2017
Il n’est pas trop tard pour une deuxième chance
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Thème

Nous parlons du Christ

Il n’est pas trop tard pour une deuxième chance

L’auteur vit en Virginie (États-Unis).

Le père d’une de mes élèves en difficulté a dit à sa fille : « Il n’est pas trop tard pour que tu réussisses. » Le Seigneur nous adresse le même message.

It's Not Too Late for a Second Chance

Illustration Kelley McMorris

Sandra était l’une des élèves de mon cours d’anglais avancé. L’année était commencée depuis plusieurs semaines et elle n’avait fait aucun devoir ni projet. Elle se contentait de rêvasser, assise à son bureau. Elle inventait des excuses pour expliquer pourquoi elle n’avait pas fait ses devoirs, et elle ne manifestait pas l’attitude ni ne fournissait le travail nécessaires pour réussir un cours aussi exigeant.

Son conseiller et moi avons décidé de programmer une rencontre avec elle, son père et certains de ses autres professeurs pour décider de la direction à suivre : nous verrions si elle devait abandonner ses cours avancés et en suivre des intermédiaires. Une importante question inexprimée pesait sur l’esprit de chacun des participants : pourrions-nous trouver un moyen d’aider Sandra à réussir ?

Croyant qu’elle avait déjà eu de nombreuses chances de réussir mais avait choisi d’échouer, je me suis rendue à la réunion très découragée. J’espérais secrètement qu’elle déciderait d’abandonner mon cours afin que je n’aie plus à m’inquiéter d’elle. Je pensais avoir fait tout ce que je pouvais et qu’il était déjà trop tard.

Pendant la réunion, le langage corporel de Sandra indiquait qu’elle aussi doutait de sa capacité de réussir. Elle regardait fixement la table pendant que je relatais ses échecs dans le cours d’anglais. Lorsque son professeur d’histoire a confirmé qu’elle allait échouer dans son cours aussi, elle s’est affalée encore plus dans son fauteuil et je voyais les larmes ruisseler sur ses joues.

M’armant de compassion, je lui ai expliqué ainsi qu’à son père que, si elle voulait réussir ces cours difficiles, elle devrait modifier le comportement qui l’avait conduite au fond du trou et que cela allait être très difficile.

Un message de son père

Le conseiller s’est alors adressé au père de Sandra, homme peu instruit qui semblait mal à l’aise dans le cadre scolaire. Il lui a demandé s’il avait des questions à poser aux professeurs. Il a dit qu’il n’en avait pas et nous a remerciés de ce que nous avions fait pour Sandra. Mais ensuite, il a annoncé qu’il avait quelque chose à dire à sa fille.

Mon cœur s’est serré. J’avais participé à des rencontres parents-professeurs où des parents avaient réprimandé verbalement leurs enfants devant les professeurs et les conseillers, leur reprochant leur paresse, leur manque d’attention et leur manque de motivation. Je me suis préparée à entendre la même chose.

Mais ce que j’ai entendu m’a surprise. Le père s’est tourné vers sa fille éplorée de seize ans, accablée de honte et de regrets et lui a dit : « Il n’est pas trop tard. Il n’est pas trop tard pour que tu réussisses. Il n’est vraiment pas trop tard. »

Je suis sortie de la réunion reconnaissante de son attitude aimante mais inquiète qu’il ne mesure pas ce qu’il faudrait que sa fille fasse pour réussir à ce stade. Cela paraissait impossible. J’ai appris ensuite qu’elle avait décidé d’abandonner son cours d’histoire mais pas mon cours d’anglais.

Plus tard ce jour-là, pendant que je priais en réfléchissant à mes propres faiblesses et en demandant à mon Père céleste de me pardonner, je me suis rendu compte de tout ce que le père de Sandra avait à m’apprendre. Mon manque de confiance en moi et mes sentiments d’incompétence m’avaient de nombreuses fois fait douter d’être digne ou de mériter une deuxième chance. Dans ces moments-là, le Seigneur, comme le père de Sandra, avait choisi de ne pas me réprimander mais de me rassurer en me faisant savoir : « Il n’est pas trop tard, ma fille. Il n’est pas trop tard. »

Le message de l’Évangile

Combien de fois avons-nous cru au message de l’adversaire disant que notre cas était désespéré ? Mais les prophètes nous disent le contraire. Ésaïe proclame : « Qu’il retourne à l’Éternel, qui aura pitié de lui, à notre Dieu, qui ne se lasse pas de pardonner » (Ésaïe 55:7). Mormon ajoute son témoignage : « Aussi souvent qu’ils se repentaient et recherchaient le pardon avec une intention réelle, ils étaient pardonnés » (Moroni 6:8). La joie de l’Évangile réside dans le fait qu’il n’est jamais trop tard. En effet, aussi souvent que nous rechercherons le pardon, la rédemption du Seigneur nous permettra de prendre un nouveau départ.

Sandra, motivée pour recommencer, a opéré des changements lents mais importants. La transformation n’a pas été facile, elle a exigé des efforts quotidiens pour surmonter les mauvaises habitudes, mais Sandra a vu ses efforts récompensés lorsque ses notes ont commencé à s’améliorer.

Du point de vue de l’Évangile, notre note finale ne tiendra pas compte du temps que nous aurons passé à chanceler ou de la profondeur du trou dans lequel nous nous serons enfoncés. Le Seigneur jugera notre vie d’après la direction vers laquelle nous allons, la manière dont nous nous serons repentis ainsi que le nombre de fois où nous nous serons appuyés sur son expiation.

Du fait de ma compréhension limitée, j’avais douté de la capacité de Sandra de vaincre ses erreurs passées. Notre Père parfait, lui, ne perd jamais espoir en la capacité de ses enfants de parvenir au salut en étant rendus parfaits dans le Christ. Aussi éloignés que nous soyons, il nous recherchera toujours individuellement. Le Seigneur nous supplie de ne plus errer tels des étrangers dans le péché mais de le rechercher avec espoir et de profiter des bénédictions de son expiation infinie. Non, il n’est jamais trop tard.