influencerait quasiment toutes les décisions que je prendrais le reste de ma vie.

J’avais toujours aimé le Sauveur et j’avais lu le Livre de Mormon mais, plus conscient de l’importance de ces réponses, j’ai prié ce soir-là et ai reçu, par l’intermédiaire du Saint-Esprit, une réponse catégorique et positive à ces questions. Jésus-Christ est le Sauveur, le Livre de Mormon est la parole de Dieu et Joseph Smith était un prophète. Je témoigne que ces choses sont vraies.

Pourquoi les récits de la première vision de Joseph Smith sont-ils un peu différents ?

Par Matt Grow

Joseph Smith a rédigé ou dicté à ses secrétaires quatre versions différentes de la Première Vision. Les récits rapportent une histoire concordante mais il existe des différences. Cela ne devrait pas nous surprendre. S’ils étaient exactement pareils, c’est alors qu’en tant qu’historien, j’aurais des soupçons parce que ce n’est pas de cette façon que la mémoire fonctionne. Nous trouvons le même phénomène dans des récits de l’histoire ou dans les Écritures (voir Actes 9:7 ; 22:9).

Il faut aussi se souvenir combien il est difficile d’exprimer le sacré par le langage. Joseph qualifiait le langage de petite prison étroite (voir History of the Church, tome 1 p. 299). Pensez à vos expériences les plus sacrées. Est-il facile de trouver les mots pour les exprimer ? Nous devrions nous réjouir d’avoir plusieurs récits parce qu’ils nous donnent de nouvelles perceptions et une nouvelle perspective. Allez lire les quatre récits de la Première Vision dans les essais sur des sujets de l’Évangile. Si vous le faites, vous serez encore plus reconnaissants de ce qui s’est passé ce jour-là.

Quel rôle l’urim et le thummim ont-ils joué dans la traduction du Livre de Mormon ?

Par Kate Holbrook

Joseph Smith

À gauche : Illustration David Green

Joseph Smith a traduit le Livre de Mormon par le don et le pouvoir de Dieu. L’urim et et le thummim, mentionnés dans le Livre de Mormon, étaient enterrés avec les plaques d’or. Lorsque Moroni les a données à Joseph, il lui a aussi remis l’urim et le thummim. La pierre de voyant que Joseph a également utilisée pour traduire n’était pas enterrée avec les plaques. Il l’avait trouvée tout seul des années plus tôt et elle lui permettait de se sentir en harmonie avec l’esprit de révélation. Il a donc utilisé les deux.

Emma Smith, l’une de ses secrétaires, s’est souvenue plus tard que, chaque fois que Joseph s’asseyait pour reprendre la traduction, il demandait : « Voyons, où en étais-je ? Où nous sommes-nous arrêtés ? » Et il commençait exactement là où ils s’étaient arrêtés. Si vous regardez une page de son journal personnel, écrite trois ans après la traduction du Livre de Mormon, vous noterez beaucoup de mots barrés, de réflexions inachevées, de phrases incomplètes. Si vous regardez une page de dictée du Livre de Mormon, il n’y a rien de tout cela. C’est de la prose complète et belle ; des phrases complètes, aucune rature.

Cela me paraît très intéressant mais ce qui m’importe davantage, c’est le contenu du Livre de Mormon. C’est dans ce livre que le roi Benjamin m’a appris à faire passer la générosité avant le jugement, qu’Alma m’a appris ce que veut dire mon baptême, ce que je promets de faire pour et avec mes frères et sœurs de l’Église. C’est dans ce livre que Mormon et Moroni m’ont appris à quel point la charité est importante et comment l’obtenir. Ce livre m’a façonnée et a forgé ma vision du monde.

Le mariage plural

Je veux faire trois remarques sur le mariage plural. Premièrement, il est clair que le mariage plural exigeait beaucoup de sacrifices. Il y avait beaucoup d’amour et d’unité mais aussi de sacrifices, et les parents impliqués dans ces mariages apprenaient à leurs enfants à faire des sacrifices. Beaucoup des enfants issus de ces mariages ont apporté l’Évangile de Jésus-Christ au monde et ont fait du bien à beaucoup de gens.

Deuxièmement, certaines personnes, Vilate Kimball par exemple, ont reçu la révélation personnelle (avant même de savoir exactement ce qui allait arriver) que cette doctrine venait de Dieu2.

Et, troisièmement, dans les conseils dirigeants de l’Église, on estime que le mariage plural, tel qu’il était pratiqué, a atteint son objectif. Nous devrions rendre hommage à ces saints, mais cet objectif a été atteint.

Il reste néanmoins des questions sans réponse. Je veux tout de même que vous sachiez que nous avons un Père céleste aimant qui a un plan parfait, un plan du bonheur, et que nous avons un Sauveur qui a tout fait pour nous. Nous pouvons leur faire confiance.

Pourquoi les saints ont-ils pratiqué le mariage plural dans les premiers temps de l’Église ?

Par Kate Holbrook

Au sujet du mariage plural, les instructions contenues dans le Livre de Mormon disent que la monogamie est le souhait du Seigneur pour son peuple. Il existe cependant de rares exceptions lorsqu’il commande cette pratique pour susciter un peuple juste (voir Jacob 2:30). C’est l’exception rare qu’il a commandé à Joseph Smith de lancer. Ce dernier a traîné les pieds pendant des années mais il a fini par l’instaurer parce qu’il voulait obéir à ce que Dieu lui avait commandé. Il a essayé de le pratiquer au milieu des années 1830 mais ce n’est vraiment qu’en 1841 qu’il a lentement, plus officiellement, commencé à présenter la pratique à ses compagnons dévoués. Ils ont été choqués. Ils ont supplié notre Père céleste de les aider à comprendre ce principe et ils ont reçu un témoignage spirituel personnel que c’était ce qu’ils devaient faire à ce moment-là.

Le mariage plural a été pratiqué officiellement pendant environ cinquante ans, mais les gens avaient toujours le choix d’y prendre part ou non. Des savants essaient encore de calculer le nombre de saints des derniers jours adultes qui ont été réellement impliqués dans le mariage plural mais nous savons que c’était généralement une minorité. Et nous savons que la plupart étaient les membres les plus dévoués, les plus vaillants de notre Église. En 1890, le président Woodruff (1807-1898) a publié un manifeste pour mettre un terme à cette pratique. Quand certaines personnes en ont entendu parler, elles ont été soulagées. C’était une pratique difficile. Quand d’autres en ont entendu parler, elles ont été effondrées. Elles avaient fait tant de sacrifices et avaient un témoignage de ce principe.

Certains membres de l’Église se demandent ce que la pratique du mariage plural dans le passé signifie pour la vie après cette vie. Les dirigeants de l’Église ont enseigné qu’il n’est pas nécessaire pour l’exaltation ni pour la gloire éternelle. Bien que je sois personnellement reconnaissante que la monogamie soit la norme et le mariage plural l’exception, je ne rejette ni le témoignage ni l’obéissance honorable de nos ancêtres spirituels qui l’ont pratiqué. Ils se montraient obéissants et ils avaient le témoignage que c’était juste.

Le temple et les alliances

Vision in the Kirtland Temple

En haut : Temple de Kirtland , tableau d’Al Rounds ; à droite : Moïse, Élias et Élie, tableau de Gary Ernest Smith

La construction et la consécration du temple font partie des choses inouïes qui se sont produites à Kirtland (Ohio). La prière de consécration, que Joseph a reçue par révélation, figure dans la 109e section des Doctrine et Alliances. Dans cette prière, il a demandé au Seigneur d’accepter les labeurs et les sacrifices des saints pour construire le temple.

Une semaine après sa consécration, Joseph Smith et Oliver Cowdery ont eu une autre vision. Elle s’est produite à Pâques, qui était aussi le jour de la Pâque. Le Seigneur est apparu et a accepté la maison. Il a dit aux saints qu’ils devraient se réjouir d’avoir « bâti de toutes [leurs] forces cette maison à [s]on nom » (Doctrine et Alliances 110:6). Après cette vision, trois prophètes de jadis sont apparus : Moïse, qui a rétabli les clés du rassemblement d’Israël des quatre coins de la terre, Élias, qui a remis la dispensation de l’Évangile d’Abraham, et Élie, qui a rétabli les clés du pouvoir de scellement (voir Doctrine et Alliances 110:11-16).

Le rétablissement de ces clés était absolument indispensable à l’accomplissement des desseins du Seigneur. Nous avions non seulement besoin du Livre de Mormon mais également de ces clés et des ordonnances du temple. Ces clés n’ont jamais été plus importantes que maintenant.

J’ai remarqué que, lorsque l’un des douze apôtres est appelé comme prophète, son cœur se tourne vers les ordonnances du temple d’une façon spectaculaire. J’ai eu la chance d’être avec le président Hinckley (1910-2008) à l’occasion de la consécration du temple de Nauvoo. Je me rappelle à quel point il était touché de voir ce temple construit et combien il était important pour lui d’apporter des temples aux saints. Le président Monson (1927-2018) a poursuivi cet effort et a reçu la même inspiration des cieux que le président Hinckley. Nous la retrouvons de façon spectaculaire chez le président Nelson. Le manteau de prophète est venu sur lui et il a perçu avec encore plus d’acuité la valeur des ordonnances du temple.

L’un de ses premiers messages, en qualité de président de l’Église, a été pour encourager les saints à aller au temple, à recevoir les ordonnances et à rester sur le chemin des alliances. Tout de suite après, il a dit que, si pour une raison quelconque, on s’est écarté du chemin des alliances, il faut y revenir3.

En quoi l’œuvre du temple a-t-elle été un bienfait pour les premiers saints des derniers jours ?

Par Matt Grow

Lorsque Joseph Smith est mort, les murs du temple de Nauvoo n’étaient même pas à la moitié de la hauteur prévue et, très vite, il est paru évident au président Young (1801-1877) que les saints allaient de nouveau être chassés. Il a donc demandé au Seigneur : « Devons-nous rester ici pour terminer le temple, sachant que nous devrons l’abandonner dès qu’il sera achevé, ou devons-nous partir maintenant ? » La réponse lui a été donnée clairement : « Restez » (voir journal de Brigham Young, 24 janvier 1845, Church Archives ; Ronald K. Esplin, « Fire in His Bones », Ensign, mars 1993, p. 46). Les ordonnances de la dotation et du scellement étaient si importantes que les saints devaient rester.

Et donc, l’année suivante, ils ont déversé tout ce qu’ils avaient dans le temple. Vers la fin, dans tout Nauvoo, on incendiait leurs maisons, et eux se préparaient à partir vers l’ouest tout en terminant le temple. En décembre 1845, une partie suffisante de l’édifice était achevée pour qu’on puisse la consacrer, donner la dotation aux saints qui en étaient dignes et sceller les couples.

Au cours des quelques mois suivants, ils ont travaillé nuit et jour pour préparer spirituellement tout le monde au grand voyage vers l’Ouest. Je tiens pour sacré le fait que je suis scellé par ce même pouvoir à ma femme, à mes enfants, à mes parents, aux générations précédentes et à celles qui ne sont pas encore nées. C’est ce que le Rétablissement rend possible.

Pouvez-vous raconter un événement du Rétablissement qui a affermi votre témoignage ?

Par Kate Holbrook

Emma and her children

À gauche : Illustration David Green

Je me souviens de l’histoire d’Emma Smith essayant d’échapper aux persécutions au Missouri. Le Mississippi n’était que partiellement gelé, pas suffisamment pour qu’un chariot, ses occupants et leurs biens puissent rouler dessus. C’est un fleuve large et il était dangereux de le traverser. Emma avait un enfant de six ans cramponné à sa jupe d’un côté, un de huit ans de l’autre, un petit de deux ans sur un bras et un bébé sur l’autre.

La belle-sœur de l’un des secrétaires de Joseph avait cousu des sacs en coton qui se boutonnaient autour de la taille. Dans ces sacs, sous sa jupe, Emma portait le seul exemplaire de la traduction de la Bible par Joseph, à laquelle il travaillait depuis des mois. Avec les documents et les enfants, elle a traversé un pas après l’autre ce fleuve gelé, espérant ne pas tomber dedans.

Selon moi, c’est le summum du courage et de la foi : avancer simplement un pas après l’autre quand il faut faire quelque chose pour ce qu’on croit.

People Walking

En haut : ILLUSTRATION DAN BURR ; Miracle à Quincy, tableau de Julie Rogers ; Joseph Smith dans la prison de Liberty, tableau de Greg K. Olsen

« Prends courage »

Beaucoup d’entre vous sont aux prises avec l’adversité, en partie en raison du libre arbitre, en partie parce que nous avons un adversaire. Mais vous devez savoir que nous avons un Père céleste aimant et que l’expiation de Jésus-Christ nous apporte des bienfaits que peut-être nous ne comprenons pas pleinement.

Certains historiens disent que le nombre de saints qui ont fui le Missouri pour aller à Nauvoo pendant l’hiver 1838-1839 pourrait atteindre les huit mille. C’était l’hiver. Où était Joseph ? Il était dans la prison de Liberty, le cœur brisé à l’idée de ce qu’enduraient les saints. Il avait le sentiment d’avoir été abandonné.

Dans cette situation précaire, il a reçu certaines des Écritures les plus belles, les sections 121, 122 et 123 des Doctrine et Alliances. Elles sont importantes. J’espère que vous les lirez.Ce récit est brièvement relaté dans Les saints.

« Joseph plaida en faveur des saints innocents. Il demanda : ‘Ô, Seigneur, combien de temps subiront-ils ces torts et ces oppressions illégales avant que ton cœur ne s’adoucisse envers eux ?’

« Le Seigneur répondit : ‘Mon fils, que la paix soit en ton âme ! Ton adversité et tes afflictions ne seront que pour un peu de temps ; et alors, si tu les supportes bien, Dieu t’exaltera en haut ; tu triompheras de tous tes ennemis.’

« Il lui assura qu’il ne l’oubliait pas. Il lui dit : ‘Si la gueule même de l’enfer ouvre ses mâchoires béantes pour t’engloutir, sache, mon fils, que toutes ces choses te donneront de l’expérience et seront pour ton bien.’

« Le Sauveur lui rappela que les saints ne pouvaient pas souffrir plus que lui avait souffert. Il les aimait et pouvait mettre un terme à leurs afflictions mais il avait choisi de les endurer avec eux, portant leur chagrin lors de son sacrifice expiatoire. Cette souffrance l’avait rempli de miséricorde, lui donnant le pouvoir de secourir et de raffiner tous ceux qui se tournaient vers lui dans leurs épreuves. Il exhorta Joseph à persévérer et lui promit de ne jamais l’abandonner. »

Heber C. Kimball (1801-1868) pensait que les juges de la Cour Suprême du Missouri allaient libérer Joseph mais ils décidèrent de ne pas le faire. Heber retourna à la prison de Liberty et, interdit d’accès au cachot, il cria la mauvaise nouvelle à Joseph.

Joseph fut chaleureux et amical à son égard. Il dit : « Prends courage. » Il lui demanda ensuite d’« éloigne[r] tous les saints au plus vite4 ».

Cela vous enseigne une leçon : Gardez courage, quelles que soient vos difficultés. Si certaines choses vous tentent, éloignez-vous en. Appuyez-vous sur le Saint-Esprit. Joseph dans la prison de Liberty et les saints fuyant le Missouri pour aller à Nauvoo sont deux merveilleux exemples de force et de foi au Seigneur Jésus-Christ.

En tant qu’apôtre, je rends témoignage de Jésus-Christ. Je suis un témoin sûr de sa divinité. Je veux que vous sachiez qu’il guide et dirige l’Église de façon à nous bénir tous. Je vous témoigne qu’il vit.

Vous trouverez l’intégralité de la réunion spirituelle sur le site devotionals.ChurchofJesusChrist.org.